Drôle d'endroit (...)
Lettre à l’attention de Frédéric Mitterrand, signée par différents éditeurs de
l’association L’autre livre et par les Mots Migrateurs…
Copie à Monsieur le Ministre de la Culture
Monsieur le Président,
Nous tenons, collectivement, à vous alerter sur l’orientation que semble prendre l’édition 2010 du
Salon du Livre de Paris.
Depuis des années, le tarif « Trampoline », réservé aux éditeurs réalisant moins de 300 000 euros de
chiffre d’affaires, leur permettait de disposer d’un stand de 9 m2 tout équipé pour la somme de 2 000
euros HT. Somme qui peut sembler dérisoire, mais est importante lorsque l’on connaît l’état de la
trésorerie des petites maisons d’édition.
Au milieu du mois d’août, Reed, le concessionnaire du salon, a fait parvenir aux éditeurs sa
proposition commerciale pour 2010. Et là, stupeur (mais stupeur étouffée par la chaleur estivale) : le
tarif « Trampoline » est désormais exclusivement réservé aux primo exposants. Pour pouvoir
bénéficier d’un stand équivalent, un petit éditeur ayant déjà participé au Salon devra dorénavant
débourser plus de 4 300 euros HT, si l’on intègre au tarif de base toutes les « options » – obligatoires
(assurance, inscription, compteur électrique, etc.).
Lundi 7 septembre 2009 : une réunion, initiée par Reed, s’est tenue au siège du syndicat dont vous
êtes le président en présence d’une cinquantaine d’éditeurs et de l’équipe du Salon du Livre au grand
complet. M. Morisset, le commissaire du Salon, nous a expliqué qu’il avait décidé « d’accompagner
davantage la petite édition » et que la suppression du tarif « Trampoline » pour les éditeurs ayant déjà
exposé visait à simplifier l’offre commerciale.
Pourquoi cette augmentation de 115 % ? Nulle réponse ne nous a été apportée. Pourtant, il apparaît
évident qu’en doublant le tarif des « petits » stands (il est à noter que le tarif des autres n’a, lui, pas
évolué), le Salon du Livre risque très vite de se délester des petits éditeurs incapables de suivre cette
inflation.
Lundi 20 septembre, Reed a mis au point une nouvelle grille tarifaire destinée aux petits éditeurs, en
Cette majoration, de 75 % tout de même, nous semble bien éloignée de la volonté annoncée par le
commissaire du Salon d’« accompagner davantage la petite édition ».
nutile de rappeler que le Salon du Livre est pour tous les éditeurs – petits et gros – le moyen de
nouer de nouveaux contacts avec lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes…
Nous souhaiterions connaître votre position sur cette augmentation et savoir qui en est l’initiateur. Estce
le SNE, propriétaire du Salon, ou bien votre prestataire Reed ?
Depuis quelque temps se murmure que certains aimeraient voir le Salon retrouver le cadre prestigieux
du Grand Palais. Hélas, le mètre carré y est plus rare qu’à la Porte de Versailles et tout le monde ne
pourra être de la fête, comme vous le confirmiez dans un entretien à Livres Hebdo en février 2009 en
affirmant : « Si on retire les stands marginaux, on peut peut-être y tenir. »
Devons-nous en déduire que nous sommes ces « marginaux » qu’il faut commencer à éloigner ?
Dans l’attente de vos éclaircissements sur une situation que nous jugeons alarmante pour la politique
du livre en France, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre
considération la plus distinguée.
Mardi 6 octobre 2009
Valérie Millet, Éditions du Sonneur
Laurent Seminel, Menu Fretin
Francis Combes, Le Temps des Cerises
Edmond Janssen, éditions Delga
Gérard Cherbonnier, éditions Le Petit pavé
Jean Ferreux, Téraèdre publishing
Dominique Gibert, Diateino
Dominique Tassel, éditions Albertine
Alain Gorius, éditions Al Manar
Guillaume Zorgbibe, éditions du Sandre
Isabelle Drouin Soubrillard, éditions Infrarouge
Yves Soubrillard, éditions Infrarouge
Martine Levy, La cause des livres
Raphaël Thomas, éditions La ville brûle
Danica Urbani, Dadoclem
Jean-Luc hadji-Minaglou, éditions Lis et Parle
Philippe Raimbault, Les mots migrateurs
Jean-Christophe Pichon, éditions Edite
Charles Merigot, éditions de la Ramonda
Benjamin Lambert, Librécrit
(lettre à retrouver aussi ICI)
Aussi je félicite le collectif pour cette intervention. Je le remercie de se battre afin de faire en sorte que petits et grands éditeurs ne soient pas considérés différemment. Que auteurs, écrivains, quelle que soit leur renommée, puissent avoir la possibilité d'accéder à un public et de transmettre par la lecture le plaisir qu'ils ont eu à écrire.
Que le plaisir du livre, au sens large et tout simplement, ne disparaisse pas au profit d'intérêts purement mercantiles, et économiques, mettant à mal la culture dans son acception la plus étendue.

Derniers Commentaires