Previously, in my 24 hours
Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé.
Je sais, c'est dur.
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée.
Allez savoir...
Drôle d'endroit (...)
(Previously, in my 24 hours, à la lecture de leurs mails, je découvrais en Gaston un être attachant et sensible, et
en Valentin, un dragueur de bas étage à tendance névrosée).
Suis franchement scotchée depuis tout à l’heure. Ça va me passer, c’est pas grave. Et puis au moins, les choses sont claires. Enfin, pour moi. Parce que dans la tête de Valentin, ça m’a l’air beaucoup moins lumineux. J’irai même jusqu’à dire que c’est plutôt tordu. Soit il est marteau, soit il est neuneu. Peut-être même les deux, d’ailleurs.
Ce qui est certain, c’est que je n’ai pas l’intention d’avoir d’autres nouvelles de ce genre, merci, servie. Je pourrais ne pas répondre. Mais ça me démange, je vais lui envoyer un petit mail, un dernier (promis juré), juste pour que ça soit réglé, cette affaire.
Une folle furieuse en culotte rouge à mes trousses…c’est ç’la, oui…et sinon, t’as pensé à prendre tes médicaments ce matin, Valentin, avant de m’écrire ? Ohla, et moi qui ai failli bousiller mon amitié avec Germaine à cause de cet avorton du cervelet…Germaine qui de son côté vit une belle histoire, et je n’en sais pas plus. Et là, pour une fois, je vais la laisser vivre son aventure à fond. Elle a droit à un peu de bonheur, puisqu’elle peut y toucher.
Tu vois, le p’tit ange, que de temps en temps je t’écoute ?
Alors, je vais envoyer un mail au monsieur-qué-pas-bien-dans-sa-tête, et ensuite, je reprendrai une activité normale.
Que personne ne me dérange, j’ai du boulot, ça ne plaisante pas.
« Valentin.
J’ai bien reçu ton mail et te remercie pour ta sollicitude, ta gentillesse et ton intérêt. Grâce à toi je serai maintenant sur mes gardes, et toute blonde m’approchant à moins de cent mètres sera forcément regardée de travers. Je risque de m’attirer quelques remarques désobligeantes, mais dans le doute je ferai preuve de la plus grande prudence et ne m’adresserai plus qu’aux brunes, aux rousses, et aux chauves.
Aussi, je t’en prie, ne t’inquiète pas pour moi.
Le mail que tu m’as envoyé m’as tout de même plongée dans une certaine angoisse. Je vais devoir prendre du recul pendant plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines, et sans exagérer on peut envisager que ce recul dure plusieurs mois.
Tu comprendras que pour ma protection, j’ai du rapidement mettre en place un système de défense.
N’essaie donc pas de me contacter, je serai injoignable pendant, disons, les trente ans qui arrivent. Ne t’inquiète pas pour moi, je vais agir sous couverture, mesure spéciale des forces de police qui sont prévenues du danger qui me guette.
D’ailleurs mon contact a pris ton mail très au sérieux et le conserve précieusement, ainsi que tes coordonnées, au cas où il m’arriverait quelque chose. Ainsi tu serais prévenu, si par infortune…Mais n’envisageons pas le pire.
Je te transmets juste ce qu’il m’a été demandé de te dire : aucun, je dis bien, AUCUN contact entre nous n’est possible.
Peut-être un jour nous recroiserons nous, si mes jours ne sont plus en danger.
Bien à toi.
Emma »
Morte de rire. Affalée sur mon bureau. Allez Valentin, ce fut un réel plaisir, on a bien rigolé, mais là j’ai pas des masses de temps pour gérer les dingues. Et puis…et puis y’a Gaston.
Gaston…
Gaston si franc, si direct, et si …tendre, discrètement tendre, avançant un pion, mais avec prudence.
Ah…Gaston…Pourquoi le laisser attendre plus longtemps ? Son mail a presque trois heures, il faut, je dois lui répondre. Nécessaire, indispensable. Oui, je dois lui dire que oui, je veux le revoir et que oui quand il veut et que oui aussi, si par hasard, par chance peut-être, enfin, si, lui et moi, si,…, et bien on pourrait, enfin, je ne sais pas, faut pas aller trop vite non plus, mais oui, pourquoi pas, lui et moi…
Allez savoir pourquoi, je vous le demande, mes yeux se sont posés sur le calendrier pile alors que je réfléchissais. Et là, que vois-je, oh stupéfaction…le 6 février. Le 6 février, jour de la St Gaston, justement.
En principe je suis drôlement carrée, comme fille. Pas du tout du style à croire aux astres. Si je lis mon horoscope dans Elle chaque semaine, et si je l’écoute à la radio tous les matins, c’est uniquement pour me distraire. C’est un jeu. Sans importance. Je m’en moque. Quand aux coïncidences…pas mon truc. J’ai beaucoup trop les pieds sur terre.
Mais là, vous m’avouerez que c’est pas banal. Un signe du destin, c’est évident. Je pense à Gaston, il m’écrit, nos chemins se croisent, il se déclare, et demain c’est sa fête…
Re hummmmpppppfffffff (j’ai beaucoup hummmppppffffé depuis ce matin).
Allez Emma, n’ai pas peur. Ecris lui.
Oui petit ange sur mon épaule.
« Gaston.
Si je n’avais été retenue par un certain nombre de dossiers et d’affaires à régler, je t’aurai répondu bien plus vite.
Ton mail m’a fait plaisir. Je m’en voulais après t’avoir adressé le mien, et je suis touchée par ta franchise. Et rassurée, car, réellement, Valentin est un homme sans intérêt.
Je serai ravie de te revoir. Les sentiments qu’il y a entre nous sont ce qu’ils sont et j’ai pour toi une très grande affection, tout comme tu dis l’avoir pour moi. Ces quelques mots d’ailleurs m’ont émue…profondément.
Demain, c’est ta fête. J’aimerais, si tu le peux, te la souhaiter, de vive voix. Autour d’un verre. En amis…proches…Si tu es disponible, si tu en as envie,
Je t’embrasse, tendrement.
Emma »
Hop.
Envoyé.
C’est une belle journée. Gaston a parlé, je lui réponds, sans ambiguïté. Il devrait être touché lui aussi. Tiens, je vais me relire.
P*****. C’est moi qui ai envoyé ça ? Suis folle ou quoi ? Pourquoi pas écrire : « Gaston, c’est où tu veux quand tu veux… ». C’est l’autre marbré du chapeau qui m’a contaminée. Oh la honte, c’est nul de nul ce que je lui ai envoyé.
Mince, flûte, crotte, ça se rattrape pas un mail.
Je ne vais tout de même pas foncer dans son bureau, me jeter sur l’ordi, et essayer de scratcher ce truc. Qu’est ce que j’ai fait là ? Je vais pas bien du tout. Saleté de petit ange, viens là que je t’étrangle, plus jamais je t’écouterai.
Bing.
Ah non pitié. Faites que ce ne soit pas Gaston. Il doit être explosé de rire et bien se moquer de moi. Pitié pitité pitié…
Je ferme les yeux, comme les enfants, pour ne pas voir qui m’a écrit. Mais entre mes cils bien serrés, je vois bien l’adresse de Gaston. Oh merde de merde.
Bon. Emma, reprends toi tout de suite. Tu es majeure et vaccinée. Gaston ne va pas sortir de l’écran comme un diable de sa boîte. Allez, clique ma fille, regarde ce qu’il t’écrit. Du courage, nom d’un chien.
« Emma.
Merci pour ton mail. Je n’ai fait que le survoler. Je ne peux pas accepter ta proposition. Ne m’en veux pas.
Ma vie vient de se briser.
Ma femme m’a quitté, à l’instant. J’ai besoin de temps.
Gaston »
Pardon ?
Alors on pose tout par terre et on fait le tri. Gaston a une femme. UNE FEMME. D’où elle sort celle-là ? Et il n’aurait pas pu le dire avant ? Et y’a trois heures monsieur se vautre comme une loque, avec des promesses et des belles paroles, et là hop dégagée Emma, monsieur a une femme ? Qui le quitte ?
Oh merde si ça se trouve c’est à cause de moi.
C’est ça.
Il lui a parlé de moi. Et elle préfère s’en aller. Grosse nulle. Mais il est pas bien lui non plus à parler de moi comme ça ? Et qu’est ce qui lui fait croire, à Gaston, que je serai tombée dans ses bras ? Il se trouve si irrésistible que ça ?
Mais s’il lui a parlé de moi, c’est qu’il est vraiment sincère. On n’achève pas un homme à terre. Il est allé trop vite, c’est tout, mais ensemble nous construirons autre chose.
Sa femme…bravo pour les sentiments Madame. Planter Gaston comme ça, c’est nul, lamentable, vous me dégoûtez.
N’empêche j’avance pas là.
Gaston…il doit être effondré. Mais je ne peux pas lui parler, pas maintenant. Il faut que je respecte sa douleur. Son amour pour moi fera le travail, vite, j’en suis sûre. C’est évident, n’est ce pas ? Quoi, le petit diable, pourquoi tu te marres toi ? Oui, il faut laisser passer quelques heures. Pauvre Gaston, comme il doit être mal.
Non, en fait il faut que je lui dise que je comprends, que je ne lui donne pas l’impression de fuir devant la nouvelle. Je saurai trouver la force de l’aider.
Tu vas savoir Gaston, je vais être l’épaule amie, le soutien qu’il te faut. Pour commencer…
Enfin, là, j’en peux plus.
Et comme dirait Scarlett…demain est un autre jour.
To be continued

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