Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé. 
Je sais, c'est dur. 
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée. 
Allez savoir...

 
Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 08:45
24H(Previously, in my 24 hours, je me trimballais Germaine à une soirée. L’intervention de Valentin allait dans le même temps mettre des points de suspension à notre amitié et me faire cogiter quant à mes tactiques d’approche.) (4)

 

Germaine, je te hais, je te maudis, je te déteste, je ne veux plus jamais te voir, c’est dégueulasse, la vie est injuste, je ne veux plus jamais entendre parler de toi, tu te disais mon amie, t’es qu’une garce qui se jette au cou du premier venu, et moi je m’en fous d’être seule, suis bien mieux à m’occuper de mon ficus qui jaunit, et vais finir la glace, de toute façon tout le monde s’en fiche que je sois grosse et grasse et difforme, les mecs ne me regardent même plus et personne ne m’aime et je vais finir seule, seule, seule et Valentin est sûrement très con.

Voilà à quel stade de ma réflexion j’en étais lorsque le téléphone a sonné. 9h du matin, et le téléphone sonne. C’est sûrement ma mère, il n’y a qu’elle pour appeler à cette heure-là un samedi. Et bien elle attendra, car j’ai une vie, moi. (Et surtout, je sais très bien ce qu’elle va se dire : « Ma fille décroche, c’est donc qu’elle est seule, et elle fait semblant d’aller bien, mais en fait je sais car je suis sa mère qu’elle va mal, et je vais aller lui faire une surprise en passant la voir à l’improviste ». Et là, la dernière personne que j’ai envie de voir, c’est ma mère. Il faudrait que je demande à un homme si les pères sont pareils, à débouler avec un grand sourire et beaucoup de bavardages sous prétexte qu’ils imaginent que votre solitude – euh…célibat choisi– vous pèse.).

Répondeur. « Bonjour, vous êtes bien chez moi, et moi suis ailleurs, laissez-moi votre message et je vous rappellerai. A bientôt. Bip bip bip…

-       Ma chérie ma chérie c’est Germaine il faut aaabsoooolumennnnnt que je te parle, rappelle-moi, ou plutôt non, je te rappelle, bisous, bisous…euh..j’espère que t’es bien rentrée et que tu vas bien…bip bip bip

 

Aaaaaarrrrrrrrgggggggghhhhhhhhhh. Elle est censée être morte suite à mes malédictions nocturnes. Je vais la tuer de mes propres mains.

Et soudain, une espèce de conflit intérieur se met en marche. Je suis la proie d’émotions diverses et tout aussi intenses les unes que les autres. Et comme je vous connais TRES bien, mes chères amies, je sais que vous aussi avez un jour connu les mêmes. Ne hochez pas la tête, ce serait mentir. Ne rajoutons pas du mensonge à l’hypocrisie, s’il vous plaît, un peu de décence tout de même.

 

Avouons-le. Un tel message, d’une amie-faux-jeton-garce-obsédée, laissée la veille avec Votre Valentin que vous l’aviez vu la Première, à 9h du matin, implique de se poser et de réfléchir. Parce que, et vous pensez comme moi, si Germaine était encore avec Valentin, elle n’aurait certainement pas appelé aussi tôt. Donc, c’est qu’elle n’est PLUS avec Valentin (rictus de victoire sur votre joli minois). Ou que Valentin dort et qu’elle en profite (rictus désespéré). Ou que Valentin vient de partir ; mais pour quoi faire ? Sûrement parce qu’il est très important, il a une très belle carrière, plein de dossiers à gérer, ou un golf avec des gros clients, et donc il gagne très bien sa vie, donc elle Germaine va passer son temps à faire des trucs supers, et vous appellera pour vous les raconter, et puis vous appellera de moins en moins, et puis plus du tout, et vous resterez vraiment seule, tout ça parce que vous avez mis un pantalon qui vous grossit et que vous avez été trop conne. (pleurs).

A moins qu’elle ne soit en danger. Après tout, on ne sait rien de Valentin. Germaine, elle n’a pas grand chose pour elle, finalement, et il a vu une victime facile, c’est un pervers, et il l’a maltraitée, et maintenant elle est perdue et honteuse, et elle a besoin de vous. (Vous foncez mettre un jean pour sortir au plus vite et aller aider cette pauvre Germaine). (Vous stoppez net. N’importe quoi. Sur le message, elle avait plutôt une bonne voix).

Vous réécoutez le message.

ça, elle a plutôt une bonne voix. Très bonne même. La prochaine fois, elle n’a qu’à téléphoner en plein orgasme. Pauv’fille, un peu plus et vous couriez à son secours alors qu’elle vous appelle pour vous dire qu’elle a fait le grand huit toute la nuit. C’est ré-pu-gnant. (Re pleurs). Non seulement Valentin est juste su-blime, mais en plus, c’est un sacré bon coup. (Oui, on dit ça nous les filles, pas trop fort et en tout petit comité, mais on le dit.) Et vous l’avez laissé filer.

Il faut en avoir le cœur net. Une deuxième écoute du répondeur s’impose. Vous vous ruez sur l’engin responsable de votre drame matinal, renversez au passage votre café qui a refroidit depuis longtemps, poussez un harmonieux « merde merde merde », mais vous verrez ça plus tard, il y a une urgence à régler.

« Ma chérie ma chérie c’est Germaine il faut aaabsoooolumennnnnt que je te parle, rappelle-moi, ou plutôt non, je te rappelle, bisous, bisous…euh..j’espère que t’es bien rentrée et que tu vas bien…bip bip bip »

D’une, elle ne vous a JAMAIS appelée « ma chérie », et de deux, elle est surexcitée. Orgasme évident. Elle va frimer en plus.

De trois, s’il faut attendre qu’elle rappelle, c’est qu’elle est débordée, elle. Pas comme vous. Donc, ils font déjà des projets, avec son Valentin à la noix. ça ne vous intéresse pas du tout. Vous aussi en avez. Pleins. Enormément. Et passionnants en plus.

De quatre, elle a le culot de demander de vos nouvelles. Ça va très bien merci. Très bonne nuit, bien reposée, cool, détendue. Pas de rimmel au réveil qui a foutu le camp après une beeellllle nuit d’amouuuuurrrrr (eurk eurk vous allez vomir), et donc pas à se cacher avec la tête de Morticia sous les draps, genre « je dors ».

De cinq…de cinq, elle a beaucoup de chance.

Beaucoup.

Beaucoup.

C’est pas comme vous.

Et, assise sur votre canapé, le café froid coulant sur un vieux Elle, avant d’aller tâcher la moquette choisie avec maman, dans votre vieux survêt, vous fondez en larmes.

Comme moi, là tout de suite.

Tout ça, à cause d’un pantalon.

Oui, la vie est injuste.

 

Une fois que Germaine a eu l’audace de vous jeter à la figure ses exploits nocturnes, vous vous effondrez. Ce qui est logique. Même Bridget Jones n’a pas vécu de situation aussi dramatique. C’est dire.

L’abattement va durer…le temps nécessaire à vous détendre. Pas plus de trois ou quatre heures, ce qui n’est rien compte tenu du fait que c’est samedi, qu’il pleut, que personne ne vous appelle, que le frigo est vide, et que vous avez du poil aux pattes.

Poil aux pattes.

Poil aux pattes ça vous rappelle quelque chose…

Ce rendez-vous ; ce fameux rendez-vous que vous avez dans …une demi-heure, chez votre esthéticienne. Le but étant de passer de yéti à peau de satin. Et le rendez-vous, vous deviez y aller avec … Germaine. Ce qui veut donc dire que…eheheh…Germaine était Yéti lorsque dans les bras de Valentin elle passa la nuit (la rime est importante, car votre joie vous rend lyrique).

Moment de pause.

Vous êtes envahie par une vague, que dis-je, un tsunami de pitié à l’encontre (et toc, ma pauvre vieille) de Germaine. Comme cela a du être dur pour elle.

Oh, vous imaginez la scène d’ici, enfin, de votre canapé.

Germaine, au bras de Valentin, la tête sur son épaule, ses yeux cherchant les siens (à lui), la bouche en cul de poule version « embrasse moi s’il te plait parce que là j’en peuuuuux pluuuuus de désir contenu », arrivant enfin dans son appartement, prête à lui jouer le grand jeu.

Sauf que Germaine, le grand jeu, elle ne l’a jamais joué. Vous le savez très bien, vous êtes sa confidente. Et les images se mettent à défiler, comme un film, une série américaine quelconque…jusqu’à ce moment, délicieux, où, l’un contre l’autre, ils pourraient tenter des ébats divers et variés. Sauf que Germaine, c’est pas des jambes qu’elle a, c’est des râpes à fromage. Et par pudeur, je ne vous parle pas du reste. Quand je dis râpe à fromage, je suis sympa. En fait, Cheeta l’envie, parce que Germaine, ses poils, elle pourrait faire des tresses avec.

Et voilà comment on casse son personnage.

Alors Valentin, au pire, aura fait le mec qui s’endort comme une masse. Et au mieux, il aura fait pareil.

Pauvre Germaine. Ça vous fait beaucoup de peine pour elle. Beaucoup. Vous, jamais vous ne vous seriez retrouvée dans une telle situation. Vous vous sentez très bien, d’un coup. Finalement, ce survêt est pas mal, dans le style décontracté. Et votre chat est trop mignon. Et votre ficus va très bien. Et vous adorez votre mère.

Votre téléphone sonne…

-       Allo c’est Germaine…

-       Oui ma belle ?? ça va, bonne fin de soirée ?

-       Oui, oui. Je te raconterai, mais pas là…dis moi…t’as quelque chose de prévu ce soir ? ça te dirait un apéro en fin de journée, Avec Valentin et moi ? Je ne l’ai pas vu depuis ce matin, mais il vient de me le proposer, par sms. Alors ?

-       Euh…(qui doit marquer votre hésitation)…oui, pourquoi pas…c’est gentil.

Sourire.

Il est temps d’aller chez l’esthéticienne.

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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