Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 11:05
24H

(Previously, in my 24 hours, pppffffff, on a perdu Germaine. Enfin, elle a disparu. On a cherché partout, on n’a rien trouvé du tout, on a renoncé, et puis au réveil, on a recommencé, on n’a rien trouvé. Moi si, j’ai trouvé quelque chose…je cherchais Valentin. Et là, que vois-je? Cathy, en train d’embrasser quelqu’un…et je suis sûre que c’est Valentin …)

 

Je démissionne.

J’étais sérieusement prête à renoncer à tout, veaux, vaches, cochons, luxe, calme et volupté (euh, je corrige, pour la volupté, j’étais pas prête, faut pas non plus exagérer).

Et à mes principes.

Mes pauvres principes, déjà bien piétinés, il faut le reconnaître.

 

J’étais prête à dire à Gaston “Va, je ne te hais point”, la main sur le front et le geste large (de l’intérêt d’avoir deux bras), à presque même reconnaître mes erreurs passées et mes envies présentes.

 

Et à me consacrer à Valentin.

 

Mais là, glups.

 

Cathy, en train de rouler la plus grosse galoche qu’il m’ait été donné de voir. Et même si je la vois, elle, et un arbre, j’imagine bien que c’est pas l’écorce qu’elle semble avaler goûlument.

 

C’est hyper dur.

Presquer autant que ma bosse.

Alors, je renonce.

Adieu Valentin.

 

Oh, et puis non, pas adieu.

C’est un peu simple, ça, quand même. Bon, ok, le baiser dans la tour, je veux bien, c’était accidentel, on n’aurait du être là ni l’un ni l’autre, et voilà, on a glissé, très bien, admettons, erreur de parcours. Mais hier, qui m’a appelée? Qui est venu dans ma chambre? Qui a tenté de mettre à mal ma vertu et ma fierté en m’arrachant sans crainte mon haut de pyjama? Qui m’a avalé la bouche comme un mérou affamé? Le pape peut-être?

 

Et tout ça quasiment sous le nez de Valentine?

Et qui a fini par se cacher sous MON lit?

 

Valentin, tu vas voir un peu, c’est pas permis un comportement pareil, je vais t’arracher ce qui te sers de décoration prétentieuse, vu que t’es même pas capable de t’en servir, et te les faire bouffer, l’une après l’autre, et sans sauce, mon pote.

 

Et d’un pas décidé, je fonce vers Cathy, l’arbre, et l’individu sus nommé. (L’utilisation du terme “sus” ici est sans rapport avec les éléments sus cités, comprenne qui voudra).

 

Merde me suis gourrée. C’est pas Valentin. C’est Fabrizio.

Oups ohlala.

Bravo Emma, t’es fine, super fine même.

Ayayayahé.

 

Mais c’est mal connaître Emma que de l’imaginer dans l’embarras.

 

Cathy. Ben tiens, tu vas prendre pour tout le monde, puisque t’es là.

 

Cathy…Cathy espèce de garce…mais regarde toi…t’es à moitié à poil, tu te contorsionnes comme une anguille autour du napolitain qui ressemble à rien, t’as fait ta mijorée, t’as détourné ma copine d’une heureuse hétérosexualité….

 

Ouh ben flûte, j’ai pas eu le temps de les coincer, les voilà qui se tiennent et se mettent à courir, et ça a l’air drôlement urgent, et même ils foncent vers le château. Les cochons.

 

Comme ils ne m’ont pas vus, autant courir derrière eux.

 

Pppppffff, vraiment épuisant ce week-end.

 

 

Bon.

Alors comme ils couraient comme des lapins (et étant donné leur objectif clairement avoué, je peux utiliser la métaphore), ils ont réussi à rentrer dans la baraque avant moi.

Mais finaude que je suis, j’ai pu les rattraper. Et les attraper. Dans le hall. Alors qu’ils allaient grimper l’escalier.

 

Ahahah!!! Ais-je crié.

 

Ça les a cloués sur place.

Genre film avec arrêt sur image. Hop. Stop. Plus de mouvement. Plus de son juste une image.

Et là, telle Diane chasseresse, je me suis avancée vers eux, majestueuse, j’ai chopé Cathy par le colbac, comme dans les films avec Ventura, et j’ai dit, j’ai dit…attention…vous n’allez pas le croire…j’ai dit : “Salope. “

 

Voilà.

C’est clair, non?

 

Salope. Salope, garce obsédée, lesbienne à deux balles, pauvre nympho, Germaine a disparu corps et âme, on est tous morts de trouille, et toi, tu penses qu’à te faire grimper par un spaghetti freluquet avec la chemise ouverte et ses poils qui dégoulinent de partout? C’est répugnant beurk je vais vomir, oui Madame, je vais te vomir sur tes grands pieds pourris.

 

Je sais pas pourquoi j’ai dit grands pieds pourris, mais je savais pas quoi dire de plus.

 

Et là, devant moi, Cathy se décompose.

 

Emma…oh Emma… Mais regarde, regarde un peu…tout fout le camp dans ma vie, à commencer par Germaine, elle est partie, elle m’a quittée, je suis abandonnée et seule et fragile (oui, faut pas en rajouter là ma grosse), elle est partie car rien n’allait plus entre nous. Ce week-end, c’était mon idée, pour recoller les morceaux, mais une bien mauvaise idée, et me voilà seule, et toi tu es avec mon ex, et jamais plus je ne serais aimée, et Fabrizio voulait juste me donner un peu de tendresse, je me suis laissée débordée, c’est tellement nul, je suis nulle, et toi tu es là, et Germaine Germaine parfois, enfin parfois, elle parlait de toi, et je comprends, je sais qu’elle a des sentiments pour toi (oui, merci, pas la peine de remettre le sujet sur le tapis, ça serait cool).

 

Là, pendant la loghorrée de Cathy, Fabrizio a été très courageux. Avec une version très masculine du courage si vous voyez ce que je veux dire.

 

Nous, en tout cas, on ne le voyait plus.

Je ne sais pas où il avait fichu le camp, mais hop, à peine la furie Cathy s’est elle déchaînée, entre cris et larmes, que plus de Fabrizio.

 

C’est un truc que j’aime chez les hommes; ils savent toujours affronter les situations clairement et franchement, et s’imposer quand tout va à vau-l’eau. Non, vraiment, je suis hyper admirative.

 

Enfin, bref, plus de Fabrizio, une Cathy en larme et en rade accrochée à moi, Emma, Emma, que vais-je devenir, j’ai besoin d’amour, et toi tu es si belle et…(euh, Cathy, non non, je ne suis pas belle), et si douce, (non, là, non plus, pas douce Emma, pas du tout, regarde je suis une tigresse, gggggrrrrrrr), et oui, Germaine a raison, c’est avec toi que je devrais être (elle a disjoncté), embrasse-moi, embrasse-moi

 

Ça va pas non?

 

CA VA PAS NON????

 

Après l’avoir pensé, je l’ai crié. Très très fort. Elle est totalement siphonnée cette fille.

 

JE NE SUIS PAS LESBIENNE. JE N’AI RIEN CONTRE, MAIS NON MERCI. LACHE MOI AVANT QUE JE CRIE, LACHE MOI, COMPRIS, BAHHHHH.

 

Le bahhhh n’était pas utile, mais moi, j’en peux plus.

Marre des homos qui m’aiment et me veulent. C’est chiant, franchement.

 

Débrouillez-vous entre vous, moi, je bouge plus, vous me gonflez sérieusement.

Merde.

Merde et merde même.

 

Et Cathy m’a lachée.

Elle m’a regardée, une dernière fois.

Elle a baissé les yeux.

Elle a refermé les boutons de sa chemise.

 

Et s’est éloignée.

Je l’ai regardée disparaître dans le grand escalier, solennel et pompeux.

J’ai tenté de remettre de l’ordre dans mes cheveux. Après la course dans le parc et la scène de la nouvelle Gay 2010, c’était coupe “coup de vent breton”…

 

J’arrangeais mes vêtements, totalement en désordre, quand j’ai entendu du bruit derrière moi. Très urbaine, comme à mon habitude, je me suis retournée.

 

Emma…Emma, ne me dis pas…je viens de voir Fabrizio sortir…et toi…dans quelle tenue es-tu? Oh Emma…non, comment as-tu pu me faire ça?

 

Je voudrais être morte.

C’est le pompon.

Il me croira jamais.

 

Valentin….c’est pas ce que tu crois…ohhh merde….

 

To be continued


Et Valentin.... 

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Commentaires

Eh Emma ben c'est pas encore cette fois que tu vas te taper mon mec !
Tu devrais peut-être te rabattre sur tes copines, elles elles ont l'air de savoir te coincer ;-)
Commentaire n°1 posté par Valentine le 02/03/2010 à 13h11

Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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