Coups de gueule

Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /2010 09:10

Liberté, j’écrirai ton nom…

Tellement beau à dire, tellement semble t’il facile à écrire. Tellement appris sur les bancs de l’école, merci monsieur Eluard de nous faire rêver de liberté. 
C’est vrai que dans notre beau pays, la liberté est…Liberté chérie, s’associant sans peine à l’égalité, et à la fraternité. S’associant sans peine puisque tout petit nous l’apprenons par cœur, le chantons à tue-tête sans vraiment en comprendre les paroles, nous dressant fièrement tels des coqs sur leurs ergots, coinvaincus de défendre ad vitam ce droit le plus strict, celui d’être libre. 

Et puis, nous grandissons. Notre liberté devient contingentée. C’est pas de notre faute ; on voulait pas, j’le jure votre Honneur, oublier qu’ailleurs d’autres souffrent. On voulait pas arrêter d’y penser. Mais bon, faut avouer, c’est pas de notre faute. Entre le travail, la famille, la fatigue, les horaires, le périph bouché, le FISC à régler, les vacances à organiser…On ne peut pas être partout. 

Heureusement, le XXeme siècle vit naître un outil génial, pour nous rappeler à l’ordre : la télévision. Et le soir, lorsque commence la grand messe, regardée d’un œil torve entre la soupe et le fromage, certaines figures surgissent dans le petit écran. D’images en descriptions, elles nous rappellent qu’alors que nous sommes confortablement installés, certains se battent, d’autres souffrent, d’autres encore meurent, au nom de la Liberté. 

Ces figures, ce sont celles des journalistes. 
Ils n’ont pas attendu le XXeme siècle pour s’exposer, pour interpeller, et pour crier haut et fort ce que d’autres veulent dissimuler. Ils n’ont pas attendu pour se mettre en danger. 

Comme on les plaint, ces journalistes. Comme on les remercie de nous informer. Comme on a peur pour eux, pour leur vie, comme on les admire du courage dont ils font preuve. 
Et comme on les oublie lorsque le divertissement reprend ses droits. C’est qu’après une rude journée, faut bien se reposer tout de même, hein, votre honneur. 
Le problème, c’est qu’on n’est pas les seuls à les oublier. Nous, on est juste conditionné, par la télé. Petits moutons bien nourris, on pleure, on zappe, et on sourit. Mais eux…eux les grands patrons bien assis dans leurs fauteuils ; eux qui compulsent frénétiquement les parts de marché, et la popularité de leurs chaînes, eux oublient, aussi. 

Un coup fumeux, un coup d’état, un journaliste qui s’en va, est-ce qu’il reviendra ? On ne sait pas, on pense à lui, et on pense plus, désolé c’est pas l’actu. 

Aujourd’hui, il semblerait que certains oublient, oublient vraiment. 
Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, journalistes à France 3, sont otages en Afghanistan depuis 157 jours. On n’en parle pas, c’est pas le moment. Y’a tennis. Et après, y’aura foot. Pour eux, on verra…plus tard, quand on aura le temps. Cet été peut-être, ou après, si le temps le permet. 

Alors, pour ne pas oublier, pour continuer à dire Liberté, liberté chérie…sans rougir…Faites passer. Un jour on le souhaite ils reviendront, ne les abandonnons pas d’ici là. 
Sinon, qui pourra, sans baisser les yeux, continuer à dire…merci monsieur Eluard ? 

 

 

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Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : des mots pour le plaisir
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /2010 10:24
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Je ne suis pas un clown.
J’en ai assez d’être là pour vous divertir. Pour vous regarder rire de mes farces, de mes acrobaties ratées, de mes mimiques, et de mes mauvaises blagues, qui ne font rire que vous. 
Ça ne m’amuse plus. 
Vous êtes là, à tout attendre de moi. Attendez plutôt de vous. Donnez-vous du mal; moi, j’en ai marre de jouer pour vous. C’est pour moi que je veux vivre, et rire, et sourire maintenant. Vos humeurs ne m’intéressent plus. 
J’ai paradé mille fois, faisant un tour de piste et un autre, singeant ceux qui devaient être singés, ironisant sur l’ironie de la vie, pleurant pour vous faire rire, riant pour que jamais vous ne pleuriez. 
Vous ne savez pas ce qu’il y a dans le coeur d’un clown. Vous vous en moquez. Vous venez, vous prenez, vous vous servez. Quand le sourire du clown ne vous amuse plus, vous partez. Ses larmes, vous ne les voyez pas. Elles ne vous touchent pas. Et une fois loin de lui, vous l’oubliez. 
Moi, je reste là, le cul dans la terre battue du cirque, les lumières éteintes, et le coeur cassé. Personne ne viendra le recoller; vous êtes tous si absents. Vous y repensez parfois. Pas à moi. Non, je ne suis rien pour vous, juste un amuseur fardé, un pantin déguisé pour vous distraire, vous divertir et vous amener loin de vos sombres pensées. 
Parfois, en coulisses, vous venez me voir. Rarement, certains me sourient, me remercient. Les enfants me sautent dessus, me tirent les cheveux, ou la langue, et je dois continuer à sourire. Et pendant que je souris, mon coeur se brise. Mais les éclats qu’il laisse tomber au sol, vous ne les voyez pas. Vous marchez dessus, vous en faites des miettes, et vous repartez, sans vous retourner. 
Pauvre clown.
Pauvres envies méprisées, pauvres paroles qui tombent dans votre silence, sans que vous cherchiez à les entendre. Un clown ne peut pas être malheureux. Un clown n’en a pas le droit. 
Ce soir, le clown est fatigué. Il ira se coucher, les poches de ses yeux portant encore les larmes qu’il n’a pas pu verser. Il a du répéter un numéro, un nouveau. Pour vous tous qui l’attendez, tapis dans l’ombre, prêts à applaudir. Ou à critiquer. Jamais à embrasser. 
Tararararararatatatatatata
….Roulements de tambour. Ce n’est pas l’heure d’y penser. Le rideau va s’ouvrir. Devant vous, une fois de plus, je vais sauter, tomber, me relever, et vous saluer. 
……
Bonsoir les petits enfants….applaudissements…
Riez…Riez autant que vous le voulez.
Ce soir, cette nuit, j’en pleurerai. 
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 05:42
Je vois mal ce que je lui ai fait pour qu'il se comporte comme ça. 
C'est pousser le bouchon un peu loin quand même. 
Et j'ai beau ne pas être sexiste, avoir même tendance à défendre nos amis les hommes (oui, je sais, vous n'êtes pas des bêtes), là, suis sacrément en rogne. 
Jamais là quand on a besoin de lui. 
Pourtant, je ne lui demande pas grand chose : juste une présence, amicale, durant cinq, six heures. 
Ok, quotidiennement. 
Mais c'est pas la mort tout de même. 
Et bien même ça, il n'est pas capable de le faire. 

Et le pire c'est qu'il s'en va, comme ça, sans prévenir, sans laisser d'adresse, ni de numéro de téléphone. Injoignable. A l'époque du web, c'est un monde. 

Pourtant, je fais attention à me préparer tout comme il faut pour lui plaire. Je suis bien sage au fond de mon lit, la lumière éteinte, sans bouger, me libérant l'esprit de tout ce qui pourrait faire barrage entre celui que j'attends et moi. Hyper dispo, en somme. 

Et pourtant, manifestement, c'est insuffisant. 

Il est vrai aussi que je ne suis pas connue pour ma patience. 
Avec l'âge je prends sur moi. 
J'attends. 
J'attends. 
Je poireaute. 
Je fais le pied de grue. 
Je regarde l'heure un peu, c'est vrai, me demandant où il a bien pu encore passer, et dans les bras de qui il traîne ou s'agite. 

J'attends à nouveau. 
Je compte les moutons. Une fois que j'ai réuni un troupeau tout entier, plus celui du voisin, je regarde l'heure à nouveau. 
Qui tourne, inexorablement,  impitoyablement, me laissant sans nouvelle. 

Et l'autre qui continue à ne pas se manifester. Et sans complexe. Pas gêné pour deux sous.  

Pourtant, une fois de plus, j'ai bon espoir. Pas ce soir, pas cette nuit, il ne me laissera pas tomber, pas une fois de plus. Je ne mérite pas un tel dédain. J'ai des défauts, comme tout le monde, mais je ne suis pas une mauvaise fille. 

Deux heures du matin. Toujours personne. Ca commence à bien faire, et comme qui dirait, si ça continue, il va falloir que ça cesse. Puisqu'il le prend comme ça, à ne pas prendre la peine de s'arrêter une minute, ne serait-ce que pour un bisou, je vais mettre un peu la télé. Il va être sacrément ennuyé, le père Morphée, quand il va se pointer et voir que de son absence, je m'en moque comme d'une guigne. 
De plus les programmes sont tellement bien, à deux heures du matin. J'apprends des trucs très utiles, sur l'intérêt de la chasse au canard en pleine nuit avec lunettes à infra rouge, ou sur le son parfait imitant le cri de la carpe en rut (j'ai du mélanger deux ou trois émissions, c'est un peu confus).
Soudain, crise d'angoisse : Morphée est peut-être jaloux. Au lieu d'attendre patiemment son arrivée, je me gausse devant des volatiles multicolores, désirant presque (la fatigue me rend cruelle) leur fin proche et définitive.
Vite, j'éteins.
Et me remets en position, horizontale, yeux fermés, tout comme il faut.

Quatre heures du matin.
Tout comme il faut, et toujours seule.
Rien, rien, de rien, ni à gauche, ni à droite, aucun signe, aucune présence, aucun geste de sa part.

Salaud.
Lâche.
Traitre.

Si encore il avait sorti le chien et jeté les poubelles. Au moins il se serait rendu utile. Mais non.
Cinq heures.
Les oiseaux commencent à chanter.
C'est joli un chant d'oiseau qui commence à chanter.
Ce soir je vais faire du pigeon pour le dîner. Au moins j'ai résolu un problème, celui du menu pour la journée.
Ca, c'est fait.
C'est bizarre, je me sens de moins en moins logique dans ce que je dis.
Oh, et bien, il commence à faire jour, je vois de la lumière derrière le volet. De la lumière, certes, mais c'est tout.

Six heures du matin.
Autant se lever.

Si je l'attrape, il va passer un sale quart d'heure. Mais qu'il ne vienne pas avant ce soir, je suis débordée aujourd'hui. 
Débordée, et épuisée. 

Morphée, je te hais.
 
 
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /2010 09:09

9332 192942227588 557007588 4023408 4789405 sIl y a une question qui commence un tantinet à m'agacer.

 

Et, pour être parfaitement honnête, je crois que je ne suis pas la seule à être dans cet état d'esprit.

 

Aussi, je vous la transmets et la précise, au cas où l'idée saugrenue vous prendrait de me la poser. Ou de la poser à un de mes amis.

Je scénarise un peu, tout de même, on ne se refait pas...Plongée dans le décor.

 

Moi face à vous (et si ce n'est vous c'est donc votre frère, comme dirait ce bon vieux La Fontaine).

 

Vous :

-       Que faites vous dans la vie?

 

Moi :

-       J'écris. Je suis auteur, de nouvelles, et, j’essaie, de romans. Je suisce qu’on appelle pompeusement un « écrivain ».

 

Vous:

-       Ah ! c'est super. Et sinon, c'est quoi votre vrai métier?

 

Moi:

- ppppppffffffffffffffffffff...................

 

Alors donc voilà je résume et j'explique.

Auteur, romancieur, écrivain, ... , et pourquoi pas bloggueur, c'est un métier. Un vrai métier. Un métier qui nous rend heureux, très heureux certes. Mais un métier.

 

Ou sinon, appelez nous "Génie". Ça me plaît bien, Génie. Mais quelque soit la lampe, je ne tiens pas dedans. Ça me plaît, mais c’est faux.

 

Quelle que soit la longueur du texte, on ne l'écrit pas en 5 minutes, entre la poire et le fromage sur un coin de table graisseux.

 

On TRAVAILLE.

On se penche dessus. On cherche. Le mot, l'idée, le terme, la phrase qui retiendra VOTRE attention. On reprend, on corrige, on rature, on barre, on froisse du papier et on remplit des corbeilles, on s'arrache les cheveux, on se relève la nuit, on dort debout quand on est trop insatisfait.

On saute de joie, on s'auto félicite, dans l'idée de "Aide toi le ciel t'aidera"

On n'est jamais sûrs de nous. Jamais.

 

 

On y prend plaisir aussi.

On prend plaisir dans notre travail, parce qu'on l'aime. Parce que c'est une passion. Parce que vous donnez, souvent sans le savoir, parfois sans le vouloir, ce qui nous habite, nous anime, nous est indispensable. Sans recherche de notoriété ou de gloire.

 

Travail et plaisir. Les deux vont de paire.

 

Mais, en aucun cas, écrire n'est pour nous qu'une simple distraction, un passe-temps, un loisir agréable certes, mais rapidement satisfait.

On pêche, c’est évident, par nos manquements qui nous énervent. On chasse aussi, les mots, les idées, les sons qui vous feront, nous feront vibrer. On brode une histoire, on raccomode des paragraphes, on utilise les pensées à notre sauce, on jongle avec les lettres, on est un funambule sur les lignes. Nous ne sommes ni chasseurs ni pêcheurs, ni couturiers, ni cuisiniers.

 

Aussi, si d'aventure, à la réponse "J’écris, je suis auteur", vous êtes tenté de dire "Et sinon c'est quoi votre vrai métier?", n'oubliez-pas que sans le plaisir que nous prenons à travailler pour écrire, pour nous, pour vous, vous risquez un jour de ne plus pouvoir avoir le plaisir de lire, tout simplement.

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : des mots pour le plaisir
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /2010 09:33

6288 1223434387222 1269841232 645913 623107 sEh oh??? Allo??? Vous m’entendez??? Vous me recevez là? Y’a quelqu’un??

 

C’est pénible franchement de parler comme ça dans le vide.

Non, vraiment.

J’en ai marre.

 

J’ai bien compris que je ne vous intéresse pas plus que ça, surtout en ce moment, mais vous pourriez faire un effort tout de même. J’ai pas choisi d’être là, moi. Vous étiez bien contents pourtant de m’avoir. Mais bon, c’était il y a quelques années.

 

C’est sûr, ces instants-là, il n’en reste que des photos.

 

Et vous savez quoi? J’aime pas les regarder, les photos. Elles font mal. Ces photos de quand on était heureux. De quand vous vous aimiez. Alors que vous vous crachez dessus maintenant.

 

Regardez-vous.
Des adultes, ça? Je vous rappelle au cas où vous auriez zappé que vous êtes mes parents. Vous êtes censés donner l’exemple. Bravo, quel exemple. Si c’est ça la vie à deux, merci, très peu pour moi.

 

Vous vous êtes promis quoi déjà? Pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare? C’est sympa pour moi. Je ne sais pas à quel moment vous vous êtes offert le meilleur. En tout cas moi, j’ai droit au pire.

 

Puisque vous êtes manifestement sourds et aveugles, je vais aller faire autre chose. De toute façon, vous vous en moquez de savoir comment ma journée s’est passée. Vous savez, l’école, les copains, les profs, les notes, mon avenir, tout ça…Pas la peine d’essayer, vous êtes là à vous regarder en chiens de faïence depuis une heure.

 

Cela dit, ça me repose. Vos cris, j’en ai franchement plein la tête. Et je te reproche ceci, et je te critique pour cela, et je t’insulte, et je vais faire pareil, question de ne pas être laissée pour compte côté mauvaise foi et méchanceté gratuite.

Vous vous demandez de temps en temps ce que ça me fait, à moi, de vous entendre vous parler comme ça? Je veux bien être cool, et prendre de la distance, et tout ce que les psys peuvent raconter, mais vous êtes mes parents. Tous les deux. Je vous aime. Tous les deux. Je ne me demande pas pourquoi, je ne me pose pas la question, je n’en ai pas besoin.

Je vous aime, c’est tout.

 

Alors quand vous me prenez à partie, vous croyez que c’est facile? Regarde ton père, regarde ta mère…Regardez-vous, c’est ça qui vous ferait du bien. Regardez-vous, et regardez-moi. Je suis un peu de vous deux; un peu de chacun de vous. Si vous m’obligez à ne plus vous aimez, à vous jugez, à vous critiquez, l’un ou l’autre, c’est un peu de moi que je dois détester.

 

Vous savez, je vous entends, quand vous parlez avec vos amis. Les enfants…on les protège bien sûr…Ils sont suivis…

C’est pas d’un psy don’t j’ai besoin. C’est de vous.

 

Je ne vous critique pas. Je ne vous oblige pas à vous aimer. Enfin, à vous aimer encore; j’ose croire que lorsque vous m’avez mis en route, vous aviez des sentiments l’un pour l’autre. Des sentiments qui donnent envie d’avoir un enfant.

 

Je voudrais que vous m’aimiez, moi. Que vous me respectiez. Vos histoires, c’est pas les miennes. Vos choix ne sont pas les miens.

C’est pas facile, vous savez, ça fait mal de vous voir vous battre comme ça. Comme si mon bras droit tapait sur mon bras gauche, tout le temps, et mon bras gauche serait là, à lui rendre les coups, aussi fort. En oubliant qu’au milieu y’a mon coeur. Et que mon coeur, il est en morceaux, il n’a plus confiance, il sait plus à qui parler. Il pleure, tout seul, il se vide, y’a plus de joie dedans. Il essaie de sauver l’amour. Mais il a peur de le voir s’envoler.

 

Je sais pas ce que ça donnera quand je serai grand. Peut-être que je me remettrais à espérer. À y croire. À pouvoir aimer. À m’aimer, moi. À me respecter. Pour l’instant, je vois pas comment y arriver, puisque vous n’y arrivez déjà pas vous-même.

 

La pause est finie? Bang…Vous êtes comme sur un ring, le match va reprendre, début du 5eme round, pour ce soir. Je veux pas y assister, pardon, poussez-vous. Faites comme d’habitude, faites pas attention à moi.

Je sors.

 

Quand vous vous rappelerez que je suis là, vous me trouverez dans ma chambre, sans doute. Peut-être que je serais en train de pleurer. Peut-être que je serais caché, dans mon lit, sous ma couette. Sûrement, je ne vous entendrais pas, je me serai vissé la musique dans les oreilles.

 

Disputez-vous, battez-vous, pour le meilleur et pour le pire, et jusqu’à ce que la mort vous sépare.

Sans moi.

 

Photo Fred Vignale 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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