Drôle d'endroit (...)
Les textes de Garance vont revenir, repris, corrigés, et mis à jour.
Bonne lecture...
(Previously, in my 24 hours, J’allais boire un (bon, ok, des) verre(s) avec Gaston. Je remettais deux trois pendules à l’heure au sujet
de Valentin, cet être vil et sans intérêt, et je finissais par être embrassée par Gaston…)
ça commence à se compliquer.
Et réfléchir avec la gueule de bois est franchement pas simple.
Si je me résume : ce soir je vois Germaine, qui va me dire ce qu’elle vit de si mystérieux. Je vais bien sûr lui parler de Gaston, avec qui j’ai passé un peu plus que la soirée, et du fait que c’est tout de même bien embêtant parce que et d’un c’est un collègue de travail, et de deux, il est malheureux car quitté par sa femme donc, est-il sincère? Et puis je lui dirai aussi clairement ce que je pense de Valentin, et ce que j’ai appris sur lui récemment.
A moins que… à moins que en fait Germaine ne soit avec Valentin, mais qu’elle voulait être sure d’elle avant d’en parler. Mais dans ce cas, avec qui serait la femme de Gaston? (Tiens, elle doit avoir un prénom celle-là, mais j’ai zappé, ou il ne me l’a pas dit, enfin, je sais plus, et c’est sans importance).
Alors si Germaine est avec Valentin, je ne peux tout de même pas en faire un tableau trop sordide; Une fois ça va, mais deux, Germaine va finir par mal le prendre. Mais faudrait quand même que je l’avertisse que c’est un être sans scrupule.
Et avec tout ça, cette histoire avec Gaston, c’est du lard ou du cochon? Parce qu’on était quand même sérieusement allumés hier. D’un autre côté si c’est sérieux, au travail, ça va pas le faire. Et puis il vient d’être plaqué, et…ohhh j’ai mal à la tête moi.
Bing.
“Emma.
Merci pour hier. Être avec toi m’a fait le plus grand bien. Et quoique nous ayons bu, et fait, je ne regrette rien. Bien au contraire. Est-ce que tu es libre ce soir?
Tendres baisers.
Gaston”
Alleluia et mazeltov.
Il assume. Il veut me voir. Je vais bien, Gaston est un être parfait, sensible et tout, fragile encore, mais parfait, et ce soir nous allons…Nous allons rien du tout. Ce soir je vois Germaine. Gaston va comprendre, Gaston, je le verrai demain, Gaston et moi allons vivre nous aussi une histoire et je ne vais pas la tenir secrète, enfin, sauf au bureau, et ça plane pour moi lalalala.
“Gaston
Ce soir ça va être très difficile, je dois absolument voir ma meilleure amie, Germaine…Demain, si tu peux? J’ai passé une soirée étonnante et …tes sentiments sont partagés.
Je t’embrasse, tendrement.
Emma”
Chouette, j’ai pu placé mon “Je t’embrasse tendrement”
Bing
“Passe une bonne soirée avec ton amie. Demain, je t’invite à diner. Hâte de te tenir dans mes bras.
Baisers
Gaston”
Waouahhhh…Hâte de me tenir dans ses bras…Hier soir était sans aucun doute précipité, mais ce n’était pas une connerie. Je fonds.
“Mille tendre baisers aussi. Emma”
Je suis d’accord. C’est un peu culcul la praline. Mais je ne vais pas me plaindre. Il me plait bien, Gaston. Et s’il veut m’embrasser…qu’il ne se gêne pas.
Et la journée s’est passée ainsi. Un p’tit mail de Gaston par ci, un autre par là, des “je pense à toi”, et des “vivement demain, millions de bisous” en veux tu en voilà. A un moment je me suis même dit que c’était trop. Presque louche. Et puis non. Ma fille, toi aussi tu as droit au bonheur.
De plus, avec l’heure qui tournait, ma curiosité vis-à-vis des amours germainesques ne faisait que croître et embellir. Et mon envie de lui parler de Gaston aussi.
Nous avions elle et moi rendez-vous dans notre bar préféré. J’étais un peu en avance (ce qui est rare chez moi) et Germaine un peu en retard (ce qui est très rare chez elle), aussi je décidais d’attaquer sans plus tarder. Un mojito pour la p”tite dame (après le citron coincé en travers de ma gorge hier soir, je préférais arrêter le gin tonic pour quelques temps).
Je sirotais tranquillement mon verre, remuant la menthe avec la paille et faisant tinter les glaçons, lorsque je vis entrer Germaine.
Stupéfaction complete. J’en lachais la paille (pas mon verre; y’a des choses qui se respectent tout de même).
Germaine, MA Germaine, en principe si discrète, si réservée, et disons le franchement, plutôt fade, genre souris si vous voyez ce que je veux dire, MA Germaine donc, était totalement transformée. D’abord, elle était habillée en pantalon de cuir noir et veste (pas en cuir) rouge. (Cette couleur me rappelait subitement quelque chose, mais, un peu comme un flash, je ne voyais pas bien quoi). Elle était allée chez le coiffeur, et ses cheveux en principe d’un très joli ton queue de vache semblaient avoir avalé le soleil (c’est pas mal ça comme formule, je vais la revendre à Marc Levy), et illuminaient son visage. Son sourire éclatait, ses yeux pétillaient. Il m’a fallu moins de trois secondes pour me dire que là, effectivement, clairement, y’avait un truc.
Dès qu’elle est entrée, elle m’a repérée, et s’est dirigée droit vers moi. Elle qui en temps normal aurait contourné les tables et se serait excusée mille fois de déranger, elle faisait preuve d’une assurance stupéfiante. J’étais d’ailleurs stupéfiée.
- Emma, ah Emma, j’étais tellement impatiente de te voir, et pschuiit (bisous sur la joue gauche, ça, elle a pas changé, sont toujours aussi bruyants…) de tout te dire mais (re pschuiit) je t’en prie je t’en supplie ne te moque pas de moi, je n’ai jamais été aussi bien.
- En tout cas tu es superbe, et transformée…assieds toi tout de suite et dis moi tout, tout de suite…j’ai aussi des trucs à te dire, mais aucune importance, enfin presque aucune, enfin, si c’est important, mais moins que toi, vas y je t’écoute, je me tais, hop plus rien silence c’est à toi.
- Je suis amoureuse (ok, elle a changé et en plus elle me prends pour une cloche)
- Je m’en doutais un peu
- Oui, je suis amoureuse et je vis ce dont on peut rêver en se disant que ça n’arrivera jamais; c’est le vrai bonheur, la félicité, uen complicité totale, un partage de gouts comme tu ne peux pas imaginer, je vais de découvertes en découvertes, je sais enfin ce que c’est que la tendresse, l’affection, le respect et..
- Bois un peu et reprends ton souffle, tu vas t’étrangler là
- Oui, t’as raison, mais je suis tellement excitée et passionnée, et tout est si incroyable. Et sexuellement, c’est si nouveau et si étrange et je me laisse complètement aller, je vais au bout de mes désirs, tu vois par exemple, quand j’ai sa main sur moi, je…
- Stop!!! C’est bon Germaine, merci, pas besoin des détails, je vois vaguement de quoi tu parles…
- Mais ce que tu ne sais pas c’est que moi, MOI, je sais enfin ce que c’est qu’un orgasme…
Là, c’est sérieux. Germaine ne parle jamais de cul, de sexe, de ses aventures, et de ce qu’elle a ressenti. Aussi, si elle me parle d’orgasme, c’est que c’est vraiment du lourd. Mais qui est ce mec…faites que ce ne soit pas Valentin, s’il vous plait mon Dieu et tous les anges qui vous tournez les pouces là-haut…pas ça, pas pour Germaine, ce serait dégueulasse de votre part.
- Sa peau est tellement douce (et voilà qu’elle remet ça) et quand je m’endors dans ses bras, je peux enfin me détendre…on pense à bientôt vivre ensemble tu sais? Oh je vois ton regard tu te dis que c’est fou et mille fois trop rapide, mais je suis sûre de moi, et cathy aussi…
Euurrrpfff (bruit qu’a fait la feuille de menthe le long de mon oesophage quand je l’ai avalée, juste avant de cracher mon mojito)
- Cathy? Cathy, comme le prénom de fille?
- Oui, ma chérie…
Ah non, elle ne va pas m’appeler ma chérie maintenant. Germaine..Germaine est avec une …fille???!!! Nom de nom de nom d’un chien, merde alors. Ma copine a viré lesbienne.
Et moi qui trouve ma vie compliquée avec Gaston, ou plus exactement, méritant la discrétion…Alors là, suis soufflée. Germaine, lesbienne. Je vais reprendre un mojito. Germaine, lesbienne…bon, c’est vrai, ça rime.
Mais c’est pas une raison, tout de même!! Et puis c’est qui cette Cathy??
- Tu ne dis rien?
- Oh, excuse moi, tu comprendras que je suis un peu…étonnée…Mais vraiement, sincèrement, je suis heureuse pour toi, tu as l’air tellement…tellement…tellement bien…
Dans d’autres circonstances, je l’aurai prise dans mes bras. Là, j’avoue que j’ai un peu de mal.
- Et attends je ne t’ai pas tout dit…
Allons bon. Et je dois savoir quoi en plus? Cathy est un transexuel? Elle a un Labrador et ils font ça à trois (tiens vais boire un coup moi)? Elles vont aller vivre à San Francisco et adopter trois enfants?
- Tu ne connais pas Cathy, mais tu connais un de ses proches. Très proches même. C’est presque drôle, d’ailleurs, tu travailles avec lui. C’est son ex mari. Enfin, futur ex, elle vient de le quitter, pour moi. Il s’appelle Gaston…
Je peux avoir encore un mojito?
To be continued…
Et on file lire ça : Valentin et ses tracas...Lèvres absentes

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