Drôle d'endroit (...)
Les textes de Garance vont revenir, repris, corrigés, et mis à jour.
Bonne lecture...
(Previously, in my 24 hours, je prenais l’apéro avec Germaine, qui est donc lesbienne, et son amie Cathy, l’ex femme de Gaston; et
découvrais que ladite Cathy n’était autre que la blonde tueuse aux porte-jarretelles rouges décrite par Valentin. Sous le choc de la découverte -et un peu sous effet mojito- je finissais une fois
de plus par tomber, littéralement, de ma chaise…)
Nom : Pauv’tâche
Prénom : Emma
Profession : spécialiste en chutes en tout genre
Activité principale : animations dans les bars lors de soirées parisiennes…
Parfois, il ne faut pas ouvrir les yeux. C’est un réflexe humain, certes, mais qui peut s’avérer idiot.
Cela dit, comme manifestement je suis condamnée à faire des trucs idiots…je les ai ouverts.
Ah oui, pour ceux qui ne suivent pas…je vous rappelle que je suis, à l’instant où j’ouvre les yeux, explosée (y’a pas d’autres mots) par terre, en compagnie de Germaine et de sa Cathy-chérie, au milieu d’un bar, bourrée comme un coing à coup de mojitos, et couverte d’huitres. Lesdites huitres provenant d’un plateau que j’ai percuté en chutant.
Ce qui m’a sortie de ma torpeur, c’est l’odeur du vinaigre. A l’échalote. Mon cerveau embrumé s’est soudain rappelé que comme parfum, c’est pas banal, et j’ai ouvert les yeux, pour mieux évaluer l’ampleur des dégâts.
Vous est-il déjà arrivé d’avoir le sentiment d’être en dehors de votre corps, et de regarder la scène, vous compris, de l’extèrieur? C’est très étrange. Insolite, je dirai même.
Je vous explique : (voix de commentateur façon Zitrone, ça fait mieux quand même, et puis ça va bien avec mon côté princesse…).
Bonsoir chers amis. Nous avons devant nous, ou plus exactement posée, étalée au sol, la jeune Emma, dont nous distinguons avec peine les cheveux, la veste, et le pantalon, car ils sont à l’instant même recouverts d’un monceau d’huitres et autres bigorneaux décoratifs. Sa très fidèle amie lui tend déjà une main secourable, aidée par d’une femme blonde, dont nous pouvons apercevoir une partie d’affriolants dessous n’est-ce pas mon cher Guy, n’avalez pas votre moumoute-. Mais que se passé t’il? Alors que la jeune femme tente maladroitement de se remettre sur pieds, voici un homme qui surgit, nous ne savons d’où et yes yes it’s completely incredible, amazing (ah oui, Nelson Monfort a pris le relai pour l’occasion…), he’s running to the young and beautiful lady, with his beautiful white horse and…
And ma pauvre Emma, t’es complètement torchée, tu tiens pas sur tes jambes, tu pues le crustacé, ce qui va t’attirer des blagues diverses et variées (et pour certaines avariées wouarf wouarf quel humour), t’as ruiné une fois de plus un restau, tu es la risée de l’assistance, Germaine te pardonnera mais va commencer à en avoir sérieusement ras la casquette de tes conneries.
Quant au cheval blanc, rien du tout.
L’homme qui surgit, en revanche, est bien là.
Toujours posée au sol, entre deux huitres qui manifestement se fichaient bien de moi, je le vis soudain arriver, au grand galop. Enfer et damnation. Il ne manquait que ça.
Parfois, on ferait mieux de ne pas se lever. Et je commence à trouver que franchement, très franchement, ce serait une excellente chose que plus jamais je ne me lève.
Germaine me tend une main, Cathy une autre, je les attrape, morte de honte et subitement dégrisée. L’homme qui se précipite vers moi (pas si vite que ça, la foule soudain debout pour me voir l’empêchant de passer) semble à la fois hilare et consterné. Plus jamais il ne me prendra au sérieux. Plus jamais il ne voudra me parler. Tout est fini.
Tout est fini…mais que fait-il là?
Comment a t’il su que j’étais là?
Bon, ok, il n’est peut-être pas venu pour moi, mais alors pour qui? En tout cas il est là, bien là, de plus en plus là car moins d’un mètre nous sépare, il arrive, il se penche vers moi, c’est donc qu’il est bien vivant, tout va bien, personne ne s’en est pris à lui…
- Emma…besoin d’aide?
- Valentin…je te croyais mort…
- Pardon?
C’est sûr, comme manière de remercier un presque inconnu qui vient à votre secours, c’est moyen. Mais c’est sorti tout seul.
Je lâche la main de Germaine, pour saisir la sienne, tente de chasser de mon talon droit un mollusque tenace, et dans le même temps d’adopter un air digne. Si vous vous êtes déjà retrouvé avec des huitres dans les cheveux, vous devez savoir que c’est quasi mission impossible d’avoir l’air digne en étant ainsi paré.
Et alors que je me redresse, lentement, mais presque sûrement, il y a comme un brouhaha :
- Valentin??? Mais qu’est-ce que tu fiches là?
- Ah Valentin t’as pu venir…suis tellement contente…
- Tu connais Valentin?
- Oui, je n’ai pas eu le temps de te le dire, mais entre Valentin et moi…
- Oh les filles suis HEUREUX pour vous
(Pourquoi il crie Valentin…j’ai mal au crâne…et puis entre lui et moi…mais c’est pas trop le moment d’en parler…)
- Sacrée surprise tout de même
- Comme tu dis, suis sciée
- Vous vous connaissez?
- Oui, Valentin est un pote de Gaston
- Non, pas possible…
Euh…excusez moi, je veux pas la ramener, mais soit vous m’aider à me lever, soit je me débrouille toute seule…
- Alors ça quand même c’est pas banal…
- Non, comme tu dis. Et vous retrouver toutes les deux ici…
On est trois Valentin. Suis en dessous, sous les huitres…
- Tu bois quelque chose?
Si ça intéresse quelqu’un, j’offre le citron, j’en ai des rondelles dans le décolleté…Bon, ok tout le monde s’en fout.
- Alors, vous êtes heureuses? N’empêche j’y crois pas. Un truc de malades…Et Gaston est au courant?
Non, Gaston penses que tu es avec sa femme…enfin, je vais garder mes commentaires pour moi. Finalement on s’y fait à avoir les fesses posées sur un tas de coquilles d’huitres. Qui a dit déjà que ça ferait de jolis cendriers? Puisque personne ne me regarde, je pourrais en glisser une dans mon sac à main, ni vu ni connu, et hop je refais la déco…
- Non, Gaston ne le sait pas.
- Remarque, question con, il m’a appelé pour m’insulter, il pense que je suis avec toi.
- Comment ça, il pense que tu es avec Cathy?
Ah, ça, c’est Germaine. Oh, ben elle a l’air fâché d’un coup. Et puis vu d’en bas, qu’est ce qu’elle fait grande.
Tiens, j’avais une huitre dans le cou. Bizarre quand même, ça se glisse partout ces trucs, faudra que je vérifie plus tard que je n’en ai pas d’autres ailleurs…
- Rien, ma chérie, n’écoute pas Valentin, Gaston est parano…
Gaston parano? MON Gaston?? Ah ben non, pas du tout. Cocu, oui, mais pas parano.
- Si tu le dis, je te crois…c’est quand même curieux de la part de Gaston, mais je ne le connais pas. Emma, tu le connais toi?
Oui, je connais Gaston, oui, j’ai les fesses dans le vinaigre, oui, je n’arrive pas à me lever, et oui, ce n’est pas du tout le moment de vous rappeler que je suis là.
- Ah oui? Tu connais mon ex?
Je pourrais simuler l’évanouissement. Là, ça me semble idéal comme moment.
- Oui, je crois même qu’elle le connaît bien.
Mais de quoi je me mêle, Valentin?? On t’a sonné? Tu débarques comme un pet sur une toile cirée, je pensais que t’étais mort, ok j’étais inquiète, mais bon, tu l’es pas ça va tant mieux, tu me laisses trainer dans mes coquilles, et en plus tu vas raconter ma vie…
- Comment ça très bien?
- Ça a l’air de t’ennuyer, Cathy, que Emma connaisse ton ex?
- Fais pas ta mijorée, Germaine. Je t’aime, mais c’est encore mon mari…
- Mais tu l’as quitté…
- Oh les filles vous n’allez pas vous disputer?
- Valentin, TAIS TOI!
Oh ben la Cathy, elle est en rogne. Peut-être qu’en rampant sous la table je pourrais fuir discrètement…
- Emma, bouge pas!
Merde, elle m’a vue. Bon, je vais rester sagement assise avec mes bigorneaux.
- Alors, c’est vrai ce que dit Valentin?
Ppppffffff….je suis obligée de répondre? Y’a un avocat dans la salle ?(j’ai pas dit dans la salade…désolée, je ne peux pas m’empêcher de faire des blagues nulles)
- Tu ne dis rien (suis pas en posture pour parler, blondasse…), c’est que c’est vrai, alors…
- Cathy, je t’en prie…
- Tais toi Germaine, ne t’en mêle pas…
Et c’est là que Cathy s’est ruée sur moi.
Que tous les hommes de la salle restent debout…
Catfight…
To be continued

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