Previously, in my 24 hours
Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé.
Je sais, c'est dur.
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée.
Allez savoir...
Drôle d'endroit (...)
J’ai oublié de te dire au revoir.
T’as vu comme l’excuse est facile ? Je sais ce que tu me dirais si tu étais là. Tu me dirais de faire un effort. De me concentrer un peu et de trouver mieux. Ou de me taire.
Et tu aurais raison. Je n’ai pas oublié de te dire au revoir. Je n’ai pas pu. C’est différent. Tu me connais, je n’étais pas bonne pour les nuances. J’ai appris. J’ai mis dix-huit ans à apprendre. Il n’est jamais trop tard pour dire au revoir. Laisse-moi te le dire aujourd’hui. On ne va pas se quitter fâchés.
Tu sais, j’ai été en colère. Je t’en ai voulu, à mort, si c’était encore possible. Tu es parti, sans prévenir. Plus rapide qu’un battement de cil. Tu m’as laissée, la main vide et le cœur à nu. Tu m’as laissée, sans me donner les armes pour ne plus avoir peur. Tu n’avais pas le droit. Tu avais promis d’être toujours là. Et te souviens-tu de ma promesse? Tu voulais que je te promette d’être heureuse. Quoiqu’il arrive. Comme si, déjà, tu savais que ça serait sans toi. J’ai respecté ma promesse. Pas toi. Je t’ai haï pour ça.
Vaines promesses, celles que l’on fait en se doutant qu’on ne pourra peut-être pas les tenir. C’est ce que j’ai pensé, tellement longtemps. Mais quand on promet, on ne pense pas qu’un jour on pourrait être contraint de ne pas respecter ce que l’on a pu dire. Quand on promet, c’est pour la vie. Alors, la vérité est simple : tu t’es tenu à ce que tu as dit. Merci.
Pardonne-moi d’avoir voulu t’oublier. D’avoir fait comme si, jamais, tu n’avais été là. Pardonne-moi d’avoir refusé que tu ne sois plus là. De ne pas avoir admis l’inadmissible. D’avoir été injuste, amnésique, avare de mots et de pensées. Pardonne-moi de t’avoir détesté, à en être déchirée, écartelée. Pardonne-moi d’avoir mis tant de temps pour venir te retrouver. Pour pouvoir à nouveau te parler.
T’oublier…J’ai cherché à le faire. Je n’y suis pas arrivée. Ce que j’ai oublié, c’est de te faire vivre, encore. J’ai oublié d’avoir suffisamment confiance pour savoir que tu ne m’en voudrais pas, que tu ne voudrais pas que je ne sois qu’une ombre. Ton ombre. A ton tour d’être en colère. Je sais que tu es en train de me fixer, de là où tu es, et tu me demandes pourquoi. Pourquoi ? Je ne te voulais pas entre ma vie et moi. Quelle erreur, tu fais partie de ma vie.
Tu ne m’aimais pas parce que je t’aimais. Tu m’aimais parce que j’étais moi.
Je ne veux plus me demander ce que nous ferions si tu étais là. Je ne le saurai jamais. Questions vaines, pour toujours sans réponse, elles ne sont qu’un frein, un empêchement au bonheur. Elles luttent pour que je ne respecte pas ma promesse. Je lutte contre elles. J’ai tellement lutté que je t’ai laissé t’éloigner. Je viens te chercher. Je sais que tu ne reviendras pas. Pas simplement parce que tu ne peux pas. Tu ne dois pas en voir envie. Tout, ici, a tellement changé. Sauf moi, peut-être.
Avec les années, j’ai appris qu’on pouvait aimer, plusieurs fois. Chaque fois différemment. Chaque fois totalement. Sans être infidèle à ceux qu’on a aimés auparavant.
Je regarde une dernière fois cette pierre sous laquelle on t’a couché. Tu n’es plus là. Tu es partout maintenant. Je ne reviendrai sans doute plus te parler. Pas ici. Ne m’en veux pas pour ça. Sois en paix dans ce monde où tu es. Je serai en paix dans celui qui est le mien.
On se reverra, un jour. J’ose y croire. Où que tu sois, là-bas ou ici-haut, on se retrouvera.
On sera autres. On se reconnaîtra. Comme deux vieux, on s’assiéra côte à côte. Tu me raconteras ce que tu as appris sans moi. Je te conterais ce que tu n’auras pas vu. Ce ne sera pas triste. Ce sera nos vies.
J’y vais. Je ne me retournerai pas, tu n’es pas loin. Derrière moi, mais pas loin. Souris, s’il te plaît. Je retourne à la vie. J’y retourne, heureuse.
Au revoir.

je n'ai pas oublié de venir te saluer et te dire bonsoir
je m'en vais
mais je reviendrai
au moindre signe de toi
à bientôt
bonne soirée.
Merci de l'avoir écrit, d'avoir réussi à dire ce que je n'arrivais pas..
Partir c'est mourir un peu, mais c'est aussi mieux revenir.
C*