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Le blog de Anne-Laure Buffet

Le blog de Anne-Laure Buffet

Un peu de tout ce que j'écris. Bonne lecture.

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La plume s'envole

Parfois, la plume fait défaut. 

Pas celle qui permet de s’envoler. Celle-là, sauf quand je crois être Icare, elle va bien. Parce que je m’envole. Je m’envole souvent, avec les mots. Je m’envole souvent, loin, dans des endroits que même moi, surtout moi, je ne connais pas. Je prends des routes, des sentiers parfois battus, je fais l’école buissonnière, et retourne sur des chemins de traverse. Dans des endroits où j’aime vous retrouver.
Vous, mes amis. 

Et c’est à ce moment là que la plume fait défaut. Quand je veux vous écrire. Vous parler. Vous dire en quelques lignes ce qui m’anime.
Oui, la passion des lettres. Bien sûr. Les faire jouer, les assembler, les voir trébucher parfois, tressauter souvent, sur les lignes, se mettre en place et en forme, comme un puzzle, prendre sens, donner un sens à mes idées. Les transformer. En faire des images. Des textes. 
L’écriture. L’écrit, tout simplement. 

Alors, le plus simplement du monde, juste comme ça vient, sans chercher à faire des phrases, merci. 
Merci à vous.
Merci d’être là. 
Hier j’ai écrit un texte. Un exercice, pour moi. Un sujet difficile. La mort. Non, pas la mort. Le suicide. Quelqu’un qui s’en va, comme ça. Presque sans raison. Un instant il est là. Et l’instant d’après, il n’est plus. Au revoir.
Le texte, je l’ai mis en ligne. En me demandant si je devais le faire.
Mais écrire, c’est ma passion. Alors, ce texte là, j’ai voulu le partager aussi.
Et il s’est passé quelque chose d’étrange. De fascinant. De bouleversant, pour moi.
Vous avez toujours donné votre avis, échangé, commenté les textes. 
Vous avez toujours été là. Jamais comme ça.
De mails en appels, vous étiez à côté de moi, soudain. Brutalement effrayés, fâchés, énervés. En colère. Pertubés. Furieux. Tristes. Parfois même presque désespérés. 
Je vous ai fait peur. Je ne l’ai jamais voulu.
Au nom de l’amitié, vous m’avez crié que vous étiez là. Vous avez vu le texte comme le dernier. Vous avez vu ce jour comme mon dernier.
Vous, vous tous mes amis.

Ce soir, ma plume fait défaut. Merci ne suffit pas. Merci à vous tous, merci à chacun. Juste cinq lettres pour vous dire que mon cœur a fait boum, et vous remercie.

J’aime Eluard. Je ne veux pas le plagier. Mais si lui, sur les murs, voulait écrire liberté, je n’ai ce soir qu’une chose à dire. 

Sur les murs, j’écrirai ton nom : AMITIE

©Anne-Laure Buffet, 12 novembre 2009


Illustration Eric Petit©

 

Publié le 12/11/2009 à 11h52 dans Lettres

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