Samedi 31 octobre 2009
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qui commence un tantinet à m'agacer.
Et, pour être parfaitement honnête, je crois que je ne suis pas la seule à être dans le même état d'esprit.
Aussi, je vous la transmets et la précise, au cas où l'idée saugrenue vous prendrait de me la poser. ou de la poser à un de mes amis.
Je scénarise un peu, tout de même...plongée dans le décor.
Moi face à vous (et si ce n'est vous c'est donc votre frère, comme dirait ce bon vieux La Fontaine).
Vous :
- que faites vous dans la vie?
Moi :
- j'écris. Je suis écrivain.
Vous:
- ah c'est super. Et sinon, c'est quoi votre vrai métier?
Moi:
- ppppppffffffffffffffffffff...................
Alors donc voilà je résume et j'explique.
Ecrivain, c'est un métier. Un vrai métier. Un métier qui nous rend heureux, très heureux certes. Mais un métier.
Ou sinon, appelez nous "Génie".
Quelle que soit la longueur du texte, on ne l'écrit pas en 5 minutes, entre la poire et le fromage sur un coin de table graisseux.
On TRAVAILLE.
On se penche dessus. On cherche. Le mot, l'idée, le terme, la phrase qui retiendra VOTRE attention. On reprend, on corrige, on rature, on barre, on froisse du papier et on remplit des corbeilles,
on s'arrache les cheveux, on se relève la nuit, on dort debout quand on est trop insatisfait.
On saute de joie aussi, on s'auto félicite, dans l'idée de "aide toi le ciel t'aidera".
On n'est jamais sûrs de nous.
On y prend plaisir aussi.
On prend plaisir dans notre travail, parce qu'on l'aime. Parce que c'est une passion. Parce que vous donnez ce qui nous habite, nous anime, nous est indispensable. Sans recherche de notoriété ou
de gloire. Simplement la joie de donner.
Plaisir et travail. Les deux vont de paire.
Mais en aucun cas écrire n'est pour nous qu'une simple distraction.
Aussi, si d'aventure à la réponse "je suis écrivain", vous êtes tenté de dire "et sinon c'est quoi votre vrai métier?", n'oubliez-pas que sans le plaisir que nous prenons à travailler pour
écrire, pour nous, pour vous, vous risquez un jour de ne plus pouvoir avoir le plaisir de lire, tout simplement.
J'ai tellement de chose à faire ailleurs... et j'ai aussi des bouquins à lire, des recueils de nouvelles, des histoires de psychopathes, de nouveaux départs. comment vais-je m'en sortir ?
C'est insoluble...
Mais ce n'est PAS mon métier. Quelle que soit l'énergie que j'y mets, c'est pour moi un loisir, dans le sens où ça me permet d'oublier mon métier.
J'entends par là que j'ai choisi d'être auteur. Je n'ai aucune contrainte : je peux passer six mois sans écrire, puis ensuite pendant une semaine ne faire que ça une fois chez moi... après avoir exercé mon vrai métier.
Ma réponse à "Quel est mon métier", c'est "Je travaille dans...". Ce n'est pas "Je suis...". En revanche, je suis conteur. Je suis illustrateur. Bref, on parle de ce que je suis et pas de ce que je fais. A l'inverse, mon métier c'est ce que je fais.
Mais je reste - du moins en ce qui me concerne - sur mes positions : je suis conteur, ce n'est pas mon métier, c'est ma nature.
Ceci dit, je suis d'accord avec toi : cette question est énervante, surtout de par sa connotation péjorative - voire condescendante. Le problème est même encore pire pour les dessinateurs de BD, par exemple, puisque c'est encore considéré par beaucoup comme un domaine enfantin (ou puéril).