Lettres

Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 11:52
Parfois, la plume fait défaut. 

Pas celle qui permet de s’envoler. Celle-là, sauf quand je crois être Icare, elle va bien. Parce que je m’envole. Je m’envole souvent, avec les mots. Je m’envole souvent, loin, dans des endroits que même moi, surtout moi, je ne connais pas. Je prends des routes, des sentiers parfois battus, je fais l’école buissonnière, et retourne sur des chemins de traverse. Dans des endroits où j’aime vous retrouver.
Vous, mes amis. 

Et c’est à ce moment là que la plume fait défaut. Quand je veux vous écrire. Vous parler. Vous dire en quelques lignes ce qui m’anime.
Oui, la passion des lettres. Bien sûr. Les faire jouer, les assembler, les voir trébucher parfois, tressauter souvent, sur les lignes, se mettre en place et en forme, comme un puzzle, prendre sens, donner un sens à mes idées. Les transformer. En faire des images. Des textes. 
L’écriture. L’écrit, tout simplement. 

Alors, le plus simplement du monde, juste comme ça vient, sans chercher à faire des phrases, merci. 
Merci à vous.
Merci d’être là. 
Hier j’ai écrit un texte. Un exercice, pour moi. Un sujet difficile. La mort. Non, pas la mort. Le suicide. Quelqu’un qui s’en va, comme ça. Presque sans raison. Un instant il est là. Et l’instant d’après, il n’est plus. Au revoir.
Le texte, je l’ai mis en ligne. En me demandant si je devais le faire.
Mais écrire, c’est ma passion. Alors, ce texte là, j’ai voulu le partager aussi.
Et il s’est passé quelque chose d’étrange. De fascinant. De bouleversant, pour moi.
Vous avez toujours donné votre avis, échangé, commenté les textes. 
Vous avez toujours été là. Jamais comme ça.
De mails en appels, vous étiez à côté de moi, soudain. Brutalement effrayés, fâchés, énervés. En colère. Pertubés. Furieux. Tristes. Parfois même presque désespérés. 
Je vous ai fait peur. Je ne l’ai jamais voulu.
Au nom de l’amitié, vous m’avez crié que vous étiez là. Vous avez vu le texte comme le dernier. Vous avez vu ce jour comme mon dernier.
Vous, vous tous mes amis.

Ce soir, ma plume fait défaut. Merci ne suffit pas. Merci à vous tous, merci à chacun. Juste cinq lettres pour vous dire que mon cœur a fait boum, et vous remercie.

J’aime Eluard. Je ne veux pas le plagier. Mais si lui, sur les murs, voulait écrire liberté, je n’ai ce soir qu’une chose à dire. 

Sur les murs, j’écrirai ton nom : AMITIE

©Anne-Laure Buffet, 12 novembre 2009


Illustration Eric Petit©

 
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Lettres - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 14:51

 

Je ne saurais vous dire le temps qu'il fait. Le temps ne compte plus. 
En écrivant ces quelques mots, l'idée du temps même devient étonnante. Je pensais à la pluie qui n'a cessé de tomber ces derniers jours; à cette pluie que je hais tant, mais qui m'est avec vous devenue égale. Oui, le temps qui nous inonde quand le ciel est maussade m'importe bien peu aujourd'hui. 
Si vous étiez à mes côtés, vous verriez d'ailleurs comme moi poindre le soleil entre les arbres. Je ne sais s'il est réel. Mais lorsque mes pensées vont vers vous, et c'est le seul chemin qu'aujourd'hui elles connaissent, le soleil est radieux. En cette journée d'automne, il se reflète sur l'étang. Celui-ci n'est plus que le miroir de la nature et de sa beauté. Oui, si vous étiez près de moi, si j'étais dans vos bras, nous partagerions à l'instant la magie de ce paysage.
En vous parlant de temps, je pense aussi à celui qui s'écoule chaque jour. Qui s'est écoulé jusqu'à ce que je vous vois. Jusqu'à ce que vers vous je puisse aller. Jusqu'à ce qu'à vous je sois. Il n'était que lourdeur, lenteur, pesanteur. Inlassablement il me ramenait son lot d'ennuis. 
Tout cela me semble loin, si loin... 
Cet étang qui est là, devant moi, si beau, si attirant, mais en même temps si froid, si sombre par endroits, je le traverserais s'il le fallait, je le traverserais maintenant, cette nuit, chaque jour si vous étiez sur l'autre rive, si je ne pouvais faire autrement pour être avec vous, contre vous. 
Vos bras sauraient me réchauffer, vos mains sauraient m'accueillir, vos yeux sauraient me conter que cette folie avait raison, votre bouche m'empêcherait de vous dire que sans vous je suis moins que je n'étais avant vous. 
Oh oui, le temps est chose curieuse, qui semble si long ou si court; si bref quand il n'offre que bonheur, réconfort et plaisir. Si infini quand la morosité, la peur ou le chagrin en sont le lot quotidien. Avec vous mon aimé, le temps ne se compte plus, ne pèse plus, ne fait que porter. Vous êtes absent, et les minutes, les heures, se fondent les unes dans les autres. Jamais pesantes, tellement pleines de vous, de ce que vos gestes me racontaient encore il y a peu. Ma peau est la mémoire de notre amour, elle conserve votre parfum. Votre souvenir me nourrit et comble mes journées.
Vous attendre n'est que délice, lorsque je sais les joies du coeur et du corps que je vais encore vivre avec vous. Et quand il est passé, le temps de vous attendre, c'est que celui d'être comblée est venu. 
Aimons le temps qui nous sépare; car c'est lui qui nous permet de nous aimer.


 Illustration Eric Petit (merci Eric)





©Anne-Laure Buffet, Novembre 2009 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Lettres - Communauté : des mots pour le plaisir
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 22:44
Il pleut dehors. Je regarde de ma fenêtre fermée ces gouttes qui s'accrochent à ma vitre et laissent comme des rivières brillantes. Au travers des nuages le soleil se bat pour exister et fait étinceler ces perles de pluies comme mille diamants. 
 
Moi qui n'ai jamais aimé la pluie. Qui n'y voyais que les larmes du ciel, me protégeant de leur froideur, pour ne pas être transpercée, près d'un feu entretenu. Aujourd'hui elle m'est bien égale; je peux sortir, courir s'il le faut, si au bout de ma route, vous êtes là.
 
Et ce feu dans l'âtre, je n'en ai plus besoin. Depuis votre dernier courrier, j'ai chaud sans cesse. Une chaleur douce, constante, dans laquelle je m'enveloppe autant qu'elle m'inonde. Je la sens m'étreindre, comme vos bras lorsque vous me tintes enlacée, ce soir où j'eus la joie de vous voir. Comme une enfant, je me blottissais alors contre vous. Comme une femme, je restais ainsi, guettant vos caresses, les demandant, de mes yeux, de mes mains, ne pouvant retenir mon soupir lorsque votre paume m'effleurait, lorsque votre souffle me cajolait. Lorsque le long de mon dos vous devînmes entreprenant.
 
A l'aube il a fallu que je vous laisse. Vos bras se sont écartés, en douceur, et lentement je m'en suis séparée. Ce détachement fut difficile, je me sentais chez moi, enfin chez moi. Mais sachant que j'allais y revenir, la tristesse de la séparation était amoindrie. Mes doigts glissèrent sur vos épaules, il m'était impossible de les détacher de vous. Je vous laissais les guider, dans votre nuque, sur votre cou, se croiser dans les vôtres, pour les maintenir un bref instant encore, comme les deux maillons soudés d'une chaîne; jusqu'à ce qu'ils acceptent de s'éloigner, un peu, si peu. Mes doigts gardent votre empreinte, tout comme il me semble que ma peau conserve votre odeur. Comme de la terre glaise travaillée par un artiste, je me vois redessinée sous votre pouce si ferme près de mon sein, votre index si tendre sur mes lèvres. J'ai emporté avec moi vos yeux dont la prunelle me dévorait et faisait monter un désir nouveau, impétueux.

En y pensant j'en frissonne encore. L'humidité si présente au petit matin était indéniable. Nous devions nous séparer ou nous y plonger un peu plus. C'est sans se le dire que nous fîmes à l'aurore le même choix, le deuxième, le plus difficile en l'instant, le plus frustrant, le plus empli de douces promesses également. Et ce pour mieux je le sais nous revoir, chez vous ou chez moi, comme il vous plaira.

Monsieur, mon ami, je ne cherche plus à rentrer dans ma carapace. Je devine que mon visage ne vous déplaît pas en pensant aux baisers dont vous le couvrîtes. Mes pattes ne se tordent plus pour se protéger; vous prenez mes doigts dans vos mains et les portez à votre bouche.
La tortue que j'étais hier encore n'a plus peur du jour, n'a plus peur d'être ce qu'elle est. Vos paroles sont ma couverture, vos gestes me consument et me font renaître plus vivante à chaque instant , vos baisers deviennent mon armure.

Mon doux, mon bel ami, acceptez de lire ce qu'à haute voix je n'ose encore vous dire. Aussi sincère et innocent que l'enfant l'est en découvrant la vie, me sachant aimée de vous sans que vous n'eussiez à prononcer ces mots qui enchantent, je vous les envoie sous ma plume aimante. Je vous aime mon ami. Et aujourd'hui, demain, et tant que j'aurai un souffle pour le murmurer, je me plais à m'offrir à vous, car c'est à vous que je suis.

Votre tendre amie, votre douce mie.


©Anne-Laure Buffet, Novembre 2009


  
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Lettres - Communauté : des mots pour le plaisir
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 09:14
Et voilà. Vous êtes plongé au milieu de votre histoire. Le meurtrier psychopathe serial killer est caché derrière le placard à balais de la cuisine, armé d'un couteau très aiguisé, mais heureusement l'inspecteur Trucmachin est là pour arriver à temps et sauver la jeune fille en détresse qui a failli mourir...Ou encore vous étudiez la vie de ...qui vous voulez d'ailleurs, et au moment où vous apprenez avec stupéfaction que lui aussi à 6 ans allait à l'école, vous devez reposer votre ouvrage.
Mille situations pourraient ainsi être listées, qui entraînent un "ehhh flûte". Vous reposez votre livre. Vous mettez un marque-pages, au cas où, on ne sait jamais, vous ne sauriez plus ce soir où vous en étiez. Et vous êtes frustrés.
Vous partez travailler, le coeur lourd et la tête entre deux paragraphes. Vous pourriez prendre votre livre avec vous, dans votre métro, votre bus, votre tram...mais il est trop lourd, et vous ne sauriez pas quoi en faire. Vous allez avoir des rendez-vous, des réunions, et des minutes, parfois des heures d'attente, perdues. Vous vous mordez les doigts en vous disant "Ahhh si j'avais eu mon livre..."...
Votre livre, votre lecture, votre texte, vous l'avez avec vous. Vous ne le savez peut-être pas, et pourtant si, il est bien là. 
Bon, ok, je m'adresse c'est vrai aux propriétaires, de plus en plus nombreux, de ces téléphones qui ne sont pas que des joujoux comme l'I phone, le Black Berry, et consorts. 
Qui offrent la possibilité de la lecture numérique. 
Vous vous connectez, et reprenez votre texte là où vous en étiez. Pile poil. C'est beau la technique. Que vous soyez coincé dans une salle d'attente, bloqué dans un embouteillage, balloté dans un transport en commun...votre livre vous suit. 
Ahhhhhhhhhh Excusez-moi... vous vouliez lire le blog Drôle d'endroit?? Mais, pas de problème. L'application "overblog" existe sur I phone. Sur Black Berry, je crois, aussi. Il suffit de la télécharger, elle est gratuite. Vous accédez après connexion au moteur de recherche overblog, vous tapez l'adresse : drole-dendroit.com, et nous revoilà ensemble.
Les articles sont parfaitement et clairement lisibles. Vous pouvez en consulter un, ou plusieurs. Les commenter. Les envoyer par mail à vos amis parce que, franchement, vous adorez (auto-satisfaction, désolée)...
Pour ceux qui ont ou auront (très vite) l'application, et qui de plus se sont inscrits à la newsletter, vous êtes informé par mail d'un nouvel article. Vous cliquez sur le lien...et la lecture peut commencer. 
Ne doutez pas de la lecture numérique. Elle vous offre la possibilité de lire. C'est tout. Et c'est déjà énorme.

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Lettres - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 14:27
Je ne réponds que maintenant aux lignes que je reçus de vous ce matin. 
Trop émue pour le faire plus rapidement, je cherchais il y a encore quelques instants les mots qui sauraient vous dire combien je fus, je suis, troublée à la lecture de vos phrases. 

Le doute n'est maintenant plus permis; il semble que les sentiments que je cherchais à vous cacher il y a encore peu, que je ne pouvais plus contrôler et avouais avec délice et inquiétude ensuite, aient été entendus. Et soient,je le pressens, je le sais avec confiance et certitude, partagés. Car vous n'avez pas hésité à me dire vos émotions, que je tentais moi de maquiller encore en amitié.

Mon trouble n'en est que plus grand, mon ambition de vous plaire, toujours, de vous satisfaire, encore, que plus réels et justifiés. 

Je vous parlais de tortue. Car c'est bien comme une tortue que je me voyais. Et j'ai bien des difficultés à chasser cette image. Imaginez cet animal sans sa carapace. Je ne vous parle pas de son esthétique. Il est vrai que j'attache souvent peu d'importance à la beauté plastique de ce qui m'entoure. Un paysage peut faire naître en moi des émotions visuelles. Chez mes amis, mes proches, ceux que j'aime, et tous les autres, je ne vois le physique qu'au travers d'une jumelle parfois étroite, celle de l'esprit. Un mot qui m'émeut rend la personne belle; un mot qui me chagrine transforme le plus beau des visages en un masque de bouffon. 

Votre visage est beau. 
Je voudrais le caresser. Le contempler, encore, si tant est qu'il me soit autorisé de le faire. M'y plonger, un instant qui serait alors une éternité. 
Vous apparaissez, disparaissez, et votre départ laisse derrière lui le goût de l'inachevé, de l'inassouvi. Mes yeux sont encore pleins de vous quand vous n'êtes plus là. Votre voix souffle encore dans mon cou lorsque votre bouche s'est refermée. 

Oui, je vous parlais de tortue. De cet animal qui, sans sa carapace, n'est plus rien face au monde qui l'entoure. J'ai entendu conter, de la bouche de voyageurs, que dans d'autres contrées l'on mange la chair de cet animal. 
C'est ainsi que je me sens; c'est ce que je redoute. Si je retire ma carapace, je me sens si faible, si fragile. Le monde alors pourrait me dévorer, et je n'aurai pas les armes pour me défendre. 

Mais avec vous, je suis prête à retirer cette carapace. Avec vous, je veux être cette tortue, nue et fragile, apeurée souvent, et protégée, aimée, regardée comme la créature de Dieu la plus belle et la plus importante qui soit. 
Je me sens aussi laide et grotesque que cet animal, aux allures préhistoriques, lorsque je me dévoile et que vous êtes absent. 
Je me sens belle et forte lorsque votre regard se pose sur moi. 
Je le cherche et n'en éprouve aucune honte. 

Vos lignes, ce matin, m'ont bouleversée. Arrachant cette carapace, avec force et douceur mêlées, vous m'avez fait paraître dans vos propos telle que vous me voyez; telle que je suis. Vous avez d'un trait saisi ce qui me touche et trouble le plus. Vous ne fuyez pas devant ma faiblesse. Vous l'aimez. Vous le dites. 

Et dans ces mots, c'est tout votre amour que je sens vraiment. Et qui me rend plus forte. 

Aussi, mon tendre ami, devant vous je suis nue. La pudeur n'a plus de raison d'être, si absurde en la matière. Je suis nue, et désire le rester. 
Puisque de vous je suis aimée.

Votre amie, votre mie. 

Madame B*


©Anne-Laure Buffet, Novembre 2009
Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Lettres - Communauté : des mots pour le plaisir
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Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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