Drôle d'endroit (...)
Les textes de Garance vont revenir, repris, corrigés, et mis à jour.
Bonne lecture...
(Previously, in my 24 hours, nous arrivions au château Lesbosland, Gaston, Pauline, et moi. Après avoir constaté que je risquais
de m’y perdre plus souvent qu’à mon tour, nous partions tous chercher du vin, quand, soudain, percutée je fus, par Valentin…)
Dans les films, y’a un truc que j’adore, c’est les retournements de situation, les imprévus et les situations auxquelles on s’attendait parce qu’on a déjà vu plein de films avant, mais celle-là, on s’y attendait quand même pas.
Dans ma vie j’aime moins.
Et j’aime encore moins que Valentin y soit constamment mêlé.
J’ai pas dit que j’aimais pas Valentin. J’apprécierais juste qu’il se trouve ailleurs que là où je suis, et surtout quand c’est pas du tout le moment d’y être.
Autant vous dire que sa main sur mon sein dans un escalier sombre au milieu d’un château breton, alors que n’y lui, ni moi, n’aurions du être là, a très nettement refroidie l’athmosphère, comme s’il en était encore besoin.
Subitement, de glaciale, la situation est passé à chaude, très chaude, voir même chaud brulant. Personnellement, je me serais bien téléportée sur une autre planète de façon quasi définitive. J’aurais même accepté les oreilles de Spock si ça pouvait aider à me faire disparaître.
En plus, c’est pénible, parce que clairement, on n’y était pour rien. Personne ne nous a cru, mais on n’y était pour rien, et vous êtes témoins que c’est vrai. Pourriez aider d’ailleurs sur ce coup-là. M’est avis que Valentin et moi allons avoir besoin de médiateurs.
Parce que Valentine, ça ne l’a pas faite rire du tout. En fait, elle a émis un son genre hyènne enragée, pas très sexy, dans lequel j’ai cru reconnaître des “espèce de salaud ordure pauv’merde”, ou un truc approchant.
Gaston était moins proche de la hyènne dans le son, c’était plus Sher Khan qui rugissait dans mon dos “Je le savais, je le savais, je peux même pas te faire confiance…”
Pauline répétait “C’est qui c’est qui c’est qui????” en gloussant, à nouveau. Quand je dis que ma soeur est une poule, c’est qu’il y a de bonnes raisons, outre ses gros nichons et ses cheveux décolorés, parce qu’elle le vaut bien.
Cathy, que je reconnus derrière Valentine, qui était derrière Valentin, s’écria : “Ah…Gaston…!!!”. Ça veut dire quoi, ça “Ahhh Gaston”?? Ben oui, c’est pas le pape, ça se voit quand même, elle est forte d’arriver à reconnaître encore son ex.
Germaine était, comment dire? Vous voyez une éponge après usage? Pareil, mais en rouge. Trempée dégoulinante, esoufflée, et l’air en vrac…”Oh…suis désolée, j’ai oublié de vous prévenir…”. Merci, c’est malin, on n’est pas dans la mouise maintenant.
Gaston a dit “Viens Pauline, on remonte”, je me suis dit “Comment ça ils remontent? Ils sont montés où avant?”, Germaine m’a dit “Désolée ma chérie”, j’ai dit “Là, tu peux”, Valentin a dit à Valentine “Mais euh mais euh”, ce qui en langage normal devait vouloir signifier “Je te jure et te promets que c’est une terrible coïncidence”.
Et tout le monde est remonté.
En faisant la gueule.
C’est étrange quand même, à chaque fois qu’on se croise, tous autant qu’on est, on finit par se faire la gueule.
Ppffff…j’y réfléchirai plus tard.
J’étais à peine sur le palier, ne sachant plus si je devais aller à droite ou à gauche, que Gaston m’a attrapée par le bras. “Tu le savais, tu le savais, et tu ne m’as rien dit. C’était un piège…Valentin, tu l’as pas oublié, et là t’aimerais bien que ça soit lui qui te tienne. C’est loupé ma petite. Mais t’inquiète, tu vas pas t’en sortir comme ça, je compte pas me barrer, je vais rester et t’avoir à l’oeil, c’est moi qui te le dis”…
Oh, ben dis donc Gaston on se calme. “Tu peux penser ce que tu veux, je m’en fous. Je savais pas qu’ils seraient là. Tu crois que ça me fait plaisir de voir cette espèce de dégénéré? Mais t’es pas bien mon pauv’Gaston, t’es pas bien, et t’es sacrément jaloux et je déteste ça (Non, c’est pas vrai, j’aime bien, c’est flatteur, mais je ne vais pas lui faire le plaisir de lui dire). Oh, et puis gueule si tu veux, je m’en fous, va voir Pauline, puisque tu lui tournes si bien autour, tu crois que je ne t’ai pas vu? Tu ferais bien de me lâcher, et de la lâcher aussi, t’es vraiment lourd, là. Excuse-moi, y’a un apéro dans la grande salle, moi j’y vais, tes conneries je m’en balance. Salut. “
Ce qui m’énerve, c’est que pour une fois je ne suis vraiment pas responsable. Germaine est nulle, elle aurait pu me le dire, pour Valentin.
Allez, direction mojito, c’est urgent. Commence à me saouler ce week-end. Et on est à peine arrivé, ça promet.
Je me croyais enfin tranquille, que Germaine déboule, et me tire par le bras. Va falloir arrêter avec mes bras, c’est agaçant à la fin.
- Emma suis désolée, vraiment désolée, mais…
- Oh, ça va, tu vas pas passer le week-end à t’excuser en plus?! C’est fait, c’est fait, voilà.
- T’es vraiment sympa. Faut dire suis à cran, tu sais quand même je me pose des questions sur Cathy, je me demande si elle ne vise pas quelqu’un d’autre en ce moment, en plus, ben figure toi que c’est un homme, et moi je reste là comme une poire, bon, ok, j’ai découvert l’amour au féminin, et je te jure que c’est génial, un truc tu peux pas imaginer (en même temps j’ai pas envie d’imaginer, Germaine, pas envie du tout même)…
- Oh, Germaine, mais tu racontes quoi? Cathy t’aime, c’est évident…Enfin, dis-moi qui c’est, je te donnerai mon avis.
- Un mec avec qui elle bosse, un italien, Fabrizio, mannequin, dans la lingerie, tu vois le truc? (Oui, là, je peux un peu mieux imaginer, l’italien mannequin dans la lingerie), et elle l’a invité, soit disant il est de passage à Paris, mais je suis sûre que c’est du pipeau…
- ça va Germaine, j’ai compris l’idée, je vais observer très discrètement, tu me connais, et je te dirai ce que j’en pense, ok? Je peux y aller, là, j’ai vraiment besoin de boire un verre…
ça commence à faire beaucoup pour ce soir. Gaston qui me soupçonne du pire, Pauline qui tourne autour de Gaston et inversement, Germaine qui pense que Cathy drague ailleurs, et Valentin qui confond mon sein et une rampe d’escalier…
Ce coup-ci, j’y vais, boire mon verre.
La grande salle est pleine de gens que je ne connais pas. Je me demande bien d’où ils sortent, tous ces gens que je ne connais pas. Pleine…c’est un peu exagérer, mais à vue de nez, y’a trois ou quatre couples, je vois pas bien, qui sont déjà en train de boire. Et puis y’a ce grand type, là, près du buffet, qui est juste un Apollon en mieux. Bon, Apollon était grec, mais je ne me souviens plus de son nom en latin. Alors, on va dire, un sublissime magistral canon de beauté. Et comme je suis très fine et que j’ai plein de nouvelles infos, j’en déduis que c’est le fameux Fabrizio. Qui me regarde, me fait un grand sourire, et la blancheur de ses dents parfaites m’éblouit, comme dans la pub, avec même l’éclat brillant sur une incisive et tout et tout et…
- J’ai tellement entendu parler de toi, je suis ravi de te rencontrer.
Qu’est-ce que c’est encore?
- Je m’appelle Philippe. Et tout le monde me dit “Philippe, il faut que tu fasses la connaissance d’Anne-laure”, alors là c’est vraiment incroyable non?
Mais c’est qui ce con? Comment il m’a appelée? Anne-Laure? Il est pas bien lui? Allez ouste, remonte dans ton arbre, le singe, t’es pas drôle et tu m’empêches de passer, et là, j’ai dit, faut que je boive un verre, c’est urgent même. Et puis Fabrizio est …enfin, juste pour le plaisir des yeux, mais il est …regardable et…disparu. Paf, plus de Fabrizio. L’autre abruti se met sur ma route, me parle de je sais pas qui, et l’italien s’est envolé.
J’ai tout faux ce soir, et je sens que je vais disjoncter, et puis très très vite.
Tant pis pour le verre, je vais aller fumer une clope dehors. Je ne sais même pas où est passé Gaston, d’ailleurs je m’en contre fiche.
Enfin seule. La lune brille, il fait doux, même meilleur que dans le château, y’a pas de con à l’horizon, je prends mon paquet, sors une cigarette, allume mon briquet, et …
- J’ai craqué dès que je t’ai vue (à prononcer avec l’accent italien. Si vous n’y arrivez pas, faites vous des penne al pesto, ça aide bien).
- Moi aussi. (Gloussements)
Manquait que ça. Vu l’accent, c’est évident que c’est Fabrizio. Et vu les gloussements, c’est clair que c’est Pauline. Pauline ma soeur. Merde, c’est qu’elle n’est pas avec Gaston alors. Et j’ai dit à Gaston des choses affreuses sur Pauline et lui et ohlala ohlala, mais qu’est-ce que je fais là moi? Je fais que je me penche un peu, comme ça, vous voyez, genre contorsions sur le côté droit, pour voir un peu quand même, il s’agit de ma petite soeur, faut pas charrier, on ne sait rien de ce Fabrizio…sauf que là, Pauline est en plein cours de langues.
C’est une adulte.
Et lui, c’est pas Gaston.
Si je fume ma clope ici, ils vont se sentir observés, et Pauline va me prendre la tête sérieusement.
Je commence à m’habituer à ne pas être là où je devrais, et à en partir. Donc, je pars fumer ailleurs.
Reste la tour. Il fait trop nuit pour observer le paysage, et puis jouer à Anne ma soeur Anne, c’est pas mon truc. Mais pour fumer, je vais enfin être paisible. Allez, zou, à moi la tour.
Ouh ben dites donc, elle est haute la tour. D’abord, il a fallu que je trouve mon chemin, et avec mon sens imparable de l’orientation, j’ai du ouvrir cinquante portes au moins avant de trouver la bonne. Et puis, y’a eu l’escalier à grimper. Dans le noir. C’est une manie de ne pas éclairer ici.
Enfin, je suis arrivée, je suis seule, il fait toujours bon, la lune brille, elle est superbe, ronde, en cercle parfait, et je peux me poser.
Mais pas là.
Là, y’a un truc rouge qui brille. Et s’éteint. Et rebrille. Et se rééteint.
Comme un bout de cigarette.
Or, il me semble qu’une cigarette doit être tenue par quelqu’un pour être fumée. Donc il y a moi, une cigarette, et quelqu’un.
Et comme je suis très perspicace, je crains le pire.
- Emma?
- Valentin? (Oh non…enfin, oh si, mais oh non quand même, enfin…pppffff, je sais pas, j’en étais où? Ah oui…Valentin)
- C’est pas banal, hein?
- Non, ça c’est sûr, et puis je pensais que tu ne serais pas là, enfin, avec ton mot, et en fait si t’es là, et et et (Je me mets à bégayer en plus, trop bien, c’est le moment.)
- Moi aussi, pareil, Emma, je pensais pas que je te verrai, enfin, pas ici, et comment vas-tu depuis cette nuit chez les flics? Ça me fait plaisir de te voir, tu as l’air en forme, bon, t’es toujours avec Gaston, mais là tout à l’heure ça avait l’air tendu, j’espère que ce n’est pas à cause de moi, enfin c’est cool que tu sois là…
- Oui, toujours avec Gaston, mais oui, là c’est un peu tendu en ce moment, enfin, ça arrive, et moi aussi suis heureuse de te voir, tu m’as man…man…mangé toutes mes huitres la dernière fois que je t’ai vu (n’importe quoi mais toujours mieux que de lui dire tu m’as manqué)…
- J’aurais aimé en manger plus et plus vite (il dit quoi là? Je comprends rien du tout d’un coup).
Et tout en disant n’importe quoi, il se rapproche de moi.
À moins que ça ne soit moi qui me rapproche de lui.
En fait on se rapproche tous les deux l’un de l’autre.
On est de plus en plus près, très très près, et il me prend par les mains, je le laisse faire, et m’attire vers lui, et je le laisse faire, enfin, j’aide un peu, il me dit que mes cheveux sentent bon, je souris, la lune sourit, c’est incroyablement romantique, on pourrait entendre chanter tous les anges du ciel.
Et Valentin m’a embrassée.
To be continued.

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