Previously, in my 24 hours

Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 11:28
24HLes semaines, les mois ont passé.

C’est beau de commencer comme ça. Entièrement faux, mais beau. En fait, mes amours avortées avec Valentin (lire la phrase en faisant attention aux liaisons s’il vous plait) ont pris fin il ya trois jours. Assez récemment, sommes toutes. Il m’a fallu une journée entière pour me calmer. Une nouvelle soirée pour calmer Germaine. Et une autre journée pour oublier l’objet de mes tourments. (Oui, je suis lyrique. Je le suis toujours quand j’exagère : il faut tout de même minimiser lesdits tourments. Et avouer que je n’ai pas totalement oublié Valentin.)

 

Germaine, je ne l’ai pas appelée. C’est elle qui m’a telephoné. Elle se demandait si je savais qui pouvait être cette fille avec qui Valentin avait passé la soirée, si bonne soirée qu’au final, elle, Germaine, avait été larguée. J’ai fait un peu d’acrobatie verbale, commençant par énoncer une vérité évidente : “Mais comment le saurais-je? Je ne connais pas Valentin (ou presque pas), je ne sais pas où il sort (ou pratiquement pas), je n’ai aucune nouvelle de lui (ce qui est techniquement vrai, si on rajoute : depuis hier)”. J’ai continué par un minuscule tout petit mensonge de rien du tout : “Non, là, aucune idée ma pauvre Germaine” (Il faut que j’arrête de dire ma pauvre Germaine tout le temps, ça va sortir devant elle un jour). J’ai fini avec un discours assez rassurant “De toutes les manières, elle doit être complètement stupide, limite vulgaire en plus. Franchement, faut être con pour se laisser séduire aussi vite, surtout par Valentin.”

C’est là que Germaine m’a raccroché au nez. Ça va lui passer, je la connais. Elle va sans doute pleurer encore, un peu, beaucoup (bon, c’est vrai, j’ai gaffé à dire qu’il faut être con pour tomber amoureuse de Valentin, mais d’un autre côté, on aurait pu en dire autant pour moi. Sauf que ça, je ne peux pas le dire à Germaine. Emma, t’es encore dans de beaux draps.)

 

Et puis, avec ses poids, ses douleurs et ses souffrances, la vie continue. (Lyrique ET philosophe, la fille).

Je vais être très franche, elle a repris la vie, comme une invitation à dîner. Je vous la fais en bref. Un mec, du bureau. Banal quoi. Et bien, pourquoi de cette banalité étrangement non surprenante ne naitrait pas une belle histoire d’amour? Il y a bien des gens qui se rencontrent en allant faire leurs courses au rayon plats tout prêts pour une personne. Alors le bureau, c’est pas pire.

 

En tout cas, Gaston (je lui ai attribué ce surnom par souci d’anonymat, vous noterez ma discretion), je lui plais beaucoup. A la manière dont il me regarde au resto d’entreprise (oui, c’est glamour, je sais ça fait rêver, la nana avec son plateau repas et ses carottes râpées – yaourt allegé), ça fait même un bail que ça dure.

 

Et Gaston, ce matin, entre la machine à café et l’ascenseur, il s’est jeté à l’eau. Invitation à diner, en bonne et due forme. Vérification de dernière minute avant d’accepter : les chaussettes ne sont pas blanches, les mains sont propres, les ongles ne sont pas rongés, le costume est classique mais bien coupé, il a mis tous les mots dans le bon ordre pour faire une belle phrase, ses yeux ne sont pas bleus mais pas moches, et sa voix est plutôt belle. Pas de quoi être atomisée, mais plutôt belle. Et moi, je suis très très malheureuse, donc, ok pour le diner, ça me changera les idées. En plus, il m’a même laissée choisir le restaurant. Plus exactement, il m’en a propose trois, et j’ai eu à choisir. Et même s’il avait l’air de se pâmer en attendant que je réponde, il n’était pas particulièrement hésitant.

J’ai choisi un bouchon lyonnais, comme restaurant. Juste pour voir sa tête. Le QCM proposait un lieu hyper tendance (mais comme déjà dit, brailler à l’autre ce qu’on a à lui dire en sachant pertinement que ce sera couvert par une musique asssourdissante, c’est pas mon truc), un italien (ce qui m’a semble d’entrée trop romantique tout de même), et le bouchon lyonnais. Très bien le bouchon. D’ailleurs, je crève la dalle. Avec toutes ces émotions, je n’aI presque rien avalé depuis deux jours, forcément ça creuse. Et comme j’y vais sans idées préconçues, à ce diner, je pourrai manger tout ce que je veux.

 

Il m’attendra à 19h, devant le bureau. Enfin, au coin de la rue, parce que pas non plus envie que tout le monde le sache dès demain. La rumeur va plus vite qu’un mauvais courant d’air. Méfions nous des jaloux, on ne sait jamais. On va aller boire un verre, et ensuite, diner. Ce coup-ci, je prendrai un Perrier, en apéro. Je n’ai pas l’intention de replonger dans un fromage quelconque, j’ai donné, merci pour elle. Et puis, j’ai ma reputation. Il s’agit d’un collègue de travail, faut pas déconner Emma. Même si ce n’est pas purement professionnel, je vais éviter le ridicule (qui ne tue pas, mais laisse de sacrées traces).

 

Enfin, voilà, c’est pas grand chose, juste un diner, avec un collègue, sympa, plutôt pas moche, plutôt pas méchant. Sans risque. Sans espoir. Sans ambiguité. En toute amitié.

 

Je vais quand même vérifier mon maquillage. On ne sait jamais.

 

To be continued.

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /2010 12:12
24H(Previously in my 24 hours, j’attendais la soirée entière un appel de Valentin, qui ne pouvait avoir quitté Germaine QUE pour moi ; l’appel n’arriva jamais.)

 

 

Nul. Minable. Lâche. Pourriture. Dégueulasse. Enfoiré de névrosé psychotique, pauvre tâche. Sans couille. Rescapé du bidet de résidu de fond de capote. Handicapé du sentiment.

Ca doit être un peine à jouir. Ou un éjaculateur précoce, spécialisé en faux départs.

 

Aaaahhhhh, et bien ça va mieux une fois que c’est dit. 

 

Oui, j’ai pleuré. Et alors ? D’abord en quoi ça vous regarde, je pleure si je veux, ça prouve au moins que j’ai des sentiments, moi, même si c’est pour un taré, raté, imbu de sa petite personne et développant sans aucun doute une notion de l’ego proche de … allez, on va être sympa, on va dire au maximum 10 centimètres. Et encore je parle quand il est au maximum de sa toute puissante virilité. S’il arrive à l’être. Ce dont je doute.

Et oui, je râle, je gueule et je rouspète. Mais là c’est contre moi. Pauvre pauvre fille. Ri-di-cu-le. Non mais ma pauvre Emma, dans quel état tu t’es mis, tout ça pour un empafé incapable de donner quoique ce soit si ce n’est de se foutre du monde et en particulier des filles. Ca, il doit être fier le Valentin. Peut-être même qu’il imagine être arrivé à briser une belle amitié, celle qui nous lie Germaine et moi, et en plus de mettre en miettes deux malheureux cœurs qui n’ont rien demandé à personne.

Tes dents blanches, va les faire briller ailleurs, bientôt elles n’illumineront plus rien, tu ne tromperas plus personne avec tes airs arrogants et prétentieux.

 

Germaine. Mais comment t’as pu faire ça à Germaine, tu ne t’es pas rendu compte qu’elle est fragile ? C’est bien les mecs, ça, rien à faire tant qu’ils peuvent rajouter des lignes à leurs tableaux de chasse. Bel exploit. Vous faites quoi de nos sentiments ? Des trophées accrochés dans vos salons de célibataires fêtards à la gomme ? Faire ça à Germaine… et à moi…mais quelle honte !!! Valentin, tu es un serpent, perfide, rampant, vicieux et visqueux, tu t’insinues dans nos vies, et on y croit, et tu glisses au dehors aussi vite que tu y es rentré. Ordure. « V », ça te va décidément très bien, mais même les lézards sont plus beaux que toi. Et eux, quand on leur coupe la queue, elle repousse. Ca fait envie, hein ?

 

Et moi, en effet…lamentable. Hypnotisée. Certes ; mais c’est facile aussi comme excuse. Pardon, Germaine…à quoi pensais-je ? J’ai failli perdre mon amie la plus chère, la plus fidèle et la plus honnête pour un moins que rien. Facile. Il prend, il emballe, il jette, comme un vieux paquet. Viens par la poulette, je vais te faire vivre une aventure dont tu me diras des nouvelles. C’est ça t’as qu’à croire. Ton aventure extraordinaire, tes belles paroles, et tes promesses d’avenir radieux, tu peux te les mettre où je pense.

 

Bon, ok, il avait rien promis, Valentin.

Et alors ? C’est une raison pour se comporter comme un goujat, un rustre, un dégénéré du bulbe ?

Quand je repense à hier soir…mais quelle débile je fais. Vais me faire les ongles, oh non, il pourrait m’appeler, trop bête…alors je bouge pas, et je reste là comme une poire sur mon canapé à regarder mon téléphone, et surtout surtout je ne fais rien, et même je n’allume pas la télé, on sait jamais, si Patrick Sébastien faisait une super émission trop captivante pour que je réponde…Un peu plus et j’effeuillais mon ficus…il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément…

 

Comme si je ne connaissais pas le scénario. Comme si jamais j’avais vécu ça avant, le plan oh ben comment je vais m’habiller, et je ne réponds qu’à la troisième sonnerie, non tu ne me déranges pas, bon, je suis occupée, non non racccroche pas,…Et il faut encore que je tombe dans le panneau. Pour un minus qui finalement ne ressemble à rien. Dire qu’un peu plus et je passais la nuit avec lui. Ah et bien il n’aurait manqué que ça.

Je le hais.

Eurk.

 

Qu’il ne s’avise pas de me donner des nouvelles, surtout pas. J’en veux pas. Je m’en fous, je m’en contrefous, je ne répondrais pas, autre chose à faire. Même si sa voix…oui, et bien, non, sa voix, elle ressemble à rien, à la télé ils ont tous des voix comme ça, et alors on s’en balance, ça vous rend pas un homme gentil, intelligent, drôle, cultivé, cette voix qui fait que je me liquéfie quand je l’entends.

Je jure de ne plus jamais céder.

Jamais.

Ah là, il va avoir l’air fin s’il appelle. Valentin ? Désolée, connais pas, j’ai beau fouillé dans ma mémoire…ah, oui, peut-être en effet, un avorton gringalet et sans envergure, c’est bien de lui dont on parle ?

 

Ferait mieux d’être poète, le Valentin. Quitte à faire rêver, enfin, essayer de faire rêver, qu’il se secoue un peu les méninges.

Je délire là.

Poète…pourquoi pas Aragon, tant qu’on y est ? Un peu plus et je lui décernais des palmes, sans le vouloir.

N’allez pas vous y tromper. Je suis en colère, mais je n’ai AUCUN sentiment. Compris ? AUCUN.

Je m’en fiche.

Complètement.

Totalement.

Indiscutablement.

 

Je vais faire un peu de ménage, ça c’est très sain, pas besoin d’être à deux, s’il avait été là il m’aurait gêné, c’est toujours pareil, on laisse un homme entrer chez soi et 24h après, c’est Beyrouth dans le salon, et qui range ? Emma, parce qu’Emma, elle fait ça tellement bien, de ranger, on pourrait croire que c’est un hobby, une passion, une deuxième nature. En fait, pas vraiment. Et ranger le bazar de M. Valentin, très peu pour moi. Bien contente qu’il ne soit pas là en fait. Ça m’aurait gavé sérieusement d’avoir ses chaussures traînant sur MA moquette, sa tasse de café posée en vrac dans MA cuisine parce que M. Valentin a sûrement peur du lave-vaisselle, et de le voir vautré dans MON canapé, pas rasé, pas habillé, et se trouvant drôle en me disant que je suis teeeelllllement jolie quand j’enlève la poussière. Alors ça non merci. Ravie de ne pas avoir à nettoyer derrière Valentin. Ravie qu’il ne soit pas là. Qu’il n’ai pas appelé. Pas même envoyé un petit tout petit SMS.

Parce qu’il avait sans doute mieux à faire.

Parce qu’il ne pensait pas à moi.

Parce qu’il m’a déjà oubliée.

Ooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnnn.

 

Je vais appeler Germaine.

 

 

 

To be continued…en attendant…et en attendant, une  pause musicale

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 10:26

24H

(Previously, in my 24 hours, Germaine débarquait au milieu de mes réflexions, qui me poussaient à ne rien envisager avec Valentin, pour m’annoncer au milieu d’un torrent de larmes que Valentin l’avait quittée)

 

 

J’ai passé la journée à consoler Germaine. De tristesse en désespoir, telle un champ de ruines, elle errait dans mon salon, se traînant entre le canapé et le sol. Bon, là, j’exagère un tantinet. Elle était moralement à terre, mais a figé sa douleur sur le canapé, drapée dans une dignité tout à fait relative. Les chagrins dus aux ruptures nuisent énormément à l’élégance discrète qui fait partie de notre charme ; les reniflements aggravent prodigieusement la mise à mal de ladite élégance. Se moucher en imitant les trompettes d’Aïda, barbouillée de rimmel, et le cheveu en bataille, laisse un souvenir fort peu complaisant.

Germaine a fini par rentrer chez elle. Perte sèche de la journée (si je peux le dire ainsi, étant donné le flot de larmes) : un coussin BLANC de mon canapé, maintenant rayé de noir (son mascara est vraiment pourri) et plusieurs paquets de Kleenex.

 

Je peux enfin me concentrer sur l’essentiel. Valentin. De manière irrévocable, je ne voulais plus entendre parler de lui, en tout cas d’une histoire entre nous, ce matin. Et alors que je ne lui ai rien demandé, voilà ma Germaine qui déboule tout en pleurs pour me dire que Valentin a rompu. Ça remet en cause beaucoup de choses. Pourquoi aurait-il rompu, si ce n’est pour moi ? A moins que lui aussi, englué dans des remords comme un hippopotame dans des étangs marécageux, ne veuille plus entendre parler ni de Germaine, ni de moi. Nous serons à jamais dans son souvenir une tâche, celle qu’il a séduite, celle qui a été séduite, deux histoires qui se mélangent et rendent insupportables le quotidien. Cependant, je ne vois pas Valentin s’embarrasser de ce type de pensées.

Donc, si Valentin n’a pas de regrets, et qu’il a quitté Germaine, c’est qu’il a une bonne raison.

Donc, comme Valentin ne m’a pas donné de nouvelles, c’est qu’il attendait que Germaine m’informe de l’évolution sismique de ses sentiments.

Donc, Valentin doit maintenant être sur le pied de guerre. Ne sachant pas où j’en suis dans la découverte des informations, il reste en retrait. Par discrétion ou prudence, car il doit se douter que Germaine a passé du temps avec moi.

Donc, il ne me reste qu’à l’appeler. Lui dire que je sais tout. Que Germaine , avec le temps, comprendra. Et que je suis prête à vivre une folle histoire d’amour très romantique avec lui.

Donc, il faut que je lui téléphone.

Je vais me laver les dents. On est toujours plus clair l’haleine fraîche.

 

Valentin…Valentin, je vais t’appeler, et ensuite on va se voir, et tu vas me dire que j’ai bien fait de passer ce coup de fil, et ce sera tellement beau, et merveilleux, et on va être heureux et…et… et pourquoi je t’appellerai, moi ?

La bouche pleine de dentifrice, mes idées s’entrechoquent subitement. (Je ne sais pas si vous avez remarqué comme il est difficile de conserver longtemps du dentifrice dans la bouche).

Genre. Genre c’est moi qui devrait l’appeler. Germaine débarque, vide son sac, pleure à se noyer dedans, c’est ma meilleure amie je le rappelle au passage, et elle à peine partie, j’appelle son ex chéri que j’ai embrassé cette nuit pour lui dire : « Alors bébé, on danse ? ». Je délire. Que je me sois mal tenue cette nuit, que mes principes d’amitié aient été bafoués, bon, certes, c’est une chose, je ne reviendrai pas dessus. Mais je ne vais pas en plus me jeter sur celui qui a brisé Germaine comme ça, genre poussez vous la voie est libre he’s mine.

 

S’il veut me voir, puisqu’il a pris en quelques sortes les devants en larguant cette pauvre Germaine, et bien, il va, lui, faire le premier pas. Un peu trop simple sinon, va falloir qu’il se donne du mal, le p’tit monsieur. Moi, je ne bougerai pas. Pas d’un poil de grenouille. Rien, rien. De toute façon, il est évident qu’il va téléphoner. Je n’ai qu’à attendre.

Je vais me faire les ongles. Saine occupation.

Non, c’est idiot, si le téléphone sonne, je ne pourrais pas répondre, ou sinon, je vais bousiller le vernis, et comme il voudra me voir tout de suite, je serai bien moche avec ma peinture de guerre sur les doigts, et tout s’arrêtera là, avant d’avoir vraiment commencé.

 

Je vais me faire un café. Non, un thé. Trop de café depuis ce matin, je vais finir toute énervée. Je me suis déjà assez donnée en spectacle comme ça. Un bon thé, avec des gâteaux. NON !!!!!!!!pas de gâteaux. Pas question de gonfler comme une éponge avant de le voir. J’ai un peu faim, mais je vais plutôt prendre une pomme. C’est très bon les pommes.

Là, il est 18h, il ne va pas tarder à appeler, il va me proposer une soirée, ça va être merveilleusement romantique…qu’est ce que je vais me mettre ? Je n’ai rien à me mettre. C’est affreux. Non, mon placard ne déborde pas complètement. C’est juste un peu en désordre. Oui, je viens de m’acheter cette a-do-ra-ble petite robe, mais et d’un elle n’était pas chère et de deux je n’en avais pas dans cette couleur, enfin, dans ce ton de noir, et de trois, ça ne vous regarde pas.

 

Y’a sûrement un bon feuilleton à la télé. Je zappe. Je zappe. Je zappe. Rien. Pourri la télé. 18h30. Ca file quand même. Peut-être que mon téléphone est éteint ? Non. Il est même chargé à bloc. Et pas en mode silencieux. Tout est normal.

Il est mignon, il doit être en train d’hésiter. J’appelle, j’appelle pas…appelle appelle appelle…

Ca sonne. Inspiration, expiration….pppppffffffffffffffffffffffffffff.

 

C’est ma mère. C’est le moment, vraiment. Bon, elle attendra. Transmission de pensées, télépathie de fille à sa mère: je vais bien, t’inquiète, mais là j’attends le coup de fil qui va changer ma vie et qui va arriver et s’il arrive pendant que je te parle je ne pourrais pas répondre et je finirais seule comme la vieille tante Madeleine et ce sera affreux.

 

19h. Peut-être que c’est Valentin qui a un problème avec son téléphone.

Je pourrai l’appeler, je me mets en numéro masqué, juste pour voir s’il décroche, et puis je raccroche, et là il a le portable dans la main, et il me téléphone, et ça va être génial, mais je lui dirai quand même « Oh quelle surprise ! ».

 

La robe avec mes escarpins que j’étais obligée de les acheter pour aller avec la robe, ça sera parfait ce soir.

Comment ça je tourne en rond à en donner le vertige à mon ficus ? Pas du tout. C’est faux. Je marche beaucoup dans la journée, c’est très bon de faire de l’exercice, même chez soi.

Tiens, un vieux Gala qui a six mois. Vais le bouquiner un peu.

 

19h14. Peut-être qu’il est malade.

C’est ça. Il est malade, très très mal, seul au fond de son lit, et personne ne le sait, et il attend les secours.

Je vais l’appeler pour en avoir le cœur net. Je ne peux pas le laisser souffrir comme ça.

Non ! J’ai toute la vie devant moi pour le soigner et le bichonner. Un peu de retenue tout de même. Et puis les hommes n’aiment pas qu’on les traite comme des bébés, même s’ils sont à l’agonie au moindre petit bobo. Enfin, Valentin est sûrement différent, bien plus fort et courageux et viril.

 

19h32. En fait il va débouler. C’est ça. Il va me faire une surprise. Et moi, là, j’ai une tronche de serpillière. Il va arriver pour m’enlever et m’embarquer vers les mers du Sud, et je vais l’accueillir avec la tête de Cendrillon qui aurait trop bu. Y’a Urgence. On devrait inventer les téléphones portables waterproof, comment je fais là pour foncer sous la douche  sans risquer de rater son appel ?

 

19h58. J’ai pris le risque énorme de prendre une douche. Je n’ai raté aucun appel. Ni SMS. Rien. Pour proposer un dîner, ça commence à faire tard. Pourquoi il n’appelle pas ? Il doit être timide en fait. J’aurai du appeler, moi. Tout est fichu parce que j’ai voulu me la faire réservée. Merveilleux. Extraordinaire.

 

20H16. En fait il s’en fiche.

 

20H34. Sale con.

 

20H47. Pourriture, ordure, enflure (j’aime la poésie, le dimanche soir, quand je suis seule et abandonnée et que personne ne m’aime)

 

21h12. Si je retourne l’horloge, ça donne toujours la même heure.

 

21H13. J’ai cassé l’horloge en la décrochant pour la retourner.

 

21H39. Je suis seule.

 

21H56. Ooooooouuuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn (mais je n’appelerai pas Germaine).

 

22H24. Je cherche sur internet l’adresse d’un couvent. Sans hommes.

 

22H46. Je vais me coucher. Autant mourir. Valentin, tu auras ma fin sur la conscience.

 

To be continued

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Facebookiens grands auteurs
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 18:18

24H

(Previously, in my 24 hours, après une soirée très agréable, il faut bien dire ce qui est, avec Valentin, je décidais de mettre un terme à cette histoire, à la tuer dans l’œuf, à laisser Germaine vivre son amour valentinesque. Alors que je venais de prendre cette décision, Germaine arrivait, pour m’annoncer que Valentin l’avait quittée.)

 

 

Alors là, vraiment, c’est trop fort. Je m’attache à me dire qu’il n’y a rien, que Valentin n’est qu’un goujat, un séducteur sans envergure, un simili cador des dance floor ; je fais en sorte de renoncer à penser à un début de sentiment, ou même simplement d’intérêt pour le beau gosse. Je me cache sous la couette et meurs de honte. Et tout ça pour que Germaine déboule, alors que je suis à peine réveillée, pour me dire que tout est fini.

Bon, cela dit, elle a franchement l’air en vrac. Je ne dois pas avoir l’air plus frais, ayant plongé dans mon lit sans passer par la case démaquillage. Mais au moins, je ne suis pas telle une madeleine en train de tremper ma moquette. Germaine, c’est le Niagara. Elle est figée, là, dans mon entrée, les bras ballants, la goutte au nez, le mascara en traînées verticales jusqu’au menton (je lui ai dit mille fois que sans waterproof, point de salut). Elle renifle, triture son pull, se mord les lèvres, et émet des « Hummmmpppfffff huummmpffffff », que l’on pourrait comparer, dans d’autres circonstances, aux crachats d’une deux chevaux. Là, ça me semble déplacé, même si un brin d’humour ne fait jamais de mal. Je garde mes traits d’esprit mécaniques pour moi, la prends dans mes bras, enfin, par le bras, et la traîne vers le canapé.

-       Allez, raconte-moi tout…

-       Eh ben, humpf humpfff (reniflements profonds…), il m’a appelée ce matin, et il m’a dit c’est fini.

 

Concis, comme façon de rompre. Brutal, mais concis. Je note au profit de Valentin un grand esprit de synthèse.

-       Et il n’a rien dit d’autre ? (C’est pas que, bon, ma vie privée ne regarde que moi, mais là quand même, vu les circonstances…)

-       Si, il m’a dit que hier il était allé avec une amie au restaurant, et que ça avait été plus loin qu’il ne pensait…….(elle s’empare d’un kleenex et émet un son en se mouchant dont je vous dispense de l’imitation)

 

Là, j’ai l’impression que ça va se gâter. Si Valentin a dit quoique ce soit, c’est un homme mort. Epitaphe : « Mauvaise langue ».

-       Ah, merde. (Ca me semble assez adapté.)

-       Je sentais bien quelque chose, que ça ne fonctionnait plus…(Germaine, je te rappelle que, sans vouloir être sarcastique, tu ne connaissais Valentin que depuis deux jours, faut rester lucide tout de même), mais ça fait tellement mal.

Et puis, elle doit être jolie, sexy, drôle, intelligente…

-       Laisse tomber, cherche pas à te faire du mal en voulant savoir qui c’est ou comment elle est…Il ne t’a rien dit d’autre ?

-       Non.

 

Ouf. Soupir de soulagement silencieux, mais ouf quand même.

-       Elle doit pas savoir que j’étais dans la vie de Valentin (depuis deux jours Germaine, juste deux jours…). A moins qu’il aime les garces.

Paf, dans les dents.

-       Oh, tu sais, même si elle le savait, parfois, on se laisse aller, on se laisse déborder, on ne contrôle pas tout, même Valentin si ça se trouve…

-       Arrête Emma ; t’es trop gentille, tu veux me consoler, je sais, mais là y’a rien qui peut me rendre le sourire. Je suis brisée.

 

Je suis gentille et elle est brisée. Je sens comme un peu d’exagération. Tant en ce qui me concerne que dans son cas. Et pendant que j’évalue le degré d’exagération , Germaine se mouche dans mon canapé.

Je suis gentille. Gentille….Germaine, la fille, hier, avec Valentin, c’était moi. C’est gentil, ça ? Et même si ce matin, je me suis réveillée pleine de remords et de sages décisions, c’est gentil d’être allée au restaurant avec Valentin ? Sans rien dire ? Et de l’avoir embrassé ? C’est gentil de jouer les innocentes, limites choquées, désolées…alors que hier soir, j’étais dans ses bras ? Ma définition de la gentillesse ne colle pas dans le cadre, là.

Non, suis pas gentille. Oui, Germaine, t’as mal. A cause de moi. Je n’aurai jamais du accepter l’invitation de Valentin. C’était archi nul de sa part, mais de la mienne, c’était archi super nul de ne pas la refuser.

Non, suis pas gentille. T’es mon amie, et je t’ai trahie.

Bouge pas Germaine, je vais vomir, et je reviens.

 

Oh merde. Je suis soudain stoppée en pleine compassion. Pourquoi il a largué Germaine, monsieur V le retour ? Elle est cool Germaine. On largue pas mes amies comme ça. Pas bien futée, mais cool. Alors pourquoi pourquoi pourquoi…. ? Vaudrait mieux pas que ce soit à cause de moi. Et mes bonnes résolutions de ce matin ? Il y pense à mes bonnes résolutions ? C’est vrai qu’il n’est pas au courant, mais il pourrait quand même faire un effort. Se douter que, malgré ses baisers trop trop bons…..non monsieur, il ne se passera rien entre nous de plus. Faut que ça soit clair mon p‘tit bonhomme. Tout est fini. Même si vous êtes le plus beau du quartier.

A moins que… à moins que ce baiser ne soit que le reflet de sentiments qui viennent de jaillir, d’éclore comme une pensée au printemps (ça pousse au printemps, les pensées ?). A moins que Valentin ne soit droit comme un I dans ses bottes, et que là, il soit dévoré d’amour pour moi. Et qu’il ne puisse penser à une autre. Et qu’il veuille me le dire, très vite. Et moi, je commencerais par lui dire : « Valentin, et Germaine ? ». Et puis, j’oublierais tout dans ses bras. Et c’est avec moi qu’il aura plein de très beaux enfants et on sera très heureux.

 

Ah ben c’est super. Voilà. En fait c’est ça il m’aime et moi aussi, si si, c’est clair. La vie est belle.

 

Ohhhhh mais s’il a été aussi pressé de lui dire que tout est fini, c’est peut-être qu’il veut agir vite aussi pour nous, que notre amour brille de ses feux au grand jour, rapidement. Pouvoir le dire sans honte et sans gêne, que nous soyons un couple, amoureux, officiel, et affiché, et que notre bonheur fasse les belles heures des jaloux et des envieux et c’est merveilleux et…et…et s’il débarquait là, comme ça, sans tambour ni trompettes mais avec des fleurs, « Chérie mon amour c’est moi tout est clair avec Germaine, tout est simple, et nous pouvons nous aimer… ». Et en plus, comment j’explique à Germaine qu’il arrive comme ça, à l’aube, avec son bouquet de dragueur de supermarchés ? Mais il va les bouffer ses fleurs. D’ailleurs j’ai horreur des fleurs, je n’en veux pas de tes fleurs, d’où tu décides que tu peux m’imposer ton amour comme ça, et bousiller ma vieille et fidèle amitié avec Germaine ? Non, mais je rêve, c’est bien les hommes ça, à croire qu’ils peuvent tout décider pour nous et qu’en plus on va être contentes. Et pourquoi pas dire merci, tant qu’on y est.

 

Ah non. Viens là, Germaine. Viens dans mes bras. Valentin peut arriver, il ne nous séparera pas. Pas comme ça. Pas tout de suite. Je suis affirmative. Convaincue et décidée. Je serai ferme, très ferme. Le plus possible. Après, selon ses arguments, je suis prête à discuter. Y’a que les imbéciles qui changent pas d’avis. Faut voir. Mais là, à cet instant précis, je suis très claire. Laissons le temps faire son travail.

 

(To be continued).

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 10:02
24H(Previously, in my 24 hours, j’étais invitée à dîner par Valentin. Consciente qu’il se servirait de son charme, j’avais du mal à résister. Lorsqu’il m’a embrassée, ça s’est compliqué…)

N’importe quoi. Je ne sais pas quoi dire d’autre, sauf que c’est du grand, du très grand n’importe quoi. Catégorie internationale, je mérite une médaille.

Hier, je me suis réveillée avec une gueule de bois à faire peur. Aujourd’hui, c’est pire. Pas du tout la gueule de bois. En revanche une chape de plomb sur les épaules. Je ne veux plus jamais me regarder dans une glace. Je ne veux plus jamais qu’on m’appelle. Je veux disparaître sous terre, me transformer en demi vermisseau, être oubliée de tous. Finalement, mourir maintenant, là tout de suite pourrait être une bonne solution. En tout cas disparaître, changer d’identité et de pays, me volatiliser, devenir inconnue au bataillon. Surtout, surtout, que Germaine ne se manifeste pas, j’ai trop honte. Qu’est ce qu’il m’est encore passé par la tête ? N’importe quoi.

Je pourrais la jouer : « C’est pas ma faute, il m’a o-bli-gée, moi, je voulais pas, … ». Ah ben non. Je ne vais pas m’en sortir avec une pirouette. Je peux essayer de relativiser aussi. Après tout, c’est juste un baiser (enfin des baisers), pas mal (juste…waouh), mais y’a pas mort d’homme. De plus j’étais très très fatiguée, je me suis laissé tentée…oh la… Tentation…Belle force de caractère, vraiment, ma fille, bravo, félicitations, que le public se lève et applaudisse…et pleure aussi…pauvre pauvre Emma, si fragile, si seule, il faut la comprendre, et Valentin est tellement…tellement…tellement quoi d’ailleurs ? Beau ? Oui, bon, ok, il est beau. Séducteur ? Ca fait aucun doute, drôlement séducteur même. Charmant, bien élevé, gravure de mode, tout le restaurant, en tout cas tout ce qu’il y avait de féminin dans le restaurant, s’est tu et retourné… Il a un sourire qui vous retourne le cœur, une voix qui atomiserait une pierre, une conversation à tomber, un charme naturel…Soit. Très bien. Parfait. Et alors ? C’est une excuse ? Emma, ma fille, je te rappelle que Valentin est of-fi-ciel-le-ment le copain de Germaine. Et que Germaine est ta meilleure amie. Celle qu’on ne laisse pas tomber, qu’on ne trompe pas, qu’on ne trahit pas, qu’on comprend même quand on ne comprend pas. Qui, c’est évident, ne t’aurai jamais fait un truc pareil (cela dit, pas certaine qu’elle en ait eue l’occasion).

Germaine… si elle savait…oh non c’est pas possible…si Valentin lui dit quoique ce soit, je l’égorge, l’étripe, lui arrache les dents une par une, lui lacère ses beaux costumes italiens, le balance sur Facebook comme roi des goujats obsédés. Qu’est ce que je raconte maintenant ? Gnagnagna, pire qu’une cour de récré, reprends toi et assume, ma p’tite Emma. T’as cherché les ennuis, tu gères.

Pppppfffff. Je m’enfonce un peu plus sous la couette. Gérer…Ca en fait, des trucs à gérer, en deux jours : une cuite monumentale, un comportement inacceptable, un détournement de petit ami…pas mal. Peut mieux faire, mais pas envie, j’arrête là le carnage.

Ah non ; je ne jouerai pas l’amitié de Germaine comme un coup de dés. Aucun homme ne le mérite. Même pas Valentin. Surtout pas Valentin. Non mais, pour qui se prend-il, d’abord ? Il drague Germaine, il l’emballe, elle est maboule amoureuse, il me laisse m’étaler comme une tâche en plein resto, et me fait le coup du baiser le lendemain ? Mais c’est quoi ce mec ? Il a un tableau de chasse à remplir, il fait un concours, il court derrière son adolescence, c’est peut-être un frustré, ou un pervers, ou un taré, ou un gros naze au pieu? (de toutes façons, je ne le saurai jamais, et je n’ai pas envie de le savoir)  (Je m’emballe, je deviens vulgaire.) Ca, mon gars, compte pas sur moi pour t’appeler. Pas envie. Même pour te dire ce que je pense de toi. Même pour être atomisée une dernière fois par ta voix. Très belle voix. Caressante, douce, posée, mais ferme aussi et virile, et….ça suffit Emma ! Non. Zéro coup de fil, zéro news, voilà, c’est tout ce qu’il mérite, mon dédain et mon mépris. Et mon courroux, coucou, comme dirait Desproges.

Faites s’il vous plaît quelqu’un là-haut que Germaine n’en sache jamais rien. Ou creusez ma tombe en même temps.

C’est vrai que je lui ai rendu ses baisers. Faut que j’assume ça, quand même.  Et bien, je suis une pauvre fille faible et sans caractère, minable, je vivrai toute ma vie avec ce poids, voilà, je ne dirai rien à Germaine, pas par lâcheté, mais juste pour ne pas casser son amour, je serai heureuse pour elle, pour lui, pour eux, au mariage je les féliciterai, je me dirai que quand même, ça risque d’être un beau salaud, et peut-être qu’il va s’amuser comme ça à séduire tout ce qui bouge, et elle sera trompée toute sa vie, et ne verra rien, et donc faut que je la prévienne, sinon il la quittera c’est évident quand elle sera trop vieille pour ses goûts de séducteur de bas étage, et se retrouvera seule, avec ses quatre enfants et le chien, et lui frimera avec une bimbo en décapotable et…Arrête le film Emma. On parle d’un baiser. Pas d’un complet détournement.

C’est mal, bah bouhh beurk, mais t’as tué personne.

Réglages de niveaux :

-       Ne pas donner de nouvelles à V. (J’aime bien dire V, en fait, comme dans la série à la télé quand j’étais petite, avec les extras terrestres lézards qui attaquent le monde ; ça lui va très bien)

-       Ne rien dire à Germaine.

-       Me comporter tout à fait normalement avec V, si je le vois avec Germaine, ce qui risque tout de même d’être le cas. Ne plus JAMAIS boire en présence de V. Ne plus jamais aller au restaurant avec V. Ne jamais me retrouver seule avec V. (Faut être conscient de ses limites)

-       Me dire que ma vie ne se finit pas aujourd’hui. Même sans V.

Voilà. La vie est belle, il fait beau, j’ai une amie extraordinaire, elle va être très heureuse, et, un jour, sans doute, peut-être, je connaîtrais moi aussi le Grand Amour, tout va bien.

On sonne à la porte. Guillerette et rassérénée, je me lève, vais ouvrir. C’est Germaine.

-       Désolée de te déranger aussi tôt. Ca ne va pas du tout. Valentin m’a quittée.

 

Qui a osé changer MON scénario ? 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

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