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(Previously, in my 24 hours, je remettais deux trois pendules à l’heure et entamait une décryptage
linguistique).
Et voilà, donc. Trahies malgré nous, par l’une de nous. Bravo, merci, on ne lira plus ce blog, de toute façon, c’est nul.
Y’a que la vérité qui blesse, pas de quoi s’emballer non plus. Ca va le côté fleur bleue, pays des Bisounours et tout et tout. On n’est pas toutes des saintes de vitrail, et même si on rêve du grand Amour, on reste parfois bassement terre à terre dans nos jugements. That’s the point, indeed.
La plupart du temps, nous allons continuer à parler à mots couverts et déguisés. D’une part, pour ne pas donner de nous une image trop crue, qui pourrait nuire à notre « charme ». D’autre part, et là, c’est bien plus sournois, pour détourner l’attention de l’adversaire.
Or, lorsque le mâle s’en mêle, qui est notre principal adversaire ? Notre meilleure amie du quart d’heure précédent.
Hypothèse d’école et cas pratique cumulés :
Ce soir, vous avez une soirée. Et pas une grande envie d’y aller. Plutôt, même, l’envie irrépressible de rester à cocooner dans ce survêt que jamais personne ne verra, surtout pas votre mère qui appellerait aussitôt un médecin, ni Valentin, le jour où il sera là (si si ce jour va venir), car aussitôt arrivé, aussitôt le survêt vu, aussitôt Valentin vaincu (de désespoir glamourien).
Mais vous avez promis. à cette bonne vieille copine que nous appellerons pour l’occasion Germaine (je ne connais aucune Germaine, mais je présente mes excuses tout de même aux Germaine). Parce que la pauvre, elle, elle n’a pas de chance. Elle n’est presque jamais invitée (c’est pas comme vous qui avez une vie trépidante), elle a d’ailleurs fort peu d’amis (alors que vous croulez sous les agendas trop pleins de numéros de téléphone, dont par ailleurs vous ne vous servez pas, vous préférez le calme et la tranquillité) ; et elle a pris un peu de poids cet hiver. Faut dire c’qui est, elle devrait faire attention.
Pppfff vous dites vous en vous-même, alors qu’à la radio on annonce la redif de Dr House. Greg, désolée…c’est pour une Amie. La Cause, en quelques sorte.
Comme vous n’avez strictement rien à faire ni de cette soirée, ni de ceux qui y sont, et que vous vous apprêtez à regarder votre montre tous les quart d’heure, vos efforts vestimentaires ont été réduits à leur plus simple expression. Et si quelqu’un a quelque chose à y redire, c’est pareil. Que les choses soient claires, vous n’êtes là QUE par amitié pour Germaine.
Et Germaine, elle compte sur vous. Vous parlez tellement bien, si peu timide, si peu mal à l’aise, facilement le centre de la conversation. Sauf que ce soir, ma poulette, tu vas te débrouiller un peu seule. Je reste au buffet, à pirater les tomates cerise (parce que je fais attention, moi, si tu vois ce que je veux dire), et si tu veux aller parler à ces inconnus dont je n’ai rien à faire, help yourself.
Ehhh, ça va. On a toutes vécu ça une fois, soyez pas faussement offusquées. On se gave de tomates en regardant cette bonne Germaine se débattre pour arriver à en placer une au milieu de deux bombasses qui bien sûr, elles, sont devenues le centre des conversations. On a un peu pitié, on s’en veut un peu, on se dit que quand même sur ce coup là, on n’est pas sympa, mais on ne décolle pas du buffet pour autant. C’est très bon les tomates cerise.
Seulement, voilà. Un élément imprévu, auquel, par définition, vous ne vous attendiez donc pas, surgit. Approximativement, il mesure 1m85, il a en gros la gueule de Dr Mamour, le sourire Ultra Bright mais pas trop quand même, et l’allure d’un prince du sang. La lumière n’a plus la même couleur, l’ambiance n’a plus la même odeur, elle ne sent plus que son parfum, et il n’est absolument pas question de tomber amoureuse, mais si, sur un malentendu… Bref, vous vous dites Waouh. Suivi, dans la seconde, d’un Et merde.
Waouh, parce que…waouh.
Et Merde parce que la prochaine fois, Germaine, elle ne vous bousculera pas, et vous aurez tout votre temps pour vous préparer. Vous n’auriez pas mis ce pantalon qui vous grossit. Vous seriez allée chercher au fond du placard la paire de chaussures qui vous grandit instantanément de 12 centimètres (et qui grandit mincit, c’est connu), vous auriez refait votre brushing, et évité ce mascara très très glamour en photo et très très pas génial en vrai. Germaine, c’est la dernière fois que vous vous la trimballez. La dernière. Que ce soit clair.
Et tiens, comme on parle du loup…la voilà, Germaine, frétillante comme un gardon, et distinguée comme un pot de crème fraîche. Et en plus, elle vous file un satané coup de coude dans les reins.
- T’as vu ? Non mais t’as vu ce qui vient d’arriver ? Oui, patate, j’ai vu, merci. Mais ça, vous ne pouvez pas le dire. Non. A partir de maintenant, votre arme diabolique sera de jouer les innocentes aveugles.
- J’ai vu quoi ?
- Ben là, devant toi, regarde, non mais regaaarde…
- Oui, ben calme toi. C’est juste un mec. Tu sais, deux bras deux jambes, une tête au dessus, et des pompes aux pieds. Moches, d’ailleurs, les pompes, si tu faisais attention. (Ca, c’est l’attaque numéro 1 : vous commencez à déstabiliser l’adversaire)
- Oh t’es dure quand même.
- Non, je ne suis pas dure. Et puis ce sourire, prétentieux, arrogant, regarde, il brille tellement qu’il pourrait éclairer en pleine nuit (Attaque numéro 2 : critiquer ouvertement Valentin, et détourner l’attention de Germaine. Si Valentin, cependant, veut bien éclairer VOTRE nuit, c’est pas un souci)
- Franchement, il ne te plaît pas ?
- Franchement, non. (Attaque numéro 3 : Germaine vous faisant une confiance absolue, vous êtes tranquille, elle va retourner parler au p’tit chauve qui soutient la cheminée. Et franchement, qu’est ce qu’il vous plaît, Valentin…)
Et Germaine s’éloigne. Vous vous pincez les lèvres pour les rendre encore plus pulpeuses (dans Elle, ils disent que ça marche), vous glissez vos doigts dans vos cheveux pour en chasser un nœud, vous rentrez le ventre, serrez les fesses, préparez votre plus beau sourire. Vous vous retournez une dernière fois, l’air de rien et surtout pas de celle qui est, pardonnez l’expression, flaque devant Valentin. Re demi-tour sur les talons, vous allez y aller, il est POUR VOUS, pardon mesdames je l’ai vu la première.
STOP.
A son bras, Germaine. Pendue comme un marsupilami. Et Valentin qui la regarde. Qui la regarde vraiment. Et qui lui sourit. Pincez-moi, je cauchemarde. Et ils viennent vers vous. Trop bien, va falloir dire bonsoir…
- Je te présente Valentin. Et ne t’inquiète pas, il a proposé de me ramener, ça ne te dérange pas ?
- Bien sûr que non ma chérie. C’est très bien d’ailleurs, je suis fatiguée, je ne vais pas tarder. Passez une bonne soirée, on s’appelle ? Allez bisous bisous.
Crève. Germaine, t’es rayée de mon téléphone. Dès ce soir.
La prochaine fois, vous n’userez pas de cette tactique qui aurait pourtant du faire ses preuves. Sur vos talons de 8, dans votre pantalon trop serré, vous rentrez chez vous. Vous le saviez avant d’y aller, la soirée serait vraiment naze.
To be continued.
Publié le 15/01/2010 à 09h27 dans Previously, in my 24 hours