Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 09:56
24H

(Previously, in my 24 hours, comment vous dire? C’est le bazar. Ça serait trop long à vous expliquer. Moi, je serais vous, j’irai lire les épisodes précédents. Enfin, j’dis ça, j’dis rien, mais en même temps avec tout ce que j’ai à régler, j’ai pas deux secondes, là…)

 

Tiens, une chaise. Ça tombe bien; J’ai sacrément besoin de m’asseoir. Je suis au bout du rouleau. Rincée.

 

Faut dire aussi, y’a de quoi, les évènements sont contre moi.

Je ne suis pas d’un naturel à me plaindre, mais reconnaissez que ça devient sacrément sport toute cette affaire.

Alors que je ne sache plus où j’en suis, c’est un peu logique, non?

 

Comble de bonheur, je n’ai plus de batterie sur mon téléphone. Avec cette installation électrique pourrie, impossible de le recharger. Mince crotte, j’ai même pas prévenu mes 745 contacts de Facebook que je ne connais pas que je m’absentais. C’est pas malin. Ça va m’en faire des cartes et des bisous et des ballons qui vont se balader sur mon profil…et puis surtout, je ne peux pas appeler Germaine.

 

Elle est gonflée celle-là. Elle aurait pu me dire qu’elle partait. D’un autre côté, elle n’a déjà pas été fichue de me prévenir que Valentin venait. Si je l’avais su, on n’en serait pas là.

Je ne serais pas venue.

Ou je serais venue, mais en sachant où je mettais les pieds. La préparation psychologique est nécessaire avant le combat. Et ce week-end commence à ressembler aux jeux du cirque. Ave Germaine, morituri te salutant. Et t’es même plus là pour le voir.

 

Mais où es tu passée? C’est quand même pas banal. Et puis c’est pas ton genre. C’est toi qui invites et tu te barres? J’y crois pas un quart de seconde. Y’a un truc, comme qui dirait. Je sais pas quel truc, mais y’a un truc.

Oh pétard, je devrais aller prendre du Doliprane, ou quelque chose qui me ferait passer mon mal de crâne.

Je dois avoir une bosse comme un oeuf de pigeon, c’est drôlement douloureux quand même. Et au cas où ça vous aurez échappé, personne ne s’en préoccupe. Ça doit être un sport national en Bretagne, genre bizutage. Tiens une nouvelle, hop, un bon coup de chandelier derrrière les oreilles en pleine nuit, bienvenue et bon séjour.

 

Qui peut m’en vouloir au point de m’assomer?

Gaston n’est pas clair, son petit jeu avec Pauline, que, au passage, je ne supporte plus, est tout à fait évident. Ma soeur, il en ferait bien son petit dej et son quatre heures. Mais de là à m’assomer…En plus, il n’est pas neu neu à ce point, il sait très bien que je garde rarement ma douleur pour moi. Or, je ne pense pas que m’entendre râler l’éclate. Alors être la cause… (Oui je suis douillette. Et alors? Ça vous dérange pas, c’est pas vous qui vivez avec moi…)

Non, Gaston, c’est pas possible.

Valentine? Le côté obscur de la force se serait réveillé chez la rouquine, et, ayant compris que Valentin et moi…alors…chandelier, attaque, laser, boum, KO.

C’est débile comme idée.

 

C’est pas par jalousie que je dis ça, mais elle fait un peu molle du genou, la Valentine. M’étonnerait qu’en dehors de crier comme une harpie elle soit capable de grand chose. En mégère pas apprivoisée, elle est rodée, mais autrement…

Et puis le cri est l’arme du faible et du lâche. Comme dirait mon ami William, un vieux barbon barbu, t’inquiète Emma, c’est “Beaucoup de bruit pour rien”. (Oheh, comment je place mes lettres là…C’est la bosse, ça me rend prétentieuse, mes excuses…)

 

Ah, et Valentin…Valentin…c’est quand même un monde. Il me court derrière ouvertement. Il s’introduit dans ma chambre (et si j’étais vulgaire, je dirais que je déplore qu’il se soit introduit uniquement dans ma chambre, mais je ne suis pas vulgaire), il m’oblige à me retrouver dans des situations quasi inextricables, je ne reviendrai pas une fois de plus sur cette sombre afffaires d’huitres et de nuit au poste, il me serre et m’enserre dans ses bras musclés …pppfffff…..contre lui…repppfffffff…

Et puis là, il se pointe, alors que je règle des comptes hyper graves avec Cathy, et il disparaît sans crier gare, après m’avoir sorti un truc complètement bizarre. “Comment as-tu pu me faire ça?”. Comment ais-je pu lui faire quoi? Allo, allo, qui peut m’aider?

Vous cassez pas la tête, j’ai plus de batterie.

Ou sinon, c’est qu’il flippe grave sa race. (ça c’est encore un truc que les enfants de ma collègue disent, et quand ils disent ça, c’est que c’est super grave).

 

Il a vu Valentine la rouquine. Et comme c’est un homme et que donc il assume à fond, il préfère rester avec Madame la mégère. Et moi, il va me fuir maintenant. On se croirait dans une chanson. Si je te suis, tu me fuis…gnagnagna.

 

C’est ça, il a des remords.

Tout bourrelé de remords il est.

Il ne veut plus de moi.

Il ne veut même plus me parler.

Ni me voir.

Rien.

Arrrggghhhh.

 

Alors, qui s’intéresse encore à moi? Hein? Je vous le donne en mille? Mes amies lesbiennes. Et oui. Trop bien, tout ce que j’aime.

Vous allez finir par penser que l’homosexualité me pose un problème.

Pas du tout. Vraiment pas.

Tant que ça ne me concerne pas. Faites ça entre vous les filles.

Alors, quand en plus les filles c’est ma meilleure amie qui a viré sa cutie depuis qu’elle est avec l’ex de mon mec, et que la nana de ma meilleure amie, donc, l’ex de mon mec, enchaîne, au risque de tromper sa copine avec moi, ce qui veut dire que je trahirais l’amitié de ma meilleure amie…Excusez-moi, mais comme sac de noeuds, y’a difficilement pire. (Sauf que là, c’est un sac de noeuds, sans noeud). (Oui, je suis vulgaire, oui, j’assume, oui, je pète un plomb, présentement…)

 

Et avec tout ça, je ne sais toujours pas où est Germaine. C’est pas normal cette histoire, pas normal du tout même.

Je vais refaire un tour du château, une grande bringue pas dégourdie, ça disparaît pas comme ça.

Non, le château, je verrai plus tard, je vais commencer par le parc. Y’a un buffet de dressé pour le déjeuner, au passage, je vais me faire un sandwich, ou un truc, enfin bref, reprendre des forces. Et je cherche Germaine.

Germaine, où que tu sois, je suis là, ne t’affole pas.

 

 

P***** il est grand ce parc.

Je commence à fatiguer moi.

Et j’ai rien trouvé.

Le plus drôle, c’est que j’ai croisé personne.

Cela dit, ça repose, j’en ai un peu ma claque de croiser toujours les mauvaises personnes au mauvais moment au mauvais endroit.

Et de Germaine, pas de trace.

 

Y’a de quoi renoncer.

Bon, en plus, j’ai toujours mal à la tête, vais rentrer me reposer un peu.

 

J’aurais mieux fait de me taire. C’est qui là, qui discute?

(Telle une panthère je m’approche discrétement, lentement, mais sûrement.)

“Tou es tellement souperbe, ta peau est si…dolce…”.

 

Fabrizio.

Non mais c’est quoi ce scandale? Ohehoh le transalpin, t’arrête un peu? T’as un problème d’hormones, ou un truc, c’est pas possible, tu dragues comme ça tout ce qui bouge (sauf moi…)? Mais t’es qu’un obsédé. Dégoûtant. Bah.

Je sais pas à qui tu fais du charme, là, et d’ailleurs je m’en fiche et m’en contre fiche, c’est répugnant, beurkk pouahhh, je m’en vais, je veux pas savoir, merci ça m’apprendra à jouer la panthère.

 

Odieux personnage.

J’irai jamais en Italie. Jamais jamais.

Arrggghhhh.

Y’a deux jours avec ma soeur, tout à l’heure avec Cathy, maintenant avec je sais pas qui… et ça compte fleurette et ça minaude presque, et çe te sort le coup des poils et de la chaîne en or, et ça respecte quoi?

Rien.

T’es en manque mon pauv’vieux, retourne faire le latin lover d’où tu viens, et arrête de semer la pagaille dans notre beau pays.

Pauv’mec.

 

Et Cathy…ohla…qu’est ce qu’elle doit penser.

Emma, t’es qu’une pauvre fille.

T’arrive juste à te brouiller avec tout le monde.

La preuve : Valentin te fuit, Valentine te hait, Pauline…on s’en fout, Gaston ne te parle plus, tu ne sais même pas où il est, Cathy te parle à coeur ouvert et tu la rejettes, Germaine a disparu sans laisser d’adresse et de message, les autres…les autres t’as pas eu le temps de t’en préoccuper, et quelque part tant mieux pour eux.

C’est un calvaire.

Un calvaire breton (les critiques noteront ici la finesse du jeu de mots.)

Bon, n’empêche que j’ai déconné à fond avec Cathy. Elle a disparu comme une bombe, elle doit être effondrée dans sa chambre, il faut que je la retrouve, que je lui parle, que je m’excuse, Fabrizio est une ordure, elle a du avoir un moment d’égarement, il manie la parole et le geste comme pas deux, tout le monde tombe dans ses bras (sauf moi…)…

 

Cathy, je suis ton amie (JUSTE ton amie), et je vais venir m’excuser.

C’est bien Emma, tu grandis.

Là, suis assez fière de moi.

Je relève la tête, je bombe le torse, ma bosse est oubliée, j’ai un truc important à faire, je me plaindrai plus tard, quand j’aurai deux minutes.

 

Comme j’ai fait le tour du parc et qu’elle n’y est pas, qu’elle n’est pas non plus sur la terrasse, ni dans la grande salle, ni dans aucun des salons, ni dans les couloirs, ni dans les escaliers (la prochaine fois que je veux m’ecuser, je fais ça dans un studio, c’est moins usant), reste une solution bon sang mais c’est bien sûr : sa chambre.

 

Cathy doit être en larmes, allongée sur son lit, la tête dans l’édredon. Sans Germaine. Désespérée. Rejetée de tous, jugée, repoussée au ban de la société.

J’exagère un peu, mais c’est pour le côté dramatique de la situation.

Pour que vous imaginiez bien la scène, que vous visualisiez.

 

Moi, bien sûr, je grimpe à toute vitesse, je veux dire à mon amie (je sais plus depuis quand c’est mon amie, mais là c’est mon amie) que je suis désolée, navrée, je suis nulle, je suis sans coeur et je ne comprends rien…

 

Mea culpa.

 

Je veux bien même apprendre le breton tout de suite et m’excuser dans ce patois.

C’est pas un patois, c’est une vraie langue?

Ah bon.

Désolée.

Oh la bourde, maintenant faut que je m’excuse auprès de toute la Bretagne.

Je ferai un mail du bureau.

 

Bon, en attendant, Cathy, je sais que tu es dans ta chambre, tu es rentrée dans la mienne sans crier gare, je vais faire pareil, mais pour te dire comme je suis désolée…

 

Ouf.

 

Suis ratatinée à force de courir dans tous ces  couloirs.

 

Voilà la chambre, la poignée de porte, j’ouvre, j’entre.

 

-       Cathy…Gaston! Gaston, enlève ta tête de là tout de suite.

 

Et là, s’il vous faut un dessin, c’est entre les jambes de Cathy.

 

To be continued

 

 Et Valentin...

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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