Drôle d'endroit (...)
Les textes de Garance vont revenir, repris, corrigés, et mis à jour.
Bonne lecture...
Vu l’humeur de tout le monde et de Gaston en particulier, j’ai laissé tomber. Et je suis allée prendre un bain. Ce soir, on a droit à un grand dîner bien pompeux où faut être sur son 31 s’il vous plaît merci c’est important pour Germaine et Cathy…
Elles vont échanger des voeux. Ben voyons. Au point où l’on en est, vous me direz…
Pourtant depuis le jeu de pistes, je me dis que Germaine aimerait bien échanger quelque chose avec moi, genre mélange de fluides corporels, tout ça tout ça, et …beurrrkkkkk.
J’ai failli me noyer en y repensant. Heureusement le calcaire stagnant par plaques dans le fond de la baignoire a fait usage de frein, peeling du fessier offert au passage. Ambiance Spa en Bretagne en fin de journée, vraiment de plus en plus sympa ce week-end.
Bref.
Je me suis mise comme ils ont dit sur le programme, très chic, avec ma petite robe noire décolletée, ma petite paire de bas, mes petits talons de 10, super commodes dans le château où le plancher se pète la gueule tous les vingt centimètres, mais c’est ça ou des Converses, et je sors de la chambre, juste au moment où Gaston y entre. Et bien comme ça, lui, sa soupe à la grimace, et sa mauvaise humeur, on va s’éviter encore quelques temps.
Et tant mieux, parce que pour tout vous dire, je sature et pas qu’un peu.
Parce que sans blague…j’y suis pour rien moi si Valentin est venu ce week-end. J’y suis pour rien s’il était aussi dans la tour. J’y suis pour rien si je peux pas me retenir quand je le vois…Bon, je reconnais, là j’y suis un peu pour quelque chose. Mais Gaston n’avait qu’à pas me balancer des vacheries sur tous les tons. Flûte c’est quand même lui qui finalement a voulu venir. Et c’est lui aussi qui me saoule avec ma soeur, et avec son ex femme, et avec …avec… avec le fait d’être là. M’énerve à la fin ce mec.
Ça y est, on a fini par tous se retrouver, on a échangé des banalités, Gaston regardait Pauline qui regardait Fabrizio qui regardait Valentine qui regardait ses pieds.
Cathy fixait Germaine, que j’évitais consciencieusement, le dénommé Philippe (ça y est, j’avais retenu son prénom, trop forte) fixait Cathy, je commençais à me dire que non seulement il ne savait pas à qui il parlait, mais qu’en plus un plan avec une lesbienne devait le tenter, vu son regard des plus …clairs…sur les seins de la copine de mon amie qui voudrait elle que ça soit moi qui regarde ses seins.
Je dis ça pour vous aider si vous n’arrivez plus à suivre, je pense que c’est plus simple, là.
Quant à Valentin, il ne regardait rien, ne fixait rien, sauf un truc dans le coin de la pièce, je sais pas bien quoi, ça avait l’air de l’obséder, il était manifestement plongé dans ses pensées. Je me tenais à une distance raisonnable, pas nécessaire de réveiller les idés belliqueuses de Gaston.
On est passé à table. Et franchement, je ne sais pas qui a fait ce plan de table, mais c’était du grand n’importe quoi. Pauline à côté de Gaston, Philippe à côté de Valentine, moi à côté de….mince, lui, c’est…ah oui, Pascal, celui qui a organisé le jeu de pistes, Valentin à côté de Karine, à l’autre bout de la table, Germaine à côté de je sais plus qui, Fabrizio pas trop loin enfin bref, n’importe quoi.
Et puis après deux gin to, de toute façon je commence à me moquer de tout ce soir.
Je fais le voeu solennel, la main sur la Bible, ou sur mon téléphone portable, ou sur ce que vous voulez, que plus jamais je ne bois.
Plus jamais.
Même pas un tout petit verre. Rien. Niet. Nada.
Comment ça vous ne me croyez pas? Merci, la confiance règne, on se croirait avec Gaston. En même temps, pendant que vous êtes là à rigoler juste parce que je ne veux plus jamais boire, vous ne me parlez pas de ma soirée. Et c’est tant mieux.
Demandez rien j’ai tout oublié.
Ce qui m’ennuie c’est pour ma robe, je sais pas si je vais …quoi? Oui, ma robe. Elle a passé la soirée avec moi, alors forcément, ça a été dur pour elle. C’est en l’enlevant que j’ai vu les tâches…Quoi encore? Ben oui, j’ai fini par l’enlever, je vais pas vivre avec quand même.
Bon, très bien, je vous raconte, ça va.
C’est pas facile, mais comme c’est vous, je sais que ça restera entre nous, alors ok, très bien. Et puis y’a pas de honte à avoir, après tout. C’est la vie. Life is life…voilà mon nouvel opus…
Je vous rappelle qu’à table j’étais à côté dudit Pascal, cette espèce de chose bizarre, super monumental mais alors fade, mais fade, pas de conversation, pas de charme, rien. Je vous rappelle aussi que mon amoureux me fait la tronche, ma meilleure amie est amoureuse de moi, ma soeur ressemble à une grosse guimauve …ah oui, vous savez déjà tout ça? OK.
Bon, bref, comme je m’emmerdais sérieusement, je me suis mise à penser.
Pascal me servait à boire, je pensais, Pascal me servait à boire, je pensais, et comme ça tout le dîner.
Gaston.
Gaston me scie. Si c’est vrai, c’est comme je vous le dis. Je sais pas ce qu’il a depuis plusieurs jours, mais franchement j’y comprends plus rien. Oui, ben ne me dites pas que c’est à cause de Valentin tout de même. Il a commencé à être odieux bien avant. Et on va pas à la fête et mon ex ouin ouin elle aime les filles, et on va à la fête, oh oui, avec Pauline, elle est trop super ta soeur, allez allez, et Pauline par ci et Pauline par là et prenez-moi pour une andouille, comme si je voyais pas votre manège. C’est pas joli joli – oui, Pascal, je veux bien encore un peu de vin – qu’est-ce que je disais? Ah oui, c’est pas joli joli de faire ça sous mes yeux. Mes yeux à moi. Ah non, moi ça me fait de la peine quand même. Beauuuucccoup de peine. Oui.
Et puis l’autre, là, le Fabri-chaud, très chaud…je te chope la blonde à gros seins (oh pardon Pauline, j’oublie tout le temps que t’es ma soeur), et je te chope Valentine…c’est cruel pour Valentin, ça. Oui, Pascal je veux bien encore un verre, pas la peine de demander, oui oui quand le verre est vide je le plains, non, c’est pas ça, je voulais dire faut le remplir, voilà merci pas plus haut que le bord hihihi, ….Alors je disais, Valentin, il va être malheureuuuuxxx. C’est trop infâme ce que fait Valentine, oh j’aime pas ça, moi. Ah non, ça va pas se passer comme ça, moi Valentin je veux pas qu’il soit triste avec ses tout petits yeux qu’on dirait un cocker à qui on a enlevé son nonos. PPppffffffff. Mais Emma est là, et même si tu veux, moi je veux bien te consoler, enfin, si tu veux, hein, Valentin?
Moi en tout cas Valentin je t’ai jamais oublié. Et je t’aurai jamais fait ça. Ahhhhhh non. Allez parler comme ça à un inconnu alors que t’es là, bouh c’est moche. C’est pas mon genre ça beurk, ça me plaît pas. Elle a une drôle de mentalté ta copineuuhhh.
Oui Pascal demande pas, sers moi. Ouh dis donc tu sais qu’avec une autre tête tu serais mignon? Attends je me penche pour regarder…Oui, oui, je te jure, tu pourrais être pas mal si t’avais pas ce pif de naze, et alors tes cheveux, donne moi la marque du shampoing, ça m’intéresse que j’en achète pas, oh et ta bouche…t’as vu t’as pas de lèvres…hop disparue disparue ta bouche, tes lèvres, et tout, avalées…Ou sinon t’es un Mutant…oh je vais m’éloigner, quand même mais oublie pas mon verre.
Et puis Germaine. Non, mais regardez-la. Mademoiselle présente ses voeux, mademoiselle roucoule, mademoiselle se la joue hyper amoureuse, je te lèche tu me lèches youpi suis une fille et j’aime ça, et je mets ma tête sur ton épaule, et ma main sur ta cuisse, oui ben là c’est comme le verre hein, on va dire en public pas plus haut que le bord s’te plaît Germaine on vous regarde…Et tu me dragues moi ton amie que tu sais que j’aime que les hommes, les vrais, les purs les durs, les lâches (ah ben oui quand même sont pas parfaits ces gens là), tu vois comme Valentin, enfin, je voulais dire Gaston, avec des trucs que toi t’as pas Germaine, alors là, non merci , pas du tout envie de savoir ce que ça fait que d’avoir ta main dans ma…oh non, eh oh, j’vais pas dire de gros mots…c’est pas le genre de la maison. On a son éducation quand même.
Oh, ben voilà que le vieux château en Bretagne, il bouge de partout. Attention mesdames et messieurs, glissement de terrain en perspective. Ouais d’abord, et hop Pascal, mon verre, coucou allo allo, comment ça je bois trop? Ben elle est forte celle-là, c’est toi qui fait que de me servir. Oui, monsieur. Hein?? Je parle plus comme tout le monde?
C’est normal. C’est que j’ai les lèvres qui viennent de se coller. Ca fait pschuit pschuit quand je parle.
Non Germaine, pas ces lèvres là. Oh la coquine, je te vois venir, oui, oui.
Valentin, mon Amourrrrr, regarde moi, le plancher il est pas bôôô du tout. Oh, il est pas bon ce vin, j’ai mal au coeur moi. J’ai trop mangé aussi, moi tout ce poisson, déjà ici ça sent la moule…
Oh pardon suis vulgaire.
Ben oui.
Suis pas parfaite.
On a ses défauts, hein?
Bon, j’en étais où moi avec tout ça?
Ah ben si, je sais, avec Valentin qu’aime pas les lesbiennes, c’est pas comme Gaston, oh suis sûre que si il aime, suis sûre. Pour excuser sa na…non, c’est plus sa nana, sa nana c’est moi. J’ai comme un trou de mémoire, là. Ben c’est peut-être Alzheimer. Ou un autre truc grave.
Valentin, j’ai un truc grave, faut que tu m’aides, s’il te plaît, regarde on a droit encore à une chance…et…mais c’est quoi ça?
Une pièce montée. C’est ridicule quand même. Tiens les goudous elles se lèvent, elles vont faire quoi là? Ah oui, leurs voeux…c’est marrant comme idée, j’y aurais pas pensé moi si j’étais gou-homo-je sais plus quoi d’ailleurs. Ppppfffff. Allez, et on va avoir droit aux discours. Trop génial. Ça va, c’est pas un mariage, faut se calmer. Et c’est quoi ce truc en haut? Un couple? Des mariés mais c’est deux filles. Alors là, pétée de rire. Comme on dirait sur Facebook, PTDR.
Attendez, que je regarde de plus près. Ouhh c’est joli avec ces petites fleurs en susucre. C’est grotesque. On dirait un gâteau américain. Dallas….ton univers impitoya-a-ble….
Où est JR? Où est JR?
Bon, moi suis ok pour jouer Sue Ellen, ouais m’ssieur dame, j’ai pas honte.
Gaston fait une drôle de tête là, genre il me regarde et il la secoue dans tous les sens. Valentin, c’est un peu pareil, je l’ai subitement droit devant dans mon champ de vision ultra sophistiqué, et on dirait un ventilateur, c’est trop drôle, il remue dans tous les sens, mais vachement dans ma direction quand même.
Quoi Gaston?? Tu me parles? Articule, je comprends pas bien là. Remarque c’est drôle de te voir bouger la tête comme ça, moi ça m’amuse bien en fait. Tu peux y aller mon chéri, t’es cloche, mais ça fait pas de bruit, vas-y remue, on dirait un chien en plastique à l’arrière d’une bagnole.
Bon, ben, voilà, vais me pencher quand même pour voir, pardon tout le monde, poussez-vous, attends Pauline t’as des gros seins, vais m’appuyer dessus, de toute façon c’est une soirée lesbos, alors avec ma soeur, ça fera pas jaser au village, hein? Ouhla. Ouhlala , ça glisse, ça glisse beaucoup, beaucoup, oui, ouhla, pardon pardon, je glisse, ohla, ohlala, ohlala…
Je crois qu’après, pour me sortir de là, ils ont du retirer un par un de mes cheveux et de mes bas tous les choux de la pièce montée. Je venais de plonger dedans.
To be continued.

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