Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 10:02
24HOh. Fait jour. Il fait jour de plus en plus tôt je trouve.

Mais bon, tôt ou tard, s’il fait jour, c’est qu’il faut que je me lève.

Alors, dans l’ordre, le pied droit, le pied gauche, je reprends mon souffle après tant d’efforts, me redresse, ne me bouscule pas faut pas charrier non plus, et pars me faire un café.

 

Comme je vous l’ai déjà dit, le café est pour moi vital, avec un V majuscule. Eventuellement, pour mon entourage proche et immédiat, il peut-être considéré comme un élément pacificateur, un médiateur entre la réalité et moi.

Je ne suis pas du genre Pittbull au réveil, je ne vais pas faire dans l’auto-flagellation, mais quand on se couche, comme moi hier, à 3h46 du matin, (c’est précis, je sais), et qu’il faut se lever à 6h50, on a des excuses.

Bref.

Vous n’en avez strictement rien à faire de savoir à quelle heure je me suis couchée. Et vous avez bien raison.

 

Alors que l’eau chauffe, que se dessine un espoir d’amélioration sous forme de robusta bien dosé, j’allume mon ordi (Ah, vous pensiez que j’allais dire une clope? Raté. Pas encore. Pas avant le café. Oui, je sais c’est très tôt dans la journée pour fumer. C’est pour ça que demain je me lèverai plus tard.). Et je navigue tranquilement, presque joyeusement, de site en site.

 

Non, en fait, je ne fais pas ça du tout.

J’allume mon ordi.

Je n’arrive pas à choper le réseau, comme d’hab cette abrutie de Livebox de m**** déconne.

Je ne m’énerve pas.

Je relance la Livebox.

Je rallume l’ordi.

J’ai oublié la cafetière qui entre-temps s’est mise en veille. P***** de m****

Je rallume la cafetière en implorant dieu Nespresso de se magner franchement parce que là ça va pas le faire.

 

Et je vais voir mes sites préférés.

Dont celui de mon très cher ami, mon comparse, mon pote vas y tape moi dans l’dos on va s’en payer une bonne tranche, Valentin.

 

Valentin, vous savez, c’est le mec qui a tout compris aux femmes mais ne le dit pas trop pour ne pas se faire piquer ses trucs, on sait jamais si d’autres savaient comment ça marche une femme, il pourrait se retrouver sur le carreau. Et c’est le mec aussi qui se croit encore dans une jolie cour de récré avec tous ses potes, alors devant les filles faut faire le coq et je roule des mécaniques, et je bombe le torse, et même pas mal si tu me fais mal, sauf que je vais pleurer dans les WC parce que j’ai mal quand même et après je dis les filles c’est nul beurk.

 

Voilà, Valentin, c’est ça.

Cela dit, Valentin, je l’aime beaucoup.

 

Partant du principe que c’est un homme, dans toute sa splendeur, sa force et sa fierté, il est déjà largement excusé pour une grande part de ses propos. Je sais, je suis magnanime. Je suis surtout consciente qu’après des années, des siècles d’efforts, parfois surhumains, il est devenu aujourd’hui indubitablement indiscutable (Oh c’est dur ça avant le café) que ces messieurs ne changeront pas. Deux solutions s’offrent à nous : on accepte, ou on les laisse dans leur coin.

 

J’accepte.

J’accepte les hommes avec ce qu’ils ont de défauts et d’incongruité quotidienne. Faut juste se dire qu’ils sont pas bien méchants. Pas toujours bien malins, mais c’est pas de leur faute. C’est comme ça.

 

Revenons-en à nos moutons. Je me disperse, là, mais avant le café j’ai comme du mal à rassembler mes neurones (Oui, messieurs j’en ai. Pas des masses. Mais j’en ai).

 

Valentin, en plus d’être un ami, s’amuse et se divertit à raconter sa vie sur un blog. C’est pas moi qui ferait ça, mais chacun son truc. Si ça le défoule, et s’il y trouve un public, pourquoi pas… (Valentin, n’oublie pas que je n’ai toujours pas bu de café, mais je t’aime beaucoup tu sais…)

 

Et Valentin a des soucis. Ohlala, des soucis, mais alors des gros même. Depuis quelques jours, Valentin se prend la tête avec sa copine, Valentine. (Je digresse deux minutes…j’ai longtemps cru que Valentine était un pseudo. Que nenni mes petits. Hasards de la vie sans doute, Valentin a réellement trouvé une Valentine. C’est pas dingue ça quand même?)

 

Valentin qu’est pas toujours fin s’est pris les pieds dans le tapis, et est soupçonné par Valentine de manoeuvres diverses pour détourner son attention, d’innatention, et de de manque d’affection, d’affectation dans ses jugements, de semeur de tension, tout ça avec application.

(Il devient urgent que je me fasse un café.)

 

Valentin qui se croit très malin envisage diverses techniques et tactiques de contournements d’obstacles, pour éviter de mettre à plat les ressentis des deux belligérants (Ah oui, ça va vite, on en est là, ça belligère chez Valentin).

 

Valentin n’arrive pas à contourner. Et se retrouve à dormir sur le canapé.

Perso, avec ce qu’il a raconté, ça ne m’étonne pas.

Et Valentin se met à brainstormer. Ouhla, un homme qui brainstorme, c’est surprenant. Attention, je ne dis pas qu’un homme ne peut pas réfléchir. Il peut se demander par exemple quelle bière boire pendant un match de foot. Il peut mettre un beau costume et une cravate, éventuellement, ce qui semble développer instantanément des facultés mentales considérables; il s’assied alors autour d’une table avec d’autres hommes, lance des “oui oui non non je pense que…”, ça dure des heures, tout le monde est très content, on se serre la main, aucune décision n’est prise, mais c’était une bonne réunion, vraiment franchement là on a bien progressé.

 

Mais quand il s’agit de brainstormer sur une situation de crise de couple, c’est plus du tout la même chanson.

Aussi Valentin réfléchit (et moi je trouve que la lecture de ses réflexions, avant MON café, est éloquente, criante de vérité, même…j’explique dans les lignes qui suivent).

 

Voilà à quoi nous mène sa réflexion.

Be careful, c’est futé :

“Les filles ça pleure et ça crie et c’est comme ça qu’on les reconnaît si elles n’ont pas de gros seins”.

 

Alors là, comment dire? Chapeau bas Valentin. Epoustouflée je suis.

 

Après, certains vont dire que nous les filles, nous nous contentons de lieux communs sur eux les hommes, à dire qu’ils n’écoutent jamais quand on leur parle, qu’ils sont obtus, lâches et égoïstes, que la zappette est leur meilleure amie, qu’ils ont très très peur de demander leur chemin au méchant monsieur dans la rue, parce que c’est évident le méchant monsieur va les envoyer pile poil dans la mauvaise direction exprès, vaut mieux tourner pendant deux heures mais sans avoir été induit en erreur par l’autochtone sauvage…etc…etc…etc…

 

C’est évident. Les filles ça pleure et ça crie…ça c’est de la réflexion. Une belle théorie, Valentin mon petit fait une thèse là-dessus. Fais gaffe au jury, mais fais une thèse, que je rigole deux secondes…

 

Mais Valentin ne s’en est pas tenu là. Il reconnaît lui-même que c’est un peu basique tout de même ce truc des filles qui pleurent et crient (Pour vous dire à quel point c’est basique, si Valentin l’admet), et creuse le débat.

 

Pour en arriver là : Elle aurait juste besoin que je la rassure, que je lui rappelle que je l'aime encore ? »

 

Et là, je me suis arrêtée.

Et je dis oui.

 

Oui Valentin, c’est peut-être là qu’est la question, et non pas au château d’Elseneur.

 

Peut-être que Valentine a besoin que tu lui rappelles que tu l’aimes. Simplement. Que tu lui dises. Simplement. Pourquoi imaginer que c’est nul les filles parce que ça veut toujours entendre des compliments ? En quoi est-ce si compliqué d’en faire ? N’aimes-tu pas entendre de la part de Dulcinée, pardon, de Valentine, que tu es beau beau, intelligent et fort et tout et tout ? Pourquoi sommes-nous à même de le faire, et pas vous, les garçons ? ça vous fait si mal que ça d’être juste un peu sincère, de mettre votre hâche de cromagnon dans votre poche et de simplement dire « Je t’aime ? ». Simplement ? Et même si « Je t’aime » ne vient pas, juste d’avoir un mot gentil, une pensée, un truc quoi, qui fait que de potiche on devient un peu plus humaine.

 

Les fleurs, c’est pas le plus important.

La parole, et le geste aussi, le regard surtout, ça vaut mille fois plus que toutes les fleurs du monde.

 

Enfin, Valentin, tu me connais, j’dis ça, j’dis rien….

 

Allez, zou, sur ce je vais vraiment me faire un café.

 

Bonne journée…

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Commentaires

Mais euuuuuuh...

Bon d'abord une nouvelle fois merci pour la pub, mon blog a bien besoin de nouveaux lecteurs, merci mille fois.

Et puis sur le fond, ça va sans doute surprendre, mais je suis en grande partie d'accord avec la dame.

Evidemment, les textes que j'écris sont un point de vue de mec, caricaturé à outrance, sur les relations de couple, et personnellement je trouve la caricature de l'homme bien aussi drôle que la caricature plus évidente de la femme, il faut juste faire l'effort de la lire entre les lignes.

Sur le texte en question, il ne me semble pas que je donne du notre héros une image particulièrement favorable, ce n'est pas mon propos de rejeter tous les torts sur la copine (je ne dis pas qu'il s'agit de Valentine, d'ailleurs, pas con Valentin).

Mon propos est purement sur le process, clairement notre héros n'est pas un homme parfait, loin de là, mais la manière dont la copine exprime son insatisfaction provoque un chaos intellectuel et émotionnel tel que les vrais problèmes ne sont jamais vraiment abordés.

Je parle d'expérience, et il me semble que nous avons tous vécu ça, c'est pénible et on n'y comprend rien, et en fin de compte la résolution est profondément insatisfaisante, parce que rien ne nous empêcherait de recommencer exactement la même scène la semaine suivante, et d'ailleurs paf c'est le cas.

J'aime bien aussi l'idée que la femme exprime des revendications qui sont à côté de ce qui la blesse vraiment, et que l'homme soit purement dans la résolution du conflit, et pas du tout dans la remise en cause réelle. Là aussi, ça me rappelle des trucs.

Bon, je dis ça maintenant, parce que demain après l'épisode de conclusion, je vais en prendre tellement plein la gueule que je ne vais pas pouvoir en placer une...

;-)

Valentin
Commentaire n°1 posté par Valentin le 18/02/2010 à 11h36

Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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