Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

LA SAISON 3  A COMMENCE DIMANCHE 21 FEVRIER
A SUIVRE ICI ET SUR LE BLOG DE VALENTIN, VOUS VOUS EN DOUTEZ
ET C'EST : "PHEROMONES"...


 

Extraits de nouvelles

Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 09:15
de revenir.

Certains ont déjà entendu parler d'elle.
D'autres, pas encore.
Certains la connaissent.
D'autres, pas encore.

Elle s'appelle Prune. "Je m'appelle Prune. Je sais, c'est étrange pour une blonde."
C'est ainsi qu'elle se présente.

Après quelques mois d'absence, elle va revenir. Toujours la même, très différente.

Vous pouvez commencer à faire sa connaissance, elle vous attend dans ce monde virtuel qui fascine et aspire tout à la fois, Facebook.  

Vous pouvez même rejoindre ses "fans". 


Laissez la se présenter, petit à petit. Dévoiler ce que vous pouvez déjà savoir. Le redire. Et parler encore, autrement.
Car beaucoup n'ont pas fini de parler d'elle.


En attendant, écoutez Mozart... 
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Extraits de nouvelles - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 18:10

(-Ca ne sert à rien de se moquer.

-Je ne me moque pas.

-Je n’en suis pas certaine. Je continue ou tu t’en fiches ?

-Continue.)...
 

-Alors nous voilà, comme des gamins, avec nos points noirs. Une bande d’ados prépubères, si ce n’était l’importance qu’on leur attribue. Ce qui devrait me consoler, c’est que, malgré cet ajout peu seyant, le nom qu’on nous donne n’a pas changé. Nous sommes les bêtes à Bon Dieu.

-Ah oui ?

-Tu ne savais pas ? Mais qu’est ce que l’on vous apprend à la naissance ? Et bien oui Monsieur, nous sommes les bêtes à Bon Dieu. Nous portons chance ; et nous faire du mal attire le mauvais sort. Il paraît même, mais c’est une vieille histoire de famille, que certains bergers s’amusant à nous écraser ont vu leurs troupeaux périr en une nuit. On peut se retrouver accrocher au cou d’un enfant, pour lui porter chance. C’est ce qui est arrivé à un de mes ancêtres, fierté familiale. Ma grand-mère en parle encore.

-Attends, j’ai du mal à te suivre. Ce qui te mets en colère comme ça, c’est que toi, ta famille toute entière, depuis des générations, vous soyez aimés, appréciés, recherchés par les humains ? Vous avez ce rôle d’amulette, de porte-bonheur, vous portez le surnom le plus beau qu’on puisse donner, et tu es furieuse. Ah…les femmes, je ne vous comprendrai jamais.

-Tu n’en aurais pas le temps, même si tu le voulais. Il te faudrait une vie entière et ta vie…excuse moi, je deviens vraiment désagréable.

-Oh tu sais on s’habitue à tout. En fait, ce n’est pas pour me déplaire. Je t’aurai connue.

-C’est gentil, merci.

-Je t’en prie.

-Voilà, suis toute émue maintenant.

- Alors concentre-toi sur ce que tu me disais. Vous comptez aux yeux des hommes. Vous avez une importance capitale. Et pourtant, pourtant et malgré tout, tu es furieuse. Explique-moi encore, je ne vois pas du tout où tu veux en venir.

-Je suis mal dans ma peau. Et jalouse. Terriblement jalouse. J’évacue ma jalousie ainsi, sans être certaine du résultat. Tu vois, je crois même que demain ça n’ira pas mieux. Toi, tu ne seras pas là pour le voir. Un autre prendra ta place. Moi, j’aurai toujours cette colère au fond de moi, que je n’arrive pas à dominer. J’aurai toujours envie de crier « Scandale! Que tout cela cesse! », sans que personne ne m’entende. Je peux être la plus belle, la plus désirée, la plus admirée, j’y gagne quoi ? Le désir des uns, l’envie des autres, la haine des derniers ?
Je peux aller me poser sur toutes les épaules de la terre, sur tous les doigts du monde, leurs chanter la météo, rester des heures sans bouger, faire croire que la pluie va venir, ça ne va rien changer. Je bouge, je me remue, me fais remarquer, vais et viens. Mais l’importance que l’on m’accorde ne dure jamais qu’une seconde. On m’attrape, on me caresse, on me relache. On m’oublie.

Je bats des ailes, comme toi. Plus longtemps. C’est normal, logique. Tu ne vis qu’une journée. Je vis des mois, parfois plus. Je suis jolie, moi aussi. Rouge et noire…on pourrait écrire un livre sur ces couleurs. Si je savais parler l’humain, j’irai glisser l’idée à l’oreille d’un scribouillard quelconque.

Je suis attendue, désirée, je fais rire et sourire.

Tu attires les regards, j’attire les envieux…Avoir une bête à Bon Dieu.

Mais toi, toi qui ne viens que d’un affreux cocon, dans lequel tu restes paresseusement caché, attendant ton heure avec prétention. Toi qui, à peine là, disparais dans un filet. Toi qui ne vis pas plus d’un jour, retirant orgueilleusement au monde la beauté que tu lui offrais.

Toi, on ne parle que de toi.

Tu peux être beau ou laid, grand ou petit, présent l’espace d’un battement de cil, posé ou déjà disparu, on ne t’oublie pas, jamais. Tu laisses une trace, intangible et si présente.

Pas la peine de me regarder ainsi en soulevant maladroitement une antenne. Ne fais pas comme si tu ne comprenais pas. N’est-ce pas toi, qui, d’un battement d’ailes, peut entraîner sur un autre continent des bouleversements météorologiques inattendus ? Ne joue pas les innocents avec moi. C’est de notoriété publique. Un papillon ici, un ouragan là-bas. Toi, ou un de ta famille, un proche, un parent peut-être. Et ça vous rend intéressants. Vous faites la Une instantanément. Vous êtes observés, détaillés, redoutés.

Moi, pendant ce temps là, qu’est ce que je deviens ? Toujours la même, toujours plantée sur le même doigt, à tenter de lui dire : « Eh oh, n’oublie pas ton parapluie, si je ne bouge pas c’est que le temps se dégrade ». Seulement ça ne compte plus. Aussi belle que je sois, je suis oubliée plus vite que possédée.. Toi, ton aile a implacablement battu et engendré une révolution, une tornade, tellement plus marquante que les quelques gouttes de pluie dont je me fais l’augure.

Toi, ou un de tes frères. Un de tes pairs.

Alors, oui, oui je t’envie, te jalouse et m’épuise à m’énerver. Et bats des ailes indéfiniment, espérant moi aussi être un jour remarquée. Ton incroyable beauté n’est comparable en puissance qu’aux catastrophes inévitables et dramatiques que tu provoques. D’un simple battement d’ailes.

Je voudrai juste pouvoir en faire autant.

 

Lui tournant le dos, la coccinelle prend son envol et disparaît derrière les herbes.

-Foutaises. Tout cela n’est que foutaises.

Battant de ses jolies ailes, le papillon s’envole aussi, dans une autre direction.

 

 

Quelques heures plus tard, une coulée de boue entraînait avec elle un village, en Italie.

Le papillon n’en sut jamais rien. Il avait déjà fini sa journée. 


©Anne-Laure Buffet, Novembre 2009 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Extraits de nouvelles - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 16:47

-Qu’est-ce que tu fais ?

-Je bats des ailes.

-Ca, je le vois. Mais pourquoi bats-tu des ailes ainsi ?

-Ce n’est pas tes affaires.

-Ah.

-…

-…

-Ne me regarde pas comme ça. J’ai le droit de battre des ailes.

-Personne ne dit le contraire. C’est juste que tu sembles t’agiter frénétiquement, c’est bizarre. Surprenant. Et comme j'ai peu de temps pour comprendre, j'aimerai que tu m'expliques.

-Si ça te gêne, tu peux aller voler ailleurs.

-Ne te fâche pas. Depuis ce matin, je ne t’ai pas vue une seule fois comme ça. Je suis étonné, c’est tout.

-…

-…

-Ca m’agace que tu me fixes.

- Excuse-moi.

-…

-Tu ne veux vraiment pas m’expliquer pourquoi tu bats ainsi des ailes ?

-Oh, tu me casses les pattes à la fin. Je peux t’expliquer, si tu y tiens, mais de toute façon tu ne vas rien comprendre.

-Je ne suis pas si bête que ça.

-Non. Mais c’est long. Le temps que je finisse de t’expliquer, tu seras peut-être mort.

-Tu es cruelle de me rappeler que ma vie va s’arrêter, brutalement. Cruelle et égoïste.
-Pas cruelle. Lucide. C’est d’ailleurs une des raisons de mon énervement.

-C’est bien ce que je disais. Y’a un truc qui tourne pas rond. Je m’en suis rendu compte tout de suite, en arrivant. Pas normal, me suis-je dit, une coccinelle qui bat comme ça des ailes. Pas normal du tout. Bon, je ne dis pas que vous ne savez pas voler. Mais en principe vous ne vous remuez pas de la sorte. Nous, oui. On volette, on va à droite, à gauche, on change sans cesse de direction. Sans forcément avoir de but précis. Juste, par habitude. Parce qu’on est fait pour ça.

-Et ça vous apporte quoi ? Vous passez la nuit à vous préparer, la journée à ne rien faire, et le soir venu, plus personne. Rien, le néant, un trou noir, salut la compagnie. Et ça, c’est lorsque, par chance, personne ne vous a attrapé avant, pour vous planter une aiguille dans le dos. Vous allez l’air malin, après, sur votre planche de bois, derrière une vitre. J’en ai vu, des copains à toi, immobilisés pour l’éternité. Des enfants, de tout âge, (car franchement faut être un enfant pour rester des heures le nez collé sur une vitre), qui vous fixent et croient avoir découvert la septième merveille du monde. C’est pathétique, tu veux que je te dise. Pa-thé-ti-que.

-Dis donc, je ne t’ai rien fait, moi. Pas la peine de me parler aussi durement.

-Je ne suis pas dure. Je constate.

-Arrête, on ne va pas se fâcher pour si peu. Je te demande juste de m’expliquer pourquoi tu te remues ainsi. Je n’ai pas envie de mourir idiot. Allez, s’il te plaît, explique-moi.

-T’as gagné. Attends, je vais me poser deux secondes. Ça fatigue à la longue de faire du vent. En plus tu as vu la taille de mes ailes ? Ridicules. Mais sans volonté, on n’arrive jamais à rien.

-Ne cherche pas à gagner du temps comme ça. Je n’en ai pas beaucoup, et tu le sais bien. Raconte-moi, avant que je ne m’en aille.

-Je suis vexée, triste, perturbée, angoissée. Regarde-moi, regarde-moi bien. Je suis toute petite, on me voit à peine. Pourtant les enfants me courent derrière pour jouer avec moi. Pas pour me piquer. Pour jouer, vraiment. Ils comptent mes points noirs et essaient de deviner mon âge. Tu sais ce que l’on raconte ? Avant, il y a bien longtemps, nous n’avions pas de points noirs dans la famille. Les merles nous prenaient alors pour des cerises. Et nous dévoraient. Tu aimerais finir ta vie dans le bec d’un merle ? Alors, on a fait apparaître, à force de concentration, ces fameux points noirs. C’est très difficile de se défigurer. On l’a fait, quand même.

-Quel courage…

-Ca ne sert à rien de se moquer.

-Je ne me moque pas.

-Je n’en suis pas certaine. Je continue ou tu t’en fiches ?

-Continue.


©Anne-Laure Buffet, Novembre 2009 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Extraits de nouvelles - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 08:42

Le Pull Rouge est une nouvelle parue dans le recueil "Nouveaux départs", sorti le 1er septembre 2009, aux éditions Maruja Sener, collection Dix de Plume

Le texte ci-dessous est le début de cette nouvelle.



D'abord, elle a vu le ballon. Puis le chien. Puis le petit garçon. Puis, plus rien.
Elle a juste entendu le bruit. Un craquement, un déchirement, une explosion.
 
Et puis, plus rien.

12 points. Jamais une erreur, jamais une faute, jamais une contravention. Elle aurait pu recevoir la médaille de conductrice la plus attentive, la plus prudente, la plus respectueuse du code qu'il soit. L'oeil sur la route, l'oreille aux aguets du moindre bruit suspect. Jamais de musique, jamais de radio, jamais de téléphone. Ne pas se laisser distraire.

Jamais ça n'aurait dû arriver.

Le petit garçon avait un pull rouge. Il courait derrière son chien; et son chien voulait attraper le ballon. Et le ballon roulait sur la route. Elle aurait éviter le ballon; le chien avait déjà traversé. Mais le petit garçon était là.
Un coup de volant pour l'éviter.
Un arbre.

Quand les pompiers la sortirent de la voiture, elle avait aussi un pull rouge; comme le petit garçon. Et pourtant ce matin, c'est en blanc qu'elle s'était habillée.
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Extraits de nouvelles
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Parutions Février 2010

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

 mail.pngChocoplumes.jpg

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