Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé. 
Je sais, c'est dur. 
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée. 
Allez savoir...

 
Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 17:58
J’ai oublié de te dire au revoir.

 

T’as vu comme l’excuse est facile ? Je sais ce que tu me dirais si tu étais là. Tu me dirais de faire un effort. De me concentrer un peu et de trouver mieux. Ou de me taire.

Et tu aurais raison. Je n’ai pas oublié de te dire au revoir. Je n’ai pas pu. C’est différent. Tu me connais, je n’étais pas bonne pour les nuances. J’ai appris. J’ai mis dix-huit ans à apprendre. Il n’est jamais trop tard pour dire au revoir. Laisse-moi te le dire aujourd’hui. On ne va pas se quitter fâchés.

 

Tu sais, j’ai été en colère. Je t’en ai voulu, à mort, si c’était encore possible. Tu es parti, sans prévenir. Plus rapide qu’un battement de cil. Tu m’as laissée, la main vide et le cœur à nu. Tu m’as laissée, sans me donner les armes pour ne plus avoir peur. Tu n’avais pas le droit. Tu avais promis d’être toujours là. Et te souviens-tu de ma promesse? Tu voulais que je te promette d’être heureuse. Quoiqu’il arrive. Comme si, déjà, tu savais que ça serait sans toi. J’ai respecté ma promesse. Pas toi. Je t’ai haï pour ça.

Vaines promesses, celles que l’on fait en se doutant qu’on ne pourra peut-être pas les tenir. C’est ce que j’ai pensé, tellement longtemps. Mais quand on promet, on ne pense pas qu’un jour on pourrait être contraint de ne pas respecter ce que l’on a pu dire. Quand on promet, c’est pour la vie. Alors, la vérité est simple : tu t’es tenu à ce que tu as dit. Merci.

 

Pardonne-moi d’avoir voulu t’oublier. D’avoir fait comme si, jamais, tu n’avais été là. Pardonne-moi d’avoir refusé que tu ne sois plus là. De ne pas avoir admis l’inadmissible. D’avoir été injuste, amnésique, avare de mots et de pensées. Pardonne-moi de t’avoir détesté, à en être déchirée, écartelée. Pardonne-moi d’avoir mis tant de temps pour venir te retrouver. Pour pouvoir à nouveau te parler.

T’oublier…J’ai cherché à le faire. Je n’y suis pas arrivée. Ce que j’ai oublié, c’est de te faire vivre, encore. J’ai oublié d’avoir suffisamment confiance pour savoir que tu ne m’en voudrais pas, que tu ne voudrais pas que je ne sois qu’une ombre. Ton ombre. A ton tour d’être en colère. Je sais que tu es en train de me fixer, de là où tu es, et tu me demandes pourquoi. Pourquoi ? Je ne te voulais pas entre ma vie et moi. Quelle erreur, tu fais partie de ma vie.

Tu ne m’aimais pas parce que je t’aimais. Tu m’aimais parce que j’étais moi.

 

Je ne veux plus me demander ce que nous ferions si tu étais là. Je ne le saurai jamais. Questions vaines, pour toujours sans réponse, elles ne sont qu’un frein, un empêchement au bonheur. Elles luttent pour que je ne respecte pas ma promesse. Je lutte contre elles. J’ai tellement lutté que je t’ai laissé t’éloigner. Je viens te chercher. Je sais que tu ne reviendras pas. Pas simplement parce que tu ne peux pas. Tu ne dois pas en voir envie. Tout, ici, a tellement changé. Sauf moi, peut-être.

 

Avec les années, j’ai appris qu’on pouvait aimer, plusieurs fois. Chaque fois différemment. Chaque fois totalement. Sans être infidèle à ceux qu’on a aimés auparavant.

 

Je regarde une dernière fois cette pierre sous laquelle on t’a couché. Tu n’es plus là. Tu es partout maintenant. Je ne reviendrai sans doute plus te parler. Pas ici. Ne m’en veux pas pour ça. Sois en paix dans ce monde où tu es. Je serai en paix dans celui qui est le mien.

 

On se reverra, un jour. J’ose y croire. Où que tu sois, là-bas ou ici-haut, on se retrouvera.

On sera autres. On se reconnaîtra. Comme deux vieux, on s’assiéra côte à côte. Tu me raconteras ce que tu as appris sans moi. Je te conterais ce que tu n’auras pas vu. Ce ne sera pas triste. Ce sera nos vies.

 

J’y vais. Je ne me retournerai pas, tu n’es pas loin. Derrière moi, mais pas loin. Souris, s’il te plaît. Je retourne à la vie. J’y retourne, heureuse.

 

Au revoir.

 


 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de gueule - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Commentaires

très beau texte
je n'ai pas oublié de venir te saluer et te dire bonsoir
je m'en vais
mais je reviendrai
au moindre signe de toi
à bientôt

bonne soirée.
Commentaire n°1 posté par michèle le 30/11/2009 à 18h10
"Je suis venu te dire que je m'en vais" dirait Serge Gainsbourg. Joli !
Commentaire n°2 posté par arf le 30/11/2009 à 21h03
Très "vécu" comme ambiance. Retourne à la vie.
Commentaire n°3 posté par Eric le 30/11/2009 à 21h06
Pendant et après lecture...silence...émotions...battements de coeur...beau texte, très beau texte
Commentaire n°4 posté par Carole le 30/11/2009 à 21h20
Magnifique,empreint de tant d'émotions...
Merci de l'avoir écrit, d'avoir réussi à dire ce que je n'arrivais pas..
Partir c'est mourir un peu, mais c'est aussi mieux revenir.

C*
Commentaire n°5 posté par C* le 30/11/2009 à 21h21
Mourir, c'est se donner la possibilité d'e^tre toujours là, en tous lieux, en tous temps, invisible, sauf aux yeux du coeur...
Commentaire n°6 posté par Xavier Lainé le 01/12/2009 à 06h25
Très beau texte, qui me touche droit au coeur. Le deuil est une route sinueuse et accidentée, où l'on peut se perdre. En ce moment, j'ai l'impression d'errer, sans savoir où je vais.
Commentaire n°7 posté par Catpower le 06/12/2009 à 13h08

Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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