Previously, in my 24 hours

Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 10:57

24H 

 

 

-       Tiens, ma chérie, y’a du courrier pour toi.

-       Merci, mais je t’ai déjà dit que je pouvais très bien le prendre toute seule, c’est MA boîte aux lettres…et ne m’appelle pas « ma chérie », merci.

-       Emma, Pauline voulait juste t’aider.

-       Je sais. Merci Pauline c’est très gentil. Ça va comme ça Gaston ?

-       Pppppffffffffff……..

 

Cherchez pas, comme ça je sais c’est pas clair. Je vous résume, mais vite. Je suis légèrement énervée, là, tout de suite, et j’ai pas envie de passer trois heures à tout vous expliquer.

Gaston et moi coulons des jours heureux…Non, ça commence mal. Gaston et moi COULIONS des jours heureux. Calmes, tranquilles, sereins. Sans encombres, sans chutes inaproppriées dans de quelconques plateaux de fruits de mer, ou visites nocturnes au poste de police le plus proche. Il s’était consolé de sa séparation d’avec Cathy, même s’il lui avait été un peu difficile de digérer le fait que sa femme vire lesbienne. J’étais très amoureuse, d’ailleurs je ne pensais jamais (presque jamais, de moins en moins, d’accord …) à Valentin.

Tout cela pour dire que tout allait bien.

 

Gaston sortait même les poubelles, c’est dire. Et mettait ses chaussettes sales dans le panier destiné à les recevoir, ne cherchait jamais le beurre dans le frigo, n’hésitait pas quand il n’était pas sûr de son chemin à le demander, poliment, sans crainte et sans honte, au passant…Gaston…l’antithèse de Mars, le contre exemple des exemples donnés par mes copines au bureau.

Je pouvais même changer de chaîne sans qu’il ne se mette à hurler.

 

Je sais, je suis excessivement chanceuse.

Non, j’étais excessivement chanceuse.

Avant.

 

Avant que Pauline ne débarque. Qui est Pauline ? Ma sœur.

Mon cauchemar.

Une erreur. Une hérésie. Une atteinte à l’équilibre de notre planète.

Et je mesure mes propos.

 

Là où elle passe, le calme trépasse. Je sais, c’est facile. Mais je suis épuisée. Vidée. Achevée, liquidée, et tout ce que vous voulez.

 

Je vous raconte. Nous étions en train de regarder un film, Gaston et moi. Un joli petit film, sans alien, sans cocon rempli de monstre, sans monstre tout court prêt à découper sauvagement la moitié de la planète avec une lime à ongles transformée en scie sauteuse. Et avec Brad Pitt, ce qui fait tout de suite dudit film un eeeexxccccellent film.

Et là, juste avant la pub, alors que l’action battait son plein, coup de sonnette.

Je sursaute, Gaston sursaute, on se cogne, on s’excuse, on s’embrasse, je vais ouvrir…et me retrouve nez à nez avec Pauline.

 

Essoufflée, décoiffée, et chargée comme une mule, elle me pousse, m’intime l’ordre de refermer la porte, m’explique qu’elle s’est fâchée avec son copain, qu’il l’a fichue à la porte, qu’elle ne sait pas où aller, que sûrement il la suit, qu’elle m’aime et que je suis géniale comme grande sœur, que si je peux la loger pendant une nuit ou deux c’est super, merci ma chérie (Ne m’appelle pas ma chérie j’ai horreur de ça), et que sa vie est un enfer, et que heureusement on peut compter sur la famille.

 

Globalement, je n’avais pas le choix. Soit je réouvrais la porte, poussais ma soeur gentiment mais fermement dehors, et m’en lavais les mains, soit je cédais. J’ai cédé.

 

Et Pauline s’est installée.

Ça fait un mois maintenant jour pour jour.

 

Depuis, Gaston et mois n’avons pas eu une soirée seuls. Le ficus est mort de désespoir. Ma note de téléphone a triplé, mes voisins se plaignent du bruit, ça sent le rat crevé dans la chambre d’amis…et j’en ai assez. Parce que je ne vous dis pas tout. Mais c’est ma sœur, je vais donc garder certaines choses pour moi.

Je n’en peux plus, et Gaston ne dit rien.

Il semble accepter. Trouver ça normal. Il met le comportement de Pauline sur le compte de l’âge, de la jeunesse, elle va mûrir (il serait temps), elle ne le fait pas méchamment (manquerait plus que ça), c’est ta sœur (oui, et j’ai rien demandé…).

 

Aussi, ce matin, au petit-déjeuner, j’étais sur le point de craquer.

Gaston m’a regardée, alors que Pauline me tendait une enveloppe. Il m’a souri. Je lui ai souri. Pauline a dit « Oh les zamoureux », j’ai soupiré. J’ai ouvert l’enveloppe. Et j’ai lâché ma tartine dans ma tasse de café.

 

«  Pour fêter l’arrivée du Printemps…

Pour vous faire partager notre Amour…

Nous vous convions à nous rejoindre les 3,4 et 5 avril,

pour un week-end où la fête, les jeux, les déguisements et les surprises seront au rendez-vous, au château de… »

 

Je ne suis pas allée plus loin dans ma lecture.

J’ai lâché l’invitation.

Gaston l’a attrappée.

Et a dit « Ben merde alors ». Ce qui n’est pas du tout son style. Pauline a dit « Quoi ». J’ai dit « Rien ». Gaston a dit « T’appelle ça rien ?!!! ». J’ai dit « Je disais rien pour Pauline ». Pauline a dit « Sympa, merci ». J’ai dit « De rien ». Et tout le monde s’est tu.

 

Gaston avait subitement changé de tête et était manifestement contrarié. Très contrarié même. Du genre hyper crispé. Vous voyez, le mec qui se retient de péter un cable, parce qu’il est en public, qu’il a mis un costume tout propre et une chemise bien repassée avant d’aller bosser, qu’il n’a pas le temps, mais qui n’en pense pas moins.

Et ben voilà, c’était mon Gaston, là, planté devant moi.

 

-       Pas question d’y aller.

 

J’aime bien quand il est macho. Ça me rassure. Mais à l’instant je le trouve un peu catégorique.

 

-       Comment ça pas question?

-       D’aller où?

-       Tais toi Pauline. (à l’écrit ça ne s’entend pas, mais Gaston et moi l’avons dit en même temps)

-       Non, pas question, Emma. Pas question que j’assiste à ce spectacle. Je te rappelle quand même qu’il s’agit de mon ex. Je m’en fiche qu’elle soit mon ex, suis bien plus heureux maintenant (oh Gaston…..), mais imaginer, en la voyant, ce qui sera inévitable, que cette femme avec laquelle j’ai couché (ah oui, c’est vrai si c’est ton ex…. Et c’était bien, tu veux qu’on en parle?), se fait maintenant tripoter par ta copine… (euh…je pense que Germaine fait plus que la tripoter. Et n’accuse pas ma copine comme ça, elle n’a pas détourné ta femme, faut se calmer). En plus, pour faire un truc pareil, va y avoir du monde, étalage oblige, troupeau de goudous en vue (il est vraiment à cran, il ne parle jamais comme ça), tout ça se caressant sur la pelouse (Le gazon on dit…oh ça va je voulais juste alléger l’ambiance…). De plus c’est évident que Valentin va se pointer (Ah bon? Tu crois qu’il va être invité? Ah….Ah bon…), à chaque fois ça finit en cata…

-       Emma, c’est qui la copine de l’ex de Gaston?

-       Pauline TAIS-TOI!!!! (comme déjà dit, cri du coeur commun)

-       Donc, ma bichette (il ne m’a jamais appelée ma bichette, il doit être encore plus furax qu’il ne le montre) nous n’y irons pas.

-       Mais, c’est quand même Germaine….

-       Ah, la copine de ton ex, c’est Germaine? Germaine est gouine? P****trop drôle…

-       PAULINE! MERDE A LA FIN!!!!! (Je ne précise plus qu’on s’exprime à deux, là).

-       C’est quand même Germaine, c’est quand même MON EX, et nous n’irons pas. Point final, sujet clos.

 

Et Gaston est sorti.

 

-       Germaine est…ok je me tais…

 

Pour une fois Pauline semble avoir compris un truc. Gaston est hors de lui. Super directif, et hors de lui. Je vais rater la fête de Germaine. Ou sinon je me fâche avec Gaston. J’aime Gaston. Ce n’est qu’une fête. Mais c’est celle de Germaine.

Arrrggghhhh.

Entre les deux, mon coeur balance. Pas exactement mon coeur, mon coeur est à Gaston (Je sais, c’est bô).

Et puis, il a raison, il y aura Valentin. Valentin….Je m’en fiche. Ppppfffff aucun intérêt. Il doit être toujours avec Valentine, Valentin. C’est crétin quand même. Valentine et Valentin, nianiania…aucune envie de le revoir. Aucune. Même s’il est toujours aussi beau. Je suis avec Gaston, j’aime Gaston, je ne ferai pas de peine à Gaston.

Il a raison.

Nous n’y irons pas.

C’est décidé. C’est très clair.

Va falloir trouver une raison.

Pauline….Pauline, pour une fois, une fois dans sa vie, va m’être utile. Merci merci Pauline, un peu plus et je le dirais tout fort. Je vais écrire à Germaine, lui expliquer que Pauline est là, qu’elle va mal, que je ne peux pas la laisser sans surveillance, même un week-end, avec Gaston nous sommes très inquiets pour son état mental; que je suis très très heureuse pour Cathy et elle mais je ne peux vraiment pas…désolée.

Elle comprendra.

Je l’inviterai à déjeuner pour faire passer la pilule.

Tiens, vais tout de suite lui envoyer un SMS.

“Bien reçu l’invitation…Aurions aimé y aller, mais ce sera difficile. On déjeune bientôt, je t’expliquerai…Ne m’en veux pas. Gros très gros bisous. Emma”.

Et voilà; SMS envoyé.

Ding…SMS bien reçu par…Valentin ?!?!?!?!

 

Oh merde Emma.

Merde.

Tu t’es encore plantée.

 

To be continued




Et quant à Valentin.... 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /2010 10:02
24HOh. Fait jour. Il fait jour de plus en plus tôt je trouve.

Mais bon, tôt ou tard, s’il fait jour, c’est qu’il faut que je me lève.

Alors, dans l’ordre, le pied droit, le pied gauche, je reprends mon souffle après tant d’efforts, me redresse, ne me bouscule pas faut pas charrier non plus, et pars me faire un café.

 

Comme je vous l’ai déjà dit, le café est pour moi vital, avec un V majuscule. Eventuellement, pour mon entourage proche et immédiat, il peut-être considéré comme un élément pacificateur, un médiateur entre la réalité et moi.

Je ne suis pas du genre Pittbull au réveil, je ne vais pas faire dans l’auto-flagellation, mais quand on se couche, comme moi hier, à 3h46 du matin, (c’est précis, je sais), et qu’il faut se lever à 6h50, on a des excuses.

Bref.

Vous n’en avez strictement rien à faire de savoir à quelle heure je me suis couchée. Et vous avez bien raison.

 

Alors que l’eau chauffe, que se dessine un espoir d’amélioration sous forme de robusta bien dosé, j’allume mon ordi (Ah, vous pensiez que j’allais dire une clope? Raté. Pas encore. Pas avant le café. Oui, je sais c’est très tôt dans la journée pour fumer. C’est pour ça que demain je me lèverai plus tard.). Et je navigue tranquilement, presque joyeusement, de site en site.

 

Non, en fait, je ne fais pas ça du tout.

J’allume mon ordi.

Je n’arrive pas à choper le réseau, comme d’hab cette abrutie de Livebox de m**** déconne.

Je ne m’énerve pas.

Je relance la Livebox.

Je rallume l’ordi.

J’ai oublié la cafetière qui entre-temps s’est mise en veille. P***** de m****

Je rallume la cafetière en implorant dieu Nespresso de se magner franchement parce que là ça va pas le faire.

 

Et je vais voir mes sites préférés.

Dont celui de mon très cher ami, mon comparse, mon pote vas y tape moi dans l’dos on va s’en payer une bonne tranche, Valentin.

 

Valentin, vous savez, c’est le mec qui a tout compris aux femmes mais ne le dit pas trop pour ne pas se faire piquer ses trucs, on sait jamais si d’autres savaient comment ça marche une femme, il pourrait se retrouver sur le carreau. Et c’est le mec aussi qui se croit encore dans une jolie cour de récré avec tous ses potes, alors devant les filles faut faire le coq et je roule des mécaniques, et je bombe le torse, et même pas mal si tu me fais mal, sauf que je vais pleurer dans les WC parce que j’ai mal quand même et après je dis les filles c’est nul beurk.

 

Voilà, Valentin, c’est ça.

Cela dit, Valentin, je l’aime beaucoup.

 

Partant du principe que c’est un homme, dans toute sa splendeur, sa force et sa fierté, il est déjà largement excusé pour une grande part de ses propos. Je sais, je suis magnanime. Je suis surtout consciente qu’après des années, des siècles d’efforts, parfois surhumains, il est devenu aujourd’hui indubitablement indiscutable (Oh c’est dur ça avant le café) que ces messieurs ne changeront pas. Deux solutions s’offrent à nous : on accepte, ou on les laisse dans leur coin.

 

J’accepte.

J’accepte les hommes avec ce qu’ils ont de défauts et d’incongruité quotidienne. Faut juste se dire qu’ils sont pas bien méchants. Pas toujours bien malins, mais c’est pas de leur faute. C’est comme ça.

 

Revenons-en à nos moutons. Je me disperse, là, mais avant le café j’ai comme du mal à rassembler mes neurones (Oui, messieurs j’en ai. Pas des masses. Mais j’en ai).

 

Valentin, en plus d’être un ami, s’amuse et se divertit à raconter sa vie sur un blog. C’est pas moi qui ferait ça, mais chacun son truc. Si ça le défoule, et s’il y trouve un public, pourquoi pas… (Valentin, n’oublie pas que je n’ai toujours pas bu de café, mais je t’aime beaucoup tu sais…)

 

Et Valentin a des soucis. Ohlala, des soucis, mais alors des gros même. Depuis quelques jours, Valentin se prend la tête avec sa copine, Valentine. (Je digresse deux minutes…j’ai longtemps cru que Valentine était un pseudo. Que nenni mes petits. Hasards de la vie sans doute, Valentin a réellement trouvé une Valentine. C’est pas dingue ça quand même?)

 

Valentin qu’est pas toujours fin s’est pris les pieds dans le tapis, et est soupçonné par Valentine de manoeuvres diverses pour détourner son attention, d’innatention, et de de manque d’affection, d’affectation dans ses jugements, de semeur de tension, tout ça avec application.

(Il devient urgent que je me fasse un café.)

 

Valentin qui se croit très malin envisage diverses techniques et tactiques de contournements d’obstacles, pour éviter de mettre à plat les ressentis des deux belligérants (Ah oui, ça va vite, on en est là, ça belligère chez Valentin).

 

Valentin n’arrive pas à contourner. Et se retrouve à dormir sur le canapé.

Perso, avec ce qu’il a raconté, ça ne m’étonne pas.

Et Valentin se met à brainstormer. Ouhla, un homme qui brainstorme, c’est surprenant. Attention, je ne dis pas qu’un homme ne peut pas réfléchir. Il peut se demander par exemple quelle bière boire pendant un match de foot. Il peut mettre un beau costume et une cravate, éventuellement, ce qui semble développer instantanément des facultés mentales considérables; il s’assied alors autour d’une table avec d’autres hommes, lance des “oui oui non non je pense que…”, ça dure des heures, tout le monde est très content, on se serre la main, aucune décision n’est prise, mais c’était une bonne réunion, vraiment franchement là on a bien progressé.

 

Mais quand il s’agit de brainstormer sur une situation de crise de couple, c’est plus du tout la même chanson.

Aussi Valentin réfléchit (et moi je trouve que la lecture de ses réflexions, avant MON café, est éloquente, criante de vérité, même…j’explique dans les lignes qui suivent).

 

Voilà à quoi nous mène sa réflexion.

Be careful, c’est futé :

“Les filles ça pleure et ça crie et c’est comme ça qu’on les reconnaît si elles n’ont pas de gros seins”.

 

Alors là, comment dire? Chapeau bas Valentin. Epoustouflée je suis.

 

Après, certains vont dire que nous les filles, nous nous contentons de lieux communs sur eux les hommes, à dire qu’ils n’écoutent jamais quand on leur parle, qu’ils sont obtus, lâches et égoïstes, que la zappette est leur meilleure amie, qu’ils ont très très peur de demander leur chemin au méchant monsieur dans la rue, parce que c’est évident le méchant monsieur va les envoyer pile poil dans la mauvaise direction exprès, vaut mieux tourner pendant deux heures mais sans avoir été induit en erreur par l’autochtone sauvage…etc…etc…etc…

 

C’est évident. Les filles ça pleure et ça crie…ça c’est de la réflexion. Une belle théorie, Valentin mon petit fait une thèse là-dessus. Fais gaffe au jury, mais fais une thèse, que je rigole deux secondes…

 

Mais Valentin ne s’en est pas tenu là. Il reconnaît lui-même que c’est un peu basique tout de même ce truc des filles qui pleurent et crient (Pour vous dire à quel point c’est basique, si Valentin l’admet), et creuse le débat.

 

Pour en arriver là : Elle aurait juste besoin que je la rassure, que je lui rappelle que je l'aime encore ? »

 

Et là, je me suis arrêtée.

Et je dis oui.

 

Oui Valentin, c’est peut-être là qu’est la question, et non pas au château d’Elseneur.

 

Peut-être que Valentine a besoin que tu lui rappelles que tu l’aimes. Simplement. Que tu lui dises. Simplement. Pourquoi imaginer que c’est nul les filles parce que ça veut toujours entendre des compliments ? En quoi est-ce si compliqué d’en faire ? N’aimes-tu pas entendre de la part de Dulcinée, pardon, de Valentine, que tu es beau beau, intelligent et fort et tout et tout ? Pourquoi sommes-nous à même de le faire, et pas vous, les garçons ? ça vous fait si mal que ça d’être juste un peu sincère, de mettre votre hâche de cromagnon dans votre poche et de simplement dire « Je t’aime ? ». Simplement ? Et même si « Je t’aime » ne vient pas, juste d’avoir un mot gentil, une pensée, un truc quoi, qui fait que de potiche on devient un peu plus humaine.

 

Les fleurs, c’est pas le plus important.

La parole, et le geste aussi, le regard surtout, ça vaut mille fois plus que toutes les fleurs du monde.

 

Enfin, Valentin, tu me connais, j’dis ça, j’dis rien….

 

Allez, zou, sur ce je vais vraiment me faire un café.

 

Bonne journée…

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Dimanche 14 février 2010 7 14 /02 /2010 16:48
24HDimanche 14 février...

 

C’est pas parce que c’est dimanche qu’il ne faut pas se lever.

Je vais y réfléchir.

Il est quelle heure? 11h.

Bon, en même temps, j’ai pas des milliards de choses à faire.

Enfin, rien de palpitant.

Un dimanche comme un autre en sommes.

 

14 février.

Ça me rappelle un truc.

Emma, ma fille, réfléchis.


14 février…14 février???

Saint quelque chose… suis embrumée moi.

Saint…Valentin. Nom d’un chien. (Je vous mime la scène au ralenti, pour les réalisateurs hollywoodiens qui tourneront bientôt cette scène, y’a pas que cette andouille de Bridget Jones qui aura droit au grand écran, non mais. Donc : Nom d’un chien, je me redresse subitement dans mon lit tel un diable dans sa boîte en me tapant le front genre “oh la boulette” pour ceux qui voient ce que je veux dire, je m’aggrippe à mon oreiller et me dis, avec un noeud au ventre et une bouffée d’angoisse : “C’est la Saint Valentin”.)

 

C’est la Saint Valentin.

Gaston.

Oui, je sais, c’est pas logique…Saint Valentin, je pense à Gaston.

Je vous rappelle tout de même que Gaston est mon chéri chouchou, mon amoureux, I’m in love youpi.

Gaston…

Et puis la logique….le jour de la Saint Gaston, je pensais à Valentin, alors….

Gaston, je vais te téléphoner et on va se faire un brunch hyper amoureux dans un lieu hyper cosy et ça va être hyper mignon et tout et tout. Hyper tout.

Et même si t’as pas de cadeau je m’en moque, je suis si bien avec toi, Gaston. Même des fleurs, qui me feraient plaisir certes, ne sont pas indispensables, tellement je t’aime (je pense à toi…oui bon, c’est vrai, il ne s’appelle pas Aïcha).

 

N’empêche que c’est quand même la Saint Valentin.

 

Oh merde, en plus c’est son anniversaire. À Valentin, pas à Gaston. Pourriez suivre tout de même.

 

Je me souviens, il l’a dit un soir, avant que je ne fonce dans le coulommiers, en expliquant que s’il portait ce prénom pas bien commode au quotidien, c’est juste lié au fait qu’il était né le 14 février, justement. Et que ses parents étant à peu près aussi dégourdis qu’une poule avec un couteau, et avec une imagination proche du néant absolu, ils s’étaient donc contentés de prendre le prénom du jour pour baptiser leur bébé. Coup de bol, il n’est pas né le jour de la Saint Ursule.

 

Bref. Les détails historiques concernant Valentin ne sont pas d’un intérêt majeur. Il n’en demeure pas moins que c’est sa fête ET son anniversaire. Cumulard.

 

Oh et puis ça m’est égal. Aucune importance. Pppppfffff. Sans intérêt. Déjà oublié.

 

Je vais appeler Gaston.

 

C’est pas très gentil quand même.

 

C’est vrai que c’est ballot d’être né le jour de la fête des amoureux, ça peut prêter à confusion.

 

Je l’appelerai demain. En lui disant : “Désolée, hier j’étais très occupée, avec Gaston.” (Comment ça au passage j’en profite pour lui rappeler que je ne suis pas désespérée et que le fait qu’il ne soit pas seul ne m’ennuie pas et que moi aussi je suis heureuse.)

 

De plus, on a dit AMIS.

Entre amis, on peut se souhaiter nos fêtes.

Et nos anniversaires.

Sans confusion.

Sans ambiguïté.

Naturellement.

 

Si j’y pense, c’est juste parce que j’ai de l’amitié pour lui.

Et je suis très heureuse qu’il soit avec Valentine.

 

Pas certaine d’ailleurs que je le reverrai un jour, Valentin. Pas certaine du tout. Pas très envie, en fait. Pas trop en tout cas. Pas des masses.

J’y pense à peine. Très peu. Presque pas.

 

Non, je ne vais pas l’appeler.

Gaston, Gaston, Gaston…voilà, c’est avec lui que je vais passer la journée. Et demain, et les jours suivants.

Valentin…oublié, fini, so long (si long….)…

 

Même, je ne l’appelerai pas. Juste un mail, comme ça : “Désolée, j’ai zappé hier…Joyeux anniv, bises”

Style : “Je ne t’oublie pas, mais pas que ça à faire”.

Ça ira très bien. Parfait.

(Et non, je n’espère pas qu’il se dira…”elle aurait pu…juste deux minutes…quand même…un simple coup de fil”…non, non, je n’y songe même pas.)

 

Emma, tu es très très forte.

Valentin, c’est fini, c’est du passé.

Ma vie, aujourd’hui, est avec Gaston. C’est clair. C’est évident. D’ailleurs je vais réfléchir au petit cadeau que je vais lui faire.

Valentin…on verra une autre fois.

 

“Allo? C’est Emma…Je te souhaite la plus belle saint Valentin du monde…”

 

Un petit message tout mignon sur son répondeur, comme ça…et puis, il va me rappeler, et puis nous…C’était pas sa voix, sur le répondeur.

Pas du tout même.

Arfff.

Argghhhh.

Emma…Qu’est-ce que t’as encore fait?

 

Pas grand chose. Pas grand chose de malin, en tout cas.

Tu viens juste de laisser un message à Valentin…

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 11:04
24H 

En rentrant chez moi (et après m’être débarassée des derniers vestiges de la soirée), je me suis dit que la vie était parfois cocasse.

Ma meilleure amie, Germaine, était donc bel et bien devenue lesbienne.

Avec une ex de Valentin.

Qui était également l’ex de Gaston (pas Valentin, mais son ex).

Et Valentin était en couple.

Comme moi.

Avec Gaston.

Euhh…Valentin n’est pas avec Gaston, c’est moi qui suis avec lui (Gaston), mais avec Valentine.

Posé ainsi, un dîner à six me semble envisageable, pour un remake de « Petits meurtres entre amis ».

 

Tiens, Gaston…Au moment où je pense à lui, je reçois un SMS…c’est un signe, c’est évident.

« Emma, j’espère que t’as passé une bonne soirée (oui, excellente, rien de particulier, mais sympa). Tu me manques. Appelle-moi, quand tu peux. Baisers. »

 

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants….Ne nous emballons pas, ma fille. A son début une histoire est toujours belle. Valentin est adorable.

Qu’est ce que je viens de dire ?

Valentin ?

Ça va pas non ?? Gaston. Il s’appelle GASTON. Faut pas confondre, ça ferait pas bon genre. Ouhlala la bourde….ppppffffff….heureusement que personne ne m’a entendue.

 

Donc, GASTON est adorable. Il me plait, je lui plais, on va s’aimer (sous une étoile ou sur un oreiller….) et je vais lui répondre, et on va se voir, et tout va bien.

« Très bonne soirée entre filles. Je t’appelle dans dix minutes…baisers »…

 

Ah Valentin, suis impatiente de t’entendre, je me fais juste un ca…Quoi ? J’ai redit quoi, là ? Valentin ? Oh merde merde. Merde. Esprit gluant, sors de ce corps.

Bien sûr, je voulais dire Gaston. Voilà, c’est ça de passer la nuit au poste avec un homme blessé, ça engendre des inquiétudes. Mais je sais très bien que mon chéri s’appelle Gaston.

Y’a pas d’erreur. Aucun doute. Je ne pense à personne d’autre, non non, c’est juste que ma langue a fourché.

Allez répète après moi : Gas-ton, Gas-ton, Gas-ton…

 

Café café aussi. Urgence café même. Faut recadrer les neurones qui me restent, et qu’ils arrêtent de s’emmêler les pinceaux, là, je déconne à bloc, franchement. Manquerait plus que je me trompe en étant avec Val…GASTON !!!!

 

OK.

C’est clair.

Il faut que je pratique un exorcisme. Que je chasse de mon esprit jusqu’au souvenir de Valentin.

D’un autre côté…il est trop bien, le Valentin, pour me résoudre à ne plus jamais le voir. Plus jamais avoir de nouvelles. Ne pas savoir ce qu’il devient. Plus jamais.

Plus jamais. Ça fait long.

 

Et puis ce coup d’œil, ce dernier coup d’œil, vers moi, avant de s’enfoncer dans le petit matin blême…ce petit coup d’œil qui voulait tellement dire….

 

Arrrffff…

Flûte

Crotte

Zut

 

Valentin…

Valentin, il faut que je t’éloigne de moi.

C’est nécessaire.

Vital.

Mais pas complètement tout de même.

On sait jamais, comme qui dirait, sur un malentendu…

 

Lui écrire. Voilà. Je vais lui écrire. Un beau mail très clair. Comme je sais faire.

Et après, j’appelle Gaston.

Je progresse, je ne me suis pas trompée de prénom. Eheheh.

 

« Valentin

J’espère que tu as pu soigner tes blessures et qu’elles n’avaient aucune gravité. Je me suis inquiétée pour toi mais n’ai pas osé le montrer hier, c’était déplacé. Enfin, c’était pas le moment. Ou pas l’endroit. Mais je voulais te le dire quand même.

 

Soyons honnêtes toi et moi.

Je trouve que, toi comme moi, avons des vies simples mais des emplois du temps assez compliqués en ce moment.

 

Y’a Gaston; et tu sais que moi, les complications...bon ok, les apparences peuvent être contre moi, mais les complications, j’aime pas beaucoup. J’apprécie énormément Gaston, c’est réciproque, et je veux laisser une chance à cette histoire.

 

Et y’a Valentine. Qui très clairement tient à toi. Et je pense que tu tiens aussi à elle.

 

Tout ça ne nous empêche pas de nous voir. En amis. Sans ambiguïté. Simplement. Pour un verre, sans coulommiers, sans huitre. Juste comme ça, pour se voir. Sans risque ou envie d’aller plus loin. Sans possible débordement. Une petite bise sur la joue et voilà c’est tout.

Qu’en penses-tu ?

 

Je tembrasse.

Emma »

 

On ne peut pas être plus claire. Simple, directe, droit au but. Je suis géniale.

Et je vais appeler Val…GASTON, nom d’un chien !

 

 

Gaston est parfait, merveilleux, extraordinaire, c’est la félicité, je touche au bonheur cuicui.

Il est impatient de me voir, il espère que je vais bien, je lui manque, il m’embrasse fort fort et a hâte de me tenir dans ses bras…

 

Bing.

 

Un mail.

Aaaahhhhh.

Ça doit être Gaston.

 

Ah ben non.

C’est Valentin.

Il va pas recommencer, lui.

J’ai été super claire quand même.

 

M’en fiche, je ne le lirai pas son mail, je suis toute à Gaston.

 

Ça m’intéresse même pas.

Même pas un peu.

Enfin si, un peu quand même.

Bon ok vous avez gagné, ça m’intéresse un peu plus qu’un peu.

Et puis vous êtes de gros curieux.

Si j’ouvre ce mail, c’est juste pour vous, que vous ne soyez pas frustrés.

Je vais le lire en biais, comme ça, pour voir.

Et après, hop, corbeille, terminé, basta, et vive Gaston.

 

 

«Emma

Merci de t’inquièter pour moi ; juste quelques coupures, et un costard foutu. Tout va bien. Valentine m’a soigné, je suis un homme neuf, ou presque.

 

Sur l’autre sujet, puis-je me permettre d'être un peu plus clair ?

J'aime bien l'ambiguité en général, mais elle finit souvent par me jouer des tours...

 

Aussi, je lis entre tes lignes (en espérant que je comprends bien ce que tu veux dire). Nous décidons donc que tant que sont présents Gaston ou/et Valentine, nos relations seront amicales et sans ambiguité et sans autre forme de procès, d’acune sorte. C’est bien cela, j’ai tout compris ?

 

En cas de disparition simultanée de Gaston et Valentine, et là il faudra peut-être qu'on enquête car ce serait quand même vraiment bizarre, nous pourrions avoir cette discussion, entre tes lignes, de nouveau. Ce qui, je le maintiens, semble et reste, demeure, improbable.

 

Efforçon-nous donc de ne pas avoir envie l'un de l'autre, obligation de moyens sinon de résultat, ce serait quand même bien d'y parvenir. Emma, nous pouvons y arriver. Valentine m’apporte beaucoup, et Gaston est un homme bien.

 

Pour plus de discrétion, réduisant ainsi encore le risque de la disparition simultanée évoquée plus haut, abstenons-nous de mentionner ce qui a eu lieu mais dont la publicité serait de nature à foutre le bordel dans nos existences actuelles, en ce qui me concerne je ne regrette rien du tout, bien au contraire, mais je peux me contenter d'y repenser comme à un rêve érotique très convaincant.

 

Donc, ceci pour dire, perdons pas notre temps, que si nous nous recroisons bientôt, et je sais que nous saurons le faire comme des adultes, merci de bien vouloir ne pas me sauter dessus, ni déchirer mes vêtements, les huitres ont déjà fait le nécessaire de ce côté, ni frotter ta peau contre ma peau, ni mettre ta langue dans ma bouche, on a dit amical et sans ambiguité, je te rappelle qu'on est tous les deux en couple.

 

Non mais.

 

Je t’embrasse.

 

Valentin »

 

 

Voilà.

Très bien.

Cette fois, c’est clair. Amis. Simplement…..hummmpppppfffff…

 

Bon, je vais rappeler Gaston.

 

 

To be continued…ou pas

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Facebookiens grands auteurs
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 14:24
24H 

(Previously, in my 24 hours, j’étais assise suite à une chute malencontreuse sur un tas d’huitres. Alors que Germaine et sa Cathy-chérie volaient à mon secours, Valentin surgit de nulle part. Découvrant que nous le connaissions toutes les trois, Cathy entra dans une colère vengeresse, et nous nous retrouvâmes aussi sec en plein catfight).

 

Il y a un jeu, je ne sais plus comment il s’appelle, avec un tapis de sol et des ronds de couleur. Chaque joueur doit poser ses pieds, et ses mains, sur les ronds, selon un ordre bien précis, déterminé par des cartes, ou des dés…là non plus je sais plus. Mais je sais qu’à la fin, ça fait des noeuds et tout le monde se casse la gueule.

 

C’est à quelque chose près ce qu’il s’est passé.

 

Cathy s’est jetée sur moi, ce qui n’était pas compliqué, puisque j’étais déjà à terre. Voyant ça (à moins qu’il n’ait glissé sur une huitre), Valentin s’est précipité sur Cathy, qui d’un mouvement rageur s’est retournée avec une violence non contenue, propulsant Valentin à … approximativement … trente centimetres. Car, alors qu’elle voulait le frapper, je m’étais emparée de son bras droit avec ma jambe gauche, le bloquant fermement genre pince monseigneur (et on arrête tout de suite de rêver les mecs, je suis en pantalon, je vous le rappelle).

Pendant ce temps, et tout en poussant des cris de paon, Germaine s’accrochait au dos de Cathy, tentant de la tirer en arrière, alors que Cathy cherchait à se dégager. Pour l’aider, par pur altruisme, je la repoussais de mon bras libre, elle recula et se retrouva à percuter Valentin, qui s’écroula à son tour. Et puis ensuite tout s’est emmêlé.

Germaine ne savait plus ou donner de la tête et des bras, je continuais de m’empêtrer dans les huitres, Valentin était quelque part dissimulé sous Cathy qui remuait de tout son corps comme une araignée sur le dos, le public en délire était debout sur les tables, manifestement certains prenaient déjà des paris…

 

Et là, plus fort que les hurlements de Cathy, plus strident que les cris de Germaine, plus perçant que mes appels à l’aide (ben oui, j’ai commencé à me dire que ça serait bienvenue, de l’aide), plus terrible que les grognements de Valentin, au delà du bruit de nos spectateurs abasourdis, un son quasi inhumain, tendance extra terrestre mal luné, nous a plongés dans l’effroi et le silence en une seule seconde.

 

Soudain transformée en statue de sel, Germaine était bouche ouverte façon carpe. Cathy, telle une hyène en porte jarretelles, eut un rire hystérique. Et moi, à quatre pattes (la position n’est pas élégante, mais quand on vient de passer plusieurs longues minutes le séant dans la glace et la marée, on finit par se moquer de tout), j’avançais lentement vers Valentin, qui était dans un piteux état.

 

(Je fais ici une petite appartée…ayant chu une fois en avant, une fois en arrière, mais toujours sur des débris d’huitres, Valentin avait déchiré son beau costume, s’était tâché à plusieurs endroits, et saignait, apparement beaucoup, sans que j’arrive à déterminer la gravité des blessures)

 

(Je fais tout de suite une deuxième appartée : jamais de ma vie je n’ai vécu de situation plus grotesque. Ça serait dans un film, ou un mauvais roman, ou même pire, dans une série TV diffusée sur M6, on ne le croirait pas. Et pourtant, c’est du vécu. Et je ne suis pas fière, croyez-moi.)

 

Bref.

 

Alors que deux minutes avant l’agitation était à son comble dans le restaurant, et que l’excitation générale portait le volume sonore au maximum, il régnait maintenant un silence de plomb. Si une mouche s’était aventurée à voler à cet instant, elle se serait figée sur place de trouille.

Et seul ce son terrifiant retentissait.

 

VAAAAAALLLLLLLLLLLLEEEEEEEEENNNNNNNTTTTTTTTTINNNNNNNNN!!!!!!!!!!!

 

Vraiment c’était affreux. Moche moche. Bbbbrrrr quand j’y pense j’en ai encore froid dans le dos.

Mais au moment où le cri bestial me parvint, j’étais encore pleine de courage. Et de curiosité, aussi, je l’admets.

 

Je levais la tête, cherchant la source sonore. Je constatais que Germaine avait tourné la sienne (de tête, pas de source), dans la même direction que moi. Et Cathy aussi. Tout comme d’ailleurs l’ensemble des clients du restaurant. C’est étrange qu’il n’y ait pas eu la presse, mais on n’est pas aux “States”, en même temps.

Je jetais un coup d’oeil sur Valentin.

Il était là, blessé, saignant comme un animal pris au piège, le regard de la bête traquée défigurant son beau visage (ah ben voilà que ça me reprend, comme si c’était le moment). Nos yeux se croisèrent. Et là, je le vis prononcer, remuant doucement la tête, un “Et merdeeeeeeee…..”

 

VAAAAAALLLLLLLLLLLLEEEEEEEEENNNNNNNTTTTTTTTTINNNNNNNNN!!!!!!!!!!!

 

Oh. Ça m’a fait sursauter. Une fois ça va passe encore, mais deux,  c’est beaucoup pour un coeur fragile. Je relevais la tête (je précise à tout réalisateur impatient de tourner cette scène qu’il serait bien vu de le faire ici au ralenti, un peu genre effets spéciaux, comme dans Matrix quand ils sautent tous dans tous les sens mais en fait mettent deux heures à faire 5 centimètres).

Face à moi se tenait une femme.

Que je n’avais jamais vue.

 

Et qui était de toute évidence fort en colère. Il m’est donc assez difficile de vous la décrire objectivement. De plus, j’avais toujours du vinaigre et de l’eau glacée qui me coulaient sur la figure, ce qui trouble quand même pas mal la vision. (Allez vous mettre de l’échalote dans la pupille, on en reparle après).

L’autre évidence, c’est qu’elle connaissait Valentin, ou sinon, cétait un sacré coup de bol d’avoir trouvé du premier coup son prénom.

J’en étais là de ma réflexion que je l’entendis s’adresser à mon sauveur (tu parles d’un sauveur…en lambeaux et tout écorché de partout, ça craint).

 

Valentin…salaud, ordure, je t’ai suivi, et j’ai bien fait. Tu peux nier, tu peux continuer à nier, c’est ce que tu fais de mieux de toute façon. Mais tes mensonges j’en ai eu assez figure toi. Suis moins con que tu ne penses. C’est sur si j’avais été totalement stupide, ça t’aurait arrangé, mais désolée, j’ai un cerveau. Alors tes mensonges et tes histoires qui valent pas un clou, j’en ai soupé. Oui, je t’ai suivi. C’est moche? Je m’en fous. T’es pas capable d’être honnête, tu te tapes la moitié de Paris dans mon dos… et quand je vois la moitié…des grognasses plutôt, et tu rentres pour manger sagement ta sousoupe…T’inquiète, j’en ai le coeur net, c’est tout ce que je voulais savoir. Tes affaires sont déjà dans un carton. Essaie de passer les chercher avant de te taper une de ces poufs, ça serait dommage que j’ai le temps de tout crâmer.

 

“Euh…grognasse et pouf, c’est beaucoup quand même. En plus pardon mademoiselle, mais on ne se connaît pas, moi c’est Emma, pas grognasse. T’avais qu’à pas le suivre, vas pas te plaindre maintenant”…enfin, tout ça, je le gardais pour moi, elle m’avait l’air assez énervée comme ça.

Cathy, d’un bond, s’était retrouvée debout : “Tu sais ce qu’elle te dit la pouf?”

Valentin voulut s’interposer : “Non, Cathy, c’est pas trop le moment là”

Germaine…avait toujours la bouche ouverte, toujours façon carpe.

 

Et alors que Madame-je-suis-très-très-très-en-colère s’apprêtait à faire demi-tour, Valentin lui demanda de l’attendre. De l’écouter. De lui laisser une chance de s’expliquer.

 

Je ne bougeais plus. Cathy non plus. Germaine non plus, mais comme en somme elle n’avait pas fait un millimètre depuis quelques minutes, ça ne changeait pas grand chose. Germaine est stupéfiante d’immobilité quand elle s’y met. Elle doit avoir un truc, je lui demanderais. Petite, elle a du gagner tous les concours au jeu de la statue.

Mais je digresse, je digresse.

 

Valentin avait la main tendue vers la femme aux insultes. C’était presque touchant à voir. J’ai même cru entendre un reniflement dans mon dos. Et une voix dire “Ecoutez-le, laissez lui une chance”. Suis émue en y pensant, franchement.

 

“Non, Valentin. Je ne peux pas rester avec un minable…”

 

La tension était à son comble.

Et je sentais de plus en plus l’huitre pas fraîche. Mais c’est un détail sans intérêt. Indisposant, mais sans intérêt.

 

Alors que la femme aux insultes allait à nouveau s’en aller, un fait imprévu nous précipita dans le chaos. Comme si la soirée n’avait pas été assez compliquée.

Le fait imprévu était habillé en bleu. Et brandissait une carte de police.

Nous reçûmes l’ordre de ne pas bouger. Ça tombait bien, puisqu’on ne bougeait pas. Ça changeait pas grand chose en tout cas.

Et puis on se fit dire que nous semions le trouble, que les forces de police avaient été contactées, que les fauteurs de trouble allaient donc être interpellés, que toutes les autres personnes pouvaient reprendre une activité normale (j’ai attendu qu’ils disent “et éteindre votre télévision”, mais c’était pas les Guignols de l’info), et que nous étions priés de les suivre.

Tous.

Enfin, tous les coupables.

 

C’est ainsi que la tête basse et la queue entre les jambes (je dis ça essentiellement pour Valentin. C’est un peu grivois, mais faut bien se distraire) nous sortîmes du restaurant. Tous les cinq (je reprends pour les distraits : Valentin, la femme aux insultes, Germaine, Cathy, et ma pomme), nous nous sommes retrouvés dans le panier à salades, puis, au poste.

 

Valentin saignait abondament. J’étais très inquiète, mais dissimulait mon stress sous les morceaux de coquilles d’huitres qui continuaient de tomber de mes cheveux, un peu comme des grosses pellicules (autant aller au bout du glamour…).

Et Valentine nous fixait, toutes les trois, très très méchament. Vraiment très. Heureusement, derrière les barreaux, nous étions en sécurité.

Et puis il a fallu s’expliquer, tour à tour. D’abord, avec l’officier de police de service, qui manifestement ne comprenait rien. Comme si c’était compliqué de comprendre. Vraiment, il ne faisait aucun effort.

Là, ça allait encore.

 

Après, il a fallu s’expliquer avec Valentine. Lui dire que oui oui Valentin est troooooop bien (cri du coeur de nous trois réunies) et qu’elle a beaucouuuuup de chance (même cri du coeur), mais que non non, on aurait bien voulu c’est vrai, mais on n’a pas couché j’vous jure madame, j’ai jamais couché avec vot’ copain.

 

Et Valentin saignait toujours. Ce qui ne dérangeait personne. Sauf peut-être lui, mais nous étions trois à nous justifier, nous n’avions pas réellement le temps d’éponger ses blessures diverses, donc il se taisait, perplexe et espérant sans doute que nous arriverions à convaincre Valentine de notre quasi innocence.

On n’a pas menti en plus.

Germaine a avoué son défaut d’épilation le soir où elle aurait pu coucher avec Valentin, et donc le fait qu’elle était rentrée, seule. J’ai avoué mon faible pour ce sublissime mec, et mon goût du romantisme, et que donc, j’avais voulu attendre (c’est malin Emma, c’était sans doute ta seule chance avec Valentin…)

Cathy a reconnu une partie de jambes en l’air façon je grimpe aux rideaux, mais super vieille, un truc pour lequel il y a prescription. Germaine a flanché…Cathy connaîtrait-elle plus le Nirvana avec Valentin qu’avec elle? Mais Cathy l’a rassurée. Germaine était son tout et son infini, son idéal, son…oui ben ça va les filles, ça ne nous regarde pas.

 

Et Valentin saignait encore.

Ça fait répétitif dit comme ça, n’empêche que ça sentait la transfusion.

Pauvre Valentin.

Allez prendre dans vos bras l’homme qui n’est pas celui de votre vie mais qui aurait pu l’être si vous étiez moins con quand sa copine est juste à côté. C’est pas simple, et pas très discret. Donc, je me suis abstenue.

 

Le brigadier super malin qui n’avait rien compris mais ne voulait pas en savoir plus a finalement décidé qu’on n’était pas si méchants que ça. Ou peut-être que je sentais tellement mauvais qu’il a préféré que je lève le camp.

 

Bref; Cathy et Germaine se sont embrassées. Vachement goulument. Ça m’a fait bizarre de voir Cathy rouler des pelles de la mort qui tue à une fille. Mais au point où en était la soirée…

Valentine a fini par nous croire.

Et a fait à Valentin ce que Germaine faisait à Cathy.

Moi, j’avais un petit bobo à la main. Alors je me suis embrassée.

 

Et on est parti.

Germaine et Cathy vers la gauche, Valentin et Valentine vers la droite.

Et moi, droit devant. Seule, fière, avançant tel un ban de sardines vers ma destinée.

 

To be continued (ou pas…Inch Allah)

 

 

 

Par Anne-Laure Buffet - Publié dans : Previously, in my 24 hours - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Publications...à ce jour...

NOUVEAUTES EN FEVRIER : 
2 PARUTIONS : UNE NOUVELLE ET UN ROMAN EPISTOLAIRE

La nouvelle, c'est "Joyeuses fêtes", publiée avec le collectif d'auteurs
Dix de plume, Edition Maruja Sener. 



Quant au roman épistolaire, il s'agit de "Maman chérie", aux éditions Lemanuscrit.com.

Pas trop son truc le roman épistolaire. Lettres d'une petite fille en mal d'amour. 
Il a promis de le lire. Méme de donner son avis. 
Il a eu un peu de mal au début. Puis les pages ont défilé sans notion du temps qui passe. 
Prenant. Emouvant. Choquant. Souriant parfois. 
Un vrai roman. Une véritable oeuvre littéraire. Aboutie. 
La technique le faisait sourire. Il a l'oeil humide. 
L'auteur maitrise son style et son histoire. 
Les personnages, même absents se dessinent avec force sous une plume experte. Nul besoin de lire les dates pour voir les étés passer. Emma grandir. Emma comprendre. Emma oser devenir enfin elle.
Un vrai plaisir et une douleur. 
Seul regret il en aurait voulu plus.

 mail.pngChocoplumes.jpg

Derniers Commentaires

Note aux lecteurs du blog


Note aux lecteurs : Certains textes se trouvant sur ce blog peuvent choquer ou gêner.
Ces textes ne sont que pure fiction. 

...c'est être capable d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme."
Sir Winston Churchill 

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés