Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 11:04
24H 

En rentrant chez moi (et après m’être débarassée des derniers vestiges de la soirée), je me suis dit que la vie était parfois cocasse.

Ma meilleure amie, Germaine, était donc bel et bien devenue lesbienne.

Avec une ex de Valentin.

Qui était également l’ex de Gaston (pas Valentin, mais son ex).

Et Valentin était en couple.

Comme moi.

Avec Gaston.

Euhh…Valentin n’est pas avec Gaston, c’est moi qui suis avec lui (Gaston), mais avec Valentine.

Posé ainsi, un dîner à six me semble envisageable, pour un remake de « Petits meurtres entre amis ».

 

Tiens, Gaston…Au moment où je pense à lui, je reçois un SMS…c’est un signe, c’est évident.

« Emma, j’espère que t’as passé une bonne soirée (oui, excellente, rien de particulier, mais sympa). Tu me manques. Appelle-moi, quand tu peux. Baisers. »

 

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants….Ne nous emballons pas, ma fille. A son début une histoire est toujours belle. Valentin est adorable.

Qu’est ce que je viens de dire ?

Valentin ?

Ça va pas non ?? Gaston. Il s’appelle GASTON. Faut pas confondre, ça ferait pas bon genre. Ouhlala la bourde….ppppffffff….heureusement que personne ne m’a entendue.

 

Donc, GASTON est adorable. Il me plait, je lui plais, on va s’aimer (sous une étoile ou sur un oreiller….) et je vais lui répondre, et on va se voir, et tout va bien.

« Très bonne soirée entre filles. Je t’appelle dans dix minutes…baisers »…

 

Ah Valentin, suis impatiente de t’entendre, je me fais juste un ca…Quoi ? J’ai redit quoi, là ? Valentin ? Oh merde merde. Merde. Esprit gluant, sors de ce corps.

Bien sûr, je voulais dire Gaston. Voilà, c’est ça de passer la nuit au poste avec un homme blessé, ça engendre des inquiétudes. Mais je sais très bien que mon chéri s’appelle Gaston.

Y’a pas d’erreur. Aucun doute. Je ne pense à personne d’autre, non non, c’est juste que ma langue a fourché.

Allez répète après moi : Gas-ton, Gas-ton, Gas-ton…

 

Café café aussi. Urgence café même. Faut recadrer les neurones qui me restent, et qu’ils arrêtent de s’emmêler les pinceaux, là, je déconne à bloc, franchement. Manquerait plus que je me trompe en étant avec Val…GASTON !!!!

 

OK.

C’est clair.

Il faut que je pratique un exorcisme. Que je chasse de mon esprit jusqu’au souvenir de Valentin.

D’un autre côté…il est trop bien, le Valentin, pour me résoudre à ne plus jamais le voir. Plus jamais avoir de nouvelles. Ne pas savoir ce qu’il devient. Plus jamais.

Plus jamais. Ça fait long.

 

Et puis ce coup d’œil, ce dernier coup d’œil, vers moi, avant de s’enfoncer dans le petit matin blême…ce petit coup d’œil qui voulait tellement dire….

 

Arrrffff…

Flûte

Crotte

Zut

 

Valentin…

Valentin, il faut que je t’éloigne de moi.

C’est nécessaire.

Vital.

Mais pas complètement tout de même.

On sait jamais, comme qui dirait, sur un malentendu…

 

Lui écrire. Voilà. Je vais lui écrire. Un beau mail très clair. Comme je sais faire.

Et après, j’appelle Gaston.

Je progresse, je ne me suis pas trompée de prénom. Eheheh.

 

« Valentin

J’espère que tu as pu soigner tes blessures et qu’elles n’avaient aucune gravité. Je me suis inquiétée pour toi mais n’ai pas osé le montrer hier, c’était déplacé. Enfin, c’était pas le moment. Ou pas l’endroit. Mais je voulais te le dire quand même.

 

Soyons honnêtes toi et moi.

Je trouve que, toi comme moi, avons des vies simples mais des emplois du temps assez compliqués en ce moment.

 

Y’a Gaston; et tu sais que moi, les complications...bon ok, les apparences peuvent être contre moi, mais les complications, j’aime pas beaucoup. J’apprécie énormément Gaston, c’est réciproque, et je veux laisser une chance à cette histoire.

 

Et y’a Valentine. Qui très clairement tient à toi. Et je pense que tu tiens aussi à elle.

 

Tout ça ne nous empêche pas de nous voir. En amis. Sans ambiguïté. Simplement. Pour un verre, sans coulommiers, sans huitre. Juste comme ça, pour se voir. Sans risque ou envie d’aller plus loin. Sans possible débordement. Une petite bise sur la joue et voilà c’est tout.

Qu’en penses-tu ?

 

Je tembrasse.

Emma »

 

On ne peut pas être plus claire. Simple, directe, droit au but. Je suis géniale.

Et je vais appeler Val…GASTON, nom d’un chien !

 

 

Gaston est parfait, merveilleux, extraordinaire, c’est la félicité, je touche au bonheur cuicui.

Il est impatient de me voir, il espère que je vais bien, je lui manque, il m’embrasse fort fort et a hâte de me tenir dans ses bras…

 

Bing.

 

Un mail.

Aaaahhhhh.

Ça doit être Gaston.

 

Ah ben non.

C’est Valentin.

Il va pas recommencer, lui.

J’ai été super claire quand même.

 

M’en fiche, je ne le lirai pas son mail, je suis toute à Gaston.

 

Ça m’intéresse même pas.

Même pas un peu.

Enfin si, un peu quand même.

Bon ok vous avez gagné, ça m’intéresse un peu plus qu’un peu.

Et puis vous êtes de gros curieux.

Si j’ouvre ce mail, c’est juste pour vous, que vous ne soyez pas frustrés.

Je vais le lire en biais, comme ça, pour voir.

Et après, hop, corbeille, terminé, basta, et vive Gaston.

 

 

«Emma

Merci de t’inquièter pour moi ; juste quelques coupures, et un costard foutu. Tout va bien. Valentine m’a soigné, je suis un homme neuf, ou presque.

 

Sur l’autre sujet, puis-je me permettre d'être un peu plus clair ?

J'aime bien l'ambiguité en général, mais elle finit souvent par me jouer des tours...

 

Aussi, je lis entre tes lignes (en espérant que je comprends bien ce que tu veux dire). Nous décidons donc que tant que sont présents Gaston ou/et Valentine, nos relations seront amicales et sans ambiguité et sans autre forme de procès, d’acune sorte. C’est bien cela, j’ai tout compris ?

 

En cas de disparition simultanée de Gaston et Valentine, et là il faudra peut-être qu'on enquête car ce serait quand même vraiment bizarre, nous pourrions avoir cette discussion, entre tes lignes, de nouveau. Ce qui, je le maintiens, semble et reste, demeure, improbable.

 

Efforçon-nous donc de ne pas avoir envie l'un de l'autre, obligation de moyens sinon de résultat, ce serait quand même bien d'y parvenir. Emma, nous pouvons y arriver. Valentine m’apporte beaucoup, et Gaston est un homme bien.

 

Pour plus de discrétion, réduisant ainsi encore le risque de la disparition simultanée évoquée plus haut, abstenons-nous de mentionner ce qui a eu lieu mais dont la publicité serait de nature à foutre le bordel dans nos existences actuelles, en ce qui me concerne je ne regrette rien du tout, bien au contraire, mais je peux me contenter d'y repenser comme à un rêve érotique très convaincant.

 

Donc, ceci pour dire, perdons pas notre temps, que si nous nous recroisons bientôt, et je sais que nous saurons le faire comme des adultes, merci de bien vouloir ne pas me sauter dessus, ni déchirer mes vêtements, les huitres ont déjà fait le nécessaire de ce côté, ni frotter ta peau contre ma peau, ni mettre ta langue dans ma bouche, on a dit amical et sans ambiguité, je te rappelle qu'on est tous les deux en couple.

 

Non mais.

 

Je t’embrasse.

 

Valentin »

 

 

Voilà.

Très bien.

Cette fois, c’est clair. Amis. Simplement…..hummmpppppfffff…

 

Bon, je vais rappeler Gaston.

 

 

To be continued…ou pas

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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