Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 16:36
24H

 

(Previously, in my 24 hours, nous recevions Gaston et moi une invitation à passer un week-end pour fêter le printemps et l’amour de Germaine et cathy. Gaston refusait d’y aller, Pauline, ma soeur qui habite chez moi et ça me gave, me servait d’alibi, je prévenais Germaine, mais bien sûr, me trompais, et prévenais en fait Valentin que nous ne serions pas de la fête)

 

 

-       Alors, Germaine est goudou?

-       Pauline, sois pas vulgaire. Pas goudou, lesbienne, s’il te plaît.

-       Oh pardon, ma langue a fourché (Et elle explose de rire en plus. Quelle abrutie ma soeur). Et de qui broute t’elle le gazon?

-       Pauline, merde!

-       Ah, là c’est toi qui es vulgaire.

 

Je vais la tuer. L’anéantir. En même temps je ferai un geste pour préserver l’environnement, personne ne m’en voudra. C’est hyper bio comme attitude.

 

-       Alors, tu peux le dire, quand même?!

 

Ding

Un sms. Sauvée par le ding. Ça doit être Valentin.

Raté. C’est Gaston.

 

“Emma. Dis à Germaine qu’on est pris, démmerde-toi, je n’irai pas.”

 

Ppppppffffffff. Il n’est pas calmé, lui.

 

-       C’est qui?

-       Ça te regarde?

-       T’es pas drôle, si on peut plus discuter entre soeurs, même pas un peu de complicité, ça fait mal, Emma, tu sais, ça fait mal…

 

Et moi, ce qui me fait mal, c’est de te voir tous les matins au réveil. Mais ça je ne le dis pas. Je suis forte. Je garde ces sentiments venimeux pour moi. Débile de blonde à gros seins. Et si ça continue, je me barre vivre chez Gaston. Je te laisse l’appart, je prends juste le ficus. Voilà.

 

Germaine…Pas la peine de reculer plus longtemps. La situation est critique, mais pas désespérée. Houston, we have a problem…

Telle une Salomon du sentiment, je dois trancher.

Et je tranche pour Gaston.

Allez Emma, haut les coeurs, inspire un bon coup, tu peux y arriver.

 

“Ma chérie, je viens de recevoir ton invitation et suis vraiment ravie pour toi. Te savoir heureuse au point d’organiser un week-end me réjouit. Et, franchement, j’aurais adoré venir, et Gaston aussi (Et toc pour Gaston). Malheureusement nous ne pourrons pas. Pauline, ma soeur (tu te souviens de ma soeur…) squatte chez moi depuis quelques jours. Elle va mal, nous sommes très inquiets et je ne veux pas la laisser seule. Pardonne moi, j’aurais adoré être là. On déjeune vite. Gros bisous. Emma”

 

Je sais c’est nul. Qui a dit que nous les femmes étions toujours parfaitement honnêtes et courageuses? (Pas comme les hommes qui eux ne sont fait que d’égoïsme et de bassesse). D’un autre côté, j’ai pas vraiment menti. J’ai un peu arrangé la réalité, pour ne pas faire de peine à Germaine. Je ne peux pas aller à son week-end, c’est vrai. Et c’est vrai aussi que Pauline est totalement à la ramasse.

 

En plus, c’est entre vous et moi, mais ça ne s’est pas arrangé depuis qu’elle s’est fait refaire les seins (Pas Germaine, Pauline). Bon, c’est un truc que je ne devrais pas vous raconter, c’est la famille ça se protège, mais là, elle a déconné. C’est pas des seins, pas des obus, c’est juste une atteinte aux bonnes moeurs. Avec ses cheveux blonds qui lui pendouillent dans la figure, je me cogne la poupée Barbie toute la journée ou presque, j’en viens à adorer être au bureau. Alors la promener pendant un week-end entier, c’est au dessus de mes forces.

 

Ding.

 

Ah, Germaine me répond.

 

Loupé, c’est Valentin. (Si les réponses arrivent en décalé, je ne vais pas m’en sortir.)

 

Il m’a envoyé un message…il m’a ENVOYE UN MESSAGE. A MOI. Ouhhhhh…Et qu’est ce qu’il dit? Ohlala ohlala…Pourquoi suis excitée comme ça, d’un coup? C’est juste Valentin, l’espèce de dragueur lâche et mauviette qui m’a abandonnée un soir, seule et sale et déconfite sur un trottoir pour rester avec sa Valentine…

 

Emma, aujourd’hui ta vie rayonne de soleil grâce à Gaston, Valentin est un vieux nuage, allez hop souflle desus.

 

Il ne va pas à la fête de Germaine. Voilà ce que dit son message.

Merde.

Ça m’aurait fait plaisir de le revoir, juste un peu, comme ça, on aurait discuté du bon vieux temps, et puis, peut-être…

 

Mais au fait, c’est qu’il n’a pas eu mon SMS alors…Je ne sais pas par quel miracle il ne l’a pas eu, mais il ne l’a pas eu, sinon, il ne m’aurait pas envoyé son message. Il ne peut pas se douter, donc, que je pense un tout petit petit peu à lui. Génial. Ouf. Sauvée je suis. Merci mon Dieu. Ah, Valentin…Valentin, quand même j’aurai aimé…

 

Emma, recentre-toi sur le sujet! Tu ne vas pas au week-end parce que tu aimes Gaston, j’ai dit GASTON, qui ne veut pas voir son ex femme dont la chérie est maintenant ta meilleure amie à laquelle tu vas faire beaucoup de peine et tu pensais éviter ainsi Valentin, mais en fait parce que tu t’es encore plantée t’as dit à Valentin que tu n’y allais pas et là il te répond que lui non plus et ça t’es pas obligée de le dire à Gaston qui pourrait se demander comment tu sais que Valentin n’y va pas.

C’est simple en fait.

 

Ding.

 

“Ma chérie, c’est impossible, impossible, que tu ne sois pas là. Cette fête n’aura pas lieu sans toi. Amène Pauline, on trouvera bien un homme pour l’occuper (hihihi). Valentin m’a déjà répondu qu’il ne venait pas. S’il te plaît s’il te plaît…si aucun de mes amis n’est là, ce sera vraiment raté. Bisous je t’adore. Germaine “

 

C’est vrai que je ne peux pas faire ça à Germaine. Ça serait dégueulasse de ma part. Je risque de faire beaucoup de peine à ma meilleure amie, elle qui a toujours été là pour moi, même aux moments les pires (On ne reviendra pas sur cette sombre affaire de coulommier, par exemple.)

 

Point positif : je peux dire à Gaston que Valentin n’y va pas et que je le sais, puisque c’est Germaine qui me l’a dit…Petit mensonge versus gros soucis, j’opte pour le petit mensonge. Qui, je précise, ne fait de mal à personne.

 

Reste que je dois vaincre la résistance gastonnienne et le convaincre que voir son ex devenue gou (Arrrghhhhh, suis atteinte de trouble linguistique, maintenant) lesbienne, n’a rien de triste, grave, dramatique, ou pouvant atteindre sa somptueuse virilité.

 

 

 

Ça n’a pas été facile. Il m’a fallu faire preuve de douceur, d’éloquence, de fermeté aussi parfois, de charme, de…ah non, ça je ne vais pas vous le dire. J’en rougis encore. Mais c’était bien.

 

Enfin, Gaston a cédé. Complètement. Faut dire que quand je lui ai…non…je vous dirai pas. Mais c’était bon.

 

Et là, manifestement, que son ex soit homo ne le gêne plus du tout.

 

Il m’a demandé quand même, juste après m’avoir…enfin, vous imaginez, si par hasard les filles ça me tentaient. J’ai failli m’étrangler, et c’était pas le moment.

 

Quand les…négociations ont été terminées, il m’a dit qu’on y irait, à la fête. Qu’il ne voulait pas me gâcher ce plaisir. Que je suis sa chérie. Qu’il se fichait bien de Cathy maintenant.

Et qu’on peut y aller avec Pauline.

Il est adorable.

Waouh, n’empêche, je veux bien négocier tous les soirs.

 

Il veut bien y aller avec Pauline.

Pourquoi avec Pauline?

Qu’est ce qu’il a soudain avec Pauline?

 

To be continued

Et Valentin, quant à lui... 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Commentaires

moi je veux bien y aller pour babysitter Pauline. Non non rien à voir avec la blondeur de ses obus, pfffff
Commentaire n°1 posté par XAVIER le 22/02/2010 à 18h17

Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

 mail.pngChocoplumes.jpg

Derniers Commentaires

Note aux lecteurs du blog


Note aux lecteurs : Certains textes se trouvant sur ce blog peuvent choquer ou gêner.
Ces textes ne sont que pure fiction. 

...c'est être capable d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme."
Sir Winston Churchill 

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés