Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

Et voilà, comme toutes les meilleures choses ont une fin, Phéromones s'est achevé. 
Je sais, c'est dur. 
Aussi, si vous êtes sage, une saison 4 peut être imaginée. 
Allez savoir...

 
Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 11:28
24HLes semaines, les mois ont passé.

C’est beau de commencer comme ça. Entièrement faux, mais beau. En fait, mes amours avortées avec Valentin (lire la phrase en faisant attention aux liaisons s’il vous plait) ont pris fin il ya trois jours. Assez récemment, sommes toutes. Il m’a fallu une journée entière pour me calmer. Une nouvelle soirée pour calmer Germaine. Et une autre journée pour oublier l’objet de mes tourments. (Oui, je suis lyrique. Je le suis toujours quand j’exagère : il faut tout de même minimiser lesdits tourments. Et avouer que je n’ai pas totalement oublié Valentin.)

 

Germaine, je ne l’ai pas appelée. C’est elle qui m’a telephoné. Elle se demandait si je savais qui pouvait être cette fille avec qui Valentin avait passé la soirée, si bonne soirée qu’au final, elle, Germaine, avait été larguée. J’ai fait un peu d’acrobatie verbale, commençant par énoncer une vérité évidente : “Mais comment le saurais-je? Je ne connais pas Valentin (ou presque pas), je ne sais pas où il sort (ou pratiquement pas), je n’ai aucune nouvelle de lui (ce qui est techniquement vrai, si on rajoute : depuis hier)”. J’ai continué par un minuscule tout petit mensonge de rien du tout : “Non, là, aucune idée ma pauvre Germaine” (Il faut que j’arrête de dire ma pauvre Germaine tout le temps, ça va sortir devant elle un jour). J’ai fini avec un discours assez rassurant “De toutes les manières, elle doit être complètement stupide, limite vulgaire en plus. Franchement, faut être con pour se laisser séduire aussi vite, surtout par Valentin.”

C’est là que Germaine m’a raccroché au nez. Ça va lui passer, je la connais. Elle va sans doute pleurer encore, un peu, beaucoup (bon, c’est vrai, j’ai gaffé à dire qu’il faut être con pour tomber amoureuse de Valentin, mais d’un autre côté, on aurait pu en dire autant pour moi. Sauf que ça, je ne peux pas le dire à Germaine. Emma, t’es encore dans de beaux draps.)

 

Et puis, avec ses poids, ses douleurs et ses souffrances, la vie continue. (Lyrique ET philosophe, la fille).

Je vais être très franche, elle a repris la vie, comme une invitation à dîner. Je vous la fais en bref. Un mec, du bureau. Banal quoi. Et bien, pourquoi de cette banalité étrangement non surprenante ne naitrait pas une belle histoire d’amour? Il y a bien des gens qui se rencontrent en allant faire leurs courses au rayon plats tout prêts pour une personne. Alors le bureau, c’est pas pire.

 

En tout cas, Gaston (je lui ai attribué ce surnom par souci d’anonymat, vous noterez ma discretion), je lui plais beaucoup. A la manière dont il me regarde au resto d’entreprise (oui, c’est glamour, je sais ça fait rêver, la nana avec son plateau repas et ses carottes râpées – yaourt allegé), ça fait même un bail que ça dure.

 

Et Gaston, ce matin, entre la machine à café et l’ascenseur, il s’est jeté à l’eau. Invitation à diner, en bonne et due forme. Vérification de dernière minute avant d’accepter : les chaussettes ne sont pas blanches, les mains sont propres, les ongles ne sont pas rongés, le costume est classique mais bien coupé, il a mis tous les mots dans le bon ordre pour faire une belle phrase, ses yeux ne sont pas bleus mais pas moches, et sa voix est plutôt belle. Pas de quoi être atomisée, mais plutôt belle. Et moi, je suis très très malheureuse, donc, ok pour le diner, ça me changera les idées. En plus, il m’a même laissée choisir le restaurant. Plus exactement, il m’en a propose trois, et j’ai eu à choisir. Et même s’il avait l’air de se pâmer en attendant que je réponde, il n’était pas particulièrement hésitant.

J’ai choisi un bouchon lyonnais, comme restaurant. Juste pour voir sa tête. Le QCM proposait un lieu hyper tendance (mais comme déjà dit, brailler à l’autre ce qu’on a à lui dire en sachant pertinement que ce sera couvert par une musique asssourdissante, c’est pas mon truc), un italien (ce qui m’a semble d’entrée trop romantique tout de même), et le bouchon lyonnais. Très bien le bouchon. D’ailleurs, je crève la dalle. Avec toutes ces émotions, je n’aI presque rien avalé depuis deux jours, forcément ça creuse. Et comme j’y vais sans idées préconçues, à ce diner, je pourrai manger tout ce que je veux.

 

Il m’attendra à 19h, devant le bureau. Enfin, au coin de la rue, parce que pas non plus envie que tout le monde le sache dès demain. La rumeur va plus vite qu’un mauvais courant d’air. Méfions nous des jaloux, on ne sait jamais. On va aller boire un verre, et ensuite, diner. Ce coup-ci, je prendrai un Perrier, en apéro. Je n’ai pas l’intention de replonger dans un fromage quelconque, j’ai donné, merci pour elle. Et puis, j’ai ma reputation. Il s’agit d’un collègue de travail, faut pas déconner Emma. Même si ce n’est pas purement professionnel, je vais éviter le ridicule (qui ne tue pas, mais laisse de sacrées traces).

 

Enfin, voilà, c’est pas grand chose, juste un diner, avec un collègue, sympa, plutôt pas moche, plutôt pas méchant. Sans risque. Sans espoir. Sans ambiguité. En toute amitié.

 

Je vais quand même vérifier mon maquillage. On ne sait jamais.

 

To be continued.

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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