Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 11:04
24H 

En rentrant chez moi (et après m’être débarassée des derniers vestiges de la soirée), je me suis dit que la vie était parfois cocasse.

Ma meilleure amie, Germaine, était donc bel et bien devenue lesbienne.

Avec une ex de Valentin.

Qui était également l’ex de Gaston (pas Valentin, mais son ex).

Et Valentin était en couple.

Comme moi.

Avec Gaston.

Euhh…Valentin n’est pas avec Gaston, c’est moi qui suis avec lui (Gaston), mais avec Valentine.

Posé ainsi, un dîner à six me semble envisageable, pour un remake de « Petits meurtres entre amis ».

 

Tiens, Gaston…Au moment où je pense à lui, je reçois un SMS…c’est un signe, c’est évident.

« Emma, j’espère que t’as passé une bonne soirée (oui, excellente, rien de particulier, mais sympa). Tu me manques. Appelle-moi, quand tu peux. Baisers. »

 

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants….Ne nous emballons pas, ma fille. A son début une histoire est toujours belle. Valentin est adorable.

Qu’est ce que je viens de dire ?

Valentin ?

Ça va pas non ?? Gaston. Il s’appelle GASTON. Faut pas confondre, ça ferait pas bon genre. Ouhlala la bourde….ppppffffff….heureusement que personne ne m’a entendue.

 

Donc, GASTON est adorable. Il me plait, je lui plais, on va s’aimer (sous une étoile ou sur un oreiller….) et je vais lui répondre, et on va se voir, et tout va bien.

« Très bonne soirée entre filles. Je t’appelle dans dix minutes…baisers »…

 

Ah Valentin, suis impatiente de t’entendre, je me fais juste un ca…Quoi ? J’ai redit quoi, là ? Valentin ? Oh merde merde. Merde. Esprit gluant, sors de ce corps.

Bien sûr, je voulais dire Gaston. Voilà, c’est ça de passer la nuit au poste avec un homme blessé, ça engendre des inquiétudes. Mais je sais très bien que mon chéri s’appelle Gaston.

Y’a pas d’erreur. Aucun doute. Je ne pense à personne d’autre, non non, c’est juste que ma langue a fourché.

Allez répète après moi : Gas-ton, Gas-ton, Gas-ton…

 

Café café aussi. Urgence café même. Faut recadrer les neurones qui me restent, et qu’ils arrêtent de s’emmêler les pinceaux, là, je déconne à bloc, franchement. Manquerait plus que je me trompe en étant avec Val…GASTON !!!!

 

OK.

C’est clair.

Il faut que je pratique un exorcisme. Que je chasse de mon esprit jusqu’au souvenir de Valentin.

D’un autre côté…il est trop bien, le Valentin, pour me résoudre à ne plus jamais le voir. Plus jamais avoir de nouvelles. Ne pas savoir ce qu’il devient. Plus jamais.

Plus jamais. Ça fait long.

 

Et puis ce coup d’œil, ce dernier coup d’œil, vers moi, avant de s’enfoncer dans le petit matin blême…ce petit coup d’œil qui voulait tellement dire….

 

Arrrffff…

Flûte

Crotte

Zut

 

Valentin…

Valentin, il faut que je t’éloigne de moi.

C’est nécessaire.

Vital.

Mais pas complètement tout de même.

On sait jamais, comme qui dirait, sur un malentendu…

 

Lui écrire. Voilà. Je vais lui écrire. Un beau mail très clair. Comme je sais faire.

Et après, j’appelle Gaston.

Je progresse, je ne me suis pas trompée de prénom. Eheheh.

 

« Valentin

J’espère que tu as pu soigner tes blessures et qu’elles n’avaient aucune gravité. Je me suis inquiétée pour toi mais n’ai pas osé le montrer hier, c’était déplacé. Enfin, c’était pas le moment. Ou pas l’endroit. Mais je voulais te le dire quand même.

 

Soyons honnêtes toi et moi.

Je trouve que, toi comme moi, avons des vies simples mais des emplois du temps assez compliqués en ce moment.

 

Y’a Gaston; et tu sais que moi, les complications...bon ok, les apparences peuvent être contre moi, mais les complications, j’aime pas beaucoup. J’apprécie énormément Gaston, c’est réciproque, et je veux laisser une chance à cette histoire.

 

Et y’a Valentine. Qui très clairement tient à toi. Et je pense que tu tiens aussi à elle.

 

Tout ça ne nous empêche pas de nous voir. En amis. Sans ambiguïté. Simplement. Pour un verre, sans coulommiers, sans huitre. Juste comme ça, pour se voir. Sans risque ou envie d’aller plus loin. Sans possible débordement. Une petite bise sur la joue et voilà c’est tout.

Qu’en penses-tu ?

 

Je tembrasse.

Emma »

 

On ne peut pas être plus claire. Simple, directe, droit au but. Je suis géniale.

Et je vais appeler Val…GASTON, nom d’un chien !

 

 

Gaston est parfait, merveilleux, extraordinaire, c’est la félicité, je touche au bonheur cuicui.

Il est impatient de me voir, il espère que je vais bien, je lui manque, il m’embrasse fort fort et a hâte de me tenir dans ses bras…

 

Bing.

 

Un mail.

Aaaahhhhh.

Ça doit être Gaston.

 

Ah ben non.

C’est Valentin.

Il va pas recommencer, lui.

J’ai été super claire quand même.

 

M’en fiche, je ne le lirai pas son mail, je suis toute à Gaston.

 

Ça m’intéresse même pas.

Même pas un peu.

Enfin si, un peu quand même.

Bon ok vous avez gagné, ça m’intéresse un peu plus qu’un peu.

Et puis vous êtes de gros curieux.

Si j’ouvre ce mail, c’est juste pour vous, que vous ne soyez pas frustrés.

Je vais le lire en biais, comme ça, pour voir.

Et après, hop, corbeille, terminé, basta, et vive Gaston.

 

 

«Emma

Merci de t’inquièter pour moi ; juste quelques coupures, et un costard foutu. Tout va bien. Valentine m’a soigné, je suis un homme neuf, ou presque.

 

Sur l’autre sujet, puis-je me permettre d'être un peu plus clair ?

J'aime bien l'ambiguité en général, mais elle finit souvent par me jouer des tours...

 

Aussi, je lis entre tes lignes (en espérant que je comprends bien ce que tu veux dire). Nous décidons donc que tant que sont présents Gaston ou/et Valentine, nos relations seront amicales et sans ambiguité et sans autre forme de procès, d’acune sorte. C’est bien cela, j’ai tout compris ?

 

En cas de disparition simultanée de Gaston et Valentine, et là il faudra peut-être qu'on enquête car ce serait quand même vraiment bizarre, nous pourrions avoir cette discussion, entre tes lignes, de nouveau. Ce qui, je le maintiens, semble et reste, demeure, improbable.

 

Efforçon-nous donc de ne pas avoir envie l'un de l'autre, obligation de moyens sinon de résultat, ce serait quand même bien d'y parvenir. Emma, nous pouvons y arriver. Valentine m’apporte beaucoup, et Gaston est un homme bien.

 

Pour plus de discrétion, réduisant ainsi encore le risque de la disparition simultanée évoquée plus haut, abstenons-nous de mentionner ce qui a eu lieu mais dont la publicité serait de nature à foutre le bordel dans nos existences actuelles, en ce qui me concerne je ne regrette rien du tout, bien au contraire, mais je peux me contenter d'y repenser comme à un rêve érotique très convaincant.

 

Donc, ceci pour dire, perdons pas notre temps, que si nous nous recroisons bientôt, et je sais que nous saurons le faire comme des adultes, merci de bien vouloir ne pas me sauter dessus, ni déchirer mes vêtements, les huitres ont déjà fait le nécessaire de ce côté, ni frotter ta peau contre ma peau, ni mettre ta langue dans ma bouche, on a dit amical et sans ambiguité, je te rappelle qu'on est tous les deux en couple.

 

Non mais.

 

Je t’embrasse.

 

Valentin »

 

 

Voilà.

Très bien.

Cette fois, c’est clair. Amis. Simplement…..hummmpppppfffff…

 

Bon, je vais rappeler Gaston.

 

 

To be continued…ou pas

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 14:24
24H 

(Previously, in my 24 hours, j’étais assise suite à une chute malencontreuse sur un tas d’huitres. Alors que Germaine et sa Cathy-chérie volaient à mon secours, Valentin surgit de nulle part. Découvrant que nous le connaissions toutes les trois, Cathy entra dans une colère vengeresse, et nous nous retrouvâmes aussi sec en plein catfight).

 

Il y a un jeu, je ne sais plus comment il s’appelle, avec un tapis de sol et des ronds de couleur. Chaque joueur doit poser ses pieds, et ses mains, sur les ronds, selon un ordre bien précis, déterminé par des cartes, ou des dés…là non plus je sais plus. Mais je sais qu’à la fin, ça fait des noeuds et tout le monde se casse la gueule.

 

C’est à quelque chose près ce qu’il s’est passé.

 

Cathy s’est jetée sur moi, ce qui n’était pas compliqué, puisque j’étais déjà à terre. Voyant ça (à moins qu’il n’ait glissé sur une huitre), Valentin s’est précipité sur Cathy, qui d’un mouvement rageur s’est retournée avec une violence non contenue, propulsant Valentin à … approximativement … trente centimetres. Car, alors qu’elle voulait le frapper, je m’étais emparée de son bras droit avec ma jambe gauche, le bloquant fermement genre pince monseigneur (et on arrête tout de suite de rêver les mecs, je suis en pantalon, je vous le rappelle).

Pendant ce temps, et tout en poussant des cris de paon, Germaine s’accrochait au dos de Cathy, tentant de la tirer en arrière, alors que Cathy cherchait à se dégager. Pour l’aider, par pur altruisme, je la repoussais de mon bras libre, elle recula et se retrouva à percuter Valentin, qui s’écroula à son tour. Et puis ensuite tout s’est emmêlé.

Germaine ne savait plus ou donner de la tête et des bras, je continuais de m’empêtrer dans les huitres, Valentin était quelque part dissimulé sous Cathy qui remuait de tout son corps comme une araignée sur le dos, le public en délire était debout sur les tables, manifestement certains prenaient déjà des paris…

 

Et là, plus fort que les hurlements de Cathy, plus strident que les cris de Germaine, plus perçant que mes appels à l’aide (ben oui, j’ai commencé à me dire que ça serait bienvenue, de l’aide), plus terrible que les grognements de Valentin, au delà du bruit de nos spectateurs abasourdis, un son quasi inhumain, tendance extra terrestre mal luné, nous a plongés dans l’effroi et le silence en une seule seconde.

 

Soudain transformée en statue de sel, Germaine était bouche ouverte façon carpe. Cathy, telle une hyène en porte jarretelles, eut un rire hystérique. Et moi, à quatre pattes (la position n’est pas élégante, mais quand on vient de passer plusieurs longues minutes le séant dans la glace et la marée, on finit par se moquer de tout), j’avançais lentement vers Valentin, qui était dans un piteux état.

 

(Je fais ici une petite appartée…ayant chu une fois en avant, une fois en arrière, mais toujours sur des débris d’huitres, Valentin avait déchiré son beau costume, s’était tâché à plusieurs endroits, et saignait, apparement beaucoup, sans que j’arrive à déterminer la gravité des blessures)

 

(Je fais tout de suite une deuxième appartée : jamais de ma vie je n’ai vécu de situation plus grotesque. Ça serait dans un film, ou un mauvais roman, ou même pire, dans une série TV diffusée sur M6, on ne le croirait pas. Et pourtant, c’est du vécu. Et je ne suis pas fière, croyez-moi.)

 

Bref.

 

Alors que deux minutes avant l’agitation était à son comble dans le restaurant, et que l’excitation générale portait le volume sonore au maximum, il régnait maintenant un silence de plomb. Si une mouche s’était aventurée à voler à cet instant, elle se serait figée sur place de trouille.

Et seul ce son terrifiant retentissait.

 

VAAAAAALLLLLLLLLLLLEEEEEEEEENNNNNNNTTTTTTTTTINNNNNNNNN!!!!!!!!!!!

 

Vraiment c’était affreux. Moche moche. Bbbbrrrr quand j’y pense j’en ai encore froid dans le dos.

Mais au moment où le cri bestial me parvint, j’étais encore pleine de courage. Et de curiosité, aussi, je l’admets.

 

Je levais la tête, cherchant la source sonore. Je constatais que Germaine avait tourné la sienne (de tête, pas de source), dans la même direction que moi. Et Cathy aussi. Tout comme d’ailleurs l’ensemble des clients du restaurant. C’est étrange qu’il n’y ait pas eu la presse, mais on n’est pas aux “States”, en même temps.

Je jetais un coup d’oeil sur Valentin.

Il était là, blessé, saignant comme un animal pris au piège, le regard de la bête traquée défigurant son beau visage (ah ben voilà que ça me reprend, comme si c’était le moment). Nos yeux se croisèrent. Et là, je le vis prononcer, remuant doucement la tête, un “Et merdeeeeeeee…..”

 

VAAAAAALLLLLLLLLLLLEEEEEEEEENNNNNNNTTTTTTTTTINNNNNNNNN!!!!!!!!!!!

 

Oh. Ça m’a fait sursauter. Une fois ça va passe encore, mais deux,  c’est beaucoup pour un coeur fragile. Je relevais la tête (je précise à tout réalisateur impatient de tourner cette scène qu’il serait bien vu de le faire ici au ralenti, un peu genre effets spéciaux, comme dans Matrix quand ils sautent tous dans tous les sens mais en fait mettent deux heures à faire 5 centimètres).

Face à moi se tenait une femme.

Que je n’avais jamais vue.

 

Et qui était de toute évidence fort en colère. Il m’est donc assez difficile de vous la décrire objectivement. De plus, j’avais toujours du vinaigre et de l’eau glacée qui me coulaient sur la figure, ce qui trouble quand même pas mal la vision. (Allez vous mettre de l’échalote dans la pupille, on en reparle après).

L’autre évidence, c’est qu’elle connaissait Valentin, ou sinon, cétait un sacré coup de bol d’avoir trouvé du premier coup son prénom.

J’en étais là de ma réflexion que je l’entendis s’adresser à mon sauveur (tu parles d’un sauveur…en lambeaux et tout écorché de partout, ça craint).

 

Valentin…salaud, ordure, je t’ai suivi, et j’ai bien fait. Tu peux nier, tu peux continuer à nier, c’est ce que tu fais de mieux de toute façon. Mais tes mensonges j’en ai eu assez figure toi. Suis moins con que tu ne penses. C’est sur si j’avais été totalement stupide, ça t’aurait arrangé, mais désolée, j’ai un cerveau. Alors tes mensonges et tes histoires qui valent pas un clou, j’en ai soupé. Oui, je t’ai suivi. C’est moche? Je m’en fous. T’es pas capable d’être honnête, tu te tapes la moitié de Paris dans mon dos… et quand je vois la moitié…des grognasses plutôt, et tu rentres pour manger sagement ta sousoupe…T’inquiète, j’en ai le coeur net, c’est tout ce que je voulais savoir. Tes affaires sont déjà dans un carton. Essaie de passer les chercher avant de te taper une de ces poufs, ça serait dommage que j’ai le temps de tout crâmer.

 

“Euh…grognasse et pouf, c’est beaucoup quand même. En plus pardon mademoiselle, mais on ne se connaît pas, moi c’est Emma, pas grognasse. T’avais qu’à pas le suivre, vas pas te plaindre maintenant”…enfin, tout ça, je le gardais pour moi, elle m’avait l’air assez énervée comme ça.

Cathy, d’un bond, s’était retrouvée debout : “Tu sais ce qu’elle te dit la pouf?”

Valentin voulut s’interposer : “Non, Cathy, c’est pas trop le moment là”

Germaine…avait toujours la bouche ouverte, toujours façon carpe.

 

Et alors que Madame-je-suis-très-très-très-en-colère s’apprêtait à faire demi-tour, Valentin lui demanda de l’attendre. De l’écouter. De lui laisser une chance de s’expliquer.

 

Je ne bougeais plus. Cathy non plus. Germaine non plus, mais comme en somme elle n’avait pas fait un millimètre depuis quelques minutes, ça ne changeait pas grand chose. Germaine est stupéfiante d’immobilité quand elle s’y met. Elle doit avoir un truc, je lui demanderais. Petite, elle a du gagner tous les concours au jeu de la statue.

Mais je digresse, je digresse.

 

Valentin avait la main tendue vers la femme aux insultes. C’était presque touchant à voir. J’ai même cru entendre un reniflement dans mon dos. Et une voix dire “Ecoutez-le, laissez lui une chance”. Suis émue en y pensant, franchement.

 

“Non, Valentin. Je ne peux pas rester avec un minable…”

 

La tension était à son comble.

Et je sentais de plus en plus l’huitre pas fraîche. Mais c’est un détail sans intérêt. Indisposant, mais sans intérêt.

 

Alors que la femme aux insultes allait à nouveau s’en aller, un fait imprévu nous précipita dans le chaos. Comme si la soirée n’avait pas été assez compliquée.

Le fait imprévu était habillé en bleu. Et brandissait une carte de police.

Nous reçûmes l’ordre de ne pas bouger. Ça tombait bien, puisqu’on ne bougeait pas. Ça changeait pas grand chose en tout cas.

Et puis on se fit dire que nous semions le trouble, que les forces de police avaient été contactées, que les fauteurs de trouble allaient donc être interpellés, que toutes les autres personnes pouvaient reprendre une activité normale (j’ai attendu qu’ils disent “et éteindre votre télévision”, mais c’était pas les Guignols de l’info), et que nous étions priés de les suivre.

Tous.

Enfin, tous les coupables.

 

C’est ainsi que la tête basse et la queue entre les jambes (je dis ça essentiellement pour Valentin. C’est un peu grivois, mais faut bien se distraire) nous sortîmes du restaurant. Tous les cinq (je reprends pour les distraits : Valentin, la femme aux insultes, Germaine, Cathy, et ma pomme), nous nous sommes retrouvés dans le panier à salades, puis, au poste.

 

Valentin saignait abondament. J’étais très inquiète, mais dissimulait mon stress sous les morceaux de coquilles d’huitres qui continuaient de tomber de mes cheveux, un peu comme des grosses pellicules (autant aller au bout du glamour…).

Et Valentine nous fixait, toutes les trois, très très méchament. Vraiment très. Heureusement, derrière les barreaux, nous étions en sécurité.

Et puis il a fallu s’expliquer, tour à tour. D’abord, avec l’officier de police de service, qui manifestement ne comprenait rien. Comme si c’était compliqué de comprendre. Vraiment, il ne faisait aucun effort.

Là, ça allait encore.

 

Après, il a fallu s’expliquer avec Valentine. Lui dire que oui oui Valentin est troooooop bien (cri du coeur de nous trois réunies) et qu’elle a beaucouuuuup de chance (même cri du coeur), mais que non non, on aurait bien voulu c’est vrai, mais on n’a pas couché j’vous jure madame, j’ai jamais couché avec vot’ copain.

 

Et Valentin saignait toujours. Ce qui ne dérangeait personne. Sauf peut-être lui, mais nous étions trois à nous justifier, nous n’avions pas réellement le temps d’éponger ses blessures diverses, donc il se taisait, perplexe et espérant sans doute que nous arriverions à convaincre Valentine de notre quasi innocence.

On n’a pas menti en plus.

Germaine a avoué son défaut d’épilation le soir où elle aurait pu coucher avec Valentin, et donc le fait qu’elle était rentrée, seule. J’ai avoué mon faible pour ce sublissime mec, et mon goût du romantisme, et que donc, j’avais voulu attendre (c’est malin Emma, c’était sans doute ta seule chance avec Valentin…)

Cathy a reconnu une partie de jambes en l’air façon je grimpe aux rideaux, mais super vieille, un truc pour lequel il y a prescription. Germaine a flanché…Cathy connaîtrait-elle plus le Nirvana avec Valentin qu’avec elle? Mais Cathy l’a rassurée. Germaine était son tout et son infini, son idéal, son…oui ben ça va les filles, ça ne nous regarde pas.

 

Et Valentin saignait encore.

Ça fait répétitif dit comme ça, n’empêche que ça sentait la transfusion.

Pauvre Valentin.

Allez prendre dans vos bras l’homme qui n’est pas celui de votre vie mais qui aurait pu l’être si vous étiez moins con quand sa copine est juste à côté. C’est pas simple, et pas très discret. Donc, je me suis abstenue.

 

Le brigadier super malin qui n’avait rien compris mais ne voulait pas en savoir plus a finalement décidé qu’on n’était pas si méchants que ça. Ou peut-être que je sentais tellement mauvais qu’il a préféré que je lève le camp.

 

Bref; Cathy et Germaine se sont embrassées. Vachement goulument. Ça m’a fait bizarre de voir Cathy rouler des pelles de la mort qui tue à une fille. Mais au point où en était la soirée…

Valentine a fini par nous croire.

Et a fait à Valentin ce que Germaine faisait à Cathy.

Moi, j’avais un petit bobo à la main. Alors je me suis embrassée.

 

Et on est parti.

Germaine et Cathy vers la gauche, Valentin et Valentine vers la droite.

Et moi, droit devant. Seule, fière, avançant tel un ban de sardines vers ma destinée.

 

To be continued (ou pas…Inch Allah)

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /2010 16:58
24H(Previously, in my 24 hours, je prenais l’apéro avec Germaine, qui est donc lesbienne, et son amie Cathy, l’ex femme de Gaston; et découvrais que ladite Cathy n’était autre que la blonde tueuse aux porte-jarretelles rouges décrite par Valentin. Sous le choc de la découverte -et un peu sous effet mojito- je finissais une fois de plus par tomber, littéralement, de ma chaise…)

 

 

Nom : Pauv’tâche

Prénom : Emma

Profession : spécialiste en chutes en tout genre

Activité principale : animations dans les bars lors de soirées parisiennes…

 

Parfois, il ne faut pas ouvrir les yeux. C’est un réflexe humain, certes, mais qui peut s’avérer idiot.

Cela dit, comme manifestement je suis condamnée à faire des trucs idiots…je les ai ouverts.

Ah oui, pour ceux qui ne suivent pas…je vous rappelle que je suis, à l’instant où j’ouvre les yeux, explosée (y’a pas d’autres mots) par terre, en compagnie de Germaine et de sa Cathy-chérie, au milieu d’un bar, bourrée comme un coing à coup de mojitos, et couverte d’huitres. Lesdites huitres provenant d’un plateau que j’ai percuté en chutant.

Ce qui m’a sortie de ma torpeur, c’est l’odeur du vinaigre. A l’échalote. Mon cerveau embrumé s’est soudain rappelé que comme parfum, c’est pas banal, et j’ai ouvert les yeux, pour mieux évaluer l’ampleur des dégâts.

 

Vous est-il déjà arrivé d’avoir le sentiment d’être en dehors de votre corps, et de regarder la scène, vous compris, de l’extèrieur? C’est très étrange. Insolite, je dirai même.

Je vous explique  : (voix de commentateur façon Zitrone, ça fait mieux quand même, et puis ça va bien avec mon côté princesse…).

Bonsoir chers amis. Nous avons devant nous, ou plus exactement posée, étalée au sol, la jeune Emma, dont nous distinguons avec peine les cheveux, la veste, et le pantalon, car ils sont à l’instant même recouverts d’un monceau d’huitres et autres bigorneaux décoratifs. Sa très fidèle amie lui tend déjà une main secourable, aidée par d’une femme blonde, dont nous pouvons apercevoir une partie d’affriolants dessous n’est-ce pas mon cher Guy, n’avalez pas votre moumoute-. Mais que se passé t’il? Alors que la jeune femme tente maladroitement de se remettre sur pieds, voici un homme qui surgit, nous ne savons d’où et yes yes it’s completely incredible, amazing (ah oui, Nelson Monfort a pris le relai pour l’occasion…), he’s running to the young and beautiful lady, with his beautiful white horse and…

 

And ma pauvre Emma, t’es complètement torchée, tu tiens pas sur tes jambes, tu pues le crustacé, ce qui va t’attirer des blagues diverses et variées (et pour certaines avariées wouarf wouarf quel humour), t’as ruiné une fois de plus un restau, tu es la risée de l’assistance, Germaine te pardonnera mais va commencer à en avoir sérieusement ras la casquette de tes conneries.

Quant au cheval blanc, rien du tout.

L’homme qui surgit, en revanche, est bien là.

 

Toujours posée au sol, entre deux huitres qui manifestement se fichaient bien de moi, je le vis soudain arriver, au grand galop. Enfer et damnation. Il ne manquait que ça.

Parfois, on ferait mieux de ne pas se lever. Et je commence à trouver que franchement, très franchement, ce serait une excellente chose que plus jamais je ne me lève.

 

Germaine me tend une main, Cathy une autre, je les attrape, morte de honte et subitement dégrisée. L’homme qui se précipite vers moi (pas si vite que ça, la foule soudain debout pour me voir l’empêchant de passer) semble à la fois hilare et consterné. Plus jamais il ne me prendra au sérieux. Plus jamais il ne voudra me parler. Tout est fini.

Tout est fini…mais que fait-il là?

Comment a t’il su que j’étais là?

Bon, ok, il n’est peut-être pas venu pour moi, mais alors pour qui? En tout cas il est là, bien là, de plus en plus là car moins d’un mètre nous sépare, il arrive, il se penche vers moi, c’est donc qu’il est bien vivant, tout va bien, personne ne s’en est pris à lui…

-       Emma…besoin d’aide?

-       Valentin…je te croyais mort…

-       Pardon?

 

C’est sûr, comme manière de remercier un presque inconnu qui vient à votre secours, c’est moyen. Mais c’est sorti tout seul.

 

Je lâche la main de Germaine, pour saisir la sienne, tente de chasser de mon talon droit un mollusque tenace, et dans le même temps d’adopter un air digne. Si vous vous êtes déjà retrouvé avec des huitres dans les cheveux, vous devez savoir que c’est quasi mission impossible d’avoir l’air digne en étant ainsi paré.

 

Et alors que je me redresse, lentement, mais presque sûrement, il y a comme un brouhaha :

-       Valentin??? Mais qu’est-ce que tu fiches là?

-       Ah Valentin t’as pu venir…suis tellement contente…

-       Tu connais Valentin?

-       Oui, je n’ai pas eu le temps de te le dire, mais entre Valentin et moi…

-       Oh les filles suis HEUREUX pour vous

 

(Pourquoi il crie Valentin…j’ai mal au crâne…et puis entre lui et moi…mais c’est pas trop le moment d’en parler…)

 

-       Sacrée surprise tout de même

-       Comme tu dis, suis sciée

-       Vous vous connaissez?

-       Oui, Valentin est un pote de Gaston

-       Non, pas possible…

 

Euh…excusez moi, je veux pas la ramener, mais soit vous m’aider à me lever, soit je me débrouille toute seule…

 

-       Alors ça quand même c’est pas banal…

-       Non, comme tu dis. Et vous retrouver toutes les deux ici…

 

On est trois Valentin. Suis en dessous, sous les huitres…

 

-       Tu bois quelque chose?

 

Si ça intéresse quelqu’un, j’offre le citron, j’en ai des rondelles dans le décolleté…Bon, ok tout le monde s’en fout.

 

-       Alors, vous êtes heureuses? N’empêche j’y crois pas. Un truc de malades…Et Gaston est au courant?

 

Non, Gaston penses que tu es avec sa femme…enfin, je vais garder mes commentaires pour moi. Finalement on s’y fait à avoir les fesses posées sur un tas de coquilles d’huitres. Qui a dit déjà que ça ferait de jolis cendriers? Puisque personne ne me regarde, je pourrais en glisser une dans mon sac à main, ni vu ni connu, et hop je refais la déco…

 

-       Non, Gaston ne le sait pas.

-       Remarque, question con, il m’a appelé pour m’insulter, il pense que je suis avec toi.

-       Comment ça, il pense que tu es avec Cathy?

 

Ah, ça, c’est Germaine. Oh, ben elle a l’air fâché d’un coup. Et puis vu d’en bas, qu’est ce qu’elle fait grande.

Tiens, j’avais une huitre dans le cou. Bizarre quand même, ça se glisse partout ces trucs, faudra que je vérifie plus tard que je n’en ai pas d’autres ailleurs…

 

-       Rien, ma chérie, n’écoute pas Valentin, Gaston est parano…

 

Gaston parano? MON Gaston?? Ah ben non, pas du tout. Cocu, oui, mais pas parano.

 

-       Si tu le dis, je te crois…c’est quand même curieux de la part de Gaston, mais je ne le connais pas. Emma, tu le connais toi?

 

Oui, je connais Gaston, oui, j’ai les fesses dans le vinaigre, oui, je n’arrive pas à me lever, et oui, ce n’est pas du tout le moment de vous rappeler que je suis là.

 

-       Ah oui? Tu connais mon ex?

 

Je pourrais simuler l’évanouissement. Là, ça me semble idéal comme moment.

 

-       Oui, je crois même qu’elle le connaît bien.

 

Mais de quoi je me mêle, Valentin?? On t’a sonné? Tu débarques comme un pet sur une toile cirée, je pensais que t’étais mort, ok j’étais inquiète, mais bon, tu l’es pas ça va tant mieux, tu me laisses trainer dans mes coquilles, et en plus tu vas raconter ma vie…

 

-       Comment ça très bien?

-       Ça a l’air de t’ennuyer, Cathy, que Emma connaisse ton ex?

-       Fais pas ta mijorée, Germaine. Je t’aime, mais c’est encore mon mari…

-       Mais tu l’as quitté…

-       Oh les filles vous n’allez pas vous disputer?

-       Valentin, TAIS TOI!

 

Oh ben la Cathy, elle est en rogne. Peut-être qu’en rampant sous la table je pourrais fuir discrètement…

 

-       Emma, bouge pas!

 

Merde, elle m’a vue. Bon, je vais rester sagement assise avec mes bigorneaux.

 

-       Alors, c’est vrai ce que dit Valentin?

 

Ppppffffff….je suis obligée de répondre? Y’a un avocat dans la salle ?(j’ai pas dit dans la salade…désolée, je ne peux pas m’empêcher de faire des blagues nulles)

 

-       Tu ne dis rien (suis pas en posture pour parler, blondasse…), c’est que c’est vrai, alors…

-       Cathy, je t’en prie…

-       Tais toi Germaine, ne t’en mêle pas…

 

Et c’est là que Cathy s’est ruée sur moi.

Que tous les hommes de la salle restent debout…

Catfight…

To be continued 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 17:30
24H(Previously, in my 24 hours, je voulais annoncer à Germaine qu’il se passait quelque chose entre Gaston et moi. Mais la laissant d’abord parler, je découvrais alors que non seulement mon amie avait viré lesbienne, mais que de plus sa grande histoire se passait avec l’ex femme de Gaston, j’ai nommé…Cathy…)

 

-       -  Emma…tu ne dis rien…je t’ai choquée?

 

Non, suis pas choquée. J’ai bu trois mojitos à jeun, t’es homo, ta nana est l’ex femme de mon mec, tout est normal.

Oh ça va vous. Suis pas tombée de la dernière pluie, et suis pas si gourdasse que ça. Je m’en fiche qu’elle soit gou…enfin je veux dire homo. Lesbienne. Gay. M’en fiche complètement. Si elle est heureuse, ben ça c’est bien.

Voilà.

Y’a plus rien dans mon verre, c’est un souci.

Vais p’têtre reprendre un mojito. C’est bon les mojitos. Et puis c’est frais, avec la menthe, on se croirait presque au soleil. Faudrait que je prenne des vacances d’ailleurs, ça fait longtemps que je ne suis pas partie. Voilà vais faire ça, vais partir au soleil, toute seule…pas de Germaine, ni de Gaston, ni de Cathy, ni de Valentin, adieu veaux vaches cochons, débrouillez vous sans moi, je rends mon tablier, ras le bol basta…

 

-       - Emma? Tu fais la gueule?

 

Ah mais non, mais pas du tout, pourquoi je ferai la gueule? Elle est bonne celle-là! Je vais pile poil impec, tout est en ordre dans ma vie, je gère à fond.

 

-       -  Emma! Tu pourrais dire quelque chose quand même!

-       Oui, c’est vrai, je pourrais. Et bien je vais dire que je veux bien un mojito, là.

-       - Emma, tu crois pas que t’as assez bu? En plus, franchement ça m’arrange pas, ça me fait de la peine, même. J’étais tellement heureuse, je voulais tellement te le dire…Je me doutais un peu de ta réaction, mais suis déçue et triste. Je pensais que tu pouvais comprendre, accepter, que tu pouvais te réjouir pour moi…

 

Ben oui ma grande je me réjouis pour toi. Ouhlala qu’est ce que je suis contente. Et qu’est ce que c’est simple tout ça. Ça va être trop bien nos diners avec nos copains (oh, copine, pardon…). Gaston, je te présente Germaine, c’est ma meilleure amie, et Cathy, sa copine, qui t’a quitté pour Germaine…

 

-       En plus…mais c’est moi qui suis stupide, j’aurai du t’en parler avant…en plus Cathy va arriver, je voulais te la présenter.

 

Trop de chance Emma. Cache ta joie, tu vas finir par faire envie aux autres. C’est ça, parfait, super. Bonjour Cathy, ravie de te connaître…au fait t’inquiète pas pour ton mari, c’est avec moi qu’il couche maintenant.

Je veux mourir tout de suite.

Creuser un trou sous la table et m’enfoncer dedans à tout jamais, et ne plus jamais jamais voir personne. M’enfoncer mais avec deux ou trois verres en plus quand même, faut pas partir les mains vides.

-       Ah ben c’est une bonne idée Germaine, je suis très touchée…

-       C’est vrai? Tu sais, ça compte tellement pour moi…tu es ma meilleure amie, je serai malheureuse comme tout si tu ne partageais pas mon bonheur…

-       T’inquiète, suis vraiment…trop trop bien, enfin, contente, là. Ouais. Contente, c’est ça.

 

Je n’avais pas fini ma phrase que Germaine se levait. Elle va faire quoi? Se mettre debout sur la table pour crier au monde sa passion pour le gazon? Oh Emma arrête tu deviens vulgaire….ppppffff pas bien ma fille.

Ah non, elle se tourne vers la porte.

Ça doit être la femme de Gaston, enfin, la copine de Germaine, qui arrive.

 

Emma, n’oublie pas que Germaine est ta meilleure et plus vieille amie, et que tu dois accepter son bonheur. Ouais ouais. Et être dé-ten-due. Tout cool. Cool Raoul.

N’empêche avec un autre mojito, ça serait plus simple, mais Germaine elle a dit non non non, alors c’est non non non.

 

Vais essayer de me mettre debout. C’est énervant quand même ces bars où ils mettent des tables qui bougent toutes seules, après on ne sait plus à quoi se tenir…

Alors donc là, je vais voir Cathy.

Quelle chance.

 

-       Emma, je te présente Cathy…

-       Bonjour Emma…

 

Oh ben elle a vite traversé la pièce celle-là. Alors Cathy, à quoi tu ressembles?

 

Tu ressembles à une grande blonde. Vachement chic la grande blonde. Oh p*****le sac c’est celui dont je rêvais. C’est un cadeau de Gaston? (Non, ça je peux pas demander, je sais me tenir quand même, on a sa réserve…).

Alors ok bien bien, blonde, grande, chic, avec le sac de Gaston (je cafouille un peu je crois quand même), et hop elle me claque la bise, super moi aussi suis contente, surprise mais contente, eh oh pourquoi tu me tiens la main la grande blonde? Ah, pour m’aider à m’asseoir, c’est sympa, voilà, je me pose, ok, poussez pas les filles.

 

-       Moi aussi suis très heureuse pour vous.

 

Ça fait un peu félicitations avant mariage ce que je viens dire. Pas grave, on va le mettre sur le coup de l’émotion.

Et me voilà assise entre Germaine et Cathy.

Ça me rappelle ma soirée avec Germaine et Valentin, mais en pire. Faites qu’il n’y ait pas de coulommiers dans les parages

 

Germaine a des yeux de merlans frits. C’est pas des masses glamour. Mais je dois reconnaître qu’elle a l’air super amoureuse.

Et Cathy, pareil. Même regard. Je me sens l’âme d’un marin pêcheur tout à coup. Bon, et maintenant on fait quoi, après les présentations officielles? Cathy, que font vos parents? C’est naze ça…ppppffffff Emma, t’es à côté de la plaque.

 

Pendant que je converse avec moi-même, Cathy croise les jambes. Je vous jure que je n’ai pas l’habitude de regarder les jambes des filles, mais là, je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas m’en empêcher. Elle croise ses jambes, et en les croisant, laisse apparaître un truc, un , ohhhhh comment ça s’appelle déjà? Pppfff j’ai plus toute ma tête. Ah oui. Un porte-jarretelles. C’est ça. Rouge. C’est un peu vulgaire, ça, un porte-jarretelles rouge. Porte-jarretelles rouge…merde ça me rappelle un truc…cherche Emma, cherche…

Porte jarretelles rouge…le mail de Valentin…Valentin….mais que disait Valentin…ah oui…oh…ohlala…il me disait de me méfier. D’une blonde serial killer mega dangereuse. En sous-vêtements rouges. Oh merde. Et en plus il connaît Cathy, forcément, il se l’est tapée (eurkkk, faudrait lui dire à Valentin qu’elle est homo sa Cathy). Et merde de merde, mais s’il a raison? Si c’est une folle malade dangereuse? Et ma Germaine, qu’est ce qu’elle va devenir?

Et Valentin d’ailleurs, s’il n’est pas avec Cathy, avec qui est-il? Où est-il? Qu’est ce que Cathy lui a fait?

 

Eloigne toi de moi, monstre…pauvre Valentin…si ça se trouve, elle l’a coupé en morceaux, et il traîne par petits bouts dans toutes les poubelles de Paris, et maintenant elle va s’en prendre à Germaine…

 

Et c’est là que je suis tombée de ma chaise.

 

To be continued

Et pendant ce temps là...Valentin... 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 19:35
24H(Previously, in my 24 hours, J’allais boire un (bon, ok, des) verre(s) avec Gaston. Je remettais deux trois pendules à l’heure au sujet de Valentin, cet être vil et sans intérêt, et je finissais par être embrassée par Gaston…)

 

ça commence à se compliquer.

Et réfléchir avec la gueule de bois est franchement pas simple.

Si je me résume : ce soir je vois Germaine, qui va me dire ce qu’elle vit de si mystérieux. Je vais bien sûr lui parler de Gaston, avec qui j’ai passé un peu plus que la soirée, et du fait que c’est tout de même bien embêtant parce que et d’un c’est un collègue de travail, et de deux, il est malheureux car quitté par sa femme donc, est-il sincère? Et puis je lui dirai aussi clairement ce que je pense de Valentin, et ce que j’ai appris sur lui récemment.

A moins que… à moins que en fait Germaine ne soit avec Valentin, mais qu’elle voulait être sure d’elle avant d’en parler. Mais dans ce cas, avec qui serait la femme de Gaston? (Tiens, elle doit avoir un prénom celle-là, mais j’ai zappé, ou il ne me l’a pas dit, enfin, je sais plus, et c’est sans importance).

Alors si Germaine est avec Valentin, je ne peux tout de même pas en faire un tableau trop sordide; Une fois ça va, mais deux, Germaine va finir par mal le prendre. Mais faudrait quand même que je l’avertisse que c’est un être sans scrupule.

Et avec tout ça, cette histoire avec Gaston, c’est du lard ou du cochon? Parce qu’on était quand même sérieusement allumés hier. D’un autre côté si c’est sérieux, au travail, ça va pas le faire. Et puis il vient d’être plaqué, et…ohhh j’ai mal à la tête moi.

 

Bing.

 

“Emma.

Merci pour hier. Être avec toi m’a fait le plus grand bien. Et quoique nous ayons bu, et fait, je ne regrette rien. Bien au contraire. Est-ce que tu es libre ce soir?

Tendres baisers.

Gaston”

 

Alleluia et mazeltov.

Il assume. Il veut me voir. Je vais bien, Gaston est un être parfait, sensible et tout, fragile encore, mais parfait, et ce soir nous allons…Nous allons rien du tout. Ce soir je vois Germaine. Gaston va comprendre, Gaston, je le verrai demain, Gaston et moi allons vivre nous aussi une histoire et je ne vais pas la tenir secrète, enfin, sauf au bureau, et ça plane pour moi lalalala.

 

“Gaston

Ce soir ça va être très difficile, je dois absolument voir ma meilleure amie, Germaine…Demain, si tu peux? J’ai passé une soirée étonnante et …tes sentiments sont partagés.

Je t’embrasse, tendrement.

Emma”

 

Chouette, j’ai pu placé mon “Je t’embrasse tendrement”

 

Bing

 

“Passe une bonne soirée avec ton amie. Demain, je t’invite à diner. Hâte de te tenir dans mes bras.

Baisers

Gaston”

 

Waouahhhh…Hâte de me tenir dans ses bras…Hier soir était sans aucun doute précipité, mais ce n’était pas une connerie. Je fonds.

 

“Mille tendre baisers aussi. Emma”

Je suis d’accord. C’est un peu culcul la praline. Mais je ne vais pas me plaindre. Il me plait bien, Gaston. Et s’il veut m’embrasser…qu’il ne se gêne pas.

 

Et la journée s’est passée ainsi. Un p’tit mail de Gaston par ci, un autre par là, des “je pense à toi”, et des “vivement demain, millions de bisous” en veux tu en voilà. A un moment je me suis même dit que c’était trop. Presque louche. Et puis non. Ma fille, toi aussi tu as droit au bonheur.

De plus, avec l’heure qui tournait, ma curiosité vis-à-vis des amours germainesques ne faisait que croître et embellir. Et mon envie de lui parler de Gaston aussi.

 

Nous avions elle et moi rendez-vous dans notre bar préféré. J’étais un peu en avance (ce qui est rare chez moi) et Germaine un peu en retard (ce qui est très rare chez elle), aussi je décidais d’attaquer sans plus tarder. Un mojito pour la p”tite dame (après le citron coincé en travers de ma gorge hier soir, je préférais arrêter le gin tonic pour quelques temps).

Je sirotais tranquillement mon verre, remuant la menthe avec la paille et faisant tinter les glaçons, lorsque je vis entrer Germaine.

Stupéfaction complete. J’en lachais la paille (pas mon verre; y’a des choses qui se respectent tout de même).

Germaine, MA Germaine, en principe si discrète, si réservée, et disons le franchement, plutôt fade, genre souris si vous voyez ce que je veux dire, MA Germaine donc, était totalement transformée. D’abord, elle était habillée en pantalon de cuir noir et veste (pas en cuir) rouge. (Cette couleur me rappelait subitement quelque chose, mais, un peu comme un flash, je ne voyais pas bien quoi). Elle était allée chez le coiffeur, et ses cheveux en principe d’un très joli ton queue de vache semblaient avoir avalé le soleil (c’est pas mal ça comme formule, je vais la revendre à Marc Levy), et illuminaient son visage. Son sourire éclatait, ses yeux pétillaient. Il m’a fallu moins de trois secondes pour me dire que là, effectivement, clairement, y’avait un truc.

Dès qu’elle est entrée, elle m’a repérée, et s’est dirigée droit vers moi. Elle qui en temps normal aurait contourné les tables et se serait excusée mille fois de déranger, elle faisait preuve d’une assurance stupéfiante. J’étais d’ailleurs stupéfiée.

 

-       Emma, ah Emma, j’étais tellement impatiente de te voir, et pschuiit (bisous sur la joue gauche, ça, elle a pas changé, sont toujours aussi bruyants…) de tout te dire mais (re pschuiit) je t’en prie je t’en supplie ne te moque pas de moi, je n’ai jamais été aussi bien.

-       En tout cas tu es superbe, et transformée…assieds toi tout de suite et dis moi tout, tout de suite…j’ai aussi des trucs à te dire, mais aucune importance, enfin presque aucune, enfin, si c’est important, mais moins que toi, vas y je t’écoute, je me tais, hop plus rien silence c’est à toi.

-       Je suis amoureuse (ok, elle a changé et en plus elle me prends pour une cloche)

-       Je m’en doutais un peu

-       Oui, je suis amoureuse et je vis ce dont on peut rêver en se disant que ça n’arrivera jamais; c’est le vrai bonheur, la félicité, uen complicité totale, un partage de gouts comme tu ne peux pas imaginer, je vais de découvertes en découvertes, je sais enfin ce que c’est que la tendresse, l’affection, le respect et..

-       Bois un peu et reprends ton souffle, tu vas t’étrangler là

-       Oui, t’as raison, mais je suis tellement excitée et passionnée, et tout est si incroyable. Et sexuellement, c’est si nouveau et si étrange et je me laisse complètement aller, je vais au bout de mes désirs, tu vois par exemple, quand j’ai sa main sur moi, je…

-       Stop!!! C’est bon Germaine, merci, pas besoin des détails, je vois vaguement de quoi tu parles…

-       Mais ce que tu ne sais pas c’est que moi, MOI, je sais enfin ce que c’est qu’un orgasme…

 

Là, c’est sérieux. Germaine ne parle jamais de cul, de sexe, de ses aventures, et de ce qu’elle a ressenti. Aussi, si elle me parle d’orgasme, c’est que c’est vraiment du lourd. Mais qui est ce mec…faites que ce ne soit pas Valentin, s’il vous plait mon Dieu et tous les anges qui vous tournez les pouces là-haut…pas ça, pas pour Germaine, ce serait dégueulasse de votre part.

 

-       Sa peau est tellement douce (et voilà qu’elle remet ça) et quand je m’endors dans ses bras, je peux enfin me détendre…on pense à bientôt vivre ensemble tu sais? Oh je vois ton regard tu te dis que c’est fou et mille fois trop rapide, mais je suis sûre de moi, et cathy aussi…

 

Euurrrpfff (bruit qu’a fait la feuille de menthe le long de mon oesophage quand je l’ai avalée, juste avant de cracher mon mojito)

 

-       Cathy? Cathy, comme le prénom de fille?

-       Oui, ma chérie…

 

Ah non, elle ne va pas m’appeler ma chérie maintenant. Germaine..Germaine est avec une …fille???!!! Nom de nom de nom d’un chien, merde alors. Ma copine a viré lesbienne.

Et moi qui trouve ma vie compliquée avec Gaston, ou plus exactement, méritant la discrétion…Alors là, suis soufflée. Germaine, lesbienne. Je vais reprendre un mojito. Germaine, lesbienne…bon, c’est vrai, ça rime.

Mais c’est pas une raison, tout de même!! Et puis c’est qui cette Cathy??

 

-       Tu ne dis rien?

-       Oh, excuse moi, tu comprendras que je suis un peu…étonnée…Mais vraiement, sincèrement, je suis heureuse pour toi, tu as l’air tellement…tellement…tellement bien…

 

Dans d’autres circonstances, je l’aurai prise dans mes bras. Là, j’avoue que j’ai un peu de mal.

 

-       Et attends je ne t’ai pas tout dit…

 

Allons bon. Et je dois savoir quoi en plus? Cathy est un transexuel? Elle a un Labrador et ils font ça à trois (tiens vais boire un coup moi)? Elles vont aller vivre à San Francisco et adopter trois enfants?

 

-       Tu ne connais pas Cathy, mais tu connais un de ses proches. Très proches même. C’est presque drôle, d’ailleurs, tu travailles avec lui. C’est son ex mari. Enfin, futur ex, elle vient de le quitter, pour moi. Il s’appelle Gaston…

 

Je peux avoir encore un mojito?

 

To be continued…

Et on file lire ça : Valentin et ses tracas...Lèvres absentes 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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