Previously, in my 24 hours
Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé.
Je sais, c'est dur.
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée.
Allez savoir...
Drôle d'endroit (...)
Je n’ai pas les mots.
Je n’ai pas les mots pour vous décrire le monde que je viens de découvrir avec vous.
Vous êtes là, endormi à mes côtés. N’osant parler, n’osant chanter la vie qui m’anime, je vous écris. La plume glisse sur le papier, l’encre s’y installe silencieusement. Comme vous hier soir, ici, auprès de moi.
Je ne vous attendais pas. Nous nous étions quittés peu de temps avant ; comme à chaque fois, mes mains s’étaient détachées de vous avec douleur et bonheur partagés. Ne sachant quand je vous reverrai, j’en souffrais déjà. Embrasée par vos baisers, j’en cherchais d’autres, priant pour que le dernier ne le soit pas, guettant le prochain, inspirant votre souffle contre ma bouche. Votre souffle qui me redonne vie à chaque fois. Mais nous devions pour quelques temps encore nous séparer. Portée par vos promesses, j’étais sûre de vous revoir. La seule incertitude portait sur cette durée cruelle, ce moment du temps qui me maintient loin de vous. Combien d’heures, combien de jours ? Jamais inquiète de vous perdre, toujours inquiète que cela n’arrive. Dangereux paradoxe, me plongeant entre sérénité et anxiété. Il serait si prétentieux de ma part d’imaginer être à vous pour toujours. D’imaginer qu’aucune autre ne puisse venir et m’enlever ma félicité. Il serait si prétentieux, si dangereux de ne pas craindre la fin.
Je ne vous ai pas entendu entrer. Vous étiez un instant dans mes rêves.
L’instant d’après, vous étiez près de moi. Contre moi.
Illustration Eric Petit
Et nous sommes partis en voyage. Vous me teniez par la main, par le cœur, par les yeux, me chuchotant mille mots qui portent et font aller plus loin. J’ai découvert des vallées, pures et jamais visitées. Vous les touchiez du doigt, les visitiez, vous vous sentiez chez vous. Elles vous accueillaient, n’attendant que vous pour s’ouvrir à l’inconnu.
J’ai vu des torrents s’animer, couler, nous emporter vous et moi au gré des flots, parfois si rapides, parfois plus calmes, reposants, nous berçant l’un et l’autre, l’un contre l’autre.
J’ai senti des volcans s’animer. Des volcans éteints ou jamais allumés, qui soudain prenaient feu, faisant trembler la terre sous nos pieds, me projetant contre vous. Vos yeux plongeaient dans les miens, et je n’avais plus aucune peur, plus aucune crainte, plus aucun doute.
Quelque soit le chemin que vous empruntiez, je vous suivais, parfois peu sûre de moi, hésitante, mais vous suivant quand même. Il m’est arrivé d’en trouver d’autres. Et comme je le fis avec vous, vous m’avez accompagnée. Nous étions deux voyageurs, nous nous guidions, sans jamais nous éloigner, serrés l’un contre l’autre dans la traverse de ce pays inconnu.
Alors que vous dormez, je revois tout ce voyage. Mon cœur explose de joie. Mon corps exulte de ces découvertes. Ma peau se gorge de mille parfums jusqu’alors ignorés. Ce pays, je veux y retourner. Que vous soyez à nouveau mon guide ; que je trouve à nouveau des lieux inexplorés. Que dans cette découverte commune, nous partagions encore, toujours, la même eau, le même feu, et un air pur, unique, créé pour nous simplement.
Je vous aime, mon aimé. Je vais vous rejoindre. Me blottir à vos côtés. Et m’enivrer de vous, encore.
©Anne-Laure Buffet, 14 novembre 2009
Illustration Eric Petit

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