Previously, in my 24 hours

Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 11:05
24H

(Previously, in my 24 hours, pppffffff, on a perdu Germaine. Enfin, elle a disparu. On a cherché partout, on n’a rien trouvé du tout, on a renoncé, et puis au réveil, on a recommencé, on n’a rien trouvé. Moi si, j’ai trouvé quelque chose…je cherchais Valentin. Et là, que vois-je? Cathy, en train d’embrasser quelqu’un…et je suis sûre que c’est Valentin …)

 

Je démissionne.

J’étais sérieusement prête à renoncer à tout, veaux, vaches, cochons, luxe, calme et volupté (euh, je corrige, pour la volupté, j’étais pas prête, faut pas non plus exagérer).

Et à mes principes.

Mes pauvres principes, déjà bien piétinés, il faut le reconnaître.

 

J’étais prête à dire à Gaston “Va, je ne te hais point”, la main sur le front et le geste large (de l’intérêt d’avoir deux bras), à presque même reconnaître mes erreurs passées et mes envies présentes.

 

Et à me consacrer à Valentin.

 

Mais là, glups.

 

Cathy, en train de rouler la plus grosse galoche qu’il m’ait été donné de voir. Et même si je la vois, elle, et un arbre, j’imagine bien que c’est pas l’écorce qu’elle semble avaler goûlument.

 

C’est hyper dur.

Presquer autant que ma bosse.

Alors, je renonce.

Adieu Valentin.

 

Oh, et puis non, pas adieu.

C’est un peu simple, ça, quand même. Bon, ok, le baiser dans la tour, je veux bien, c’était accidentel, on n’aurait du être là ni l’un ni l’autre, et voilà, on a glissé, très bien, admettons, erreur de parcours. Mais hier, qui m’a appelée? Qui est venu dans ma chambre? Qui a tenté de mettre à mal ma vertu et ma fierté en m’arrachant sans crainte mon haut de pyjama? Qui m’a avalé la bouche comme un mérou affamé? Le pape peut-être?

 

Et tout ça quasiment sous le nez de Valentine?

Et qui a fini par se cacher sous MON lit?

 

Valentin, tu vas voir un peu, c’est pas permis un comportement pareil, je vais t’arracher ce qui te sers de décoration prétentieuse, vu que t’es même pas capable de t’en servir, et te les faire bouffer, l’une après l’autre, et sans sauce, mon pote.

 

Et d’un pas décidé, je fonce vers Cathy, l’arbre, et l’individu sus nommé. (L’utilisation du terme “sus” ici est sans rapport avec les éléments sus cités, comprenne qui voudra).

 

Merde me suis gourrée. C’est pas Valentin. C’est Fabrizio.

Oups ohlala.

Bravo Emma, t’es fine, super fine même.

Ayayayahé.

 

Mais c’est mal connaître Emma que de l’imaginer dans l’embarras.

 

Cathy. Ben tiens, tu vas prendre pour tout le monde, puisque t’es là.

 

Cathy…Cathy espèce de garce…mais regarde toi…t’es à moitié à poil, tu te contorsionnes comme une anguille autour du napolitain qui ressemble à rien, t’as fait ta mijorée, t’as détourné ma copine d’une heureuse hétérosexualité….

 

Ouh ben flûte, j’ai pas eu le temps de les coincer, les voilà qui se tiennent et se mettent à courir, et ça a l’air drôlement urgent, et même ils foncent vers le château. Les cochons.

 

Comme ils ne m’ont pas vus, autant courir derrière eux.

 

Pppppffff, vraiment épuisant ce week-end.

 

 

Bon.

Alors comme ils couraient comme des lapins (et étant donné leur objectif clairement avoué, je peux utiliser la métaphore), ils ont réussi à rentrer dans la baraque avant moi.

Mais finaude que je suis, j’ai pu les rattraper. Et les attraper. Dans le hall. Alors qu’ils allaient grimper l’escalier.

 

Ahahah!!! Ais-je crié.

 

Ça les a cloués sur place.

Genre film avec arrêt sur image. Hop. Stop. Plus de mouvement. Plus de son juste une image.

Et là, telle Diane chasseresse, je me suis avancée vers eux, majestueuse, j’ai chopé Cathy par le colbac, comme dans les films avec Ventura, et j’ai dit, j’ai dit…attention…vous n’allez pas le croire…j’ai dit : “Salope. “

 

Voilà.

C’est clair, non?

 

Salope. Salope, garce obsédée, lesbienne à deux balles, pauvre nympho, Germaine a disparu corps et âme, on est tous morts de trouille, et toi, tu penses qu’à te faire grimper par un spaghetti freluquet avec la chemise ouverte et ses poils qui dégoulinent de partout? C’est répugnant beurk je vais vomir, oui Madame, je vais te vomir sur tes grands pieds pourris.

 

Je sais pas pourquoi j’ai dit grands pieds pourris, mais je savais pas quoi dire de plus.

 

Et là, devant moi, Cathy se décompose.

 

Emma…oh Emma… Mais regarde, regarde un peu…tout fout le camp dans ma vie, à commencer par Germaine, elle est partie, elle m’a quittée, je suis abandonnée et seule et fragile (oui, faut pas en rajouter là ma grosse), elle est partie car rien n’allait plus entre nous. Ce week-end, c’était mon idée, pour recoller les morceaux, mais une bien mauvaise idée, et me voilà seule, et toi tu es avec mon ex, et jamais plus je ne serais aimée, et Fabrizio voulait juste me donner un peu de tendresse, je me suis laissée débordée, c’est tellement nul, je suis nulle, et toi tu es là, et Germaine Germaine parfois, enfin parfois, elle parlait de toi, et je comprends, je sais qu’elle a des sentiments pour toi (oui, merci, pas la peine de remettre le sujet sur le tapis, ça serait cool).

 

Là, pendant la loghorrée de Cathy, Fabrizio a été très courageux. Avec une version très masculine du courage si vous voyez ce que je veux dire.

 

Nous, en tout cas, on ne le voyait plus.

Je ne sais pas où il avait fichu le camp, mais hop, à peine la furie Cathy s’est elle déchaînée, entre cris et larmes, que plus de Fabrizio.

 

C’est un truc que j’aime chez les hommes; ils savent toujours affronter les situations clairement et franchement, et s’imposer quand tout va à vau-l’eau. Non, vraiment, je suis hyper admirative.

 

Enfin, bref, plus de Fabrizio, une Cathy en larme et en rade accrochée à moi, Emma, Emma, que vais-je devenir, j’ai besoin d’amour, et toi tu es si belle et…(euh, Cathy, non non, je ne suis pas belle), et si douce, (non, là, non plus, pas douce Emma, pas du tout, regarde je suis une tigresse, gggggrrrrrrr), et oui, Germaine a raison, c’est avec toi que je devrais être (elle a disjoncté), embrasse-moi, embrasse-moi

 

Ça va pas non?

 

CA VA PAS NON????

 

Après l’avoir pensé, je l’ai crié. Très très fort. Elle est totalement siphonnée cette fille.

 

JE NE SUIS PAS LESBIENNE. JE N’AI RIEN CONTRE, MAIS NON MERCI. LACHE MOI AVANT QUE JE CRIE, LACHE MOI, COMPRIS, BAHHHHH.

 

Le bahhhh n’était pas utile, mais moi, j’en peux plus.

Marre des homos qui m’aiment et me veulent. C’est chiant, franchement.

 

Débrouillez-vous entre vous, moi, je bouge plus, vous me gonflez sérieusement.

Merde.

Merde et merde même.

 

Et Cathy m’a lachée.

Elle m’a regardée, une dernière fois.

Elle a baissé les yeux.

Elle a refermé les boutons de sa chemise.

 

Et s’est éloignée.

Je l’ai regardée disparaître dans le grand escalier, solennel et pompeux.

J’ai tenté de remettre de l’ordre dans mes cheveux. Après la course dans le parc et la scène de la nouvelle Gay 2010, c’était coupe “coup de vent breton”…

 

J’arrangeais mes vêtements, totalement en désordre, quand j’ai entendu du bruit derrière moi. Très urbaine, comme à mon habitude, je me suis retournée.

 

Emma…Emma, ne me dis pas…je viens de voir Fabrizio sortir…et toi…dans quelle tenue es-tu? Oh Emma…non, comment as-tu pu me faire ça?

 

Je voudrais être morte.

C’est le pompon.

Il me croira jamais.

 

Valentin….c’est pas ce que tu crois…ohhh merde….

 

To be continued


Et Valentin.... 

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 08:31
24H

RESUME DE TOUS LES EPISODES PRECEDENTS
(CE QUI NE VOUS DISPENSE EN RIEN DE LES LIRE, L'IMPORTANT EST DANS LES DETAILS BIEN SUR)

Franchement, c’est compliqué.

Je me mets à votre place.

Vous vous dites : tiens, les deux rigolos, ils vont encore écrire des textes sur leur trépidante vie, Emma va encore arroser son ficus en se demandant comment survivre dans ce monde de brutes, Valentin va encore essayer de rester fidèle parce que oui oui il aime Valentine, mais bon, d’un autre coté, si y’a des tentations, c’est pas  sa faute non plus…

 

Et là, bêtement, ça se complique.

 

Ausi, entre le 9 et le 10 et pour s’y remettre un peu, ou s’en remettre, un petit résumé…

 

ATTENTION  :

Tout commence avec Germaine (et oui, c’est comme ça, c’est la meilleure amie d’Emma, et c’est d’elle que tout vient) qui invite tous ses supers meilleurs amis qu’elle adore à un week –end en Bretagne, pour fêter l’Amouuuurrrr.

Et l’Amour avec qui? Avec Cathy, l’ex femme de Gaston.

Gaston qui partage maintenant la vie d’Emma.

Valentin et Valentine sont toujours ensemble.

Emma a de plus une squatteuse pas très cool chez elle, sa soeur, Pauline, une blonde à gros seins (ça fait un peu caricature, mais c’est pas de ma faute).

 

Gaston commence par refuser d’aller à ce week-end.

Emma se doute que Valentin y sera.

Elle se débrouille pour lui faire savoir qu’elle n’ira pas.

Valentine ne veut pas non plus aller au week-end. Valentin se doute qu’Emma y sera. Il se débrouille pour lui faire savoir qu’il n’y ira pas.

Et tout irait bien si Gaston et Valentine n’avaient pas changé d’avis (comme quoi, lorsqu’ Emma et Valentin crient : c’est pas notre faute, on peut presque essayer de les croire).

 

Surtout qu’ils vont de voir le crier, très fort : à peine arrivés dans le château breton où le week-end est organisé, sans savoir les uns les autres que les uns les autres sont là, ils se croisent inopinément dans un escalier, alors que les lieux sont plongés dans le noir (une blague d’EDF sans doute), et lorsque la lumière revient, Valentin a la main posée sur le sein d’Emma. Sans savoir que c’est son sein. Sans qu’Emma sache à qui est la main.

 

Il n’en faut pa splus pour réveiller la colère de Gaston et la jalousie de Valentine.

(Les gens s’agacent d’un rien tout de même)

 

Bon, alors là, en gros, disputes, cris, pleurs larmes, bref des trucs de filles et de garçons pas contents, ça s’énerve et se bouscule et rien ne va déjà plus.

 

D’autant qu’au milieu de tout ça, un incongru personnage entre en scène, un Beau Gosse italien, Fabrizio, qui a l’effet d’un aimant sur la gente féminine.

Pas trop sur Emma, l’aimant d’Emma qu’elle voudrait pour amant (c’est pas joli cette formule, hein??) c’est Valentin.

 

Toujours est-il que nos deux pas tourtereaux, fuyant la vindicte de leurs conjoints respectifs, se retrouvent par hasard au sommet d’une tour. Beaucoup moins désespérés que Romeo et Juliette, ils optent pour des baisers langoureux sous la lune (c’est beau, c’est romantique…)

 

C’est romantique, ce qui n’est pas le cas de tout le monde: Emma se doute que Gaston galope derrière Pauline, Valentin les surprend carrément, mais, gentleman, ne dit rien, Emma, de plus, voit Valentine se faire courtiser sans fuir par Fabrizio…

 

Et le week-end ne faisait que commencer.

 

Samedi : super génial on est content d’être là, un grand jeu de piste est prévu pour l’après-midi.

Emma se retrouve en équipe avec Germaine et un inconnu qui n’a aucun intérêt dans cette histoire. Et Germaine lui déclare sa flemme. Pour elle; Enfin pour Emma. Bref Germaine dit a Emma : je t’aime.

Et Emma tombe.

Bien sûr.

Elle tombe tout le temps de toutes façons.

 

Valentin, lui, est avec Cathy et Pauline.

Et seul. Parce que contrairement à ses souhaits et fantasmes les plus exacerbés, Cathy et Pauline, c’est une affaire qui roule.

 

Gaston soupçonne Emma de le tromper avec Valentin. Valentine a le même type de soupçons.

Et Valentin a un choc : rentrant dans sa chambre, il trouve un (oh beurk c’est dégoutant…) préservatif usagé don’t il n’a pas été l’heureux propriétaire.

 

Bon, avec tout ça, c’est déjà l’heure du dîner.

Emma se remet à coups de mojitos de la déclaration de Germaine et des soupçons de Gaston.

Valentin tergiverse sur le propriétaire de ladite capote.

Emma se remet beaucoup beaucoup et tellement que, alors qu’on apporte une pièce montée, symbôle de tout cet amour entre Germaine et Cathy, elle atterit dedans (elle change pas, elle tombe vraiment tout el temps, Emma)

 

A son réveil, pas de Gaston.

(Mais Valentin le finaud l’a aperçu avec Pauline, dénommée, par le même Valentin “la cochonne”)

Pas de Gaston, mais un appel de Valentin, très inquiet, comment ça va etc etc etc…Emma n’a pas le temps de répondre.

Une main belliqueuse et armée s’abat sur elle et l’envoie non pas ad patres, ça aurait trop raccourcit l’histoire, mais dans un champ de pommes.

A son réveil, toujours pas de Gaston. Mais Valentin, qui, ayant entendu la chute s’est précipitement précipité.

 

En gros : il est tard, ils sont sur un lit, tous les deux, seuls….je vous fais un dessin?

Sauf que ça n’ira pas bien loin : sans prévenir, sans s’annoncer, Cathy entre dan sla chambre; Germaine a disparu.

 

Et malgrè des recherches noctures compliquées de remords,  de doutes et d’interrogations, Germaine reste introuvable.

 

To be continued

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /2010 10:53

24H

(Previously, in my 24 hours, je sais plus bien, étant donné que j’ai mal au crâne comme jamais, une bosse énorme, un chevalier servant caché sous le lit, et Cathy qui m’annonce que mon amie, Germaine, a disparu…)

 

Je suis pas d’un naturel à m’affoler. Je suis même l’incarnation de la zénitude  (je le sais, sur Facebook suis au max de points zen, alors si ça c’est pas un signe…).

Mais quand même, parfois, sans être exigeante, j’aimerais bien avoir droit à des moments un peu tranquilles.  Juste comme ça, pour voir.

 

Germaine a disparu.

Là, c’est la merde.

 

Cathy s’effondre sur le lit, les bras en croix, telle le gisant. J’entends “aïe”. C’est Valentin, sans doute, qui a du réussir à glisser sous le sommier. Il a peut-être été attaqué par un vieux ressort, ou un truc du genre, ces vieux sommiers c’est pas fiable…Valentin…Oh mon Val…oui, c’est pas le moment, je suis d’accord.

 

Cathy n’a rien entendu.

Juste, elle pleure.

Je la prendrais bien dans mes bras pour la consoler, mais suis à moitié à poil, ça pourrait lui faire croire que…Oh non, non, suis toujours pas homo, et pas prête de le devenir, moi.

 

Allez Cathy, on se ressaisit. Germaine ne doit pas être loin. On va la chercher, et on va la retrouver, Germaine. Le temps de me mettre quelque chose sur le dos, et haut les coeurs, partons en expédition, il faut sauver le soldat Germaine.

 

Je saisis Cathy par le bras, l’entraîne au dehors, lui dit que si elle a l’intention d’allumer sa lampe de poche, ça serait pas mal pratique pour y voir quelque chose, enfin, elle fait comme elle veut, mais dans le noir, pas certain qu’on arrive à quoique ce soit, et prie très silencieusement pour que Valentin ne se fasse choper, en sortant de la chambre, ni par Valentine, ni par Fabrizio, ni par Gaston, ni par Pauline…Gaston et Pauline…Gaston…Où il est passé d’ailleurs celui-là? Parce que dans mes souvenirs, d’accord, Germaine a disparu, mais avant ça, Valentin m’avait dit un truc. Enfin, avant que je ne me fasse assomer.

 

Il me semble qu’une ou deux bricoles ne tournent pas rond depuis qu’on est arrivé en Bretagne.

J’avais entendu vaguement parler de ces légendes concernant des fantômes, ou des trolls, ou de la sorcellerie, ou je sais plus bien quoi, enfin, des choses bizarres qui n’arrivent qu’ici, en Bretagne.

Je n’avais pas demandé de preuves.

 

Et franchement, là, c’est le bordel.

 

Reprenons calmement. Et puis, faut bien que j’occupe mes pensées, pendant que je galope derrière Cathy qui pousse des “Germaine, Germaine”, dans tous les sens, comme une maman cherche ses petits dans un supermarché.

 

Alors je suis arrivée avec Gaston et Pauline, ou plutôt avec Gaston mon copain qui drague Pauline ma soeur, pour fêter l’amour fou des goudous entre Cathy, l’ex de Gaston, et Germaine, ma meilleure amie, qui a des doutes sur la fidélité de Cathy, qui tournerait autour du rital, qui lui-même s’est tapé ma soeur, à moins que ça ne soit elle qui lui ait forcé la main, pendant que Valentine, ayant le dos tourné, laisse Valentin grimper dans des tours où je me trouve, ou venir me rejoindre dans ma chambre, où ne se trouve pas Gaston, et finit par m’embrasser, parce que de toute évidence, on ne peut pas s’en empêcher.

 

Pas de quoi chercher du poil aux oeufs, c’est très simple.

 

En fait, le problème est quand même que Gaston, je sais pas du tout où il était pendant que Valentin était avec moi, que quand même, ça ne se fait pas d’abandonner comme ça la femme qu’on dit aimer, et que Valentin, entre vous et moi, si éventuellement on avait l’occasion de faire un peu plus que s’embrasser, éventuellement, suis pas contre du tout.

Ne serait-ce que d’un point de vue expérimental, voir si ça colle.

 

En attandant, on continue de chercher.

Par mesure de précaution, je décide de surtout ne pas aller dans le parc, endroit sombre et austère aux pièges nombreux et incontournables, genre racines d’arbres, fossés, mottes de terre…Enfin, tous ces trucs qui pourraient avoir tendance à me propulser vers le sol. Côté chutes, j’ai mon lot pour la journée, pas la peine de chercher les embrouilles.

 

Et puis ohlala c’est qu’il y a des douves, si vous voyez ce que je veux dire. Avec de l’eau dedans, ou plutôt de la gadoue, un marécahe affreux en somme. Et l’option bain de boue n’est pa sprévue dans mon programme.

Et puis vous dire “c’est là que je suis tombée” ça commence un tantiner à me lasser. Vous, ça vous fait peut-être marrer, mais moi, pas du tout.

 

Tout le monde se croise, jamais la bonne paire ensemble, au jeu des sept familles on serait franchement nul.

Ah si. À un moment j’ai failli avoir une bonne paire. Mais en entendant les voix, j’ai préféré faire demi-tour, entraînant Cathy dans un sombre couloir, même j’ai eu un peu la trouille qu’elle se dise que je profitais de la disparition de Germaine pour m’en prendre  à son corps, mais non, elle ne s’est rien dit, elle reniflait c’est tout.

 

Les voix, bien sûr, c’était Valentin et Valentine. Valentine demandant à Valentin où il était. Si elle veut, je peux répondre : Il était avec moi, on s’est embrassé comme des bêtes, et on s’est arraché nos pyjamas, en tout cas une partie, on aurait bien fait plus, moi finalement ses mains sur mes seins, suis plutôt vachement pour, mais Cathy a déboulé, alors comme d’habitude et une fois de plus, on a du s’interrompre, et tu sais Valentine, ça serait pas ton mec, je te dirais volontiers que Valentin, là tout de suite maintenant, c’est comme il veut quand il veut.”.

Mais j’ai rien dit.

Discrète Emma.

Tout dans la mesure.

 

Petit à petit on s’est tous regroupés, mais sans le vouloir, comme si une force centrifuge nous avait ramenés dans le hall du château.

Franchement j’en avait marre, dormir un peu commençait à me plaire pas mal comme futur proche, voire même immédiat.

Cathy était au bord de la crise de nerfs.

Et Valentin a eu une idée.

 

Il est génial Valentin. Je le savais, mais là…non, franchement, il est brillant, magistral, lumineux, clair, rassurant…Quoi? Si, je suis lucide. Parfaitement. Après une cuite et avoir été assomée, suis au mieux de ma forme.

Valentin a suggéré de vérifier si, par hasard, Germaine n’aurait pas pris des affaires, genre départ volontaire sans prévenir personne.

 

Cathy fonce vérifier, je me pose, les autres se posent, elle revient, on se relève, il n’y a plus ni le manteau, ni le téléphone, ni le sac à main de Germaine.

Elle n’a pas disparu. Elle est partie. Comme ça. Sans au revoir, sans adieu, sans mot, sans explication. P*****, c’est durail pour Cathy ça.

 

C’est durail mais rassurant. Aucun loup n’est en train de dévorer sa dépouille au fond du parc, aucun monstre sanguinaire, satyre et sauvage, n’abuse de son corps démuni et désarmé dans les bois obscurs. Moi, je me dis, allons dormir.

 

En plus j’ai quand même super mal au crâne, et là tout le monde s’en fiche, enfin, personne n’est au courant, j’ai pas eu le temps de le dire, mais je rappelle quand même que je me suis faite assommée par derrière et par un chandelier (on soulignera l’élégante figure de style, appelée “zeugma” pour ceux qui ne savent pas), que je ne sais pas qui est l’abruti qui a voulu jouer au Cluedo sur ma modeste personne, mais que moi, la moutarde du colonel, elle va finir par me monter au nez si tout le monde se désintéresse de mon sort. Non mais quand même.

 

En plus, et là aussi personne n’y prête attention, mais j’en ai deux à l’oeil, c’est Gaston et Pauline. Gaston et Pauline qui, subitement, comme par magie, on réapparus. Pas ensemble, bien sûr. Pas fous, non plus. Infidèles, sans aucun respect de la famille et des convenances, mais pas fous. Et bien, de moi, je dirais : “Pas folle la guêpe”. Parce que en y réfléchissant bien, je commence à penser que le Fabrizio – sara perche ti amo -  c’était juste une manoeuvre de la part de Pauline, genre je fais diversion, le Fabrizio donc, il n’a jamais été plus loin qu’un baiser, avec Pauline, en tout cas.

 

Et que Gaston, et bien Gaston, il fait vraiment tout pour s’envoyer ma soeur qui ne fait rien pour le décourager.

C’est écoeurant quand même.

En famille.

Beurk.

 

Et puis faut que je vous dise, je suis quand même inquiète.

Je joue les dures, là, les tendues à cause de sujets super graves, comme : qui a osé s’en prendre à mon crâne? Ma soeur se tape t’elle mon mec? Vais-je me taper Valentin?…Bon, des sujets qui font réfléchir, faut l’avouer.

 

Reste quand même que Germaine est introuvable.

Et que, admettons qu’elle soit volontairement partie, et pas kidnappée par un kidnappeur trop malin qui aurait pris ses affaires pour faire croire qu’elle est volontairement partie (oui, je sais, ici le style est un peu lourd, mais moi suis épuisée, alors les efforts et les tournures et les jolies phrases, ça attendra demain, ne vous déplaise), pourquoi serait-elle partie?

 

Elle allait prononcer ses voeux d’amour gloire et beauté, des mots qui font rêver, avec Cathy, et hop, elle se volatilise. C’est strange, comme dirait la fille de ma collègue. Le fait que j’ai accidentellement détruit la pièce montée ne justifie pas de lever le camp sans tambour ni trompette.

Sauf si…sauf si…Fabrizio n’étant qu’un prétexte pour Pauline…et Cathy le zyeutant grave de chez grave…en fait, voilà, c’est clair…

 

Germaine a coincé la mangeuse d’abricots (j’ai le vocabulaire qui s’est nettement élargi côté homo, moi) en train de se faire un capuccino avec le rital et je le reste et dans le coeur et dans le geste, si vous voyez ce que je veux dire, elle a pleuré, normal, elle a réagi, moins normal la connaissant, et elle s’est tirée.

 

Et Cathy ne peut rien avouer.

Et elle est super emmerdée.

Donc elle nous fait croire que MON AMIE (parce que là je commence à être en colère) a disparu.

Et nous gave avec sa chasse à la femme.

 

Et bien moi, je vais dormir.

Voilà.

Demain, j’appelerai Germaine. Elle a pris son téléphone, elle est donc joignable, désespérée mais joignable, et moi, j’en peux plus.

Alors salut la compagnie, bonne nuit, et à demain.

 

 

 

On est déjà demain.

C’est fou comme le temps passe vite quand on est occupé.

 

Je ne vous raconte pas nos têtes au petit dej, un remix de Thriller, c’est super glam.

Pour couronner le tout, Cathy, parfaite, digne et majestueuse (j’en rajoute un peu, mais bon, c’est pour mettre un peu de mélo dramatique dans cette histoire), en Morticcia bretonne, git dans une chaise longue, toute de noire vêtue.

 

De mon côté, je vais vous sembler un peu égoïste, mais le départ de Germaine m’arrange. Parce que pendant que tout le monde tergiverse, l’activité très amusante qui était prévue si tout s’était normalement déroulé, sans mélange de couples, chutes, coups de chandeliers (je vous signale que depuis hier soir tout le monde se fout toujours de mon sort), départ précipité…, bref, l’activité prévue était une visite guidée de la cité médiévale.

Et moi, là, l’idée d’aller me coltiner des vieilles pierres, ça ne me botte pas du tout.

 

En principe je suis plutôt du genre OK pour les activités de groupes, mais on va dire que toute activité de groupe, ou même simplement en binome, ce week-end, ne me tente absolument plus du tout.

Sauf si mon binome est Valentin.

Mais j’ai pas le droit de le dire.

 

Quoiqu’il en soit, on est tous là, tous dans le paté, Morticcia gémit et pleure le départ de sa bien-aimée, quelle faux-cul celle-là, et soudain, alors que j’avale mon café, crie “On y retourner!”.

On retourne où? Hein? À votre avis?

 

Chercher Germaine, bien sûr.

Ben voyons suis-je bête.

C’est vrai que chercher qui aurait pu m’en vouloir au point de me fracasser un chandelier sur le crâne, ça serait vraiment idiot comme idée.

 

En revanche, se préoccuper de Germaine, qui a préféré partir plutôt que l’ignominie et le déshonneur dus à la tromperie de Cathy, ça c’est vital.

 

Ppppffffffff.

 

D’un autre côté, c’est plutôt pas mal.

On ne se fade pas les ruines bretonnes.

On se disperse.

Tous.

Chacun séparément.

Ce qui veut dire…que je vais avoir un peu de temps libre.

Pour moi.

Pour retrouver Valentin. Inopinément sans l’avoir cherché bien sûr. Fortuitement (ça fait quelques temps que je veux placer fortuitement, et je n’y arrivais pas, là ça me semble plutôt bien).

 

Voilà. Je m’éloigne, discrètement, mais pas à reculons, me connaissant c’est dangereux, je perds tout le monde de vue, et tout le monde fait de même avec moi.

 

Valentin, où es-tu, je crois que tu es là, je viens vers toi, pour te dire que là, franchement, j’en peux plus, vas-y prends moi…(Je sais, ça ne se dit pas, mais euh, à ma place et plutôt que de sécher une fois de plus sur place, vous feriez quoi, vous? Allez, j’voudrais bien vous y voir…et voilà, y’a plus personne pour frimer, c’est bien ce que je pensais.)

 

Valentin, me voici, je suis toute à toi…

 

 

C’est quoi encore ce bruit?

Oh si, je sais très bien ce que c’est.

C’est le bruit d’un long et langoureux baiser.

Oui.

Comme je vous le dis.

Très long et très langoureux et très humide.

 

Le bruit vient juste de là où j’ai cru voir Valentin.

Oup’s.

Ça, ça serait pas cool que je le trouve en train d’embrasser Valentine.

Pas cool du tout. Je dirais pardon m’sieur-dame, je ferais demi-tour, je m’en irais la gorge nouée…

Dites-moi que je me trompe.

Allez, dites-le, soyez cool.

 

Je me trompe.

 

Celle que je vois, là, juste devant moi, embrassant quelqu’un caché derrière un arbre (ah le lâche!), c’est Cathy.

 

To be continued


Et que se dit Valentin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 16:29
24H

 

(Previously, in my 24 hours, je testais la résistance de mon propre corps contre une pièce montée. Ce sont des choses qui arrivent. Le premier qui dit que vraiment faut que j’arrête de boire et que je regare où je mets les pieds, je le fais passer par la fenêtre, que les choses soient claires.)

 

 

à qui sont ces cloches qui sonnent dans ma tête? Ça fait mal. Faudrait demander au carillonneur de faire un peu moins de bruit, c’est bon là. Aïe. Ça fait comme si on m’épilait le crâne, cheveu après cheveu, mais en tirant bien fort, avec une pince à épiler toute pourrie.

En plus faut pas que je bouge trop, y’a une sorte de remue-ménage à l’intérieur de moi-même, qui me fait dire que je ne gagnerai sans doute pas cette guerre intrinsèque facilement.

Alors, il s’est passé quoi encore hier?

Ça me revient, par bribes.

Le jeu de pistes, ok.

Gaston, pas content du tout, ok.

Valentin, pas là du tout, ok.

Et puis le dîner, on échange des voeux, ok.

Non, pas ok.

J’ai pas vu l’échange de voeux…Ah ben oui, j’avais la tête dans la pièce montée. Oh la honte.

Merde.

Là, je suis pas convaincue que Germaine me le pardonne. Même si en fait elle n’est pas convaincue, elle, d’aimer Cathy, puisqu’elle est totalement convaincue de m’aimer moi, et moi je trouve que c’est une très mauvaise idée.

 

J’en ai marre quand même.

 

Je vais essayer de me redresser dans le lit, mais sans faire de bruit, Gaston doit dormir, je l’entends pas. Y’a un truc qui me colle dans la main…oh de la nougatine. Ça c’est rigolo quand même. Non, d’accord, c’est pas rigolo, la fille qui finit toujours par détruire un truc, je sais, ça fait un peu redite. C’est pas de ma faute, si y’a des obsctacles sur ma route. Perso, je voulais ni me faire remarquer, ni gâcher l’ambiance. Je suis un tantinet maladroite, ça arrive, non? Vous n’avez jamais détruit de restaurant, vous? Ni de pièce montée? Ah oui? Jamais jamais même pas un tout petit peu? Ah bon. Ça doit être moi alors.

 

Valentin.

Valentin était là.

Voilà, c’est lui, il me porte la poisse en fait ce mec.

Dès que j’ai plus mal au coeur, je lui dis. Et je serai très ferme. Je vais lui dire : “Valentin, il faut qu’on se voit (ehhhhohhhhhhhh j’ai pas dit que je ne voulais plus le voir, mais juste qu’il me porte la poisse) dans des endroits sans risque, par exemple, tu penses quoi d’une plage déserte sur une île déserte comme la plage, juste toi et moi?” ça c’est hyper sans risque, non?

 

Oh pétard, je sens que la journée va être longue.

Sauf que c’est pas le jour, fait nuit…Il est quelle heure au fait?

Je reconnais, je ne me suis pas bien tenue, mais Gaston pourrait m’aider sur ce coup-là, au lieu de ronfler. Quoi, y’a pas de bruit? Normal, il ronfle silencieusement.

Hein Gaston, tu ronfles silencieusement.

Hein? Hein?

Allo?

La dame te parle, y’a quelqu’un?

Ouhouh m’oblige pas à ouvrir les yeux, c’est trop dur, j’ai les paupières trop lourdes.

Gaston, je vais avoir besoin d’aide, je suis ta copine, fais quelque chose. S’il te plaît. Y’a urgence.

GASTON!

 

Ah le chien galeux, il ne me répond pas, et là je vais devoir bouger, toute seule, et ouvrir les yeux, et c’est pas facile facile, moi j’vous l’dis. Je vais le secouer un peu. C’est fou ça, je lui hurle dessus, pas fort mais juste ce qu’il faut, et zéro réaction. Bon, moteur (je dis moteur pour la réaction…oui, je sais, c’est nul, comme à chaque fois, pas la peine d’insister, merci).

 

Je tends un bras vers ma gauche (je dors à droite dans le lit, je précise si jamais ça intéresse quelqu’un).

Rien.

Vide.

Même en tatonnant bien, tout vide le lit.

Et puis depuis un bout de temps, parce que tout vide ET tout froid.

Comment ça, tout vide et tout froid et où il est Gaston? Qui peut me le dire? Personne. Merci, ça fait du bien de se sentir soutenue dans l’épreuve. Je pensais que depuis le temps on avait sympathisé, et là, la déception s’abat sur moi. Ah ben oui, tiens. Vous, vous restez là plantés à regarder cette pauvre Emma se débattre dans des tracas quasi insurmontables, et vous en profitez pour boire un café, tranquilou peinard, et moi, je dois gérer. Comme d’hab. C’est agréable, vraiment.

 

Bon, alors, Gaston, t’es où? T’es venu te coucher bourré toi aussi, et en fait t’as raté le lit, tu dors sur le tapis qui complexe de ne pas être persan, c’est ça? C’est une blague? Attends je vais te trouver, suis une maligne moi, je me penche.

 

ça fait mal au coeur de se pencher comme ça.

Beurp.

Désolée.

 

En plus t’es pas sous le lit.

Je sais. Eheh. T’as dormi dans la baignoire. Bouge pas chéri, j’arrive.

Dès que je serai debout.

D’ici quelques jours quoi…oh, c’est dur.

 

Allez Emma, sois courageuse, faut juste glisser, doucement, tout doucement, voilà, t’as un pied par terre ma fille, pose l’autre, tu peux le faire, c’est bien, bravo, trop forte la cascade.

 

Hop. Salle de bain.

 

C’est quoi ce bruit? Ah si, je reconnais…Les Stones. J’adore les Stones.

C’est marrant ça me dit quelque chose…mon téléphone (frappe de la paume de la main sur le front. C’est bête c’est très douloureux comme geste).

C’est mon téléphone qui sonne.

Où il est? Petit petit viens voir maman…Ah t’es là…Et c’est qui qui appelle?

 

C’est Valentin.

Valentin.

Allo allo Valentin…non non suis pas essoufflée (même pas émue, même pas vrai…), oui, ça va mieux (oh la menteuse, elle est…oui ben ça va taisez-vous, vous) (Oui, c’est à VOUS que je parle), oui, je sais hier…ohlala, et puis là, je comprends pas, mais Gaston n’est pas là…je sais pas…non, comme je te le dis…non, pas là, pas du tout, j’ai même regardé sous le lit…le placard? Non, j’ai pas encore regardé…et oui t’es trop chou de prendre de mes nouvelles, j’ai tellement…

 

 

Et c’est là que je suis tombée.

J’ai rien fait, vous avez vu. Rien.

Suis tombée quand même.

Comme un gros tas flasque et sans forme et sans vie.

Je sais pas combien de temps je suis restée par terre.

Longtemps.

 

Et puis, je ne sais pas non plus d’où ça vient, mais j’ai mal à la tête et … non, c’est pas l’alcool, ça va, vous. C’est pas l’alcool, je le sens, d’ailleurs j’ai une bosse, énorme, suis sûre que je suis défigurée. Mais il s’est passé quoi ici?

Et c’est quoi ça? Oui, ça là au pied du lit. Ce truc juste là. Un chandelier. Mais qu’est ce qu’un chandelier fiche là? Et…aïeeeuhhhh…j’ai mal, merde…Qui aurait mis un chandelier juste là? Un chandelier. Aïe aïe.  Mal. Bosse. Boum. Tombée.

Assomée. J’ai été assomée.

C’est quoi l’idée là? Ça tourne au cauchemar ce week-end, je veux rentrer chez moi.

Sauf que je sais pas où est Gaston.

En fait, je sais pas grand chose, vous me direz.

 

Ce que je sais, c’est que lorsque je me suis réveillée, pour vous raconter tout ça, j’étais dans mon lit.

Pas seule.

Me tenant la main, doucement, me caressant le front, s’assurant que je revenais à moi, devant moi, magnifique, chevaleresque, doux, tendre…oui bon, vous avez compris…Valentin. Hummmppppfffffffffff….

 

-       On parlait. J’ai entendu un grand bruit, comme un boum. Suivi d’un autre. Je sais pas pourquoi, tu disais plus rien, je me suis affolé, j’ai couru, pour être sur que ça allait, et tu étais là, sur ce sol, je t’ai crue sans vie, je t’ai portée dans ton lit, tu as ouvert un oeil, il s’est refermé, j’ai su que tu étais en vie, je n’ai pas bougé, je voulais être là à ton réveil…

-       Oh Valentin….tu t’es précipité…

 

 

J’aurai bien dit merci, mais comme Valentin a soudain collé sa bouche sur la mienne, et que je suis assez d’accord pour qu’il continue, je dirai merci plus tard.

Hummpppppppppppppfffffffffffffffff

Re hummmppppppppffffffffffffffffffffffff

Il embrasse vraiment trop bien. Ça doit être homologuable, même. (quoique depuis deux jours, les mots avec homo dedans me fassent un peu peur).

 

Alors donc, il m’embrasse, je l’embrasse, on s’embrasse, et après, j’ai perdu je sais pas comment une partie de mon pyjama (Oui. Je dors en pyjama. Vous avez déjà dormi en Bretagne dans un château glacial vous? Alors, le pyjama, c’est peut-être pas sexy, mais c’est vachement adapté. )

Et Valentin a perdu sa chemise, et il a un buste, et des bras, et waouhhhhhhh je vais mourir, enfin pas là, là ça serait gâcher quand même.

Mais waouh.

Fermez les yeux, vous.

C’est pas des trucs qu’on regarde quand on est bien élevé.

Allez, zou…fichez-moi le camp bande de voyeurs.

 

Attendez, Valentin, attends aussi, juste deux secondes, c’est quoi ce bruit là? Oui, ce bruit LA, dans le couloir. Juste derrière la porte. Des pas. C’est des pas. Ohla. Ohlala. Et les pas viennent de s’arrêter. Ohlalala.

Ohlalalalalalalala (ça fait un peu raï…ça tombe bien raï aïe aïe aïe…)Faites que s’il vous plaît, là, ça soit pas Gaston, s’il vous plaît…

 

La poignée se baisse…Valentin a juste le temps de glisser au bas du lit, je remonte le drap, ni vu ni connu, qui que ce soit, Valentin, rampe sous le sommier s’il te plaît, si c’est Gaston, ça va être baston…la porte s’ouvre, j’aime pas trop ça du tout, je vois un pied, oh mon Dieu…

 

C’est Cathy.

Là.

Dans ma chambre.

Sans frapper Madame rentre.

Je respire mieux, et la trouve quand même gonflée, l’autre.

On rentre pas comme ça dans une chambre, ça peut gêner tout de même.

 

-       Excuse moi Emma. J’ai besoin de toi (Ah non, t’es pas amoureuse de moi toi?). C’est grave. Germaine a disparu.

 

 

To be continued


Et Valentin? 

 

 

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 16:38
24H 

 

(Previously, in my 24 hours, j’ose même pas le dire. Je le dis, mais tout bas. Germaine, ma meilleure amie, homosexuelle depuis peu, en couple avec Cathy, l’ex de Gaston, mon chouchou chéri avec lequel je m’engueule tout le temps en ce moment….bref, Gerrmaine m’a annoncé qu’elle m’aime. Et depuis hier, je n’ai pas recroisé Valentin. Arrrggghhhh…)

 

 

 

Vu l’humeur de tout le monde et de Gaston en particulier, j’ai laissé tomber. Et je suis allée prendre un bain. Ce soir, on a droit à un grand dîner bien pompeux où faut être sur son 31 s’il vous plaît merci c’est important pour Germaine et Cathy…

 

Elles vont échanger des voeux. Ben voyons. Au point où l’on en est, vous me direz…

Pourtant depuis le jeu de pistes, je me dis que Germaine aimerait bien échanger quelque chose avec moi, genre mélange de fluides corporels, tout ça tout ça, et …beurrrkkkkk.

 

J’ai failli me noyer en y repensant. Heureusement le calcaire stagnant par plaques dans le fond de la baignoire a fait usage de frein, peeling du fessier offert au passage. Ambiance Spa en Bretagne en fin de journée, vraiment de plus en plus sympa ce week-end.

 

Bref.

Je me suis mise comme ils ont dit sur le programme, très chic, avec ma petite robe noire décolletée, ma petite paire de bas, mes petits talons de 10, super commodes dans le château où le plancher se pète la gueule tous les vingt centimètres, mais c’est ça ou des Converses, et je sors de la chambre, juste au moment où Gaston y entre. Et bien comme ça, lui, sa soupe à la grimace, et sa mauvaise humeur, on va s’éviter encore quelques temps.

Et tant mieux, parce que pour tout vous dire, je sature et pas qu’un peu.

 

Parce que sans blague…j’y suis pour rien moi si Valentin est venu ce week-end. J’y suis pour rien s’il était aussi dans la tour. J’y suis pour rien si je peux pas me retenir quand je le vois…Bon, je reconnais, là j’y suis un peu pour quelque chose. Mais Gaston n’avait qu’à pas me balancer des vacheries sur tous les tons. Flûte c’est quand même lui qui finalement a voulu venir. Et c’est lui aussi qui me saoule avec ma soeur, et avec son ex femme, et avec …avec… avec le fait d’être là. M’énerve à la fin ce mec.

 

 

 

 

Ça y est, on a fini par tous se retrouver, on a échangé des banalités, Gaston regardait Pauline qui regardait Fabrizio qui regardait Valentine qui regardait ses pieds.

Cathy fixait Germaine, que j’évitais consciencieusement, le dénommé Philippe (ça y est, j’avais retenu son prénom, trop forte) fixait Cathy, je commençais à me dire que non seulement il ne savait pas à qui il parlait, mais qu’en plus un plan avec une lesbienne devait le tenter, vu son regard des plus …clairs…sur les seins de la copine de mon amie qui voudrait elle que ça soit moi qui regarde ses seins.

Je dis ça pour vous aider si vous n’arrivez plus à suivre, je pense que c’est plus simple, là.

 

Quant à Valentin, il ne regardait  rien, ne fixait rien, sauf un truc dans le coin de la pièce, je sais pas bien quoi, ça avait l’air de l’obséder, il était manifestement plongé dans ses pensées. Je me tenais à une distance raisonnable, pas nécessaire de réveiller les idés belliqueuses de Gaston.

 

On est passé à table. Et franchement, je ne sais pas qui a fait ce plan de table, mais c’était du grand n’importe quoi. Pauline à côté de Gaston, Philippe à côté de Valentine, moi à côté de….mince, lui, c’est…ah oui, Pascal, celui qui a organisé le jeu de pistes, Valentin à côté de Karine, à l’autre bout de la table, Germaine à côté de je sais plus qui, Fabrizio pas trop loin enfin bref, n’importe quoi.

Et puis après deux gin to, de toute façon je commence à me moquer de tout ce soir.

 

 

 

 

Je fais le voeu solennel, la main sur la Bible, ou sur mon téléphone portable, ou sur ce que vous voulez, que plus jamais je ne bois.

Plus jamais.

Même pas un tout petit verre. Rien. Niet. Nada.

Comment ça vous ne me croyez pas? Merci, la confiance règne, on se croirait avec Gaston. En même temps, pendant que vous êtes là à rigoler juste parce que je ne veux plus jamais boire, vous ne me parlez pas de ma soirée. Et c’est tant mieux.

 

Demandez rien j’ai tout oublié.

Ce qui m’ennuie c’est pour ma robe, je sais pas si je vais …quoi? Oui, ma robe. Elle a passé la soirée avec moi, alors forcément, ça a été dur pour elle. C’est en l’enlevant que j’ai vu les tâches…Quoi encore? Ben oui, j’ai fini par l’enlever, je vais pas vivre avec quand même.

 

 

Bon, très bien, je vous raconte, ça va.

C’est pas facile, mais comme c’est vous, je sais que ça restera entre nous, alors ok, très bien. Et puis y’a pas de honte à avoir, après tout. C’est la vie. Life is life…voilà mon nouvel opus…

 

Je vous rappelle qu’à table j’étais à côté dudit Pascal, cette espèce de chose bizarre, super monumental mais alors fade, mais fade, pas de conversation, pas de charme, rien. Je vous rappelle aussi que mon amoureux me fait la tronche, ma meilleure amie est amoureuse de moi, ma soeur ressemble à une grosse guimauve …ah oui, vous savez déjà tout ça? OK.

 

Bon, bref, comme je m’emmerdais sérieusement, je me suis mise à penser.

Pascal me servait à boire, je pensais, Pascal me servait à boire, je pensais, et comme ça tout le dîner.

 

Gaston.

Gaston me scie. Si c’est vrai, c’est comme je vous le dis. Je sais pas ce qu’il a depuis plusieurs jours, mais franchement j’y comprends plus rien. Oui, ben ne me dites pas que c’est à cause de Valentin tout de même. Il a commencé à être odieux bien avant. Et on va pas à la fête et mon ex ouin ouin elle aime les filles, et on va à la fête, oh oui, avec Pauline, elle est trop super ta soeur, allez allez, et Pauline par ci et Pauline par là et prenez-moi pour une andouille, comme si je voyais pas votre manège. C’est pas joli joli – oui, Pascal, je veux bien encore un peu de vin – qu’est-ce que je disais? Ah oui, c’est pas joli joli de faire ça sous mes yeux. Mes yeux à moi. Ah non, moi ça me fait de la peine quand même. Beauuuucccoup de peine. Oui.

 

Et puis l’autre, là, le Fabri-chaud, très chaud…je te chope la blonde à gros seins (oh pardon Pauline, j’oublie tout le temps que t’es ma soeur), et je te chope Valentine…c’est cruel pour Valentin, ça. Oui, Pascal je veux bien encore un verre, pas la peine de demander, oui oui quand le verre est vide je le plains, non, c’est pas ça, je voulais dire faut le remplir, voilà merci pas plus haut que le bord hihihi, ….Alors je disais, Valentin, il va être malheureuuuuxxx. C’est trop infâme ce que fait Valentine, oh j’aime pas ça, moi. Ah non, ça va pas se passer comme ça, moi Valentin je veux pas qu’il soit triste avec ses tout petits yeux qu’on dirait un cocker à qui on a enlevé son nonos. PPppffffffff. Mais Emma est là, et même si tu veux, moi je veux bien te consoler, enfin, si tu veux, hein, Valentin?

 

Moi en tout cas Valentin je t’ai jamais oublié. Et je t’aurai jamais fait ça. Ahhhhhh non. Allez parler comme ça à un inconnu alors que t’es là, bouh c’est moche. C’est pas mon genre ça beurk, ça me plaît pas. Elle a une drôle de mentalté ta copineuuhhh.

 

Oui Pascal demande pas, sers moi. Ouh dis donc tu sais qu’avec une autre tête tu serais mignon? Attends je me penche pour regarder…Oui, oui, je te jure, tu pourrais être pas mal si t’avais pas ce pif de naze, et alors tes cheveux, donne moi la marque du shampoing, ça m’intéresse que j’en achète pas, oh et ta bouche…t’as vu t’as pas de lèvres…hop disparue disparue ta bouche, tes lèvres, et tout, avalées…Ou sinon t’es un Mutant…oh je vais m’éloigner, quand même mais oublie pas mon verre.

 

Et puis Germaine. Non, mais regardez-la. Mademoiselle présente ses voeux, mademoiselle roucoule, mademoiselle se la joue hyper amoureuse, je te lèche tu me lèches youpi suis une fille et j’aime ça, et je mets ma tête sur ton épaule, et ma main sur ta cuisse, oui ben là c’est comme le verre hein, on va dire en public pas plus haut que le bord s’te plaît Germaine on vous regarde…Et tu me dragues moi ton amie que tu sais que j’aime que les hommes, les vrais, les purs les durs, les lâches (ah ben oui quand même sont pas parfaits ces gens là), tu vois comme Valentin, enfin, je voulais dire Gaston, avec des trucs que toi t’as pas Germaine, alors là, non merci , pas du tout envie de savoir ce que ça fait que d’avoir ta main dans ma…oh non, eh oh, j’vais pas dire de gros mots…c’est pas le genre de la maison. On a son éducation quand même.

 

Oh, ben voilà que le vieux château en Bretagne, il bouge de partout. Attention mesdames et messieurs, glissement de terrain en perspective. Ouais d’abord, et hop Pascal, mon verre, coucou allo allo, comment ça je bois trop? Ben elle est forte celle-là, c’est toi qui fait que de me servir. Oui, monsieur. Hein?? Je parle plus comme tout le monde?

 

C’est normal. C’est que j’ai les lèvres qui viennent de se coller. Ca fait pschuit pschuit quand je parle.

Non Germaine, pas ces lèvres là. Oh la coquine, je te vois venir, oui, oui.

 

Valentin, mon Amourrrrr, regarde moi, le plancher il est pas bôôô du tout. Oh, il est pas bon ce vin, j’ai mal au coeur moi. J’ai trop mangé aussi, moi tout ce poisson, déjà ici ça sent la moule…

Oh pardon suis vulgaire.

Ben oui.

Suis pas parfaite.

On a ses défauts, hein?

 

Bon, j’en étais où moi avec tout ça?

 

Ah ben si, je sais, avec Valentin qu’aime pas les lesbiennes, c’est pas comme Gaston, oh suis sûre que si il aime, suis sûre. Pour excuser sa na…non, c’est plus sa nana, sa nana c’est moi. J’ai comme un trou de mémoire, là. Ben c’est peut-être Alzheimer. Ou un autre truc grave.

Valentin, j’ai un truc grave, faut que tu m’aides, s’il te plaît, regarde on a droit encore à une chance…et…mais c’est quoi ça?

 

Une pièce montée. C’est ridicule quand même. Tiens les goudous elles se lèvent, elles vont faire quoi là? Ah oui, leurs voeux…c’est marrant comme idée, j’y aurais pas pensé moi si j’étais gou-homo-je sais plus quoi d’ailleurs. Ppppfffff. Allez, et on va avoir droit aux discours. Trop génial. Ça va, c’est pas un mariage, faut se calmer. Et c’est quoi ce truc en haut? Un couple? Des mariés mais c’est deux filles. Alors là, pétée de rire. Comme on dirait sur Facebook, PTDR.

 

Attendez, que je regarde de plus près. Ouhh c’est joli avec ces petites fleurs en susucre. C’est grotesque. On dirait un gâteau américain. Dallas….ton univers impitoya-a-ble….

Où est JR? Où est JR?

Bon, moi suis ok pour jouer Sue Ellen, ouais m’ssieur dame, j’ai pas honte.

 

Gaston fait une drôle de tête là, genre il me regarde et il la secoue dans tous les sens. Valentin, c’est un peu pareil, je l’ai subitement droit devant dans mon champ de vision ultra sophistiqué, et on dirait un ventilateur, c’est trop drôle, il remue dans tous les sens, mais vachement dans ma direction quand même.

Quoi Gaston?? Tu me parles? Articule, je comprends pas bien là. Remarque c’est drôle de te voir bouger la tête comme ça, moi ça m’amuse bien en fait. Tu peux y aller mon chéri, t’es cloche, mais ça fait pas de bruit, vas-y remue, on dirait un chien en plastique à l’arrière d’une bagnole.

 

Bon, ben, voilà, vais me pencher quand même pour voir, pardon tout le monde, poussez-vous, attends Pauline t’as des gros seins, vais m’appuyer dessus, de toute façon c’est une soirée lesbos, alors avec ma soeur, ça fera pas jaser au village, hein? Ouhla. Ouhlala , ça glisse, ça glisse beaucoup, beaucoup, oui, ouhla, pardon pardon, je glisse, ohla, ohlala, ohlala…

 

Je crois qu’après, pour me sortir de là, ils ont du retirer un par un de mes cheveux et de mes bas tous les choux de la pièce montée. Je venais de plonger dedans.

 

To be continued.

 Et pendant ce temps, que fait Valentin?

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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