Divers

Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 08:27

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-Ça va ?

-Non.
-Je peux t’aider ?
-Non.
-Tu veux en parler ?
-Non.

Fin de la discussion.

De toutes façons, je n'ai aucune envie de discuter. C’est dingue ça, on peut jamais avoir la paix. « Qu’est ce que t’as, et pourquoi tu fais la tête, arrête de faire ta tête de cocker, m’enfin souris ça doit pas être si grave, t’inquiète pas ça va s’arranger »…Qu’est ce qu’ils en savent ? Là, je ne vois vraiment pas comment ça va s’arranger. Vraiment pas. Simplement, parce que je ne vois pas la solution. Pourtant ça ne doit pas être si compliqué.
C’est vrai, faut être honnête, j’ai la tête à autre chose. Incapable de me concentrer. 
Qui a dit que s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème ? À moins que ce soit « chaque problème a une solution… » Je ne sais plus. Quelque chose dans ce goût là en tout cas, mais je ne sais plus. Et puis je n’ai aucune envie d’y réfléchir. Quand bien même j’aurai envie, je n’en ai pas le courage. Ça ne fonctionne pas. Mon cerveau doit donner en ce moment une idée proche du vide. Du néant. Un abîme sans fond. Je vais éviter de secouer la tête, ça pourrait faire grelot.

Et tout ça parce que, bien sûr, une fois de plus, j’ai foncé. Pas pris le temps de me poser. Aucun recul.
Je pourrai accuser mon signe zodiacal. Sagittaire, ascendant bélier. Hop hop hop je galope, je vois le mur, mais surtout, je ne m’arrête pas. Ah non, ça serait trop prudent. Donc, je fonce, je me cogne bien la tête, ça fait bien mal, et pour m’en convaincre, je recommence. Or, bien sûr, c’est le mur qui gagne. Demi tour, marche, à la recherche d’un autre mur.

Là, à nouveau, je me suis jetée dans le vif du sujet la tête la première. « Est- ce que ça t’intéresse de…. ? Ah oui, bien sûr, au contraire, volontiers, comptez sur moi… » Une fois seule, bien évidement, la question se pose : « Comment vais-je faire ? Par où commencer ? En ais-je envie ? Et pourquoi ais-je dit oui ? Suis-je définitivement stupide?» Tout le monde arrive à dire non, sauf moi. Et qui se retrouve finalement dans des situations ubuesques ? Moi. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Bravo, félicitations, t’as gagné, une fois de plus.

Pendant que je rumine, le reste ne progresse pas. Deux heures que je suis assise sans y arriver. Deux heures par jour, depuis une semaine, si je suis parfaitement honnête. Soit quatorze heures en tout. Une journée entière, ou presque. Pour un résultat totalement, complètement, effroyablement, désespérément, nul.

Confession : j’ai péché par orgueil. J'étais convaincue d’y arriver. J’ai pris le thème comme on attrape une balle au vol. Sauf que je ne sais pas à qui la relancer. Et encore moins comment.


Panne sèche. (C'est le thème, pour ceux qui ne suivent pas)
J’ai tout essayé. J’ai eu des idées sur différents sujets. J’ai tenté de les coucher sur le papier. Évitant consciencieusement la panne sexuelle, je suis naturellement très pudique et l'érotisme ne serait-ce qu'effleurer me fait rougir.
Contournant la panne d’essence.
Frôlant la panne d’encre (ce qui aurait simplifié le travail, j’aurai rendu une feuille blanche, avec peut-être juste une question "Suis-je bien dans le sujet?").

La panne…Terme peu banal et très courant à la fois. C’est le cas de le dire quand il s’agit d’énergie. En ce moment, je n’en manque pas (d’énergie). Il faudrait juste que j’arrive à la canaliser.

J’ai pensé plagier (j’avoue, vous noterez) le Désert des Tartares. J’aurai replacé la panne facilement, créant des mirages, des pannes dunaires, ces zones engendrées par le vent, conservant une certaine humidité fort agréable en plein désert. Une fois le décor planté, il me fallait une histoire. Et là...rien. Le vaillant touareg sauvant des mains d'un sauvage barbare une jeune princesse destinées au harem, et finalement (oh le vilain roublard), l'enfermant à vie dans son propre gynécée, ça ne me disait rien. 

En terme marins, la panne existe également. Sauf que les bateaux, je n’y connais rien. J’ai donc consulté et compulsé divers dictionnaires, très fière de cette nouvelle idée. Chaque explication ne faisait que m’embrouiller un peu plus. Perdue entre mâts et voilures, suspendue dangereusement à un bastingage, oscillant de gauche à droite sur les touches de mon clavier sans pouvoir rédiger plus de deux lignes, je renonçais à ce nouveau sujet. Je ne commettrai pas la suite de Pirates des Caraïbes, désolée pour Jack Sparrow. 

La panne. Élément de charpente. Un autre moyen d’aborder le thème suscité. J’ai imaginé pendant un temps écrire sur un pyromane qui profiterait allègrement d’une grande période de canicule pour incendier les pannes… sèches, bien sûr,  des charpentes environnantes.
Bof.

La panne. Synonyme de graisse, couenne, lard, barde. Ce qui garnit la peau du cochon, selon mon ami Littré. Je ne suis jamais arrivée à me mettre dans la peau d’un tripier.

Depuis, je piétine, hésite, tergiverse et divague. Sans progresser.

Je faillis devenir marteau, lorsque je me souvins que la panne est la partie de ce dernier opposée au gros bout (sans aucune autre connotation que celle nécessaire à la description de l'objet). De quoi se taper la tête contre les murs une fois de plus.

À bout de forces, je me suis dit qu’un petit conte de fées serait bienvenue. Je ferai dès lors un exposé fort détaillé des manteaux d’hermine des gens de la cour, détaillant leur fourrure de vair, et leurs doublures, autrement appelées, panne.
Passionnant, n'est-il pas? Un guide sur les détails vestimentaires de la Belle au bois dormant, ou de Cendrillon... Je me suis contentée de l’imaginer sans aller plus loin.

Je me suis amusée à rédiger une recette de poisson pané (très aléatoire quant au jeu de mots). Me suis dit que celui qui serait intéressé par un tel texte n’était pas né. 

C’est modestement, piteusement, que je m’incline et renonce. C’est une panne sèche.
D’idées.
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Divers - Communauté : des mots pour le plaisir
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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