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Le blog de Anne-Laure Buffet

Le blog de Anne-Laure Buffet

Un peu de tout ce que j'écris. Bonne lecture.

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Tchin tchin (1)

(Previously, in my 24 hours, je maudissais Germaine, partie aux bras de Valentin, ainsi que mon pantalon-qui-me-grossit et c’est à cause de lui si ma vie est fichue , imaginais divers scénarii quant à la nuit de Germaine, et remerciais le ciel, après que Germaine m’ait appelée, pour me proposer un apéro, ce soir, avec elle, et …Valentin).

 

 

Je sais. C’est pas fair-play. C’est même nul, minable, écœurant, je devrais avoir honte. Infâme. Eurkkkk. Germaine n’a pas de chance, elle a une vie sentimentale totalement désertique, elle croit encore au prince charmant, elle est gentille (oui, c’est un adjectif à double tranchant, je suis au courant), elle ne ferait pas de mal à une mouche. Et elle est partie de la soirée avec Valentin. Ça ne va pas du tout. Les mecs comme Valentin, je les connais. Ok, beaux gosses, bien fringués, de la prestance, un discours qui vous envoie visiter les étoiles avant même que vous n’ayez songé à décoller, des yeux qui disent « Vas-y, plonge, poulette », avec la voix de Jean-Pierre Marielle (Oui, les yeux ont une voix), un parfum qu’on suit à la trace…Mais ce sont des mecs hyper dangereux pour des filles mal armées (sans allusion au poète) comme Germaine. Heureusement, je suis là. Et si je vais les rejoindre tout à l’heure, pour l’apéritif, c’est juste pour aider. Pour la protéger. En amie.

Paris. VIIIeme arrondissement. Un bar branché. C’est pas une idée de Germaine. Enfin, ça m’étonnerait, ou sinon, elle a du passer des heures sur le web à chercher les meilleures adresses de la capitale. Parce que, franchement, elle n’y connaît rien, aux lieux hyper hype que si t’y vas pas tu crains, alors te dis pas parisien.

Ce qui est embêtant, c’est que si c’est une idée de Valentin, c’est qu’il a une autre idée en tête et en parallèle: avoir dans les oreilles de la musique qui hurle si fort (bien que se disant « cosy », « lounge ») qu’à moins d’un porte-voix, ou de savoir lire sur les lèvres, il ne sera pas possible d’avoir une conversation de plus de quatre mots et deux phrases. Ce qui lui laissera la possibilité d’observer l’environnement féminin en toute tranquillité. Ce qui est totalement, définitivement, inenvisageable. Je pense au bonheur de Germaine, bien sûr.

L’autre souci est que je dois être ni trop ni trop peu habillée. Ni trop, car pas question d’arriver en faisant de l’ombre instantanément à cette pauvre Germaine. Ni trop peu, pour que Valentin me regarde. Un minimum. Quand même.

Je suis vraiment dégueulasse.

Germaine est mon amie. Elle me fait confiance. Elle a besoin de moi. Et moi, je pense à …eurkkk eurkkk. J’hésite presque à l’appeler. A annuler. Une migraine, un coup de froid, mon ficus vient de tomber raide mort, mon chat jaunit à vue d’œil…n’importe quelle excuse pour ne pas sortir. Et puis, non. Je vais les retrouver. Mais en amie. Vraiment. Germaine est avec Valentin. C’est comme ça. Et des Valentin, y’en a plein, partout. Des palanquées de Valentin, à ne plus savoir quoi en faire. Tiens, encore un Valentin, non, pas aujourd'hui, j'en peux plus de tous ces Valentin...ggggrrrrr.... Ma fille, laisse Germaine être heureuse, et mêle-toi de tes oignons.

 

J’arrive, avec à peine cinq minutes de retard. La musique, contrairement à ce que je pensais, ne hurle pas. L’ambiance serait même plutôt feutrée. Germaine et Valentin sont déjà là, je les vois, assis, les yeux dans les yeux. Ils sont plutôt mignons comme ça, tous les deux. Et dire que tout à l’heure, les pires pensées me traversaient l’esprit. J’ai honte, je suis une garce, et je me dégoûte. Germaine tourne la tête, me voit et se lève. Plus exactement, se précipite vers moi, faisant de son corps un barrage entre Valentin et moi. Ok, suis une garce, mais je ne vais tout de même pas me jeter à la tête de ton Valentin, calme toi Germaine. Vous êtes ensemble, soyez heureux, et laisse-moi m’asseoir.

-       Ah ma chérie t’es là c’est super. Valentin est un mec génial. Bon, je te le dis tout de suite, il ne s’est rien passé entre nous, sur le coup j’ai été hyper déçue, mais en fait c’est mieux comme ça, d’être amis. Il préfère prendre son temps, il m’a proposé de prendre un verre aujourd’hui, et que tu viennes, et en fait je crois qu’hier j’avais trop bu, je ne suis plus sûre de moi, je sais pas, enfin, je suis presque sûre que Valentin, c’est pas un mec pour moi, enfin, je sais pas, je crois pas, et voilà, de toutes façons, je trouve ça vachement chouette, tu trouves pas, je suis sûre qu’on peut bien rigoler, vraiment tu vas voir il est trop cool trop sympa….

Je n’entends pas la fin. Il ne s’est rien passé. Il ne s’est rien passé…

Valentin est définitivement su-blime. Le bar est su-blime. La musique est su-blime. Je vais bien, tout va bien ; Germaine est ma meilleure amie, je l’aime énormément, tous les gens sont beaux et intelligents et gentils et le monde est plein de fleurs et d’oiseaux et je ne suis pas une garce enfin pas trop et la vie est merveilleuse, j’ai quinze ans ou pas loin, est-ce que ce coup-ci j’ai mis le bon rimmel ?, je vais chanter, non, ça ne se fait pas, mais je sais que mon cœur chante à l’intérieur même si je ne le dis pas, j’arrive à avoir l’air normal, je crois, ou peut-être que j’ai l’air totalement con, tant pis, on verra ça plus tard, Valentin me sourit, suis liquéfiée, non, je ne vais pas m’écrouler sur la chaise, d’ailleurs ça serait idiot puisqu’il se lève…

-       Bonsoir Emma

-       Bonsoir Valentin

 

To be continued.

 

 

Publié le 17/01/2010 à 08h30 dans Previously, in my 24 hours

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