Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

LA SAISON 3  A COMMENCE DIMANCHE 21 FEVRIER
A SUIVRE ICI ET SUR LE BLOG DE VALENTIN, VOUS VOUS EN DOUTEZ
ET C'EST : "PHEROMONES"...


 
Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 11:05
24H

(Previously, in my 24 hours, pppffffff, on a perdu Germaine. Enfin, elle a disparu. On a cherché partout, on n’a rien trouvé du tout, on a renoncé, et puis au réveil, on a recommencé, on n’a rien trouvé. Moi si, j’ai trouvé quelque chose…je cherchais Valentin. Et là, que vois-je? Cathy, en train d’embrasser quelqu’un…et je suis sûre que c’est Valentin …)

 

Je démissionne.

J’étais sérieusement prête à renoncer à tout, veaux, vaches, cochons, luxe, calme et volupté (euh, je corrige, pour la volupté, j’étais pas prête, faut pas non plus exagérer).

Et à mes principes.

Mes pauvres principes, déjà bien piétinés, il faut le reconnaître.

 

J’étais prête à dire à Gaston “Va, je ne te hais point”, la main sur le front et le geste large (de l’intérêt d’avoir deux bras), à presque même reconnaître mes erreurs passées et mes envies présentes.

 

Et à me consacrer à Valentin.

 

Mais là, glups.

 

Cathy, en train de rouler la plus grosse galoche qu’il m’ait été donné de voir. Et même si je la vois, elle, et un arbre, j’imagine bien que c’est pas l’écorce qu’elle semble avaler goûlument.

 

C’est hyper dur.

Presquer autant que ma bosse.

Alors, je renonce.

Adieu Valentin.

 

Oh, et puis non, pas adieu.

C’est un peu simple, ça, quand même. Bon, ok, le baiser dans la tour, je veux bien, c’était accidentel, on n’aurait du être là ni l’un ni l’autre, et voilà, on a glissé, très bien, admettons, erreur de parcours. Mais hier, qui m’a appelée? Qui est venu dans ma chambre? Qui a tenté de mettre à mal ma vertu et ma fierté en m’arrachant sans crainte mon haut de pyjama? Qui m’a avalé la bouche comme un mérou affamé? Le pape peut-être?

 

Et tout ça quasiment sous le nez de Valentine?

Et qui a fini par se cacher sous MON lit?

 

Valentin, tu vas voir un peu, c’est pas permis un comportement pareil, je vais t’arracher ce qui te sers de décoration prétentieuse, vu que t’es même pas capable de t’en servir, et te les faire bouffer, l’une après l’autre, et sans sauce, mon pote.

 

Et d’un pas décidé, je fonce vers Cathy, l’arbre, et l’individu sus nommé. (L’utilisation du terme “sus” ici est sans rapport avec les éléments sus cités, comprenne qui voudra).

 

Merde me suis gourrée. C’est pas Valentin. C’est Fabrizio.

Oups ohlala.

Bravo Emma, t’es fine, super fine même.

Ayayayahé.

 

Mais c’est mal connaître Emma que de l’imaginer dans l’embarras.

 

Cathy. Ben tiens, tu vas prendre pour tout le monde, puisque t’es là.

 

Cathy…Cathy espèce de garce…mais regarde toi…t’es à moitié à poil, tu te contorsionnes comme une anguille autour du napolitain qui ressemble à rien, t’as fait ta mijorée, t’as détourné ma copine d’une heureuse hétérosexualité….

 

Ouh ben flûte, j’ai pas eu le temps de les coincer, les voilà qui se tiennent et se mettent à courir, et ça a l’air drôlement urgent, et même ils foncent vers le château. Les cochons.

 

Comme ils ne m’ont pas vus, autant courir derrière eux.

 

Pppppffff, vraiment épuisant ce week-end.

 

 

Bon.

Alors comme ils couraient comme des lapins (et étant donné leur objectif clairement avoué, je peux utiliser la métaphore), ils ont réussi à rentrer dans la baraque avant moi.

Mais finaude que je suis, j’ai pu les rattraper. Et les attraper. Dans le hall. Alors qu’ils allaient grimper l’escalier.

 

Ahahah!!! Ais-je crié.

 

Ça les a cloués sur place.

Genre film avec arrêt sur image. Hop. Stop. Plus de mouvement. Plus de son juste une image.

Et là, telle Diane chasseresse, je me suis avancée vers eux, majestueuse, j’ai chopé Cathy par le colbac, comme dans les films avec Ventura, et j’ai dit, j’ai dit…attention…vous n’allez pas le croire…j’ai dit : “Salope. “

 

Voilà.

C’est clair, non?

 

Salope. Salope, garce obsédée, lesbienne à deux balles, pauvre nympho, Germaine a disparu corps et âme, on est tous morts de trouille, et toi, tu penses qu’à te faire grimper par un spaghetti freluquet avec la chemise ouverte et ses poils qui dégoulinent de partout? C’est répugnant beurk je vais vomir, oui Madame, je vais te vomir sur tes grands pieds pourris.

 

Je sais pas pourquoi j’ai dit grands pieds pourris, mais je savais pas quoi dire de plus.

 

Et là, devant moi, Cathy se décompose.

 

Emma…oh Emma… Mais regarde, regarde un peu…tout fout le camp dans ma vie, à commencer par Germaine, elle est partie, elle m’a quittée, je suis abandonnée et seule et fragile (oui, faut pas en rajouter là ma grosse), elle est partie car rien n’allait plus entre nous. Ce week-end, c’était mon idée, pour recoller les morceaux, mais une bien mauvaise idée, et me voilà seule, et toi tu es avec mon ex, et jamais plus je ne serais aimée, et Fabrizio voulait juste me donner un peu de tendresse, je me suis laissée débordée, c’est tellement nul, je suis nulle, et toi tu es là, et Germaine Germaine parfois, enfin parfois, elle parlait de toi, et je comprends, je sais qu’elle a des sentiments pour toi (oui, merci, pas la peine de remettre le sujet sur le tapis, ça serait cool).

 

Là, pendant la loghorrée de Cathy, Fabrizio a été très courageux. Avec une version très masculine du courage si vous voyez ce que je veux dire.

 

Nous, en tout cas, on ne le voyait plus.

Je ne sais pas où il avait fichu le camp, mais hop, à peine la furie Cathy s’est elle déchaînée, entre cris et larmes, que plus de Fabrizio.

 

C’est un truc que j’aime chez les hommes; ils savent toujours affronter les situations clairement et franchement, et s’imposer quand tout va à vau-l’eau. Non, vraiment, je suis hyper admirative.

 

Enfin, bref, plus de Fabrizio, une Cathy en larme et en rade accrochée à moi, Emma, Emma, que vais-je devenir, j’ai besoin d’amour, et toi tu es si belle et…(euh, Cathy, non non, je ne suis pas belle), et si douce, (non, là, non plus, pas douce Emma, pas du tout, regarde je suis une tigresse, gggggrrrrrrr), et oui, Germaine a raison, c’est avec toi que je devrais être (elle a disjoncté), embrasse-moi, embrasse-moi

 

Ça va pas non?

 

CA VA PAS NON????

 

Après l’avoir pensé, je l’ai crié. Très très fort. Elle est totalement siphonnée cette fille.

 

JE NE SUIS PAS LESBIENNE. JE N’AI RIEN CONTRE, MAIS NON MERCI. LACHE MOI AVANT QUE JE CRIE, LACHE MOI, COMPRIS, BAHHHHH.

 

Le bahhhh n’était pas utile, mais moi, j’en peux plus.

Marre des homos qui m’aiment et me veulent. C’est chiant, franchement.

 

Débrouillez-vous entre vous, moi, je bouge plus, vous me gonflez sérieusement.

Merde.

Merde et merde même.

 

Et Cathy m’a lachée.

Elle m’a regardée, une dernière fois.

Elle a baissé les yeux.

Elle a refermé les boutons de sa chemise.

 

Et s’est éloignée.

Je l’ai regardée disparaître dans le grand escalier, solennel et pompeux.

J’ai tenté de remettre de l’ordre dans mes cheveux. Après la course dans le parc et la scène de la nouvelle Gay 2010, c’était coupe “coup de vent breton”…

 

J’arrangeais mes vêtements, totalement en désordre, quand j’ai entendu du bruit derrière moi. Très urbaine, comme à mon habitude, je me suis retournée.

 

Emma…Emma, ne me dis pas…je viens de voir Fabrizio sortir…et toi…dans quelle tenue es-tu? Oh Emma…non, comment as-tu pu me faire ça?

 

Je voudrais être morte.

C’est le pompon.

Il me croira jamais.

 

Valentin….c’est pas ce que tu crois…ohhh merde….

 

To be continued


Et Valentin.... 

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 08:31
24H

RESUME DE TOUS LES EPISODES PRECEDENTS
(CE QUI NE VOUS DISPENSE EN RIEN DE LES LIRE, L'IMPORTANT EST DANS LES DETAILS BIEN SUR)

Franchement, c’est compliqué.

Je me mets à votre place.

Vous vous dites : tiens, les deux rigolos, ils vont encore écrire des textes sur leur trépidante vie, Emma va encore arroser son ficus en se demandant comment survivre dans ce monde de brutes, Valentin va encore essayer de rester fidèle parce que oui oui il aime Valentine, mais bon, d’un autre coté, si y’a des tentations, c’est pas  sa faute non plus…

 

Et là, bêtement, ça se complique.

 

Ausi, entre le 9 et le 10 et pour s’y remettre un peu, ou s’en remettre, un petit résumé…

 

ATTENTION  :

Tout commence avec Germaine (et oui, c’est comme ça, c’est la meilleure amie d’Emma, et c’est d’elle que tout vient) qui invite tous ses supers meilleurs amis qu’elle adore à un week –end en Bretagne, pour fêter l’Amouuuurrrr.

Et l’Amour avec qui? Avec Cathy, l’ex femme de Gaston.

Gaston qui partage maintenant la vie d’Emma.

Valentin et Valentine sont toujours ensemble.

Emma a de plus une squatteuse pas très cool chez elle, sa soeur, Pauline, une blonde à gros seins (ça fait un peu caricature, mais c’est pas de ma faute).

 

Gaston commence par refuser d’aller à ce week-end.

Emma se doute que Valentin y sera.

Elle se débrouille pour lui faire savoir qu’elle n’ira pas.

Valentine ne veut pas non plus aller au week-end. Valentin se doute qu’Emma y sera. Il se débrouille pour lui faire savoir qu’il n’y ira pas.

Et tout irait bien si Gaston et Valentine n’avaient pas changé d’avis (comme quoi, lorsqu’ Emma et Valentin crient : c’est pas notre faute, on peut presque essayer de les croire).

 

Surtout qu’ils vont de voir le crier, très fort : à peine arrivés dans le château breton où le week-end est organisé, sans savoir les uns les autres que les uns les autres sont là, ils se croisent inopinément dans un escalier, alors que les lieux sont plongés dans le noir (une blague d’EDF sans doute), et lorsque la lumière revient, Valentin a la main posée sur le sein d’Emma. Sans savoir que c’est son sein. Sans qu’Emma sache à qui est la main.

 

Il n’en faut pa splus pour réveiller la colère de Gaston et la jalousie de Valentine.

(Les gens s’agacent d’un rien tout de même)

 

Bon, alors là, en gros, disputes, cris, pleurs larmes, bref des trucs de filles et de garçons pas contents, ça s’énerve et se bouscule et rien ne va déjà plus.

 

D’autant qu’au milieu de tout ça, un incongru personnage entre en scène, un Beau Gosse italien, Fabrizio, qui a l’effet d’un aimant sur la gente féminine.

Pas trop sur Emma, l’aimant d’Emma qu’elle voudrait pour amant (c’est pas joli cette formule, hein??) c’est Valentin.

 

Toujours est-il que nos deux pas tourtereaux, fuyant la vindicte de leurs conjoints respectifs, se retrouvent par hasard au sommet d’une tour. Beaucoup moins désespérés que Romeo et Juliette, ils optent pour des baisers langoureux sous la lune (c’est beau, c’est romantique…)

 

C’est romantique, ce qui n’est pas le cas de tout le monde: Emma se doute que Gaston galope derrière Pauline, Valentin les surprend carrément, mais, gentleman, ne dit rien, Emma, de plus, voit Valentine se faire courtiser sans fuir par Fabrizio…

 

Et le week-end ne faisait que commencer.

 

Samedi : super génial on est content d’être là, un grand jeu de piste est prévu pour l’après-midi.

Emma se retrouve en équipe avec Germaine et un inconnu qui n’a aucun intérêt dans cette histoire. Et Germaine lui déclare sa flemme. Pour elle; Enfin pour Emma. Bref Germaine dit a Emma : je t’aime.

Et Emma tombe.

Bien sûr.

Elle tombe tout le temps de toutes façons.

 

Valentin, lui, est avec Cathy et Pauline.

Et seul. Parce que contrairement à ses souhaits et fantasmes les plus exacerbés, Cathy et Pauline, c’est une affaire qui roule.

 

Gaston soupçonne Emma de le tromper avec Valentin. Valentine a le même type de soupçons.

Et Valentin a un choc : rentrant dans sa chambre, il trouve un (oh beurk c’est dégoutant…) préservatif usagé don’t il n’a pas été l’heureux propriétaire.

 

Bon, avec tout ça, c’est déjà l’heure du dîner.

Emma se remet à coups de mojitos de la déclaration de Germaine et des soupçons de Gaston.

Valentin tergiverse sur le propriétaire de ladite capote.

Emma se remet beaucoup beaucoup et tellement que, alors qu’on apporte une pièce montée, symbôle de tout cet amour entre Germaine et Cathy, elle atterit dedans (elle change pas, elle tombe vraiment tout el temps, Emma)

 

A son réveil, pas de Gaston.

(Mais Valentin le finaud l’a aperçu avec Pauline, dénommée, par le même Valentin “la cochonne”)

Pas de Gaston, mais un appel de Valentin, très inquiet, comment ça va etc etc etc…Emma n’a pas le temps de répondre.

Une main belliqueuse et armée s’abat sur elle et l’envoie non pas ad patres, ça aurait trop raccourcit l’histoire, mais dans un champ de pommes.

A son réveil, toujours pas de Gaston. Mais Valentin, qui, ayant entendu la chute s’est précipitement précipité.

 

En gros : il est tard, ils sont sur un lit, tous les deux, seuls….je vous fais un dessin?

Sauf que ça n’ira pas bien loin : sans prévenir, sans s’annoncer, Cathy entre dan sla chambre; Germaine a disparu.

 

Et malgrè des recherches noctures compliquées de remords,  de doutes et d’interrogations, Germaine reste introuvable.

 

To be continued

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 10:53

24H

(Previously, in my 24 hours, je sais plus bien, étant donné que j’ai mal au crâne comme jamais, une bosse énorme, un chevalier servant caché sous le lit, et Cathy qui m’annonce que mon amie, Germaine, a disparu…)

 

Je suis pas d’un naturel à m’affoler. Je suis même l’incarnation de la zénitude  (je le sais, sur Facebook suis au max de points zen, alors si ça c’est pas un signe…).

Mais quand même, parfois, sans être exigeante, j’aimerais bien avoir droit à des moments un peu tranquilles.  Juste comme ça, pour voir.

 

Germaine a disparu.

Là, c’est la merde.

 

Cathy s’effondre sur le lit, les bras en croix, telle le gisant. J’entends “aïe”. C’est Valentin, sans doute, qui a du réussir à glisser sous le sommier. Il a peut-être été attaqué par un vieux ressort, ou un truc du genre, ces vieux sommiers c’est pas fiable…Valentin…Oh mon Val…oui, c’est pas le moment, je suis d’accord.

 

Cathy n’a rien entendu.

Juste, elle pleure.

Je la prendrais bien dans mes bras pour la consoler, mais suis à moitié à poil, ça pourrait lui faire croire que…Oh non, non, suis toujours pas homo, et pas prête de le devenir, moi.

 

Allez Cathy, on se ressaisit. Germaine ne doit pas être loin. On va la chercher, et on va la retrouver, Germaine. Le temps de me mettre quelque chose sur le dos, et haut les coeurs, partons en expédition, il faut sauver le soldat Germaine.

 

Je saisis Cathy par le bras, l’entraîne au dehors, lui dit que si elle a l’intention d’allumer sa lampe de poche, ça serait pas mal pratique pour y voir quelque chose, enfin, elle fait comme elle veut, mais dans le noir, pas certain qu’on arrive à quoique ce soit, et prie très silencieusement pour que Valentin ne se fasse choper, en sortant de la chambre, ni par Valentine, ni par Fabrizio, ni par Gaston, ni par Pauline…Gaston et Pauline…Gaston…Où il est passé d’ailleurs celui-là? Parce que dans mes souvenirs, d’accord, Germaine a disparu, mais avant ça, Valentin m’avait dit un truc. Enfin, avant que je ne me fasse assomer.

 

Il me semble qu’une ou deux bricoles ne tournent pas rond depuis qu’on est arrivé en Bretagne.

J’avais entendu vaguement parler de ces légendes concernant des fantômes, ou des trolls, ou de la sorcellerie, ou je sais plus bien quoi, enfin, des choses bizarres qui n’arrivent qu’ici, en Bretagne.

Je n’avais pas demandé de preuves.

 

Et franchement, là, c’est le bordel.

 

Reprenons calmement. Et puis, faut bien que j’occupe mes pensées, pendant que je galope derrière Cathy qui pousse des “Germaine, Germaine”, dans tous les sens, comme une maman cherche ses petits dans un supermarché.

 

Alors je suis arrivée avec Gaston et Pauline, ou plutôt avec Gaston mon copain qui drague Pauline ma soeur, pour fêter l’amour fou des goudous entre Cathy, l’ex de Gaston, et Germaine, ma meilleure amie, qui a des doutes sur la fidélité de Cathy, qui tournerait autour du rital, qui lui-même s’est tapé ma soeur, à moins que ça ne soit elle qui lui ait forcé la main, pendant que Valentine, ayant le dos tourné, laisse Valentin grimper dans des tours où je me trouve, ou venir me rejoindre dans ma chambre, où ne se trouve pas Gaston, et finit par m’embrasser, parce que de toute évidence, on ne peut pas s’en empêcher.

 

Pas de quoi chercher du poil aux oeufs, c’est très simple.

 

En fait, le problème est quand même que Gaston, je sais pas du tout où il était pendant que Valentin était avec moi, que quand même, ça ne se fait pas d’abandonner comme ça la femme qu’on dit aimer, et que Valentin, entre vous et moi, si éventuellement on avait l’occasion de faire un peu plus que s’embrasser, éventuellement, suis pas contre du tout.

Ne serait-ce que d’un point de vue expérimental, voir si ça colle.

 

En attandant, on continue de chercher.

Par mesure de précaution, je décide de surtout ne pas aller dans le parc, endroit sombre et austère aux pièges nombreux et incontournables, genre racines d’arbres, fossés, mottes de terre…Enfin, tous ces trucs qui pourraient avoir tendance à me propulser vers le sol. Côté chutes, j’ai mon lot pour la journée, pas la peine de chercher les embrouilles.

 

Et puis ohlala c’est qu’il y a des douves, si vous voyez ce que je veux dire. Avec de l’eau dedans, ou plutôt de la gadoue, un marécahe affreux en somme. Et l’option bain de boue n’est pa sprévue dans mon programme.

Et puis vous dire “c’est là que je suis tombée” ça commence un tantiner à me lasser. Vous, ça vous fait peut-être marrer, mais moi, pas du tout.

 

Tout le monde se croise, jamais la bonne paire ensemble, au jeu des sept familles on serait franchement nul.

Ah si. À un moment j’ai failli avoir une bonne paire. Mais en entendant les voix, j’ai préféré faire demi-tour, entraînant Cathy dans un sombre couloir, même j’ai eu un peu la trouille qu’elle se dise que je profitais de la disparition de Germaine pour m’en prendre  à son corps, mais non, elle ne s’est rien dit, elle reniflait c’est tout.

 

Les voix, bien sûr, c’était Valentin et Valentine. Valentine demandant à Valentin où il était. Si elle veut, je peux répondre : Il était avec moi, on s’est embrassé comme des bêtes, et on s’est arraché nos pyjamas, en tout cas une partie, on aurait bien fait plus, moi finalement ses mains sur mes seins, suis plutôt vachement pour, mais Cathy a déboulé, alors comme d’habitude et une fois de plus, on a du s’interrompre, et tu sais Valentine, ça serait pas ton mec, je te dirais volontiers que Valentin, là tout de suite maintenant, c’est comme il veut quand il veut.”.

Mais j’ai rien dit.

Discrète Emma.

Tout dans la mesure.

 

Petit à petit on s’est tous regroupés, mais sans le vouloir, comme si une force centrifuge nous avait ramenés dans le hall du château.

Franchement j’en avait marre, dormir un peu commençait à me plaire pas mal comme futur proche, voire même immédiat.

Cathy était au bord de la crise de nerfs.

Et Valentin a eu une idée.

 

Il est génial Valentin. Je le savais, mais là…non, franchement, il est brillant, magistral, lumineux, clair, rassurant…Quoi? Si, je suis lucide. Parfaitement. Après une cuite et avoir été assomée, suis au mieux de ma forme.

Valentin a suggéré de vérifier si, par hasard, Germaine n’aurait pas pris des affaires, genre départ volontaire sans prévenir personne.

 

Cathy fonce vérifier, je me pose, les autres se posent, elle revient, on se relève, il n’y a plus ni le manteau, ni le téléphone, ni le sac à main de Germaine.

Elle n’a pas disparu. Elle est partie. Comme ça. Sans au revoir, sans adieu, sans mot, sans explication. P*****, c’est durail pour Cathy ça.

 

C’est durail mais rassurant. Aucun loup n’est en train de dévorer sa dépouille au fond du parc, aucun monstre sanguinaire, satyre et sauvage, n’abuse de son corps démuni et désarmé dans les bois obscurs. Moi, je me dis, allons dormir.

 

En plus j’ai quand même super mal au crâne, et là tout le monde s’en fiche, enfin, personne n’est au courant, j’ai pas eu le temps de le dire, mais je rappelle quand même que je me suis faite assommée par derrière et par un chandelier (on soulignera l’élégante figure de style, appelée “zeugma” pour ceux qui ne savent pas), que je ne sais pas qui est l’abruti qui a voulu jouer au Cluedo sur ma modeste personne, mais que moi, la moutarde du colonel, elle va finir par me monter au nez si tout le monde se désintéresse de mon sort. Non mais quand même.

 

En plus, et là aussi personne n’y prête attention, mais j’en ai deux à l’oeil, c’est Gaston et Pauline. Gaston et Pauline qui, subitement, comme par magie, on réapparus. Pas ensemble, bien sûr. Pas fous, non plus. Infidèles, sans aucun respect de la famille et des convenances, mais pas fous. Et bien, de moi, je dirais : “Pas folle la guêpe”. Parce que en y réfléchissant bien, je commence à penser que le Fabrizio – sara perche ti amo -  c’était juste une manoeuvre de la part de Pauline, genre je fais diversion, le Fabrizio donc, il n’a jamais été plus loin qu’un baiser, avec Pauline, en tout cas.

 

Et que Gaston, et bien Gaston, il fait vraiment tout pour s’envoyer ma soeur qui ne fait rien pour le décourager.

C’est écoeurant quand même.

En famille.

Beurk.

 

Et puis faut que je vous dise, je suis quand même inquiète.

Je joue les dures, là, les tendues à cause de sujets super graves, comme : qui a osé s’en prendre à mon crâne? Ma soeur se tape t’elle mon mec? Vais-je me taper Valentin?…Bon, des sujets qui font réfléchir, faut l’avouer.

 

Reste quand même que Germaine est introuvable.

Et que, admettons qu’elle soit volontairement partie, et pas kidnappée par un kidnappeur trop malin qui aurait pris ses affaires pour faire croire qu’elle est volontairement partie (oui, je sais, ici le style est un peu lourd, mais moi suis épuisée, alors les efforts et les tournures et les jolies phrases, ça attendra demain, ne vous déplaise), pourquoi serait-elle partie?

 

Elle allait prononcer ses voeux d’amour gloire et beauté, des mots qui font rêver, avec Cathy, et hop, elle se volatilise. C’est strange, comme dirait la fille de ma collègue. Le fait que j’ai accidentellement détruit la pièce montée ne justifie pas de lever le camp sans tambour ni trompette.

Sauf si…sauf si…Fabrizio n’étant qu’un prétexte pour Pauline…et Cathy le zyeutant grave de chez grave…en fait, voilà, c’est clair…

 

Germaine a coincé la mangeuse d’abricots (j’ai le vocabulaire qui s’est nettement élargi côté homo, moi) en train de se faire un capuccino avec le rital et je le reste et dans le coeur et dans le geste, si vous voyez ce que je veux dire, elle a pleuré, normal, elle a réagi, moins normal la connaissant, et elle s’est tirée.

 

Et Cathy ne peut rien avouer.

Et elle est super emmerdée.

Donc elle nous fait croire que MON AMIE (parce que là je commence à être en colère) a disparu.

Et nous gave avec sa chasse à la femme.

 

Et bien moi, je vais dormir.

Voilà.

Demain, j’appelerai Germaine. Elle a pris son téléphone, elle est donc joignable, désespérée mais joignable, et moi, j’en peux plus.

Alors salut la compagnie, bonne nuit, et à demain.

 

 

 

On est déjà demain.

C’est fou comme le temps passe vite quand on est occupé.

 

Je ne vous raconte pas nos têtes au petit dej, un remix de Thriller, c’est super glam.

Pour couronner le tout, Cathy, parfaite, digne et majestueuse (j’en rajoute un peu, mais bon, c’est pour mettre un peu de mélo dramatique dans cette histoire), en Morticcia bretonne, git dans une chaise longue, toute de noire vêtue.

 

De mon côté, je vais vous sembler un peu égoïste, mais le départ de Germaine m’arrange. Parce que pendant que tout le monde tergiverse, l’activité très amusante qui était prévue si tout s’était normalement déroulé, sans mélange de couples, chutes, coups de chandeliers (je vous signale que depuis hier soir tout le monde se fout toujours de mon sort), départ précipité…, bref, l’activité prévue était une visite guidée de la cité médiévale.

Et moi, là, l’idée d’aller me coltiner des vieilles pierres, ça ne me botte pas du tout.

 

En principe je suis plutôt du genre OK pour les activités de groupes, mais on va dire que toute activité de groupe, ou même simplement en binome, ce week-end, ne me tente absolument plus du tout.

Sauf si mon binome est Valentin.

Mais j’ai pas le droit de le dire.

 

Quoiqu’il en soit, on est tous là, tous dans le paté, Morticcia gémit et pleure le départ de sa bien-aimée, quelle faux-cul celle-là, et soudain, alors que j’avale mon café, crie “On y retourner!”.

On retourne où? Hein? À votre avis?

 

Chercher Germaine, bien sûr.

Ben voyons suis-je bête.

C’est vrai que chercher qui aurait pu m’en vouloir au point de me fracasser un chandelier sur le crâne, ça serait vraiment idiot comme idée.

 

En revanche, se préoccuper de Germaine, qui a préféré partir plutôt que l’ignominie et le déshonneur dus à la tromperie de Cathy, ça c’est vital.

 

Ppppffffffff.

 

D’un autre côté, c’est plutôt pas mal.

On ne se fade pas les ruines bretonnes.

On se disperse.

Tous.

Chacun séparément.

Ce qui veut dire…que je vais avoir un peu de temps libre.

Pour moi.

Pour retrouver Valentin. Inopinément sans l’avoir cherché bien sûr. Fortuitement (ça fait quelques temps que je veux placer fortuitement, et je n’y arrivais pas, là ça me semble plutôt bien).

 

Voilà. Je m’éloigne, discrètement, mais pas à reculons, me connaissant c’est dangereux, je perds tout le monde de vue, et tout le monde fait de même avec moi.

 

Valentin, où es-tu, je crois que tu es là, je viens vers toi, pour te dire que là, franchement, j’en peux plus, vas-y prends moi…(Je sais, ça ne se dit pas, mais euh, à ma place et plutôt que de sécher une fois de plus sur place, vous feriez quoi, vous? Allez, j’voudrais bien vous y voir…et voilà, y’a plus personne pour frimer, c’est bien ce que je pensais.)

 

Valentin, me voici, je suis toute à toi…

 

 

C’est quoi encore ce bruit?

Oh si, je sais très bien ce que c’est.

C’est le bruit d’un long et langoureux baiser.

Oui.

Comme je vous le dis.

Très long et très langoureux et très humide.

 

Le bruit vient juste de là où j’ai cru voir Valentin.

Oup’s.

Ça, ça serait pas cool que je le trouve en train d’embrasser Valentine.

Pas cool du tout. Je dirais pardon m’sieur-dame, je ferais demi-tour, je m’en irais la gorge nouée…

Dites-moi que je me trompe.

Allez, dites-le, soyez cool.

 

Je me trompe.

 

Celle que je vois, là, juste devant moi, embrassant quelqu’un caché derrière un arbre (ah le lâche!), c’est Cathy.

 

To be continued


Et que se dit Valentin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 17:19
16.jpg

Méfiez-vous de votre placard….

J’avoue, c’est beaucoup moins joli, et sacrément moins drôle, comme titre de roman. Ce qui tombe bien, c’est que le titre n’a pas été écrit par moi, mais par Luc Doyelle, connu comme Lucius von Lucius.

Et ce qui est certain, c’est que son livre de ne manque pas d’humour.

Voyages dans le temps au coeur d’un placard, flash back d’émotions, un passé qui agit sur le présent, sur le futur…Imagination talentueuse et burlesque, situations cocasses, si proches du réel qu’on ne sait plus où le réel se trouve, métaphores neologismes, vérités démasquées, n’empêchant pas certaines douleurs du présent, que Lucius cherche à vaincre, d’être toujours bien présentes.

Il raconte son monde, si personnel, si inventif, si convivial, avec une générosité, une tendresse, un amour sans faille pour sa famille, et un amusement infinis. Il nous y entraîne, et nous le suivons bien volontiers. Sourires, fou-rires, si on a la larme à l’œil parfois, il est difficile de dire si c’est d’émotion ou de joie.

Un livre à imposer en urgence comme traitement anti morosité.

Luc Doyelle, créateur de l’anti-dépresseur que les merles vous apportent.

 

C'est au pied du mur qu'on mange des merles
Luc Doyelle
Ed. Laura Mare 

 

 

 


 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 17:19
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Méfiez-vous de votre placard….

J’avoue, c’est beaucoup moins joli, et sacrément moins drôle, comme titre de roman. Ce qui tombe bien, c’est que le titre n’a pas été écrit par moi, mais par Luc Doyelle, connu comme Lucius von Lucius.

Et ce qui est certain, c’est que son livre de ne manque pas d’humour.

Voyages dans le temps au coeur d’un placard, flash back d’émotions, un passé qui agit sur le présent, sur le futur…Imagination talentueuse et burlesque, situations cocasses, si proches du réel qu’on ne sait plus où le réel se trouve, métaphores neologismes, vérités démasquées, n’empêchant pas certaines douleurs du présent, que Lucius cherche à vaincre, d’être toujours bien présentes.

Il raconte son monde, si personnel, si inventif, si convivial, avec une générosité, une tendresse, un amour sans faille pour sa famille, et un amusement infinis. Il nous y entraîne, et nous le suivons bien volontiers. Sourires, fou-rires, si on a la larme à l’œil parfois, il est difficile de dire si c’est d’émotion ou de joie.

Un livre à imposer en urgence comme traitement anti morosité.

Luc Doyelle, créateur de l’anti-dépresseur que les merles vous apportent.

 

C'est au pied du mur qu'on mange des merles
Luc Doyelle
Ed. Laura Mare 

 

 

 


 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Coups de coeur - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Parutions Février 2010

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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