Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 10:37
24H


(Previously in my 24 hours, au milieu des vississitudes du week-end, après avoir évité moults dangers, affronté moults surprises, surmonté moults chutes, j’espérais encore, toujours, mais trop tard, sans doute, que Valentin et moi…)

 

Je suis tombée. Mais juste à la renverse.

 

Ma soeur.

Avec Cathy.

Pouahhhh.

Beurk.

 

Elle avait tenté de me piquer mon copain.

Elle avait piqué la nana de ma meilleure amie, nana qui était l’ex de mon copain.

 

La garce.

 

Je ne sais pas ce qui me perturbait le plus entre sa soudaine et saugrenue homosexualité, et son comportement de fieffée salope.

Quoiqu’il en soit, j’étais perturbée. Très. Comme jamais.

 

J’ai réussi à calmer Germaine. Tout du moins, à la décourager de se pendre au premier arbre venu. Je l’ai reconduite au château.

Je lui ai demandé d’aller faire sa valise; et lui ai dit que je la reconduirai à Paris. Il n’était pas nécessaire de rester plus longtemps; autant partir.

 

En l’attendant, une dernière fois, je me suis assise dans ce hall, désert et glacial.

 

Seule.

 

Et fatiguée, mais alors fatiguée…Parlez-moi de la campagne et de ses bienfaits revigorants…Je trouve Paris finalement beaucoup plus zen.

 

J’ai mis ma tête entre mes mains

(De toutes façons, j’étais seule, alors entre les mains de quelqu’un d’autre était impossible).

 

Et j’ai pensé.

 

À Germaine, qui avait cru trouver l’Amour avec Cathy, puis l’Amour tout court, puis encore l’Amour mais avec moi. Qui avait fait preuve de violence à mon encontre (j’avais toujours mal au crâne quand même), avait disparu, était revenue, était trahie, avait voulu en finir avec ce monde cruel.

 

C’est violent pour un seul week-end, ça vous fait des journées chargées.

 

J’ai pensé à cette s***** de Cathy, qui avait détourné mon amie, l’avait ensuite trompée, avec à peu près tout ce qu’on peut trouver dans le château.

Heureusement qu’il n’y avait ni chien ni chat d’inviter au week-end.

 

J’ai pensé à Pauline, excitée par tout ce qui pouvait un tant soit peu dégager de phéromones, et se jetant dessus comme une bête sauvage et assoiffée. La garce. Jusqu’à mon mec. La re-garce. Jamais plus elle ne mettrait les pieds chez moi. Maman, je te rends ta fille, fais-en ce que tu veux. Pas question de lui servir de chauffeur pour revenir à Paris. Elle prendra le train, fera du stop, louera un vélo, je m’en moque et m’en fiche.

Son destin est entre ses mains (c’est un peu pompeux, mais je suis quand même dans un état d’épuisement avancé, je ne contrôle pas toutes mes pensées, vous ne m’en voudrez pas).

 

J’ai pas pensé à Fabrizio. Pas que ça à faire non plus.

 

J’ai pensé à Valentine. En fait, je ne savais plus quoi penser. Valentin m’avait glissé des confidences que je trouvais proches du délire absolu. Je veux bien qu’on passe un week-end “welcome chez les goudous, tout le monde fait n’importe quoi et saute sur le premier venu”, mais Valentine, cette femme fidèle et farouche furieusement fondue de son ( help…j’ai besoin d’un synonyme pour homme commençant par f…) mec…Valentin serait-il trompé par ses sens, sa vue, ses envies, et sa copine? Ça ferait beaucoup. Et je ne me voyais pas du tout aller demander à Valentine sa version des faits. J’ai cessé de penser à Valentine.

 

J’ai pensé à Gaston. (Je préviens tout de suite le lecteur sensible que nous allons attaquer un paragraphe terriblement triste. Terriblement. )

Gaston vers qui je m’étais tournée quand Valentin, trop lâche pour me le dire, avait fuit un avenir fait de menus plaisirs, de tendresse et d’amour, avec moi, pour rester avec Valentine.

Gaston qui semblait si fragile, si tendre, si romanesque. Gaston qui avait été quitté. On devrait toujours se méfier d’un homme qui vient d’être quitter.

Gaston qui très vite s’était installé dans ma vie, et quasi dans mon appartement. Il était même prêt à m’aider dans  l’entretien de mon ficus.

Gaston dont les yeux se retournaient dès que Pauline était dans le coin.

Et moi qui ne voyais rien, qui le regardais avec sans aucun doute un air de vache en train de vêler, sûre de moi, sûre de nous.

Gaston qui, ces derniers jours, avait profité de ma faiblesse pour se tourner vers ma soeur. Puis vers son ex. Puis vers un homme. Un italien, d’accord, mais un homme quand même.

Gaston qui ne m’avait été d’aucun secours lorsque j’étais au fond du trou, enfin, de la pièce montée, quand j’avais été assomée, quand je cherchais à lui parler.

Gaston qui ne m’avait jamais aimée. Jamais.

 

Quelle affreuse déception. J’avais été le jouet de cet homme (Je vous avais dit que ce paragraphe serait très triste mais j’avais oublié de préciser la connotation psychologique que le lecteur attentif y trouvera).

Sans doute insconciemment, il s’était servi de moi, de ma faiblesse, de ma bonté (j’en rajoute un peu mais sinon ça ne serait pas très triste), pour satisfaire des besoins primales. À la première occasion, il m’avait trahie, trompée, et laissée en miettes et en ruines.

C’était affreux.

Affeux, affreux.

(Vous êtes censés pleurer là, je vous le dis si ça vient pas, au pire, je peux fournir les oignons).

 

Gaston…Gaston le traître, le fourbe, le sans foi ni loi.

Gaston, avant de te haïr, je te quitte. Je te laisse, avec ma soeur, avec ton ex, avec l’italien obsédé, avec qui tu veux…Je te laisse à ton destin. Sois heureux. Et prends le train.

 

Je serai seule face à moi-même ce soir.

Mais fière d’avoir su prendre la décision de te quitter.

 

(Là, pendant quelques secondes, pleurs, soupirs…un truc déchirant que les filles font quand ça va plus du tout et qu’elles vont mourir parce que c’est trop triste et trop dur quand même, personne ne peut comprendre, personne n’a vécu un truc comme ça avant elles, ouin ouin ouin).

 

Et enfin j’ai pensé à Valentin.

Un peu mélancolique, un peu nostaligique. Tous ces baisers, toutes ces caresses, tous ces trucs qu’on fait quand vraiment on n’en peut plus, sauf que nous on les a pas fait, on n’a jamais eu le temps, y’a toujours un abruti qu’est venu nous déranger…

Le sort, le destin, ou la fatalité sans doute.

Nous étions faits l’un pour l’autre, mais de manière platonique (Et le premier qui dit que dans platonique y’a autre chose que plato  se fera recevoir. C’est pas le moment de faire de l’humour à deux balles, je suis très malheureuse, là.)

 

Nos chemins devaient se croiser. Mais juste un croisement, et hop, chacun reprend sa route.

 

C’est super triste.

Super super même.

 

Si, si je vous le dis, c’est que c’est vrai, c’est super triste.

Vous pourriez faire preuve d’un peu de compassion quand même. C’est un monde ça. On vous raconte notre vie, on vous fait confiance, on vous dit tout, on vous cache rien, enfin, si, ce sein que je ne saurais voir, et vu les trois derniers jours, c’était pas facile de ne pas en voir, vraiment. Et vous, vous vous dites juste : “oui, ben en attendant, ils n’ont toujours pas baisé”. En plus vous êtes vulgaires. C’est nul. Je suis déçue, franchement, très déçue.

 

Vous pensez qu’à ça.

 

Moi aussi je pense qu’à ça, mais ça, c’est pas votre affaire.

 

Je ne pense qu’à ses moments qui, c’est évident, auraient été…magiques. Exceptionnels. Rares.

Comme jamais l’histoire (sexuelle) de l’Humanité n’en aurait connus avant.

Ces moments que je ne connaîtrais sans doute jamais. Re ouin.

 

Quand Germaine est arrivée avec sa corde, prête à jouer à la balançoire façon pendue désespérée, Valentin s’est levé.

Il m’a regardée.

Il a murmuré un truc, mais si bas que je n’ai rien compris du tout.

Et il est parti.

 

Je ne sais pas ce qu’il a dit.

Je ne l’ai pas revu.

 

J’affronterais mon avenir, avec ou sans lui. Avec ça serait mieux, cela dit.

 

Germaine arrive, la tête basse, les épaules basses, la voix basse aussi, pour me dire qu’elle est prête.

 

(On attaque une autre scène très triste.)

 

Nous sortons toutes les deux. Les deux amies de toujours. Les fidèles, l’une à l’autre, plus fortes que les tourments que le destin nous inflige (Vous voyez que c’est à la fois très beau et très triste ce que je raconte).

Sans nous retourner, nous allons vers la voiture.

J’entends une voix derrière moi, une voix qui semble m’appeler.

Clairement, elle m’appelle.

Enfin, que je sache, je me prénomme toujours Emma.

 

Pourtant, je ne me retourne pas.

Je ne me retourne plus.

 

La vie me tend les bras, j’avance.

Demain, j’y penserai, demain est un autre jour (J’ai beaucoup trop regardé Autant en emporte le vent, moi).

 

Je démarre.

Je vois une silhouette dans le rétroviseur, qui semble courir vers la voiture, vers moi, vers nous.

 

Serait-ce…?

Est-ce que…?

 

Valentin…Valentin, mon amour, c’est toi qui cours ainsi vers moi?

 

Toi, moi, nous, enfin…

 

Oui, c’est bien lui.

C’est fou.

Merveilleux.

Incroyable.

 

Comment ça vous vous en doutiez? Comment ça c’est téléphoné mon truc?

Dites donc, vous n’allez pas en plus vous en mêler, je rêve…

 

Oui, c’est Valentin, il vient vers moi, il se précipite, il est beau, il est à moi, il est…chargé…

 

-       Emma…tu as oublié ton sac…

-       Ah…merci Valentin.

-       Rentre bien…

-       Je vais essayer.

 

Au loin, je vois Valentine. Elle semble me faire un signe de la main. Connasse.

 

-       Au revoir, Emma.

-       Au revoir, Valentin.

 

Un dernier baiser. Sur la joue.

 

Et nous sommes parties. Germaine et moi.

 

Scarlett a raison, demain est un autre jour.

 

 

To be continued…ou pas


Et Valentin, dans son coin.... 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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