Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 06:28
24H(Previously in my 24 hours, je retrouvais Germaine et Valentin dans un bar dit branché de la capitale ; Germaine est une fille formidable et Valentin est définitivement su-blime)

 

Deux heures que nous sommes là, tous les trois, dans ce bar. Nous avons trinqué, plusieurs fois, chacun offrant son verre. Trinqué « dans les yeux », sinon, comme dit Germaine, c’est « 7 ans de misère sexuelle...hihihi… ». Elle n’a pas du trinquer souvent, alors, ou mal…Qu’est ce que je dis, là ? Oh, ça doit être l’effet Gin Tonic, c’est vraiment nul de ma part. Pauvre Germaine. J’ai bien observé comment elle se comporte. Elle est séduite. L’air de rien, elle minaude, bat des cils, penche la tête, sourit à l’occasion (et à Valentin), n’en fait ni trop, ni trop peu. Et je la comprends.

Valentin est assez proche de ce que l’on pourrait considérer comme l’Absolument Génialement Parfait chez un homme. Forcément, c’était couru d’avance, il me plait.  énormément. Tout autant qu’il semble plaire à Germaine. Elle est raide in love, c’est clair comme de l’eau de roche. Je renonce. Je ne vais pas jouer le grand jeu, tant pis pour moi. Je ne peux pas faire ça à une amie. Pas à elle. Ce serait abject. Et je ne suis pas abjecte. Pas à ce point là en tout cas. Bon, je n’ai pas toujours été fière de moi, mais c’est le passé, de l’histoire ancienne, ppfuittt, j’ai changé, je suis une fille loyale et droite. Toute droite, quoique là j’ai l’impression de pencher un peu. Ou sinon, c’est le bar qui tangue. Non, non non non. Je ne vais pas la trahir. Elle me fait confiance, elle a besoin de moi, elle est toujours là pour moi, répond toujours présente même à trois heures du matin quand j’ai un coup de blues et qu’il faut tout de suite que je parle à quelqu’un, et moi, au milieu de mes bulles de tonic, je reluque celui avec lequel elle a passé la soirée, comme si c’était un dû. "C’est pas joli joli ma p’tite Emma", me dis-je en moi-même. Germaine a beau dire qu’il ne s’est rien passé et qu’elle préfère qu’ils soient amis, je sais bien qu’elle a l’espoir que ça change. Non, je ne peux pas lui faire ça. Vais reprendre un gin tonic, puisqu’il le propose, le beau gosse. Ça fait que le quatrième, eheh je tiens la route. Et je ne vais pas me laisser séduire, quoique c’est déjà fait mais la situation est totalement sous contrôle. Même pas impressionnée. Pas trop en tout cas. Ok, un peu quand même. C’est pas la peine de le dire, chut, vous ne savez rien. Je ne suis pas du genre à me laisser embarquer comme ça dans une histoire compliquée.

Même si je sens le pied de Valentin se frotter contre le mien. Même si cela fait maintenant cinq ou six fois que, par hasard, nos doigts se touchent, quand nous prenons nos verres. Même s’il me regarde avec des yeux, des yeux…oui, soyons franche, des yeux totalement lubriques et obsédés. Très très beaux aussi, mais qui dissimulent, j’en suis certaine, des pensées a-bo-mi-na-bles. Je le vois venir, le p’tit bonhomme, on ne me la fait pas. C’est ça en fait, c’est un gros obsédé, et moi, je ne suis pas un morceau de barbaque, et Germaine n’est pas un jouet non mais quand même, ça ne va pas se passer comme ça monsieur le play-boy de seconde zone, on séduit pas mes amies pour ensuite les planter comme des vieux choux, et tenter de choper la copine, on n’est pas de la chair fraîche Germaine et moi, ton tableau de chasse, tu mettras pas nos noms dessus, alors ouste c’est pas la peine de nous faire ton numéro à deux balles, même si j’en crève d’envie mon Dieu qu’il est bien ce mec…en fait le numéro je veux bien, mais super discret, si tu vois ce que je veux dire…Oh, j’ai failli le dire tout fort ça, hihi, ça aurait été dommage pour moi. Ohhh ça tangue quand même vachement dans ce bar.

Et Germaine, pendant que je réfléchis, qui se met presque à roucouler. Et Valentin par ci, et Valentin par là, et oui oui tu as raison Valentin, oui j’adore cet endroit Valentin, oh oui la musique est super Valentin, et pourquoi tu dis rien Emma ? Je dis rien, parce que je ne vais pas répondre à cet individu qui se croit capable de nous emballer comme ça en deux temps trois mouvements, genre paquets cadeaux, et l’une après l’autre.  Et c’est pas parce qu’il est divinement, incroyablement, totalement, complètement, littéralement, sublissime, que ça va changer quelque chose. Pas mon genre. Enfin si, mon genre, mais Germaine, je ne te ferai pas souffrir, croix de bois croix de terre, non, croix de fer, si je mens je vais prendre un verre. Eheh, j’me fais rire toute seule.

Tant pis, je préfère finir vieille et abandonnée de tous comme un chien miteux, que de me fourvoyer avec ce bellâtre et briser le cœur de ma chère Germaine. C’est ma chère Germaine, et pour fêter ça, je vais repayer une tournée. Oui, monsieur. Ohh, Germaine, je sais ce que je fais, t’inquiète pas pour moi. Je sauve notre honneur, Valentin est peut-être l’homme le plus parfait de la terre, mais pas question que nous ayons mal à cause de lui. Je lève la main droite et je le jure.

Non Germaine je n’ai rien à dire. Oui, j’ai vraiment levé la main droite. Je fais ce que je veux avec ma main droite. Et si tu pouvais dire au beau gosse qu’il arrête de me regarder avec ce sourire amusé, ça serait trèèèèèèès gentil vraiment, merci pour elle. Il a une drôlement belle bouche Valentin, je pourrais me pencher et hop oh pardon monsieur, j’ai pas fait exprès de vous embrasser, j’ai glissé c’est ballot. Mais j’vais pas l’faire pppfff j’sais m’tenir. Oh ben là, j’vais m’tenir à la table dites donc, parce que ça remue drôlement ici. Ben quoi Germaine, pourquoi tu m’regardes comme ça ? Oui, ça va j’te jure ça roule ma poule. Quoi j’ai dit cot cot cot en remuant les avant-bras ? Ah oui j’ai fait ça ? C’est bête c’est ridicule, pourquoi j’aurai imité une poule ? Et pourquoi il se marre ton Valentin, en me regardant, je peux savoir ? Hein ?

Bon, ben de toutes façons, c’est cuit pour moi. Suis très fière de moi, j’ai même pas essayé un mini coup de charme. Eh Germaine, tu peux être contente d’avoir une amie comme moi. Moi, en tout cas, suis contente de me connaître. Voilà voilà, j’vais vous laisser les amoureux, j’vais y aller, oui monsieur Valentin, au revoir j’ai été vraiment ravie de vous revoir c’était chouette, on s’refait ça bientôt ? On s’embrasse pas, hein, ça serait dommage que je me trompe et que ça finisse en bouche à bouche…Me raccompagnez pas, je connais le chemin, oui t’inquiète Germaine, je sais la sortie est vers la droite, Valentin, arrêtez de me regarder comme ça, y’a rien de drôle dans le fait que je me lève. Allez, salut la compagnie, on s’appelle, oui c’est ça, appelez-moi, Germaine, oui quand tu veux, et Valentin, vous voulez aussi m’appeler ? Ah c’est cool ça de vot’part…

Et c’est là que je suis tombée.

 

To be continued. 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

 mail.pngChocoplumes.jpg

Derniers Commentaires

Note aux lecteurs du blog


Note aux lecteurs : Certains textes se trouvant sur ce blog peuvent choquer ou gêner.
Ces textes ne sont que pure fiction. 

...c'est être capable d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme."
Sir Winston Churchill 

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés