Previously, in my 24 hours

Emma et ses perturbations quotidiennes, à suivre en parallèle de la lecture des écrits de Valentin, un homme comme un autre, ou presque. 

LA SAISON 3  A COMMENCE DIMANCHE 21 FEVRIER
A SUIVRE ICI ET SUR LE BLOG DE VALENTIN, VOUS VOUS EN DOUTEZ
ET C'EST : "PHEROMONES"...


 
Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 17:25
24H(Previously, in my 24 hours, nous arrivions au château Lesbosland, Gaston, Pauline, et moi. Après avoir constaté que je risquais de m’y perdre plus souvent qu’à mon tour, nous partions tous chercher du vin, quand, soudain, percutée je fus, par Valentin…)

 

Dans les films, y’a un truc que j’adore, c’est les retournements de situation, les imprévus et les situations auxquelles on s’attendait parce qu’on a déjà vu plein de films avant, mais celle-là, on s’y attendait quand même pas.

Dans ma vie j’aime moins.

Et j’aime encore moins que Valentin y soit constamment mêlé.

J’ai pas dit que j’aimais pas Valentin. J’apprécierais juste qu’il se trouve ailleurs que là où je suis, et surtout quand c’est pas du tout le moment d’y être.

 

Autant vous dire que sa main sur mon sein dans un escalier sombre au milieu d’un château breton, alors que n’y lui, ni moi, n’aurions du être là, a très nettement refroidie l’athmosphère, comme s’il en était encore besoin.

Subitement, de glaciale, la situation est passé à chaude, très chaude, voir même chaud brulant. Personnellement, je me serais bien téléportée sur une autre planète de façon quasi définitive. J’aurais même accepté les oreilles de Spock si ça pouvait aider à me faire disparaître.

 

En plus, c’est pénible, parce que clairement, on n’y était pour rien. Personne ne nous a cru, mais on n’y était pour rien, et vous êtes témoins que c’est vrai. Pourriez aider d’ailleurs sur ce coup-là. M’est avis que Valentin et moi allons avoir besoin de médiateurs.

Parce que Valentine, ça ne l’a pas faite rire du tout. En fait, elle a émis un son genre hyènne enragée, pas très sexy, dans lequel j’ai cru reconnaître des “espèce de salaud ordure pauv’merde”, ou un truc approchant.

Gaston était moins proche de la hyènne dans le son, c’était plus Sher Khan qui rugissait dans mon dos “Je le savais, je le savais, je peux même pas te faire confiance…”

Pauline répétait “C’est qui c’est qui c’est qui????” en gloussant, à nouveau. Quand je dis que ma soeur est une poule, c’est qu’il y a de bonnes raisons, outre ses gros nichons et ses cheveux décolorés, parce qu’elle le vaut bien.

Cathy, que je reconnus derrière Valentine, qui était derrière Valentin, s’écria : “Ah…Gaston…!!!”. Ça veut dire quoi, ça “Ahhh Gaston”?? Ben oui, c’est pas le pape, ça se voit quand même, elle est forte d’arriver à reconnaître encore son ex.

Germaine était, comment dire? Vous voyez une éponge après usage? Pareil, mais en rouge. Trempée dégoulinante, esoufflée, et l’air en vrac…”Oh…suis désolée, j’ai oublié de vous prévenir…”. Merci, c’est malin, on n’est pas dans la mouise maintenant.

Gaston a dit “Viens Pauline, on remonte”, je me suis dit “Comment ça ils remontent? Ils sont montés où avant?”, Germaine m’a dit “Désolée ma chérie”, j’ai dit “Là, tu peux”, Valentin a dit à Valentine “Mais euh mais euh”, ce qui en langage normal devait vouloir signifier “Je te jure et te promets que c’est une terrible coïncidence”.

 

Et tout le monde est remonté.

En faisant la gueule.

C’est étrange quand même, à chaque fois qu’on se croise, tous autant qu’on est, on finit par se faire la gueule.

Ppffff…j’y réfléchirai plus tard.

 

J’étais à peine sur le palier, ne sachant plus si je devais aller à droite ou à gauche, que Gaston m’a attrapée par le bras. “Tu le savais, tu le savais, et tu ne m’as rien dit. C’était un piège…Valentin, tu l’as pas oublié, et là t’aimerais bien que ça soit lui qui te tienne. C’est loupé ma petite. Mais t’inquiète, tu vas pas t’en sortir comme ça, je compte pas me barrer, je vais rester et t’avoir à l’oeil, c’est moi qui te le dis”

Oh, ben dis donc Gaston on se calme. “Tu peux penser ce que tu veux, je m’en fous. Je savais pas qu’ils seraient là. Tu crois que ça me fait plaisir de voir cette espèce de dégénéré? Mais t’es pas bien mon pauv’Gaston, t’es pas bien, et t’es sacrément jaloux et je déteste ça (Non, c’est pas vrai, j’aime bien, c’est flatteur, mais je ne vais pas lui faire le plaisir de lui dire). Oh, et puis gueule si tu veux, je m’en fous, va voir Pauline, puisque tu lui tournes si bien autour, tu crois que je ne t’ai pas vu? Tu ferais bien de me lâcher, et de la lâcher aussi, t’es vraiment lourd, là. Excuse-moi, y’a un apéro dans la grande salle, moi j’y vais, tes conneries je m’en balance. Salut. “

 

Ce qui m’énerve, c’est que pour une fois je ne suis vraiment pas responsable. Germaine est nulle, elle aurait pu me le dire, pour Valentin.

Allez, direction mojito, c’est urgent. Commence à me saouler ce week-end. Et on est à peine arrivé, ça promet.

 

 

Je me croyais enfin tranquille, que Germaine déboule, et me tire par le bras. Va falloir arrêter avec mes bras, c’est agaçant à la fin.

- Emma suis désolée, vraiment désolée, mais…

- Oh, ça va, tu vas pas passer le week-end à t’excuser en plus?! C’est fait, c’est fait, voilà.

- T’es vraiment sympa. Faut dire suis à cran, tu sais quand même je me pose des questions sur Cathy, je me demande si elle ne vise pas quelqu’un d’autre en ce moment, en plus, ben figure toi que c’est un homme, et moi je reste là comme une poire, bon, ok, j’ai découvert l’amour au féminin, et je te jure que c’est génial, un truc tu peux pas imaginer (en même temps j’ai pas envie d’imaginer, Germaine, pas envie du tout même)…

- Oh, Germaine, mais tu racontes quoi? Cathy t’aime, c’est évident…Enfin, dis-moi qui c’est, je te donnerai mon avis.

- Un mec avec qui elle bosse, un italien, Fabrizio, mannequin, dans la lingerie, tu vois le truc? (Oui, là, je peux un peu mieux imaginer, l’italien mannequin dans la lingerie), et elle l’a invité, soit disant il est de passage à Paris, mais je suis sûre que c’est du pipeau…

- ça va Germaine, j’ai compris l’idée, je vais observer très discrètement, tu me connais, et je te dirai ce que j’en pense, ok? Je peux y aller, là, j’ai vraiment besoin de boire un verre…

 

ça commence à faire beaucoup pour ce soir. Gaston qui me soupçonne du pire, Pauline qui tourne autour de Gaston et inversement, Germaine qui pense que Cathy drague ailleurs, et Valentin qui confond mon sein et une rampe d’escalier…

Ce coup-ci, j’y vais, boire mon verre.

La grande salle est pleine de gens que je ne connais pas. Je me demande bien d’où ils sortent, tous ces gens que je ne connais pas. Pleine…c’est un peu exagérer, mais à vue de nez, y’a trois ou quatre couples, je vois pas bien, qui sont déjà en train de boire. Et puis y’a ce grand type, là, près du buffet, qui est juste un Apollon en mieux. Bon, Apollon était grec, mais je ne me souviens plus de son nom en latin. Alors, on va dire, un sublissime magistral canon de beauté. Et comme je suis très fine et que j’ai plein de nouvelles infos, j’en déduis que c’est le fameux Fabrizio. Qui me regarde, me fait un grand sourire, et la blancheur de ses dents parfaites m’éblouit, comme dans la pub, avec même l’éclat brillant sur une incisive et tout et tout et…

 

-       J’ai tellement entendu parler de toi, je suis ravi de te rencontrer.

 

Qu’est-ce que c’est encore?

 

-       Je m’appelle Philippe. Et tout le monde me dit “Philippe, il faut que tu fasses la connaissance d’Anne-laure”, alors là c’est vraiment incroyable non?

 

Mais c’est qui ce con? Comment il m’a appelée? Anne-Laure? Il est pas bien lui? Allez ouste, remonte dans ton arbre, le singe, t’es pas drôle et tu m’empêches de passer, et là, j’ai dit, faut que je boive un verre, c’est urgent même. Et puis Fabrizio est …enfin, juste pour le plaisir des yeux, mais il est …regardable et…disparu. Paf, plus de Fabrizio. L’autre abruti se met sur ma route, me parle de je sais pas qui, et l’italien s’est envolé.

J’ai tout faux ce soir, et je sens que je vais disjoncter, et puis très très vite.

 

Tant pis pour le verre, je vais aller fumer une clope dehors. Je ne sais même pas où est passé Gaston, d’ailleurs je m’en contre fiche.

 

 

Enfin seule. La lune brille, il fait doux, même meilleur que dans le château, y’a pas de con à l’horizon, je prends mon paquet, sors une cigarette, allume mon briquet, et …

-       J’ai craqué dès que je t’ai vue (à prononcer avec l’accent italien. Si vous n’y arrivez pas, faites vous des penne al pesto, ça aide bien).

-       Moi aussi. (Gloussements)

 

Manquait que ça. Vu l’accent, c’est évident que c’est Fabrizio. Et vu les gloussements, c’est clair que c’est Pauline. Pauline ma soeur. Merde, c’est qu’elle n’est pas avec Gaston alors. Et j’ai dit à Gaston des choses affreuses sur Pauline et lui et ohlala ohlala, mais qu’est-ce que je fais là moi? Je fais que je me penche un peu, comme ça, vous voyez, genre contorsions sur le côté droit, pour voir un peu quand même, il s’agit de ma petite soeur, faut pas charrier, on ne sait rien de ce Fabrizio…sauf que là, Pauline est en plein cours de langues.

C’est une adulte.

Et lui, c’est pas Gaston.

Si je fume ma clope ici, ils vont se sentir observés, et Pauline va me prendre la tête sérieusement.

Je commence à m’habituer à ne pas être là où je devrais, et à en partir. Donc, je pars fumer ailleurs.

 

Reste la tour. Il fait trop nuit pour observer le paysage, et puis jouer à Anne ma soeur Anne, c’est pas mon truc. Mais pour fumer, je vais enfin être paisible. Allez, zou, à moi la tour.

 

Ouh ben dites donc, elle est haute la tour. D’abord, il a fallu que je trouve mon chemin, et avec mon sens imparable de l’orientation, j’ai du ouvrir cinquante portes au moins avant de trouver la bonne. Et puis, y’a eu l’escalier à grimper. Dans le noir. C’est une manie de ne pas éclairer ici.

 

Enfin, je suis arrivée, je suis seule, il fait toujours bon, la lune brille, elle est superbe, ronde, en cercle parfait, et je peux me poser.

Mais pas là.

Là, y’a un truc rouge qui brille. Et s’éteint. Et rebrille. Et se rééteint.

Comme un bout de cigarette.

Or, il me semble qu’une cigarette doit être tenue par quelqu’un pour être fumée. Donc il y a moi, une cigarette, et quelqu’un.

Et comme je suis très perspicace, je crains le pire.

 

-       Emma?

-       Valentin? (Oh non…enfin, oh si, mais oh non quand même, enfin…pppffff, je sais pas, j’en étais où? Ah oui…Valentin)

-       C’est pas banal, hein?

-       Non, ça c’est sûr, et puis je pensais que tu ne serais pas là, enfin, avec ton mot, et en fait si t’es là, et et et (Je me mets à bégayer en plus, trop bien, c’est le moment.)

-       Moi aussi, pareil, Emma, je pensais pas que je te verrai, enfin, pas ici, et comment vas-tu depuis cette nuit chez les flics? Ça me fait plaisir de te voir, tu as l’air en forme, bon, t’es toujours avec Gaston, mais là tout à l’heure ça avait l’air tendu, j’espère que ce n’est pas à cause de moi, enfin c’est cool que tu sois là…

-       Oui, toujours avec Gaston, mais oui, là c’est un peu tendu en ce moment, enfin, ça arrive, et moi aussi suis heureuse de te voir, tu m’as man…man…mangé toutes mes huitres la dernière fois que je t’ai vu (n’importe quoi mais toujours mieux que de lui dire tu m’as manqué)…

-       J’aurais aimé en manger plus et plus vite (il dit quoi là? Je comprends rien du tout d’un coup).

 

Et tout en disant n’importe quoi, il se rapproche de moi.

À moins que ça ne soit moi qui me rapproche de lui.

En fait on se rapproche tous les deux l’un de l’autre.

On est de plus en plus près, très très près, et il me prend par les mains, je le laisse faire, et m’attire vers lui, et je le laisse faire, enfin, j’aide un peu, il me dit que mes cheveux sentent bon, je souris, la lune sourit, c’est incroyablement romantique, on pourrait entendre chanter tous les anges du ciel.

 

Et Valentin m’a embrassée.

 

To be continued.

 Et pendant ce temps-là, Valentin...

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /2010 16:18
24H

 

(Previously, in my 24 hours, Je disais à Germaine que je n’allais pas à son week-end “j’aime les lesbiennes”, je disais la même chose sans le vouloir à Valentin, j’essuyais un refus de Gaston d’aller au dit week-end, je finissais par le convaincre d’y aller, et continuais à vouloir tuer ma soeur)

 

 

Et voilà, on est parti pour ce super week-end à Lesbos en Bretagne.

Les valises sont dans le coffre, Pauline est à l’arrière, (ça, ça me gonfle…), Gaston est détendu, tout est parfait dans ce monde parfait.

Il fait beau, et même très beau.

Ça va être un excellent week-end.

Pauline s’est endormie dès que Gaston a mis le contact. Et tant mieux, au moins elle va fermer son clapet.

Parce que ça s’est sérieusement dégradé depuis qu’on lui a dit qu’elle venait avec nous. Enfin, si elle voulait. Elle était pas obligée en même temps. J’ai bien insisté sur le côté pas obligée mais ça devait sans doute lui faire plaisir de venir, elle n’a pas dit non. Gaston a souri. J’ai rien dit. Et Pauline lui susurre des “Merci Gaston” à tout bout de champ, et Gaston lui envoie des “Ce n’est rien Pauline, c’est un plaisir” toutes les deux secondes.

 

J’ai parfois l’impression qu’un truc m’échappe, je sais pas bien quoi, faut que je creuse.

Sauf que là, c’est pas le moment.

 

Comme je m’emmerde un peu, j’entame une vraie discussion de couple. C’est pas trop l’endroit, mais bon, pourquoi pas, allons-y.

 

-       ça se passe bien nous deux, hein?

-       Ben oui, super.

-       T’es heureux avec moi?

-       Bien sûr.

-       C’est cool. Moi aussi.

-       Tant mieux.

-       Y’a rien qui te manque?

-       Mais qu’est ce que t’as? Tout va bien, suis heureux, c’est super, mais là tu vois, suis juste un peu naze, ça roule pas, on n’est pas arrivé, et ça m’énerve. Donc on va pas parler, on parlera plus tard, ok?

-       Ok

Là, on a vraiment eu une bonne discussion. C’est bien, c’est important dans un couple de parler et d’être sur la même longueur d’ondes.

 

 

 

On a fini par arriver. Comme quoi tout arrive. (Oui, c’est nul, mais j’essaie de détendre l’athmosphère).

 

Vous avez vu Psychose? Vous savez, ce film super drôle avec un fils super bien dans sa tête qui adore prendre des douches avec des jeunes filles qui n’ont rien demandé à personne, avant d’aller préparer de bons repas pour sa maman? Vous voyez la maison? Moi, là, je la vois très bien. Elle est juste sous mes yeux. Ou plutôt, je suis juste sous elle, parce que cette baraque dans laquelle on va passer trois jours que j’ai vendus comme allant être gé-niaux à Gaston, cette baraque donc, elle est tout pareil. En pire. Énorme, gigantesque, et sombre. Très sombre. Y’a même une tour qui n’en finit plus, doit y avoir des tas de corbeaux dedans, ça fait un bruit terrible les corbeaux. Comme le rire stupide de Pauline. Je sais, vous n’avez jamais entendu Pauline rire. Imaginez des corbeaux, en pire.

 

Germaine, souriante et toute excitée, nous accueille. C’est aussitôt bisous bisous, vous arrivez enfin, pas trop fatigués? Pas trop long la route? Suis tellement, tellement heureuse de vous voir, vous ne pouvez pas imaginer, ce week-end est très important pour moi, sans vous il aurait été différent…

 

Gaston trépigne, grimace, s’agace et rechigne. (Je ne sais pas bien à quoi il rechigne, mais c’est pour la rime avec trépigne).

Pauline glousse. Depuis qu’elle sait pour Germaine, elle glousse.

Je reste stoïque, bisous bisous Germaine ma chérie t’es superbe, on est très content d’être là, ça va être trois jours top, les autres sont déjà arrivés? Oui? Ils font le tour du château? Ah d’accord ok…Faut dire, c’est beau. C’est grand, et puis c’est sombre quand même un peu, surtout de nuit, mais c’est beau.

Oui oui on veut bien faire le tour.

Allez allons-y Alonso (je ne m’en lasse pas de celle-là)…

 

Et comme de gentils petits moutons, nous suivons Germaine.

 

Je ne vais pas vous refaire toute la visite, ça serait trop long. Ce qui est sûr, c’est que le château est encore plus grand à l’intérieur que vu de dehors. Avec des couloirs interminables, des portes partout, c’est ni numéroté ni fléché, on s’est déjà paumé trois fois, je ne sais pas si un jour on arrivera à destination, Germaine commente tout genre conférencière pour groupes férus d’histoire et de vieilles pierres, on va dire que c’est l’émotion. Moi, là, les vieilles pierres, franchement je m’en tamponne le coquillard, je voudrai juste m’asseoir et manger. Si “les autres” visitent aussi, ça va finir par faire KohLanta comme soirée, nous on est les rouges, eux les jaunes, les premiers à table ont gagné une immunité.

 

En plus, le château est hyper mal éclairé, je me cogne tous les trois mètres dans un meuble qui n’avait rien à faire là, et Germaine nous entraîne dans un dédale d’escaliers et de couloirs, tous plus mal éclairés les uns que les autres. J’étais pourtant convaincue que l’électricité était arrivée jusqu’en Bretagne. On peut se tromper.

 

Gaston râle assez peu discrètement, il profère des sons comme “faim”, “dormir”, “froid”, “merde”…

Et Pauline glousse encore.

Si elle doit glousser comme ça tout le week-end, ça va finir par être crispant.

 

Je commence à avoir des doutes sur les jours qui arrivent, et le côté sympathiqe de la chose. Gaston fait très ouvertement la gueule. Germaine fait genre j’ai rien vu, mais je vois bien qu’elle est blessée. Pauline a muté en poule, j’attends la ponte d’un oeuf pour dans pas longtemps, et moi, j’ai froid. Et quand j’ai froid, rien ne va.

 

-       Voilà vos appartements…

 

Germaine ouvre une lourde porte en bois, ça grince, ça crisse et ça craque, on se croirait dans “Fantôme à vendre”, Pauline, fait “bouhhhhhhh bouhhhhhhhh”, Gaston dit “enfin”, Germaine dit “merde me suis trompée, c’est un escalier dérobé”, je me dis “ça s’arrange pas”.

 

Deux autres portes et un couloir plus loin, nous arrivons enfin. Perso, j’aimerai bien que l’on me fournisse un plan du château, ça serait vachement sympa quand même.

La chambre, ça va à peu près. Je ne sais pas si j’arriverais à la retrouver, mais ça va à peu près. Et puis là, je vais pas faire la difficile.

 

Germaine nous demande si ça nous plaît, ça nous plaît, de toute façon au point où l’on en est, tout nous plaît, à condition de pouvoir manger bientôt. Je connais Gaston, il commence à avoir sa tête des mauvais jours. C’est ce qui arrive quand il a faim. Il a une tête genre m’approchez pas je vais mordre, c’est pas très sympathique, faut en général activer le mouvement sinon, ça peut virer au drame.

Alors oui, Germaine, ça nous plaît beaucoup, le lit à sommier défoncé option bruitages intégrés, les escaliers dans tous les sens, le plancher qui s’effondre, les robinets qui fonctionnent pas et les tuyaux de la salle de bain avec l’eau rouillée, et le froid c’est super ça conserve la fermeté des chairs, c’est chouette, mais là fait faim ma chérie.

 

Soit je l’ai dit tout fort, soit elle lit dans mes pensées.

 

- Vous devez avoir faim, après toute cette route. On va aller dîner. Je vous emmène à la cave, (Hein? On dîne à la cave? ça craint, Germaine. T’avais dit qu’il y aurait des surprises, mais là ça craint), on va aller chercher de bonnes bouteilles (Ah ok la cave bien sûr…Suis fatiguée moi…).

 

Et nous voilà repartis, Germaine en tête. Je prends mentalement des notes : “Descendre un escalier, tourner à gauche, à 400 mètres ouvrir une porte, la refermer parce que c’est pas la bonne, aller plus loin, continuer sur votre file, ouvrir une porte, attention à la marche, on n’y voit rien, tourner à droite, longer le mur pour être sûr de ne pas tomber, descendre un escalier…”

Tout ça dans le noir. Germaine s’excuse, les plombs ont sauté dans l’escalier de la cave, tant pis, on fait attention et on avance et BOUM.

 

On a vraiment fait BOUM.

Boum dans un escalier en pleine descente, ça freine considérablement notre avancée.

La source du boum dit “Désolés”. On dit “Désolés”. Je sais pas à qui, on n’y voit toujours rien, mais bon, on est urbain quand même, alors on s’excuse, les autres, ceux qui nous ont percutés, s’excusent, tout le monde essaie de se pousser, ça se bouscule à droite, à gauche, pardon, pas là, aïe, oh navrée c’est vos pieds, c’est pas grave, attendez je me décale, après vous, mais non je vous en prie, hihihi.

 

Moi, je bouge pas trop. J’évite juste de tomber, même si je suis spécialiste es chutes en tout genre et autres catastrophes.

Soudain je suis saisie sans sommation (admirez l’allitération, quand même j’ai un certain talent pour la narration, je trouve). Une main me tient fermement. Par le sein gauche (que je n’ai pas si gros que ça, pas la peine non plus d’imaginer des trucs là). C’est gênant, Gaston est juste derrière moi, même s’il ne voit rien, ça pourrait l’énerver, il sait se montrer jaloux, et c’est un week-end un peu gay, alors faudrait pas que…Enfin, j’ai rien contre, mais c’est pas trop mon truc à moi, les filles.

 

Je tente de repousser cette main, elle s’obstine, bon, en plus, c’est pas trop désagréable, je me dis, “c’est pas grave on est dans le noir, personne n’a rien vu, y’a rien de dramatique”, et la lumière s’allume.

 

Je sais pas si c’est une blague d’EDF, mais j’aurai pas choisi ce moment pour remettre le courant.

À bien y réfléchir, c’était carrément pas idéal.

Car sous l’ampoule qui brille maintenant très franchement, je vois la main toujours posée sur mon sein, et tout ce qui va avec.

 

-       Emma…oh…euh…bonsoir…excuse-moi…j’ai cru que…

-       C’est rien Valentin. C’est rien. Tu pourrais enlever ta main, maintenant?

 

To be continued


Et Valentin, alors? 

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 16:36
24H

 

(Previously, in my 24 hours, nous recevions Gaston et moi une invitation à passer un week-end pour fêter le printemps et l’amour de Germaine et cathy. Gaston refusait d’y aller, Pauline, ma soeur qui habite chez moi et ça me gave, me servait d’alibi, je prévenais Germaine, mais bien sûr, me trompais, et prévenais en fait Valentin que nous ne serions pas de la fête)

 

 

-       Alors, Germaine est goudou?

-       Pauline, sois pas vulgaire. Pas goudou, lesbienne, s’il te plaît.

-       Oh pardon, ma langue a fourché (Et elle explose de rire en plus. Quelle abrutie ma soeur). Et de qui broute t’elle le gazon?

-       Pauline, merde!

-       Ah, là c’est toi qui es vulgaire.

 

Je vais la tuer. L’anéantir. En même temps je ferai un geste pour préserver l’environnement, personne ne m’en voudra. C’est hyper bio comme attitude.

 

-       Alors, tu peux le dire, quand même?!

 

Ding

Un sms. Sauvée par le ding. Ça doit être Valentin.

Raté. C’est Gaston.

 

“Emma. Dis à Germaine qu’on est pris, démmerde-toi, je n’irai pas.”

 

Ppppppffffffff. Il n’est pas calmé, lui.

 

-       C’est qui?

-       Ça te regarde?

-       T’es pas drôle, si on peut plus discuter entre soeurs, même pas un peu de complicité, ça fait mal, Emma, tu sais, ça fait mal…

 

Et moi, ce qui me fait mal, c’est de te voir tous les matins au réveil. Mais ça je ne le dis pas. Je suis forte. Je garde ces sentiments venimeux pour moi. Débile de blonde à gros seins. Et si ça continue, je me barre vivre chez Gaston. Je te laisse l’appart, je prends juste le ficus. Voilà.

 

Germaine…Pas la peine de reculer plus longtemps. La situation est critique, mais pas désespérée. Houston, we have a problem…

Telle une Salomon du sentiment, je dois trancher.

Et je tranche pour Gaston.

Allez Emma, haut les coeurs, inspire un bon coup, tu peux y arriver.

 

“Ma chérie, je viens de recevoir ton invitation et suis vraiment ravie pour toi. Te savoir heureuse au point d’organiser un week-end me réjouit. Et, franchement, j’aurais adoré venir, et Gaston aussi (Et toc pour Gaston). Malheureusement nous ne pourrons pas. Pauline, ma soeur (tu te souviens de ma soeur…) squatte chez moi depuis quelques jours. Elle va mal, nous sommes très inquiets et je ne veux pas la laisser seule. Pardonne moi, j’aurais adoré être là. On déjeune vite. Gros bisous. Emma”

 

Je sais c’est nul. Qui a dit que nous les femmes étions toujours parfaitement honnêtes et courageuses? (Pas comme les hommes qui eux ne sont fait que d’égoïsme et de bassesse). D’un autre côté, j’ai pas vraiment menti. J’ai un peu arrangé la réalité, pour ne pas faire de peine à Germaine. Je ne peux pas aller à son week-end, c’est vrai. Et c’est vrai aussi que Pauline est totalement à la ramasse.

 

En plus, c’est entre vous et moi, mais ça ne s’est pas arrangé depuis qu’elle s’est fait refaire les seins (Pas Germaine, Pauline). Bon, c’est un truc que je ne devrais pas vous raconter, c’est la famille ça se protège, mais là, elle a déconné. C’est pas des seins, pas des obus, c’est juste une atteinte aux bonnes moeurs. Avec ses cheveux blonds qui lui pendouillent dans la figure, je me cogne la poupée Barbie toute la journée ou presque, j’en viens à adorer être au bureau. Alors la promener pendant un week-end entier, c’est au dessus de mes forces.

 

Ding.

 

Ah, Germaine me répond.

 

Loupé, c’est Valentin. (Si les réponses arrivent en décalé, je ne vais pas m’en sortir.)

 

Il m’a envoyé un message…il m’a ENVOYE UN MESSAGE. A MOI. Ouhhhhh…Et qu’est ce qu’il dit? Ohlala ohlala…Pourquoi suis excitée comme ça, d’un coup? C’est juste Valentin, l’espèce de dragueur lâche et mauviette qui m’a abandonnée un soir, seule et sale et déconfite sur un trottoir pour rester avec sa Valentine…

 

Emma, aujourd’hui ta vie rayonne de soleil grâce à Gaston, Valentin est un vieux nuage, allez hop souflle desus.

 

Il ne va pas à la fête de Germaine. Voilà ce que dit son message.

Merde.

Ça m’aurait fait plaisir de le revoir, juste un peu, comme ça, on aurait discuté du bon vieux temps, et puis, peut-être…

 

Mais au fait, c’est qu’il n’a pas eu mon SMS alors…Je ne sais pas par quel miracle il ne l’a pas eu, mais il ne l’a pas eu, sinon, il ne m’aurait pas envoyé son message. Il ne peut pas se douter, donc, que je pense un tout petit petit peu à lui. Génial. Ouf. Sauvée je suis. Merci mon Dieu. Ah, Valentin…Valentin, quand même j’aurai aimé…

 

Emma, recentre-toi sur le sujet! Tu ne vas pas au week-end parce que tu aimes Gaston, j’ai dit GASTON, qui ne veut pas voir son ex femme dont la chérie est maintenant ta meilleure amie à laquelle tu vas faire beaucoup de peine et tu pensais éviter ainsi Valentin, mais en fait parce que tu t’es encore plantée t’as dit à Valentin que tu n’y allais pas et là il te répond que lui non plus et ça t’es pas obligée de le dire à Gaston qui pourrait se demander comment tu sais que Valentin n’y va pas.

C’est simple en fait.

 

Ding.

 

“Ma chérie, c’est impossible, impossible, que tu ne sois pas là. Cette fête n’aura pas lieu sans toi. Amène Pauline, on trouvera bien un homme pour l’occuper (hihihi). Valentin m’a déjà répondu qu’il ne venait pas. S’il te plaît s’il te plaît…si aucun de mes amis n’est là, ce sera vraiment raté. Bisous je t’adore. Germaine “

 

C’est vrai que je ne peux pas faire ça à Germaine. Ça serait dégueulasse de ma part. Je risque de faire beaucoup de peine à ma meilleure amie, elle qui a toujours été là pour moi, même aux moments les pires (On ne reviendra pas sur cette sombre affaire de coulommier, par exemple.)

 

Point positif : je peux dire à Gaston que Valentin n’y va pas et que je le sais, puisque c’est Germaine qui me l’a dit…Petit mensonge versus gros soucis, j’opte pour le petit mensonge. Qui, je précise, ne fait de mal à personne.

 

Reste que je dois vaincre la résistance gastonnienne et le convaincre que voir son ex devenue gou (Arrrghhhhh, suis atteinte de trouble linguistique, maintenant) lesbienne, n’a rien de triste, grave, dramatique, ou pouvant atteindre sa somptueuse virilité.

 

 

 

Ça n’a pas été facile. Il m’a fallu faire preuve de douceur, d’éloquence, de fermeté aussi parfois, de charme, de…ah non, ça je ne vais pas vous le dire. J’en rougis encore. Mais c’était bien.

 

Enfin, Gaston a cédé. Complètement. Faut dire que quand je lui ai…non…je vous dirai pas. Mais c’était bon.

 

Et là, manifestement, que son ex soit homo ne le gêne plus du tout.

 

Il m’a demandé quand même, juste après m’avoir…enfin, vous imaginez, si par hasard les filles ça me tentaient. J’ai failli m’étrangler, et c’était pas le moment.

 

Quand les…négociations ont été terminées, il m’a dit qu’on y irait, à la fête. Qu’il ne voulait pas me gâcher ce plaisir. Que je suis sa chérie. Qu’il se fichait bien de Cathy maintenant.

Et qu’on peut y aller avec Pauline.

Il est adorable.

Waouh, n’empêche, je veux bien négocier tous les soirs.

 

Il veut bien y aller avec Pauline.

Pourquoi avec Pauline?

Qu’est ce qu’il a soudain avec Pauline?

 

To be continued

Et Valentin, quant à lui... 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 10:57

24H 

 

 

-       Tiens, ma chérie, y’a du courrier pour toi.

-       Merci, mais je t’ai déjà dit que je pouvais très bien le prendre toute seule, c’est MA boîte aux lettres…et ne m’appelle pas « ma chérie », merci.

-       Emma, Pauline voulait juste t’aider.

-       Je sais. Merci Pauline c’est très gentil. Ça va comme ça Gaston ?

-       Pppppffffffffff……..

 

Cherchez pas, comme ça je sais c’est pas clair. Je vous résume, mais vite. Je suis légèrement énervée, là, tout de suite, et j’ai pas envie de passer trois heures à tout vous expliquer.

Gaston et moi coulons des jours heureux…Non, ça commence mal. Gaston et moi COULIONS des jours heureux. Calmes, tranquilles, sereins. Sans encombres, sans chutes inaproppriées dans de quelconques plateaux de fruits de mer, ou visites nocturnes au poste de police le plus proche. Il s’était consolé de sa séparation d’avec Cathy, même s’il lui avait été un peu difficile de digérer le fait que sa femme vire lesbienne. J’étais très amoureuse, d’ailleurs je ne pensais jamais (presque jamais, de moins en moins, d’accord …) à Valentin.

Tout cela pour dire que tout allait bien.

 

Gaston sortait même les poubelles, c’est dire. Et mettait ses chaussettes sales dans le panier destiné à les recevoir, ne cherchait jamais le beurre dans le frigo, n’hésitait pas quand il n’était pas sûr de son chemin à le demander, poliment, sans crainte et sans honte, au passant…Gaston…l’antithèse de Mars, le contre exemple des exemples donnés par mes copines au bureau.

Je pouvais même changer de chaîne sans qu’il ne se mette à hurler.

 

Je sais, je suis excessivement chanceuse.

Non, j’étais excessivement chanceuse.

Avant.

 

Avant que Pauline ne débarque. Qui est Pauline ? Ma sœur.

Mon cauchemar.

Une erreur. Une hérésie. Une atteinte à l’équilibre de notre planète.

Et je mesure mes propos.

 

Là où elle passe, le calme trépasse. Je sais, c’est facile. Mais je suis épuisée. Vidée. Achevée, liquidée, et tout ce que vous voulez.

 

Je vous raconte. Nous étions en train de regarder un film, Gaston et moi. Un joli petit film, sans alien, sans cocon rempli de monstre, sans monstre tout court prêt à découper sauvagement la moitié de la planète avec une lime à ongles transformée en scie sauteuse. Et avec Brad Pitt, ce qui fait tout de suite dudit film un eeeexxccccellent film.

Et là, juste avant la pub, alors que l’action battait son plein, coup de sonnette.

Je sursaute, Gaston sursaute, on se cogne, on s’excuse, on s’embrasse, je vais ouvrir…et me retrouve nez à nez avec Pauline.

 

Essoufflée, décoiffée, et chargée comme une mule, elle me pousse, m’intime l’ordre de refermer la porte, m’explique qu’elle s’est fâchée avec son copain, qu’il l’a fichue à la porte, qu’elle ne sait pas où aller, que sûrement il la suit, qu’elle m’aime et que je suis géniale comme grande sœur, que si je peux la loger pendant une nuit ou deux c’est super, merci ma chérie (Ne m’appelle pas ma chérie j’ai horreur de ça), et que sa vie est un enfer, et que heureusement on peut compter sur la famille.

 

Globalement, je n’avais pas le choix. Soit je réouvrais la porte, poussais ma soeur gentiment mais fermement dehors, et m’en lavais les mains, soit je cédais. J’ai cédé.

 

Et Pauline s’est installée.

Ça fait un mois maintenant jour pour jour.

 

Depuis, Gaston et mois n’avons pas eu une soirée seuls. Le ficus est mort de désespoir. Ma note de téléphone a triplé, mes voisins se plaignent du bruit, ça sent le rat crevé dans la chambre d’amis…et j’en ai assez. Parce que je ne vous dis pas tout. Mais c’est ma sœur, je vais donc garder certaines choses pour moi.

Je n’en peux plus, et Gaston ne dit rien.

Il semble accepter. Trouver ça normal. Il met le comportement de Pauline sur le compte de l’âge, de la jeunesse, elle va mûrir (il serait temps), elle ne le fait pas méchamment (manquerait plus que ça), c’est ta sœur (oui, et j’ai rien demandé…).

 

Aussi, ce matin, au petit-déjeuner, j’étais sur le point de craquer.

Gaston m’a regardée, alors que Pauline me tendait une enveloppe. Il m’a souri. Je lui ai souri. Pauline a dit « Oh les zamoureux », j’ai soupiré. J’ai ouvert l’enveloppe. Et j’ai lâché ma tartine dans ma tasse de café.

 

«  Pour fêter l’arrivée du Printemps…

Pour vous faire partager notre Amour…

Nous vous convions à nous rejoindre les 3,4 et 5 avril,

pour un week-end où la fête, les jeux, les déguisements et les surprises seront au rendez-vous, au château de… »

 

Je ne suis pas allée plus loin dans ma lecture.

J’ai lâché l’invitation.

Gaston l’a attrappée.

Et a dit « Ben merde alors ». Ce qui n’est pas du tout son style. Pauline a dit « Quoi ». J’ai dit « Rien ». Gaston a dit « T’appelle ça rien ?!!! ». J’ai dit « Je disais rien pour Pauline ». Pauline a dit « Sympa, merci ». J’ai dit « De rien ». Et tout le monde s’est tu.

 

Gaston avait subitement changé de tête et était manifestement contrarié. Très contrarié même. Du genre hyper crispé. Vous voyez, le mec qui se retient de péter un cable, parce qu’il est en public, qu’il a mis un costume tout propre et une chemise bien repassée avant d’aller bosser, qu’il n’a pas le temps, mais qui n’en pense pas moins.

Et ben voilà, c’était mon Gaston, là, planté devant moi.

 

-       Pas question d’y aller.

 

J’aime bien quand il est macho. Ça me rassure. Mais à l’instant je le trouve un peu catégorique.

 

-       Comment ça pas question?

-       D’aller où?

-       Tais toi Pauline. (à l’écrit ça ne s’entend pas, mais Gaston et moi l’avons dit en même temps)

-       Non, pas question, Emma. Pas question que j’assiste à ce spectacle. Je te rappelle quand même qu’il s’agit de mon ex. Je m’en fiche qu’elle soit mon ex, suis bien plus heureux maintenant (oh Gaston…..), mais imaginer, en la voyant, ce qui sera inévitable, que cette femme avec laquelle j’ai couché (ah oui, c’est vrai si c’est ton ex…. Et c’était bien, tu veux qu’on en parle?), se fait maintenant tripoter par ta copine… (euh…je pense que Germaine fait plus que la tripoter. Et n’accuse pas ma copine comme ça, elle n’a pas détourné ta femme, faut se calmer). En plus, pour faire un truc pareil, va y avoir du monde, étalage oblige, troupeau de goudous en vue (il est vraiment à cran, il ne parle jamais comme ça), tout ça se caressant sur la pelouse (Le gazon on dit…oh ça va je voulais juste alléger l’ambiance…). De plus c’est évident que Valentin va se pointer (Ah bon? Tu crois qu’il va être invité? Ah….Ah bon…), à chaque fois ça finit en cata…

-       Emma, c’est qui la copine de l’ex de Gaston?

-       Pauline TAIS-TOI!!!! (comme déjà dit, cri du coeur commun)

-       Donc, ma bichette (il ne m’a jamais appelée ma bichette, il doit être encore plus furax qu’il ne le montre) nous n’y irons pas.

-       Mais, c’est quand même Germaine….

-       Ah, la copine de ton ex, c’est Germaine? Germaine est gouine? P****trop drôle…

-       PAULINE! MERDE A LA FIN!!!!! (Je ne précise plus qu’on s’exprime à deux, là).

-       C’est quand même Germaine, c’est quand même MON EX, et nous n’irons pas. Point final, sujet clos.

 

Et Gaston est sorti.

 

-       Germaine est…ok je me tais…

 

Pour une fois Pauline semble avoir compris un truc. Gaston est hors de lui. Super directif, et hors de lui. Je vais rater la fête de Germaine. Ou sinon je me fâche avec Gaston. J’aime Gaston. Ce n’est qu’une fête. Mais c’est celle de Germaine.

Arrrggghhhh.

Entre les deux, mon coeur balance. Pas exactement mon coeur, mon coeur est à Gaston (Je sais, c’est bô).

Et puis, il a raison, il y aura Valentin. Valentin….Je m’en fiche. Ppppfffff aucun intérêt. Il doit être toujours avec Valentine, Valentin. C’est crétin quand même. Valentine et Valentin, nianiania…aucune envie de le revoir. Aucune. Même s’il est toujours aussi beau. Je suis avec Gaston, j’aime Gaston, je ne ferai pas de peine à Gaston.

Il a raison.

Nous n’y irons pas.

C’est décidé. C’est très clair.

Va falloir trouver une raison.

Pauline….Pauline, pour une fois, une fois dans sa vie, va m’être utile. Merci merci Pauline, un peu plus et je le dirais tout fort. Je vais écrire à Germaine, lui expliquer que Pauline est là, qu’elle va mal, que je ne peux pas la laisser sans surveillance, même un week-end, avec Gaston nous sommes très inquiets pour son état mental; que je suis très très heureuse pour Cathy et elle mais je ne peux vraiment pas…désolée.

Elle comprendra.

Je l’inviterai à déjeuner pour faire passer la pilule.

Tiens, vais tout de suite lui envoyer un SMS.

“Bien reçu l’invitation…Aurions aimé y aller, mais ce sera difficile. On déjeune bientôt, je t’expliquerai…Ne m’en veux pas. Gros très gros bisous. Emma”.

Et voilà; SMS envoyé.

Ding…SMS bien reçu par…Valentin ?!?!?!?!

 

Oh merde Emma.

Merde.

Tu t’es encore plantée.

 

To be continued




Et quant à Valentin.... 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 10:02
24HOh. Fait jour. Il fait jour de plus en plus tôt je trouve.

Mais bon, tôt ou tard, s’il fait jour, c’est qu’il faut que je me lève.

Alors, dans l’ordre, le pied droit, le pied gauche, je reprends mon souffle après tant d’efforts, me redresse, ne me bouscule pas faut pas charrier non plus, et pars me faire un café.

 

Comme je vous l’ai déjà dit, le café est pour moi vital, avec un V majuscule. Eventuellement, pour mon entourage proche et immédiat, il peut-être considéré comme un élément pacificateur, un médiateur entre la réalité et moi.

Je ne suis pas du genre Pittbull au réveil, je ne vais pas faire dans l’auto-flagellation, mais quand on se couche, comme moi hier, à 3h46 du matin, (c’est précis, je sais), et qu’il faut se lever à 6h50, on a des excuses.

Bref.

Vous n’en avez strictement rien à faire de savoir à quelle heure je me suis couchée. Et vous avez bien raison.

 

Alors que l’eau chauffe, que se dessine un espoir d’amélioration sous forme de robusta bien dosé, j’allume mon ordi (Ah, vous pensiez que j’allais dire une clope? Raté. Pas encore. Pas avant le café. Oui, je sais c’est très tôt dans la journée pour fumer. C’est pour ça que demain je me lèverai plus tard.). Et je navigue tranquilement, presque joyeusement, de site en site.

 

Non, en fait, je ne fais pas ça du tout.

J’allume mon ordi.

Je n’arrive pas à choper le réseau, comme d’hab cette abrutie de Livebox de m**** déconne.

Je ne m’énerve pas.

Je relance la Livebox.

Je rallume l’ordi.

J’ai oublié la cafetière qui entre-temps s’est mise en veille. P***** de m****

Je rallume la cafetière en implorant dieu Nespresso de se magner franchement parce que là ça va pas le faire.

 

Et je vais voir mes sites préférés.

Dont celui de mon très cher ami, mon comparse, mon pote vas y tape moi dans l’dos on va s’en payer une bonne tranche, Valentin.

 

Valentin, vous savez, c’est le mec qui a tout compris aux femmes mais ne le dit pas trop pour ne pas se faire piquer ses trucs, on sait jamais si d’autres savaient comment ça marche une femme, il pourrait se retrouver sur le carreau. Et c’est le mec aussi qui se croit encore dans une jolie cour de récré avec tous ses potes, alors devant les filles faut faire le coq et je roule des mécaniques, et je bombe le torse, et même pas mal si tu me fais mal, sauf que je vais pleurer dans les WC parce que j’ai mal quand même et après je dis les filles c’est nul beurk.

 

Voilà, Valentin, c’est ça.

Cela dit, Valentin, je l’aime beaucoup.

 

Partant du principe que c’est un homme, dans toute sa splendeur, sa force et sa fierté, il est déjà largement excusé pour une grande part de ses propos. Je sais, je suis magnanime. Je suis surtout consciente qu’après des années, des siècles d’efforts, parfois surhumains, il est devenu aujourd’hui indubitablement indiscutable (Oh c’est dur ça avant le café) que ces messieurs ne changeront pas. Deux solutions s’offrent à nous : on accepte, ou on les laisse dans leur coin.

 

J’accepte.

J’accepte les hommes avec ce qu’ils ont de défauts et d’incongruité quotidienne. Faut juste se dire qu’ils sont pas bien méchants. Pas toujours bien malins, mais c’est pas de leur faute. C’est comme ça.

 

Revenons-en à nos moutons. Je me disperse, là, mais avant le café j’ai comme du mal à rassembler mes neurones (Oui, messieurs j’en ai. Pas des masses. Mais j’en ai).

 

Valentin, en plus d’être un ami, s’amuse et se divertit à raconter sa vie sur un blog. C’est pas moi qui ferait ça, mais chacun son truc. Si ça le défoule, et s’il y trouve un public, pourquoi pas… (Valentin, n’oublie pas que je n’ai toujours pas bu de café, mais je t’aime beaucoup tu sais…)

 

Et Valentin a des soucis. Ohlala, des soucis, mais alors des gros même. Depuis quelques jours, Valentin se prend la tête avec sa copine, Valentine. (Je digresse deux minutes…j’ai longtemps cru que Valentine était un pseudo. Que nenni mes petits. Hasards de la vie sans doute, Valentin a réellement trouvé une Valentine. C’est pas dingue ça quand même?)

 

Valentin qu’est pas toujours fin s’est pris les pieds dans le tapis, et est soupçonné par Valentine de manoeuvres diverses pour détourner son attention, d’innatention, et de de manque d’affection, d’affectation dans ses jugements, de semeur de tension, tout ça avec application.

(Il devient urgent que je me fasse un café.)

 

Valentin qui se croit très malin envisage diverses techniques et tactiques de contournements d’obstacles, pour éviter de mettre à plat les ressentis des deux belligérants (Ah oui, ça va vite, on en est là, ça belligère chez Valentin).

 

Valentin n’arrive pas à contourner. Et se retrouve à dormir sur le canapé.

Perso, avec ce qu’il a raconté, ça ne m’étonne pas.

Et Valentin se met à brainstormer. Ouhla, un homme qui brainstorme, c’est surprenant. Attention, je ne dis pas qu’un homme ne peut pas réfléchir. Il peut se demander par exemple quelle bière boire pendant un match de foot. Il peut mettre un beau costume et une cravate, éventuellement, ce qui semble développer instantanément des facultés mentales considérables; il s’assied alors autour d’une table avec d’autres hommes, lance des “oui oui non non je pense que…”, ça dure des heures, tout le monde est très content, on se serre la main, aucune décision n’est prise, mais c’était une bonne réunion, vraiment franchement là on a bien progressé.

 

Mais quand il s’agit de brainstormer sur une situation de crise de couple, c’est plus du tout la même chanson.

Aussi Valentin réfléchit (et moi je trouve que la lecture de ses réflexions, avant MON café, est éloquente, criante de vérité, même…j’explique dans les lignes qui suivent).

 

Voilà à quoi nous mène sa réflexion.

Be careful, c’est futé :

“Les filles ça pleure et ça crie et c’est comme ça qu’on les reconnaît si elles n’ont pas de gros seins”.

 

Alors là, comment dire? Chapeau bas Valentin. Epoustouflée je suis.

 

Après, certains vont dire que nous les filles, nous nous contentons de lieux communs sur eux les hommes, à dire qu’ils n’écoutent jamais quand on leur parle, qu’ils sont obtus, lâches et égoïstes, que la zappette est leur meilleure amie, qu’ils ont très très peur de demander leur chemin au méchant monsieur dans la rue, parce que c’est évident le méchant monsieur va les envoyer pile poil dans la mauvaise direction exprès, vaut mieux tourner pendant deux heures mais sans avoir été induit en erreur par l’autochtone sauvage…etc…etc…etc…

 

C’est évident. Les filles ça pleure et ça crie…ça c’est de la réflexion. Une belle théorie, Valentin mon petit fait une thèse là-dessus. Fais gaffe au jury, mais fais une thèse, que je rigole deux secondes…

 

Mais Valentin ne s’en est pas tenu là. Il reconnaît lui-même que c’est un peu basique tout de même ce truc des filles qui pleurent et crient (Pour vous dire à quel point c’est basique, si Valentin l’admet), et creuse le débat.

 

Pour en arriver là : Elle aurait juste besoin que je la rassure, que je lui rappelle que je l'aime encore ? »

 

Et là, je me suis arrêtée.

Et je dis oui.

 

Oui Valentin, c’est peut-être là qu’est la question, et non pas au château d’Elseneur.

 

Peut-être que Valentine a besoin que tu lui rappelles que tu l’aimes. Simplement. Que tu lui dises. Simplement. Pourquoi imaginer que c’est nul les filles parce que ça veut toujours entendre des compliments ? En quoi est-ce si compliqué d’en faire ? N’aimes-tu pas entendre de la part de Dulcinée, pardon, de Valentine, que tu es beau beau, intelligent et fort et tout et tout ? Pourquoi sommes-nous à même de le faire, et pas vous, les garçons ? ça vous fait si mal que ça d’être juste un peu sincère, de mettre votre hâche de cromagnon dans votre poche et de simplement dire « Je t’aime ? ». Simplement ? Et même si « Je t’aime » ne vient pas, juste d’avoir un mot gentil, une pensée, un truc quoi, qui fait que de potiche on devient un peu plus humaine.

 

Les fleurs, c’est pas le plus important.

La parole, et le geste aussi, le regard surtout, ça vaut mille fois plus que toutes les fleurs du monde.

 

Enfin, Valentin, tu me connais, j’dis ça, j’dis rien….

 

Allez, zou, sur ce je vais vraiment me faire un café.

 

Bonne journée…

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Parutions Février 2010

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

 mail.pngChocoplumes.jpg

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