Drôle d'endroit (...)
Les textes de Garance vont revenir, repris, corrigés, et mis à jour.
Bonne lecture...

(Previously, in my 24 hours, je testais la résistance de mon propre corps contre une pièce montée. Ce sont des choses qui arrivent. Le premier qui dit que vraiment faut que j’arrête de boire et que je regare où je mets les pieds, je le fais passer par la fenêtre, que les choses soient claires.)
à qui sont ces cloches qui sonnent dans ma tête? Ça fait mal. Faudrait demander au carillonneur de faire un peu moins de bruit, c’est bon là. Aïe. Ça fait comme si on m’épilait le crâne, cheveu après cheveu, mais en tirant bien fort, avec une pince à épiler toute pourrie.
En plus faut pas que je bouge trop, y’a une sorte de remue-ménage à l’intérieur de moi-même, qui me fait dire que je ne gagnerai sans doute pas cette guerre intrinsèque facilement.
Alors, il s’est passé quoi encore hier?
Ça me revient, par bribes.
Le jeu de pistes, ok.
Gaston, pas content du tout, ok.
Valentin, pas là du tout, ok.
Et puis le dîner, on échange des voeux, ok.
Non, pas ok.
J’ai pas vu l’échange de voeux…Ah ben oui, j’avais la tête dans la pièce montée. Oh la honte.
Merde.
Là, je suis pas convaincue que Germaine me le pardonne. Même si en fait elle n’est pas convaincue, elle, d’aimer Cathy, puisqu’elle est totalement convaincue de m’aimer moi, et moi je trouve que c’est une très mauvaise idée.
J’en ai marre quand même.
Je vais essayer de me redresser dans le lit, mais sans faire de bruit, Gaston doit dormir, je l’entends pas. Y’a un truc qui me colle dans la main…oh de la nougatine. Ça c’est rigolo quand même. Non, d’accord, c’est pas rigolo, la fille qui finit toujours par détruire un truc, je sais, ça fait un peu redite. C’est pas de ma faute, si y’a des obsctacles sur ma route. Perso, je voulais ni me faire remarquer, ni gâcher l’ambiance. Je suis un tantinet maladroite, ça arrive, non? Vous n’avez jamais détruit de restaurant, vous? Ni de pièce montée? Ah oui? Jamais jamais même pas un tout petit peu? Ah bon. Ça doit être moi alors.
Valentin.
Valentin était là.
Voilà, c’est lui, il me porte la poisse en fait ce mec.
Dès que j’ai plus mal au coeur, je lui dis. Et je serai très ferme. Je vais lui dire : “Valentin, il faut qu’on se voit (ehhhhohhhhhhhh j’ai pas dit que je ne voulais plus le voir, mais juste qu’il me porte la poisse) dans des endroits sans risque, par exemple, tu penses quoi d’une plage déserte sur une île déserte comme la plage, juste toi et moi?” ça c’est hyper sans risque, non?
Oh pétard, je sens que la journée va être longue.
Sauf que c’est pas le jour, fait nuit…Il est quelle heure au fait?
Je reconnais, je ne me suis pas bien tenue, mais Gaston pourrait m’aider sur ce coup-là, au lieu de ronfler. Quoi, y’a pas de bruit? Normal, il ronfle silencieusement.
Hein Gaston, tu ronfles silencieusement.
Hein? Hein?
Allo?
La dame te parle, y’a quelqu’un?
Ouhouh m’oblige pas à ouvrir les yeux, c’est trop dur, j’ai les paupières trop lourdes.
Gaston, je vais avoir besoin d’aide, je suis ta copine, fais quelque chose. S’il te plaît. Y’a urgence.
GASTON!
Ah le chien galeux, il ne me répond pas, et là je vais devoir bouger, toute seule, et ouvrir les yeux, et c’est pas facile facile, moi j’vous l’dis. Je vais le secouer un peu. C’est fou ça, je lui hurle dessus, pas fort mais juste ce qu’il faut, et zéro réaction. Bon, moteur (je dis moteur pour la réaction…oui, je sais, c’est nul, comme à chaque fois, pas la peine d’insister, merci).
Je tends un bras vers ma gauche (je dors à droite dans le lit, je précise si jamais ça intéresse quelqu’un).
Rien.
Vide.
Même en tatonnant bien, tout vide le lit.
Et puis depuis un bout de temps, parce que tout vide ET tout froid.
Comment ça, tout vide et tout froid et où il est Gaston? Qui peut me le dire? Personne. Merci, ça fait du bien de se sentir soutenue dans l’épreuve. Je pensais que depuis le temps on avait sympathisé, et là, la déception s’abat sur moi. Ah ben oui, tiens. Vous, vous restez là plantés à regarder cette pauvre Emma se débattre dans des tracas quasi insurmontables, et vous en profitez pour boire un café, tranquilou peinard, et moi, je dois gérer. Comme d’hab. C’est agréable, vraiment.
Bon, alors, Gaston, t’es où? T’es venu te coucher bourré toi aussi, et en fait t’as raté le lit, tu dors sur le tapis qui complexe de ne pas être persan, c’est ça? C’est une blague? Attends je vais te trouver, suis une maligne moi, je me penche.
ça fait mal au coeur de se pencher comme ça.
Beurp.
Désolée.
En plus t’es pas sous le lit.
Je sais. Eheh. T’as dormi dans la baignoire. Bouge pas chéri, j’arrive.
Dès que je serai debout.
D’ici quelques jours quoi…oh, c’est dur.
Allez Emma, sois courageuse, faut juste glisser, doucement, tout doucement, voilà, t’as un pied par terre ma fille, pose l’autre, tu peux le faire, c’est bien, bravo, trop forte la cascade.
Hop. Salle de bain.
C’est quoi ce bruit? Ah si, je reconnais…Les Stones. J’adore les Stones.
C’est marrant ça me dit quelque chose…mon téléphone (frappe de la paume de la main sur le front. C’est bête c’est très douloureux comme geste).
C’est mon téléphone qui sonne.
Où il est? Petit petit viens voir maman…Ah t’es là…Et c’est qui qui appelle?
C’est Valentin.
Valentin.
Allo allo Valentin…non non suis pas essoufflée (même pas émue, même pas vrai…), oui, ça va mieux (oh la menteuse, elle est…oui ben ça va taisez-vous, vous) (Oui, c’est à VOUS que je parle), oui, je sais hier…ohlala, et puis là, je comprends pas, mais Gaston n’est pas là…je sais pas…non, comme je te le dis…non, pas là, pas du tout, j’ai même regardé sous le lit…le placard? Non, j’ai pas encore regardé…et oui t’es trop chou de prendre de mes nouvelles, j’ai tellement…
Et c’est là que je suis tombée.
J’ai rien fait, vous avez vu. Rien.
Suis tombée quand même.
Comme un gros tas flasque et sans forme et sans vie.
Je sais pas combien de temps je suis restée par terre.
Longtemps.
Et puis, je ne sais pas non plus d’où ça vient, mais j’ai mal à la tête et … non, c’est pas l’alcool, ça va, vous. C’est pas l’alcool, je le sens, d’ailleurs j’ai une bosse, énorme, suis sûre que je suis défigurée. Mais il s’est passé quoi ici?
Et c’est quoi ça? Oui, ça là au pied du lit. Ce truc juste là. Un chandelier. Mais qu’est ce qu’un chandelier fiche là? Et…aïeeeuhhhh…j’ai mal, merde…Qui aurait mis un chandelier juste là? Un chandelier. Aïe aïe. Mal. Bosse. Boum. Tombée.
Assomée. J’ai été assomée.
C’est quoi l’idée là? Ça tourne au cauchemar ce week-end, je veux rentrer chez moi.
Sauf que je sais pas où est Gaston.
En fait, je sais pas grand chose, vous me direz.
Ce que je sais, c’est que lorsque je me suis réveillée, pour vous raconter tout ça, j’étais dans mon lit.
Pas seule.
Me tenant la main, doucement, me caressant le front, s’assurant que je revenais à moi, devant moi, magnifique, chevaleresque, doux, tendre…oui bon, vous avez compris…Valentin. Hummmppppfffffffffff….
- On parlait. J’ai entendu un grand bruit, comme un boum. Suivi d’un autre. Je sais pas pourquoi, tu disais plus rien, je me suis affolé, j’ai couru, pour être sur que ça allait, et tu étais là, sur ce sol, je t’ai crue sans vie, je t’ai portée dans ton lit, tu as ouvert un oeil, il s’est refermé, j’ai su que tu étais en vie, je n’ai pas bougé, je voulais être là à ton réveil…
- Oh Valentin….tu t’es précipité…
J’aurai bien dit merci, mais comme Valentin a soudain collé sa bouche sur la mienne, et que je suis assez d’accord pour qu’il continue, je dirai merci plus tard.
Hummpppppppppppppfffffffffffffffff
Re hummmppppppppffffffffffffffffffffffff
Il embrasse vraiment trop bien. Ça doit être homologuable, même. (quoique depuis deux jours, les mots avec homo dedans me fassent un peu peur).
Alors donc, il m’embrasse, je l’embrasse, on s’embrasse, et après, j’ai perdu je sais pas comment une partie de mon pyjama (Oui. Je dors en pyjama. Vous avez déjà dormi en Bretagne dans un château glacial vous? Alors, le pyjama, c’est peut-être pas sexy, mais c’est vachement adapté. )
Et Valentin a perdu sa chemise, et il a un buste, et des bras, et waouhhhhhhh je vais mourir, enfin pas là, là ça serait gâcher quand même.
Mais waouh.
Fermez les yeux, vous.
C’est pas des trucs qu’on regarde quand on est bien élevé.
Allez, zou…fichez-moi le camp bande de voyeurs.
Attendez, Valentin, attends aussi, juste deux secondes, c’est quoi ce bruit là? Oui, ce bruit LA, dans le couloir. Juste derrière la porte. Des pas. C’est des pas. Ohla. Ohlala. Et les pas viennent de s’arrêter. Ohlalala.
Ohlalalalalalalala (ça fait un peu raï…ça tombe bien raï aïe aïe aïe…)Faites que s’il vous plaît, là, ça soit pas Gaston, s’il vous plaît…
La poignée se baisse…Valentin a juste le temps de glisser au bas du lit, je remonte le drap, ni vu ni connu, qui que ce soit, Valentin, rampe sous le sommier s’il te plaît, si c’est Gaston, ça va être baston…la porte s’ouvre, j’aime pas trop ça du tout, je vois un pied, oh mon Dieu…
C’est Cathy.
Là.
Dans ma chambre.
Sans frapper Madame rentre.
Je respire mieux, et la trouve quand même gonflée, l’autre.
On rentre pas comme ça dans une chambre, ça peut gêner tout de même.
- Excuse moi Emma. J’ai besoin de toi (Ah non, t’es pas amoureuse de moi toi?). C’est grave. Germaine a disparu.
To be continued
Et Valentin?

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