Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé. 
Je sais, c'est dur. 
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée. 
Allez savoir...

 
Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 13:08
24H(Previously, in my 24 hours, je découvrais à la lecture d’un mail que Valentin est sérieusement atteint et l’éloignais aussi sec de mon entourage proche et immédiat ; j’apprenais également que Gaston avait une femme et que ladite femme venait de le quitter, le laissant au plus mal et ruinant mes espoirs de concrétiser une histoire. Gaston semblant désespéré, il me fallait voler à son secours…)

 

 

Emma, n’agis pas dans la précipitation. Il va falloir que tu sois fine (enfin, un minimum), discrète, mais en même temps proche, rassurante, amie, à l’écoute, tendre, mais pas trop, patiente, mais raisonnablement…On va partir du postulat que tu peux y arriver.

Et procéder par élimination.

 

Ça c’est déjà fait, d’ailleurs. Valentin est déclaré officiellement out of order, absent pour cause de folie avérée. Nous (je dis « nous » quand je fais dans la généralité) pourrions espérer que cette folie ne soit que temporaire. Mais dans le doute, nous nous abstiendrons de creuser la question.

Valentin a devant lui au minimum trente ans pour se faire remettre les neurones d’aplomb.

D’ici là, il faut sauver Gaston.

 

Je relis son mail. Il y a un message subliminal caché dedans, c’est évident. Votre mission, si vous l’acceptez…ce message s’auto détruira dans 10 secondes…Bien reçu. Gaston, n’aie pas peur, ne pleure pas, ne sois pas désespéré, Emma est là…

 

 

Et pour une fois, Emma va tenter de ne pas faire n’importe quoi. Il faut qu’il sache que je comprends et partage sa douleur. Juste un petit mot, tout discret qui n’implique rien en réponse…et puis laisser passer quelques jours (par exemple un jour, si on compte aujourd’hui en plus, ça fait que jusqu’à après demain, je ne me manifeste pas, et ça fait déjà quelques jours, deux jours…).

 

« Gaston,

Je suis sincèrement désolée pour toi. Sache que je suis là si tu as besoin. Courage. Je t’embrasse.

Emma »

 

J’ai failli écrire « je t’embrasse tendrement », mais me suis retenue . Trop forte.

 

Voilà. Simple, discret, efficace. Emma, pour une fois, tu es parfaite.

 

Et maintenant, y’a plus qu’à attendre, deux jours. Deux jours. 48 heures. 2880 minutes. 172 800 secondes. Pétard. Vu comme ça, ça fait long.

Je vais déduire mes heures de sommeil, en moyenne sept heures par nuit, que je multiplie par deux, donc quatorze heures de sommeil, donc 48 – 14 = 34. Trente quatre heures…122 400 secondes.

La vache. J’ai le temps de mourir dix fois.

Et Gaston n’en saura jamais rien. Il pensera juste que j’ai préféré ne plus donner de nouvelles. Que je l’ai abandonné dans son malheur. Que je suis déjà partie voir ailleurs, et que lui est seul, si seul, désespérément seul, et que je ne suis qu’une sombre égoïste. Incapable de sentiments. Au cœur sec comme une pierre. Je ne pourrai jamais m’expliquer. C’est affreux.

Je pourrais rédiger une lettre, au cas où dans ce laps de temps il m’arrive quelque chose… « Gaston, si tu lis ces lignes, c’est que le sort funeste a voulu que je quitte prématurément notre monde. Dis toi que jamais je ne t’ai oublié, je voulais juste respecter le temps que tu demandais et le silence qui va avec. De là où je suis maintenant, je veille sur toi et… »

 

Non, mais ça va pas bien ma pauvre fille ? Complètement marteau, dommage collatéral de la fréquentation de Valentin sans doute. On parle de deux jours, là. Tu peux attendre deux jours, non ? C’est si compliqué que ça ? T’es pas bien, franchement, faudrait peut-être songer à consulter et…

 

Oui bon, ça va aller. Le petit diable et le petit ange, vous allez déguerpir très vite de mes épaules, sinon, j’en prends un pour taper sur l’autre, c’est clair ? Je ne peux pas me concentrer si vous parlez tout le temps. « Emma fais ci, Emma fais ça »….ça suffit ! Dehors, fichez moi le camp, je vais me débrouiller très bien sans vous.

 

 

Deux jours sont passés. Ça n’a pas été facile. Je me suis retenue plus d’une fois d’envoyer un mail, ou un sms ou un signe, quelque chose qui fasse comprendre à Gaston que je pensais très discrètement, mais très sincèrement, à lui.

J’ai rien fait. Je sais, ça vous épate. Suis comme ça, moi.

 

Finalement, on prend l’habitude d’attendre. Ça n’est pas si difficile. Les premières heures sont très longues, et après, ça passe comme une lettre à la poste. J’ai presque plus envie de contacter Gaston (j’ai dit presque plus…).

Je vais lui envoyer un mail dans la journée, mais là j’ai encore deux ou trois trucs à faire, avant.

 

Bing.

 

Et voilà, ça recommence. A chaque fois que je me plonge dans mon travail, je suis dérangée. C’est pas une vie ça.

Oups. C’est Gaston. Ouhla. Ouhlala. C’est Gaston, Gaston qui m’écrit. Ouhlala ouhlala…

 

« Emma.

Je te remercie pour ton dernier message, et surtout pour ta gentillesse et ta patience (ohhhhh….). J’ai beaucoup réfléchi pendant ces deux derniers jours et (et et et quoi ???) si tu en as encore envie, si ta proposition tiens toujours, je fêterais volontiers la St Gaston avec toi, même si c’est avec un peu de retard.

Pour être honnête, je ne suis pas en forme, et j’ai franchement le moral dans les chaussettes. Ne m’en veux pas si je ne suis pas d’excellente compagnie, mais si tu es prête à supporter mes états d’âme…ça me ferait plaisir.

Et puis, il faut que je te parle de Valentin.

Je t’embrasse.

Gaston »

 

Il veut me voir…il veut me voir, il veut me voir, tralalalère et ça vient pas de moi, et elle est pas belle la vie ? et…il veut me parler de Valentin. Quoi encore avec Valentin ? Commence à me fatiguer celui-là à toujours refaire surface. Ça me rappelle ce film, Jo, avec le cadavre qui se manifeste à tout bout de champ, et si possible au mauvais moment.

Allez, on va considérer que Valentin est un détail. Gênant certes, mais juste un détail. C’est pas lui qui va gâcher ma joie, pas maintenant. Gaston veut me voir, et quelle que soit la raison, elle est forcément bonne, sinon, il ne m’embrasserait pas, en prime.

 

« Gaston

Quand tu veux…dis moi quand tu peux.

Je t’embrasse

Emma »

 

Hop. Votre message a été envoyé…oh merdouille. Quand tu veux dis moi quand tu peux…Entre le « vas y prends moi sauvagement », et le « ok, suis pas pressée, comme tu le sens », je ne sais pas comment Gaston va comprendre mon message.

 

Bing.

 

« Ce soir ? Gaston »

 

Hummmppppffffff

 

« Génial. Emma ».

 

N’importe quoi.

 

Je ne sais même plus écrire un mail normalement. Génial… Pauvre tâche. Franchement ma fille tu aurais pu trouver mieux.

 

Bing

 

« A tout à l’heure. Je t’embrasse ».

 

Tu t’attendais à quoi ? Avec tes réponses à deux balles, t’as encore été brillante, ma pauvre Emma…Enfin, pas grave, ce soir tu vois Gaston, et vous allez pouvoir parler…

 

Bing

 

…Il a réfléchi. En deux minutes. Et il annule, suis trop débile pour qu’il me supporte alors qu’il va mal…

 

« Emma

Il faut ABSOLUMENT que je te vois. Je ne peux pas le garder pour moi plus longtemps ; je nage en plein bonheur, c’est incroyable, et je veux vraiment, vraiment, vite, tout te raconter. Tu seras surprise peut-être, mais surtout, sois heureuse pour moi.

Un verre ce soir ?? S’il te plaît, s’il te plaît, dis oui…

Germaine »

 

Ah non, pitié, pas ça…pas Germaine…pas maintenant…

Je ne peux pas lui dire non, ça a l’air trop urgent, et puis là, je commence à être franchement curieuse, c’est quoi ce truc incroyable qui la rend si heureuse ?…

Mais Gaston, je ne peux pas le planter, et j’ai déjà dit oui, mais si je dis non à Germaine, est-ce qu’elle va bien le prendre, et si je dis non maintenant à Gaston, c’est nul nul naze pourri de ma part, et … je pourrais leurs proposer qu’on se voit tous les trois ?

 

Ohla, je ne sais plus…entre mon amie, et mon (futur) amour…je suis perdue…

 

 

To be continued


 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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